Tensions sur le Groenland : et si Trump coupait le robinet de la tech US ?
28 jours plus tard
Après le Venezuela, l'escalade déclenchée par Donald Trump autour du Groenland fait redouter à certains l'exercice d'un moyen de pression sans précédent : l'interruption des principaux services numériques émanant d'entreprises ou d'organisations placées sous l'autorité des États-Unis.
Le 22 janvier à 18h10
11 min
Société numérique
Société
Groenland oblige, on a vu revenir, sur les réseaux sociaux, l'hypothèse d'un Donald Trump furibard qui, lassé des protestations de l'Union européenne, appuierait sur le kill switch des services numériques états-uniens. Et nous priverait donc, braves Européens que nous sommes, de nos outils bureautiques, de nos moteurs de recherche et de nos réseaux sociaux.
L'hypothèse se double depuis lundi d'un autre scénario en forme de réponse du berger à la bergère : celui d'une privation, volontaire cette fois, que l'Europe pourrait décider en vertu d'un dispositif réglementaire entré en vigueur en décembre 2023, l'Instrument anti-coercition (ACI, pour Anti-Coercion Instrument).
Quel que soit le côté depuis lequel s'exerce la tentative de chantage, il parait peu plausible que les mesures de rétorsion aillent jusqu'à une interruption complète de services en ligne, ou d'approvisionnement en équipements de pointe. Mais, nous aurait-il paru réaliste il y a 24 mois que les États-Unis déclarent publiquement envisager l'option militaire pour prendre le contrôle d'un territoire souverain, administré par un pays ami de l’OTAN ?
Quand les fluctuations de l'actualité gagnent en amplitude dans de telles proportions, il est permis (et même conseillé) d'interroger les scénarios extrêmes.
Début 2025, le déclenchement, par Donald Trump, de la guerre des droits de douane nous avait conduit à nous demander s'il était possible de boycotter la tech américaine. Début 2026, il convient peut-être de se poser la question en des termes différents : risque-t-on de se trouver privés de tech américaine ?
Dire qu'il aurait suffi d'un Nobel
Rappel pour les retardataires : après une extraction en forme de coup d'État au Venezuela, c'est donc le Groenland que lorgne Donald Trump, à la fois pour sa proximité géographique avec les États-Unis, et pour les immenses réserves foncières, géologiques et énergétiques que représente ce territoire de 2,17 millions de km².
Trump a multiplié les sorties publiques au sujet du Groenland ces derniers jours, et plusieurs pays européens, dont la France, ont en réaction envoyé quelques troupes d'élite sur place, afin de montrer leur soutien au Danemark et leur détermination à ne pas laisser passer un acte offensif.
Samedi 17 janvier, le locataire de la Maison-Blanche a répondu en annonçant l'introduction de nouveaux droits de douane : à compter du 1er février 2026, les exportations de la France, du Royaume-Uni, du Danemark, de la Suède, de la Finlande, des Pays-Bas et de l'Allemagne seront ainsi frappées par une taxe de 10 %, qui sera ensuite relevée à 25 % au 1er juin. « Ces droits de douane resteront applicables et payables jusqu'à la conclusion d'un accord portant sur l'achat complet et total du Groenland », promet Trump.
Comme si cette annonce ne suffisait pas, le président des États-Unis a franchi un nouveau cap dans la provocation dimanche, en laissant circuler un courrier adressé par ses soins au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre. « Cher Jonas, puisque votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de huit guerres, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix, même si elle restera toujours ma priorité », y écrit Trump.
Alors que les jets privés du monde entier commencent à converger vers le Forum économique mondial de Davos, la tension est depuis encore montée d'un cran. Pour punir la France, dont le président a publiquement déclaré qu'il refusait de s'asseoir au Conseil de paix imaginé par Trump comme une alternative plus facile à manier que l'ONU, le président des États-Unis a par exemple menacé d'une surtaxe à l'importation de 200 % sur les vins hexagonaux.
Mercredi 21 janvier, les leaders politiques et économiques du monde moderne, réels ou supposés, sont donc réunis à Davos, et la cacophonie monte encore d'un cran. Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, marque des points dans les médias européens en appelant le Vieux Continent à s'affirmer devant Donald Trump et à le frapper à la figure si nécessaire pour le faire reculer sur la question du Groenland.
Une petite avarie électrique à bord d'Air Force One a retardé Trump, mais lui aussi arrive à Davos mercredi. Dans son discours officiel, très critique vis-à-vis de la vieille Europe, il réaffirme sa détermination à acquérir le Groenland, mais exclut, au moins pour l'instant, l'usage de la force.
Si les nuages de la guerre armée s'éloignent, quels sont donc les moyens de pression qu'envisage l'homme d'affaires devenu chef d’État ?
Des limites de la guerre commerciale
Pour les États souverains qu'il ne peut pas se permettre de traiter comme le Venezuela, la guerre commerciale à base d'interdictions et de droits de douane est le principal levier employé par Donald Trump. Le problème de cette lame, efficace même si elle dépasse les prérogatives du président, comme le souligne Hugo Toudic, c'est qu'elle est à double tranchant.
Comme nous le détaillions il y a un an, les États-Unis et l'Europe entretiennent en effet une balance commerciale globalement équilibrée. En 2023, les échanges représentent un total de 1 600 milliards d'euros, qui se répartissent entre biens et services.
Sur le volet des biens, la balance commerciale de l'Europe est excédentaire : le Vieux Continent exporte 503 milliards d'euros de marchandises vers les États-Unis, et en importe 347 milliards d'euros. La situation s'inverse quand on regarde les services : l'Union européenne exporte l'équivalent de 319 milliards d'euros vers les États-Unis, alors que ces derniers génèrent 427 milliards d'euros à partir du marché européen.
Les masses ne sont pas identiques, mais il n'existe pas de déséquilibre patent qui constituerait un moyen de pression absolu. D'autant que les deux côtés de l'Atlantique sont des terres d'investissements croisés, avec d'importants flux bilatéraux de capitaux.
Chacune des deux parties essaie d'ailleurs de jouer sur les positions dominantes de l'autre. Ainsi, l'Europe regarde comment taxer plus efficacement les flux financiers qui traversent l'Atlantique en direction des géants du numérique. En face, la politique de droits de douane de Trump cible en premier lieu l'acier allemand ou les vins français quand il est question d'engager un bras de fer. Mais sur ces dossiers, on crée simplement de la friction : on n'enraye pas totalement la machine.
Les États-Unis peuvent-ils couper leurs services numériques en Europe ?
Si le bras de fer dure trop longtemps, on s'épuise, et Trump n'aime pas particulièrement gagner à l'usure, il préfère la blitzkrieg. D'où cette idée, inconcevable il y a seulement un an, d'un président qui déciderait de couper l'Europe de certains services numériques ou technologiques vitaux : les équipements de cœur de réseau, le Web en .com, Windows, les réseaux sociaux, pourquoi pas l'iPhone, Gmail, Hotmail, Netflix ou ChatGPT. Le cloud d'AWS peut-être, dont les interruptions de service paralysent Internet ? Ou les CDN comme Akamai et Cloudflare, qui assurent la desserte vers d'innombrables services français ou européens.
Trump peut-il le faire, au sens politique du terme ? Les premiers mois de son deuxième mandat ont montré qu'il ne s'embarrassait ni de scrupules, ni du Congrès, alors pourquoi pas...
« Trump n’a aucune limite. Son arme majeure : le numérique (Microsoft etc) et les systèmes de paiements (Mastercard, visa, Apple Pay…) Il peut tout couper. Il l’a déjà fait », s'alarme (sur X) Aurore Lalucq (Place publique), Présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
L'exemple n'est pas choisi au hasard. Il fait directement référence à l'expérience vécue par le juge Nicolas Guillou, de la Cour pénale internationale, qui a fait l'objet de sanctions prononcées par les États-Unis et s'est vu privé de sa boîte mail ou de ses moyens de paiement. Ce dernier alertait justement mardi sur la façon dont cette dépendance se transforme en vassalisation dès lors que « du jour au lendemain, vous pouvez vous retrouver banni du numérique de votre propre pays ».
Trump peut-il tout couper, au sens technique du terme cette fois ? Mardi, un vrai ou faux de Radio France s'est attaché à démontrer, rapport de la Banque centrale européenne à l'appui, que si Visa et Mastercard disposent d'une position oligopolistique sur le marché des systèmes de paiement, il existe des alternatives européennes. De la même façon, couper l'accès au .com ou aux DNS basés aux États-Unis (voir notre dossier mode d'emploi d'Internet) ne figerait pas d'un seul coup le navigateur de 450 millions d'Européens. Mais ce serait à coup sûr « a major pain in the ass », pour emprunter au langage fleuri de Donald Trump.
L'Europe pourrait-elle rétorquer ?
L'Europe dispose-t-elle d'un potentiel de privation comparable ? S'il existe dans le monde technologique quelques secteurs bien précis qui dépendent exclusivement d'une compétence européenne (on pense par exemple à ASML, premier et unique producteur des machines nécessaires à la fabrication de semi-conducteurs de pointe), la réponse est globalement non. Le numérique européen regorge de sociétés, de services et de produits absolument brillants, mais leur taux de pénétration est sans commune mesure avec celui de la tech américaine, devenue littéralement pervasive dans notre quotidien.
Ce n'est guère plus brillant d'un point de vue politique ou législatif. Plusieurs politiques ont brandi dans les médias ces derniers jours la nécessité d'activer de façon préventive l'ACI, l'instrument anti-coercition européen, évoqué notamment par Emmanuel Macron dimanche en réponse à une énième provocation de Trump. Entré en vigueur le 27 décembre 2023 suite à l'adoption du texte dédié, ce dispositif définit le cadre d'action de l'Union européenne en cas de coercition économique à l'encontre de tout ou partie de ses membres.
C'est un outil puissant, puisqu'il autorise par exemple l'Union européenne à restreindre l'import-export, les droits de propriété intellectuelle, les investissements étrangers ou l'accès aux marchés publics. C'est en revanche un outil fastidieux à mettre en œuvre. « La décision de recourir à l'instrument anti-coercition doit être adoptée par le Conseil à la majorité qualifiée », rappelle par exemple Vie publique. Il n'est donc pas dit qu'il soit efficace face à un décret signé de façon impulsive dans le Bureau ovale...
Le « 28 jours plus tard » de la tech
Le risque parait faible, mais admettons que Trump aille plus loin. Imaginons qu'Intel, Qualcomm, AMD, NVIDIA, Cisco, Broadcom, Apple et tous les autres fournisseurs américains de semi-conducteurs activent d'un seul coup, sans crier gare, les portes dérobées qui leur permettent de désactiver à distance nos appareils. Imaginons que Microsoft, Google, Amazon, Meta, mais aussi IBM, ServiceNow, Salesforce, Oracle, VMware, Shopify, Stripe, Adobe, Infosys, Brocade, Juniper, Rackspace, HashiCorp et une infinité d'autres coupent simultanément leurs services aux Européens.
C'est le scénario d'un livre blanc collaboratif proposé à discussion depuis quelques jours par Genma de l'association Framasoft. Un document partagé dresse déjà le panorama des dégâts potentiels, avec des effets en cascade virtuellement infinis. Le projet se veut un outil de sensibilisation :
« Ce livre blanc explore un scénario volontairement radical mais techniquement plausible : les États-Unis coupent l’accès aux services numériques américains pour l’Europe (cloud, plateformes, identités, CDN, services associés). L’objectif n’est ni la peur, ni l’idéologie, mais la lucidité : Comprendre ce qui tomberait réellement. Identifier ce qui continuerait à fonctionner. Mettre en lumière les dépendances invisibles. Aider citoyens, DSI et décideurs à se préparer sérieusement. »
On reproche parfois au courant survivaliste son anticipation presque paranoïaque du pire... mais il arrive que le pire survienne. La population iranienne sait par exemple très bien qu'on peut couper de façon autoritaire l'accès à Internet à l'échelle d'un pays pendant plus de deux semaines.
« Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées. Nous saurons faire respecter la souveraineté européenne. », déclarait Emmanuel Macron le 17 janvier dernier. Reste à savoir comment. Un sommet exceptionnel doit justement réunir les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres jeudi soir à Bruxelles.
Tensions sur le Groenland : et si Trump coupait le robinet de la tech US ?
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Dire qu'il aurait suffi d'un Nobel
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Des limites de la guerre commerciale
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Les États-Unis peuvent-ils couper leurs services numériques en Europe ?
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Le « 28 jours plus tard » de la tech
Commentaires (92)
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Que cela fait du bien : une idée tout à fait réalisable, très simplement & rapidement aux conséquences gigantesquement libératrices pour nous !
Le 22/01/2026 à 18h27
Modifié le 22/01/2026 à 19h40
Si les USA sont intelligent jamais ils ne viendront apporter la démonstration de ce risque. Trop à perdre pour eux. Mais après tout, le gars en est largement capable.
Je ne souhaite à personne les conséquences catastrophiques qu'auraient ce genre d'incident, sur tous les métiers qui dépendent maintenant des solution Cloud, quand on voit que tant de solution de santé par exemple sont confortablement installées chez Microsoft et Amazon.
Mais je ne vois plus que ça pour faire bouger les choses, car ça fait trop longtemps que les directions d'organisations/entreprises font l'autruche. Même avec les évènements récents la réponse est encore beaucoup trop faible.
Modifié le 22/01/2026 à 18h33
Je ne pense pas qu'elles laisseraient faire l'agent orange bien longtemps.
Le 22/01/2026 à 18h51
Mais les impacts dans l'ensemble de la société sont pas négligeable, et il a montré aussi 2 choses:
- Que lui se tape complètement de tout ce qui ne le touche pas directement,
- Qu'il est assez largement suivi (piloté?) par une bonne part de l'administration , sinon ses gesticulations n'auraient pas autant d'impact.
Dans ce cadre il est loin d'être certain qu'une opposition frontale du monde du business à sa politique soit si facile à appliquer. Trump n'hésitera pas à user de calomnie, insulte et mépris public, et tant que son administration et les média suivent...
Il me semble d'ailleurs que lui-même a assez peu d'intérêts direct dans la tech, il est quand même très axé "big oil" (Je me souvient de cette intervention https://www.youtube.com/watch?v=TJlpS4vhKP0 , 2019 déjà !)
Modifié le 22/01/2026 à 20h55
Mais bon. Le Covid aussi c’était une grosse merde. On a mis en place des process temporaires un peu bancals, on a réagi dans l’urgence et bon, on est toujours là alors que rappelons le, on parle d’une crise où l’on a du rester chez soi pendant des mois.
Ce serait donc une énorme crise mais une crise temporaire. Une crise dont on se sortirait au bout de quelques mois puisqu’on en est techniquement capables et surtout qu’on n’aurait pas le choix.
Ça aurait sûrement un impact important sur notre PIB mais à la fin on s’en sortirai avec plus d’indépendance et les US avec énormément moins (plus du tout?) de soft power et les GAFAM se casseraient littéralement la gueule puisque l’Europe représente grosso modo 1/3 de leur CA.
Donc c’est un scénario qui ne pourrait arriver que si un hypothétique vieux débile qui prend des décisions sur un coup de tête parce qu’il est énervé de s’être pissé dessus était au pouvoir aux US.
Le 22/01/2026 à 18h58
Le 22/01/2026 à 18h50
Il pourrait faire en 1 jour plus que Framasoft en 20 ans
(et ce n'est pas un reproche à leur encontre, bien au contraire
Le 22/01/2026 à 19h04
Perso j'attends que ça. Certes, ça va faire des dégâts mais si ça permet de se libérer de l'emprise américaine, ça me va.
Lesquels ? Parce que de mémoire on devait avoir une alternative européenne, préparé (au moins) par les banques françaises mais j'ai plus vu d'infos dessus (et je retrouve plus l'article en question)
Le 22/01/2026 à 19h15
Le 22/01/2026 à 20h24
Indépendamment de l'hébergement, Wero c'est sortir du duopole Visa/Mastercard pour foncer tête baissée dans le duopole Google/Apple puisqu'ils ont refusé un "backup souverain" avec une version navigateur !
Comme d'autres plus haut, j'aimerais bien qu'il finisse par appuyer sur le gros bouton rouge... ça apprendrait au gens à réfléchir !..
Mais bon, pour rappel, quand Obama a demandé à Visa/MasterCard de cesser les services en Russie, celle-ci s'est vue du jour au lendemain sans aucun moyen de payer en carte, mais 7 mois plus tard ils avaient leur propre système (Mir) copié du système Chinois. Du coup, maintenant, gros manque à gagner pour Visa/Mastercard. Peut-être que ça fait réfléchir à deux fois avant de brandir l'arme de la coupure !
Le 22/01/2026 à 23h51
Le 23/01/2026 à 01h14
Le 23/01/2026 à 09h45
Le 26/01/2026 à 17h11
Modifié le 22/01/2026 à 20h05
D'ailleurs, fun fact (s'il est vrai, je n'est pas de source) : payer via Carte bleue prélève moins de frais chez le vendeur, donc sympa pour le petit commerce.
Le 22/01/2026 à 20h18
Le 22/01/2026 à 22h26
C'est fourbe à quel point les 2 logos de CB (Cartes Bancaires et Carte Bleu) sont similaires.
J'avoue que la différence entre les 2 n'était pas clair pour moi avant que Lumo ne me fasse un magnifique tableau comparatif. ^^'
Le 23/01/2026 à 18h11
- le réseau de paiement CB
- le groupement des cartes bancaires, qui exploite le réseau CB
- Carte Bleue, qui était une marque de cartes et a été absorbé par Visa
Oui, en France on est doués pour nommer des trucs... Quand est ce qu'on renomme ça "France Paiement" ?
Modifié le 22/01/2026 à 21h17
Je te confirme que pour le marchand, il est plus intéressant que le client utilise le réseau CB que Visa ou Mastercard
Modifié le 23/01/2026 à 10h24
Certains font machine arrière. Ce n'est pas très clair dans leur offre mais il semble que Fortuneo va remettre le co-badging sur leur carte Fosfo (cf leurs Conditions Tarifaires valables à partir de février).
Carte Bleue a cessé d'exiter quand Visa US a racheté Visa Europe. Les banques françaises ont alors formé le GIE Cartes Bancaires regroupant alors les ex-Bleues et les "Vertes" (les banques qui étaient chez Mastercard).
Le 22/01/2026 à 23h39
Le 23/01/2026 à 09h47
Le 23/01/2026 à 10h04
Modifié le 23/01/2026 à 10h33
Sauf cas particulier, il y a de grandes chances que le commerçant ait configuré CB par défaut.
Le 23/01/2026 à 10h56
Le 23/01/2026 à 14h04
Certains sites web permettent de choisir le réseau aved lequel tu vas payer
Le 22/01/2026 à 19h13
L'affaire du Groenland montre clairement que Trump et son gang alt-right détruisent la puissance américaine forgée depuis la seconde guerre mondiale, tels les pirates d'Astérix qui se sabordent. En attaquant des alliés, la confiance s'effondre vis-à-vis des USA et tant les pays que les blocs réorientent leurs liens pour les éviter. Le Dollar s'érode comme monnaie de réserve mondiale. La dette US de 37 T$ va devenir assez rapidement visible et insupportable pour les Américains non milliardaires.
Les USA n'auront plus les moyens d'être une superpuissance.
C'est Xi et Poutine qui doivent rigoler en regardant ce naufrage tout en mangeant du popcorn.
Make America Great Again ?
Le 22/01/2026 à 19h47
Modifié le 22/01/2026 à 21h13
Je ne peux pas mettre le lien, car message "Sorry, you have been blocked You are unable to access 20minutes.fr" (panne Cloudflare ? Tiens, tiens...)
Edit : seulement sous Firefox.
Lien Le Figaro : lefigaro.fr/conjoncture/nous-avons-toutes-les-cartes-en-main-donald-trump-promet-de-grosses-represailles-si-les-europeens-vendent-de-la-dette-americaine-20260122
Le 22/01/2026 à 23h59
Le 22/01/2026 à 20h58
C’est limite de la destruction mutuelle.
Le 22/01/2026 à 23h57
Le 23/01/2026 à 10h10
En gros ce qui se passe depuis 40 ans , c'est qu'on prête à notre client de l'argent pour qu'il puisse nous payer ce qu'on lui vend
Le 26/01/2026 à 10h25
A ce que j'ai compris, les chinois vendent aussi,
Les japonais achètent tout ?
Les américains eux mêmes ?
Le 23/01/2026 à 09h21
Le 22/01/2026 à 19h28
Mais sinon, dans l'absolu, ça m'étonnerait qu'il fasse ça : s'il coupe la dépendance de l'Europe à la tech étasunienne, le risque (probable) est qu'on n'y revienne ensuite jamais.
Modifié le 22/01/2026 à 20h09
Et sinon, perso, je pense plutôt qu'il demanderai à Microsoft de simuler une panne de quelques heures.
Mais sans nos ordi/smartphones et logiciels ricains, coupés du jour au lendemain, combien de temps avant un effondrement (économique, politique, voire militaire) de l'Europe ?
Le 22/01/2026 à 20h14
Le 22/01/2026 à 21h03
Si on n’a plus accès à nos logiciels eh bien on se demerdera avec ce qu’on aura sous la main. Ce sera une énorme crise, mais les gouvernements feront ce qu’ils doivent faire, c’est à dire gérer la crise, changer temporairement les règles du jeu comme on le fait à chaque crise. Énormément d’entreprises morfleraient mais à priori pour toutes celles qui crèveraient, on peut espérer autant voir plus d’emplois qui seraient créés pour reconstruire un écosystème indépendant de l’Amérique.
Je crois que ce serait la merde sur le plan opérationnel pendant quelques temps mais qu’on en ressortirait grandi.
Le 22/01/2026 à 22h15
Demain, s'il n'y a ni téléphone, ni ordi, ni Internet, ni paiement possibles par carte, ni accès à l'argent à la banque : tu penses sérieusement qu'il pourrait ne pas y avoir effondrement ?
Le 23/01/2026 à 04h43
À la différence de la Russie on a beaucoup plus de population, on a de meilleurs systèmes d’éducation, on a un tissu économique plus solide, on a l’UE et nos gouvernements qui peuvent prendre des mesures d’urgence pour éviter l’effondrement de trop d’entreprises …
Tu n’as pas du bien lire mon commentaire : je pense vraiment qu’on serait dans une merde noire gigantesque et que plus rien ne marcherait, je ne minimise pas du tout ça.
Mais je pense aussi que pour toutes les entreprises qui feraient instantanément faillite pour des raisons techniques, on en verrait autant se créer pour relancer une économie indépendante.
Et le marché UE est déjà très gros de base, il deviendrait gigantesque une fois la concurrence des entreprises américaines supprimée.
Enfin n’oublions pas non plus qu’on a une banque centrale et que vraiment dans le pire des cas, foutu pour foutu, on pourrait décider de créer exceptionnellement de la monnaie. La seule raison pour laquelle on se l’interdit politiquement c’est pour ne pas dévaluer l’Euro par rapport à nos partenaires commerciaux. Qui sont en grande partie les US et la Chine. Et je doute fortement que la Chine nous en voudrait d’imprimer quelques billets si ça veut dire qu’on reste un marché pérenne pour eux.
Après tout ceci implique qu’on ne mette pas l’ED au pouvoir comme des gros abrutis.
Le 23/01/2026 à 09h48
Et du coup, ils viennent d'où les PC russes ? Ils tournent tous sur Linux ?
Perso, je pars sur le scénario où, par exemple, on aurait Windows, iOS, macOS et Android qui s'arrêteraient de fonctionner, à minima, voire même que les processeurs s'auto-désactiveraient via une backdoor comme décrit dans la news.
Dans ce cas là, pratiquement plus d'informatique sur toute la France/Europe, à part pour quelques cas isolés et des systèmes basiques (je doute, par exemple, que les Linky seraient touchés).
Donc la Banque de France ou la BCE seraient out, de même que toutes les banques. Les télés, radios et réseaux téléphoniques potentiellement aussi (en fonction de si le matériel lui-même de désactive ou pas).
Impossible aussi de faire le plein d'essence.
Dans ces conditions, tu aurais une population complètement désemparée, un pouvoir politique aveugle et incapable d'agir, une armée désorganisée, une famine en quelques jours.
Pour que des entreprises fassent faillite, il faut que ce soit écrit quelque part, et c'est numérique.
Pour qu'une nouvelle entreprise existe, il faut aussi que ce soit écrit quelque part. Mais ça pourrait se faire après coup, c'est vrai.
Par contre, tu aurais une montagne de personnes incapables d'exercer leur métier, sans capacité de les former à un autre rapidement.
Au bout de quelques semaines, on pourrait potentiellement commencer à se débrouiller, mais entre temps on pourrait nous avoir envahis et surtout il y aurait eu des émeutes et des famines.
Le 23/01/2026 à 10h32
Nos armées sont plus robustes que ce que tu sembles croire. Les armées où tout est géré/interfacé par un logiciel proprio unique qu'une puissance hostile/un méchant hackeur fout en l'air pour tout paralyser, c'est dans les films. Dans la vraie vie, les soldats savent faire en mode dégradé, surtout les nôtres avec leur armée à l'os.
Modifié le 22/01/2026 à 21h48
Le 23/01/2026 à 17h24
Le 22/01/2026 à 23h54
Bref, il n'a rien obtenu, il a compris qu'il n'obtiendrait rien, mais cherche à ne pas perdre la face.
Ou alors il est encore plus sénile que ce qu'on croit et il a oublié ce qu'il voulait.
Modifié le 23/01/2026 à 08h41
J'ai vu hier un extrait d'un coup de fil de notre président à l'agent orange, le reveillant de bon matin. Il avait à lui annoncer que zélinsky avait dit OK à je ne sais plus quoi. Comment Manu a "manipulé" Donald ? en disant (approximativement) "j'ai une bonne nouvelle pour toi, il a accepté tout ce que tu proposais, tu avais raison".
C'est comme ça qu'il marche : le flatter et surtout ne jamais le frustrer. C'est un gamin mal élevé qui est devenu chef de la première puissance mondiale, la loose pour notre planète...
Modifié le 23/01/2026 à 10h38
Le 22/01/2026 à 20h41
Mais ce qui serait bien c'est que nos "politiques" au lieu de faire des fadaises (je suis poli) anticipent un peu la question plutôt que d'attendre la coupure !
Le 23/01/2026 à 05h41
Déjà utilisé contre la Russie.
Le 23/01/2026 à 07h58
Modifié le 23/01/2026 à 08h26
Le 23/01/2026 à 08h42
Le 23/01/2026 à 09h30
S'il baisse son froc, c'est qu'il s'apprête à lâcher un gros caca.
Et ici on parle technologie internet, je rappelle que les US possèdent aussi le marché des équipements lourds (tracteurs, équipements de chantier par exemple) et de la culture (engrais, pesticides, graines). De quoi te ralentir très fortement une économie et te déstabiliser des pays (celui qui a faim, il se rebelle contre son gvt).
Par contre, couper YT, Facebook, ... c'est un calcul risqué: c'est aussi un moyen de contrôle. Le fermer, c'est laisser la porte ouverte à d'autres (Chinois ou pire: faire créer une solution locale).
Car là où Trump a voulu bloquer/ralentir en Chine, il a souvent de facto érigé un nouveau concurrent direct. Il faudrait qu'en Europe on sache faire la même chose.
Le 23/01/2026 à 09h54
Le 23/01/2026 à 10h59
"Merci qui ?"
Le 25/01/2026 à 11h01
Le 25/01/2026 à 18h00
Le 22/01/2026 à 20h30
Toutefois, avec une économie principalement portée par la Tech US (sans quoi elle était au bord de la récession), une telle décision reviendrait à signer son arrêt de mort. L'impact sur ces entreprises serait encore plus violent et je doute qu'elles s'en remettent en termes d'image.
La première action que je verrais, qui est pas forcément la plus coûteuse pour le coup, c'est de quitter immédiatement GitHub et GitLab.
Le 22/01/2026 à 20h39
GitLab étant maintenant un satellite de Google, j'envisage effectivement Codeberg.
Le 22/01/2026 à 20h41
Modifié le 22/01/2026 à 20h48
Codeberg c'est un truc Allemand garanti sans GAFAM très ouvert pour les projets Open Source (c'est le cas de mes projets)
Le 22/01/2026 à 20h54
- La plateforme en SaaS est opérée par une entreprise de droit US.
- La version on-premise en entreprise peut nécessiter l'achat d'une licence pour avoir les fonctions entreprise, et donc nécessite la contractualisation avec eux
- La version open source peut voir son accès bloqué
Le 23/01/2026 à 09h52
Le 23/01/2026 à 11h30
Le 22/01/2026 à 20h50
Mais à mon avis il y a un énorme frein à la limitation ou l'interruption du trafic réseau côté états-unis : le renseignement. Il me parait très peu probable que les grandes oreilles se laissent assourdir ainsi.
Le 22/01/2026 à 22h04
To : mrPresident@usa.com
Subject : Do it dude ! Don't be a pussy !
Pls, on behalf of all mankind, push the button.
Le 23/01/2026 à 09h33
Modifié le 23/01/2026 à 10h01
Avant même les impacts en Europe, c'est le peuple américain qui prendrait. La foule peut rester tranquille tant qu'elle peut vivre décemment, mais coupez lui ses revenus et ce n'est plus la même chose.
Edit: de plus ce scénario est aussi celui prévu par les européens pour s'en prendre aux US. Ce n'est donc pas une hypothèse à voir uniquement du côté de Trump.
On peut éventuellement l'imaginer mais venant du côté européen.
Le 23/01/2026 à 10h13
Le 23/01/2026 à 11h28
Le 23/01/2026 à 12h00
Le 23/01/2026 à 15h42
Le 23/01/2026 à 16h09
Modifié le 23/01/2026 à 16h31
(Et non ce n'est pas lié au mode IE, on n'a qu'un logiciel qui le demande et lui tourne aussi sur Firefox)
Le 23/01/2026 à 16h37
Modifié le 23/01/2026 à 16h58
Par exemple, il y a des extensions VS Code qui ne fonctionnent pas sur VS Codium alors que c'est un rebuild depuis les sources. Mais comme Microsoft ajoute quelques cochonneries sur le chemin...
Tout comme de mémoire, les sites de parcours client magasin pour faire du picking et paiement direct sur un portail Web (Match fait ça par exemple). Sur Chrome Android, le paiement se fait sans problème avec Google Pay. Sur Vivaldi, je n'ai jamais pu le faire.
Google doit donc se réserver quelques API certainement.
Le 23/01/2026 à 11h28
Le 23/01/2026 à 11h54
Le 23/01/2026 à 12h02
Modifié le 23/01/2026 à 12h20
Ils se retrouveraient eux meme dans le noir 😅
Arret de leurs systèmes d'intelligences et de surveillance en Europe, Amazon à 0€ de CA, les services de presta de Microsoft et de leurs production diverses (par ex les studios de JV Xbox en Europe) à l'arrêt, et j'en passe.
Un filtrage avec exceptions serait long et coûteux à mettre en place.
Catastrophe économique et stratégique pour eux aussi.
S'ils en arrivent la, c'est qu'on sera déjà dans une merde noire
Le 23/01/2026 à 12h50
Le 23/01/2026 à 15h34
Les alternatives Européens aux réseaux Visa et Mastercard ne sont au final pas nombreuses et EPI n'est pas assez présent dans une large partie des pays européens pour être aujourd'hui une réponse crédible.
En vrai, sur certains secteurs, l'Europe peut être une punaise dans les chaussures des US, mais ça ne durerait qu'un temps.
Puis bon, les US se tirent déjà eux même dans le pied régulièrement donc bon .. faut être patient.
Le 23/01/2026 à 15h45
Le 24/01/2026 à 09h18
Le 23/01/2026 à 16h24
De même pour les cartes sur smartphone.
Le 28/01/2026 à 15h47
Vous noterez le sens du timing parfait d'Infogreffe concernant la problématique de souveraineté numérique.
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