L’Arcom déploie son arme anti-IPTV en temps réel pour la coupe du monde de football
Carton rouge pour l'IPTV illégale
Illustration : Flock
Le 12 juin à 17h11
La Coupe du monde est lancée, mais tous les supporters ne la regarderont peut-être pas dans les mêmes conditions. Pour les utilisateurs d’IPTV illégale, l’Arcom annonce une compétition rythmée par les coupures de flux, grâce à un dispositif inédit de blocage des adresses IP en direct.
L’Arcom déploie son arme anti-IPTV en temps réel pour la coupe du monde de football
Carton rouge pour l'IPTV illégale
Illustration : Flock
La Coupe du monde est lancée, mais tous les supporters ne la regarderont peut-être pas dans les mêmes conditions. Pour les utilisateurs d’IPTV illégale, l’Arcom annonce une compétition rythmée par les coupures de flux, grâce à un dispositif inédit de blocage des adresses IP en direct.
Droit
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4 min
Le coup d’envoi de la Coupe du monde de football a été donné ce jeudi 11 juin : 48 équipes vont se mesurer aux quatre coins du Canada, de Mexique et des États-Unis, avec en point d’orgue la finale du 19 juillet. Combien de ces matchs pourront être suivis par les utilisateurs d’IPTV illégale ? Idéalement, aucun ! C’est du moins ce qu’espèrent les diffuseurs officiels, et ce que promet l’Arcom.
L’arme ultime contre l’IPTV illégale ?
Les utilisateurs des plateformes de streaming illégal et autres abonnés à des services d’IPTV illicite devraient en être quitte pour suivre la coupe du monde de loin. L’Arcom a en effet mis en place un système de blocage des adresses IP en temps réel. L’adresse est coupée au début du match, elle est réactivée à la fin de la rencontre.
L’Arcom est aux avant-postes de ce combat. En 2025, elle a fait bloquer à sa demande près de 6 500 noms de domaines, contre 772 en 2022. Un volume réalisé grâce à un outil permettant aux ayants droit de signaler les sites miroirs à bloquer. Mais bloquer des noms de domaine à l’infini n’est pas suffisant. « L’intérêt du blocage IP, c’est de toucher les serveurs. Une fois qu’on touche la source, c’est quand même beaucoup plus compliqué de créer de nouvelles plateformes », explique Pauline Combredet-Blassel, la directrice générale adjointe de l’Arcom, à Franceinfo
Le blocage des adresses IP est présenté comme la solution ultime au piratage des compétitions sportives. Le procédé avait été testé durant le tournoi de Roland-Garros. Il est certes facile de créer « autant d’adresses internet qu’on veut », mais « une fois que les serveurs ne sont plus accessibles, c’est quand même plus compliqué de se répliquer », indique-t-elle.
C’est aussi une arme de plus dans l’arsenal des ayants droit, en plus du blocage des URL, des DNS et même des VPN qu’a obtenu Canal+ l’an dernier (au grand dam des fournisseurs).
En mai, le régulateur avait adopté des modèles d’accords à destination des titulaires de droits et des intermédiaires techniques, avec pour objectif de « faciliter la coopération entre les acteurs ». Les modèles favorisent une mise en œuvre « simultanée et rapide » des mesures de lutte contre le piratage sportif.
Il s’agit effectivement de bloquer les diffusions illégales au moment où les matchs ont lieu. L’Arcom rappelle que le préjudice direct lié à ces retransmissions pirates se montait à 290 millions d’euros en 2024. Les clubs professionnels sont les plus directement touchés, mais l’ensemble de l’écosystème en pâtit également.
Anticiper la loi
La proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel contient plusieurs mécanismes facilitant le blocage quasi immédiat des sites IPTV pirates et leurs clones pendant les retransmissions de compétitions en direct. Le texte a été adopté par le Sénat au mois de mai, il est désormais entre les mains de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.
Le dispositif mis en œuvre à Roland-Garros – et désormais pendant la coupe du monde – anticipe la mise en œuvre de la loi. L’Association pour la Protection des Programmes Sportifs (AAPS) espère que l’automatisation sera opérationnelle d’ici la fin de l’année, rapportait L’Informé mi-mai. Les intermédiaires techniques se sont engagés à traiter jusqu’à 10 000 adresses IP simultanément.
Il y a les plateformes pirates, et il y a les utilisateurs. En mars, le parquet d’Arras a sanctionné des abonnés à des offres d’IPTV illégale à des amendes comprises entre 300 et 400 euros. La Ligue de football professionnel (LFP) s’en était évidemment réjouie, tout en appelant à la mise en œuvre de moyens d’action accrus, dont le dispositif de blocage par IP.
Commentaires (47)
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Abonnez-vousLe 12 juin à 17h16
Le 12 juin à 19h03
Le 12 juin à 17h17
Le 12 juin à 17h47
DENY 0.0.0.0/0
Le 12 juin à 18h03
Alors OK y'a de la compression avec perte en route, mais bon en jouant sur la temporalité et la redondance du signal entre l'audio et la vidéo, y'a moyen de faire de la correction d'erreurs sur la lecture normalement ?
Modifié le 12 juin à 22h58
Et dans ce cas-là où l'image est la même pour tous, c'est compliqué de trouver la source et de lui révoquer son accès rapidement (impossible pour la TNT - et je ne suis même pas certain qu'il soit possible de révoquer l'accès d'une carte à puce de décodeur satellite avant l'expiration de la validité de la carte).
Le 13 juin à 09h50
Modifié le 13 juin à 07h57
Or côté client, pour la majorité des technologies de diffusion, la lecture se fait selon des standards avec un appareil ou logiciel potentiellement pas fourni par le diffuseur. On ne peut pas s'attendre à ce que tous les lecteurs coopèrent, surtout celui du pirate. Ajouter des erreurs correctibles au signal ne sert à rien puisque le lecteur corrigera les erreurs avant d'enregistrer la vidéo.
Et même en point à point avec un lecteur imposé c'est compliqué car soit il faudrait faire du réencodage en temps réel pour chaque utilisateur et c'est beaucoup trop lourd, soit c'est fait par le lecteur chez l'utilisateur et celui-ci peut bricoler pour récupérer le signal avant lecture par le lecteur imposé, voire se passer du lecteur.
Le 12 juin à 18h36
passer sur de la commutation rapide d'IP avec un algo capable d'exploiter un pool important d'IP (plus de 10 000), avec une durée de vie de 60 secondes et une commutation toutes les 30 secondes.
A chaque instant, chaque serveur possède une IP principale et une dépréciée. Toutes les 30 secondes, l'adresse dépréciée disparait, la principale devient dépréciée et une nouvelle principale apparait.
Pour suivre, il faut juste avoir le même générateur côté client et côté serveur, avec un algo basé sur le temps GMT, exactement comme TOTP.
Le 12 juin à 19h31
Le 12 juin à 19h37
Le 12 juin à 20h07
Le 12 juin à 21h44
Le 12 juin à 19h00
Le 12 juin à 21h40
Le 12 juin à 22h59
Jeudi à 10h05
Le 12 juin à 19h09
Le 12 juin à 19h35
Et pour faire plaisir aux ayants droits qui ne sont pas leurs clients, ils violent la neutralité du net en nullroutant certaines adresses IP auxquelles leurs clients veulent accéder en l'absence d'une loi ou décision de justice ? C'est bien cela ?
Qu'en pense l'ARCEP est chargée de surveiller leurs pratiques ?(page en lien plus haut dans ce commentaire)
3 % du CA, ça peut faire mal !
Rappel : la neutralité du net est protégée dans l'UE depuis 2016.
Le 12 juin à 19h44
Le 12 juin à 19h46
Pour l'instant, il n'y a pas d'autoritarisme : c'est un accord privé entre les ayants droits et les FAI encouragé par l'ARCOM (autorité indépendante).
Le 12 juin à 21h10
Le 13 juin à 12h22
Le 13 juin à 20h31
Ce qui s'est passé au confinement sur l'obligation d'un pass sanitaire, les amandes en mode répressif, mais aussi l'anesthésie des gens face aux différentes consignes débiles qui changeaient tous les 4 matins, donne le ton sur les enjeux de demain comme l'identité numérique, l'euro numérique.
Le 15 juin à 10h22
Et non, contrairement à une légende urbaine savamment entretenue par ceux qui assènent des contre-vérités depuis leur canapé sans chercher à bosser sérieusement le sujet, nulle violation de la neutralité du net .
Jamais inutile de relire les textes concernés, en particulier l'article 3 3 a du règlement Internet Ouvert :
https://www.arcep.fr/fileadmin/cru-1589991844/reprise/textes/communautaires/reglement-UE-2015_310-Net-Neutralite-251115.pdf
Les fournisseurs de services d’accès à l’internet s’abstiennent de bloquer, de ralentir, de modifier, de restreindre, de perturber, de dégrader ou de traiter de manière discriminatoire des contenus, des applications ou des services spécifiques ou des catégories spécifiques de contenus, d’applications ou de services, sauf si nécessaire et seulement le temps nécessaire, pour :
a) se conformer aux actes législatifs de l’Union ou à la législation nationale qui est conforme au droit de l’Union, auxquels le fournisseur de services d’accès à l’internet est soumis, ou aux mesures, conformes au droit de l’Union, donnant effet à ces actes législatifs de l’Union ou à cette législation nationale, y compris les décisions d’une juridiction ou d’une autorité publique investie des pouvoirs nécessaires.
La disposition légale concernée ?
L'article L.333-10 du code du sport.
Qui prévoit un dispositif aussi bien judiciaire qu'administratif, l'ARCOM pouvant encourager la mise en place d'accords de blocage entre intermédiaires techniques et titulaires de droit.
IV.-L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique adopte des modèles d'accord que les titulaires de droits mentionnés au I, la ligue professionnelle, l'entreprise de communication audiovisuelle ayant acquis un droit à titre exclusif et toute personne susceptible de contribuer à remédier aux atteintes mentionnées au même I sont invités à conclure. L'accord conclu entre les parties précise les mesures qu'elles s'engagent à prendre pour faire cesser d'éventuelles violations de l'exclusivité du droit d'exploitation audiovisuelle de la manifestation ou compétition sportive et la répartition du coût des mesures ordonnées sur le fondement du II.
Modèles d'accord qui ont d'ailleurs été publiés au JO
https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/textes-juridiques/recommandation-de-larcom-du-6-mai-2026-accompagnant-la-publication-de-modeles-daccord-prevus-larticle-l333-10-du-code-du-sport
L'ARCEP s'est prononcée sur cette disposition, mais son avis n'est que consultatif. Et estime que les conditions de mise en oeuvre ne sont pas de nature à ouvrir une procédure de sanction, s'agissant ici d'une obligation légales à laquelle sont astreints les intermédiaires techniques et sur laquelle la justice s'est prononcée à plusieurs reprises s'agissant de la conformité au droit de l'Union.
https://www.arcep.fr/uploads/tx_gsavis/21-0531.pdf
En effet, la conformité de ces dispositions au droit de l'Union ont fait l'objet de plusieurs décisions de justice, tout ce qu'il y a de plus publiques.
https://www.courdecassation.fr/decision/69c7746ecdc6046d47430746
(et pour l'analyse https://www.linforme.com/tech-telecom/article/piratage-sportif-victoire-majeure-de-canal-contre-google-cisco-et-cloudflare_3840.html)
Et chaque mois, plusieurs décisions de la 3eme chambre du TJ de Paris ordonnant le blocage, par tous moyens (par que DNS, mais également IP et autres), de plateformes de contenus sportifs pirates.
https://www.courdecassation.fr/decision/6a0af10ccdc6046d4710cff6
Et la tendance est au renforcement du dispositif
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements?dossier_legislatif=DLR5L17N51732&examen=EXANR5L17PO419604B1560P0D1&place=00010Z00ZB&sort=Adopté
Le 15 juin à 11h43
Je considère que L'article L.333-10 du code du sport dans son IV n'est pas contraignant : il autorise juste des accords. Les FAI n'ont donc pas à se conformer à cet article, ils ont juste la possibilité d'en passer tout en respectant les textes législatifs de l'UE ou de la France comme pour tout contrat entre parties.
Donc, pour moi, on n'est pas ici dans le cadre du règlement sur la neutralité du net.
J'avais fait mes devoirs et parcouru ces différents textes avant de poster mon commentaire.
Mais bon, je ne suis pas avocat ni juriste, j'ai peut-être tort sur ce point.
Sur le reste, je suis bien d'accord que la tendance est au renforcement de ces blocages comme l'article l'indiquait avec la proposition de loi votée au Sénat, mais attendons qu'une loi contraignante soit votée permettant le blocage sans violer la neutralité du net.
Les décisions de la Cour de Cassation n'ont rien à voir ici puisqu'elles suive une décision de justice, ce qui n'est pas le cas des accords entre ayants droits et FAI.
Le 16 juin à 20h22
Dernière illustration avec ce jugement en date du 3 juin 2026 qui sert de base légale au blocage IP actuellement en cours (blocage DNS ordonné par le juge, qui renvoie au processus ARCOM pour l'actualisation en blocage IP dynamique). Nous sommes donc dans le cadre de l'exécution d"une décision de justice (les accords proposés par l'ARCOM impliquent plusieurs décisions de justices préalables rendues dans le cadre de procédures publiques et contradictoires, donc bien loin de l'arbitraire et autre violation de la neutralité du net)
https://www.linforme.com/tech-telecom/article/piratage-l-arcom-demarre-sa-coupe-du-monde-du-blocage-des-adresses-ip_4084.html :
« Sur le terrain juridique, le blocage de ces 55 premiers serveurs durant la Coupe du monde 2026 a été rendu possible grâce à l’assignation en mai dernier par beIN Sports (…) Le 3 juin, la chaîne a obtenu du tribunal judiciaire de Paris le blocage de sites et services d’IPTV. C’est à partir de ce jugement qu’elle a pu dans un second temps se retourner vers l’Arcom, comme le lui autorise l’article L333-10 du Code du sport »
(sans oublier que le fait que le règlement Internet ouvert ne saurait faire obstacle aux procédures prévues à l'article 9 du DSA, qui ne concernent pas que les seuls hébergeurs mais visent aussi tous les intermédiaires techniques dont les FAIs et fournisseurs VPN)
Le 12 juin à 19h43
Ce genre de serveurs sont à l'étranger. Les blocages d'IP en France n'empêchent donc pas les administrateurs d'y accéder hors de France et de modifier leurs adresses IP. Et en IP v6, il y a beaucoup d'adresses disponibles. les 10000 peuvent être saturées très vite.
Le 12 juin à 20h06
Le 12 juin à 20h34
Le 12 juin à 23h06
Le 15 juin à 11h07
Le 12 juin à 22h54
Le 13 juin à 14h36
chat, souris, tout ça tout ça...
Le 13 juin à 15h59
Perso je regarde pas le foot - j'ai quand même quelques VPS dans d'autres pays - ça me sert au moins à vérifier l'accessibilité de sites depuis d'autres pays (Vous saviez que Xilinx faisait du géoblocking ?)
Le 13 juin à 18h47
Le 13 juin à 19h29
Il me semble que c'est quand même possible d'en utiliser chez eux malgré les blocages.
Modifié le 14 juin à 12h48
Le 15 juin à 07h55
Mais oui, il est possible vu la tournure que ça prends qu'on en arrive à un système de "silo" ou chaque continent ou entité sera soumis à des règles différentes et donc ou passer de l'un à l'autre devra se faire via des "gateway" spécifiques, lentes et filtrante.
C'est en contradiction avec le fait d'avoir posé tant de câbles trans-atlantiques et trans-pacifique, mais bon, ce serait pas la premier gaspillage de l'humanité.
Le 14 juin à 18h28
Le 14 juin à 18h49
Le 14 juin à 22h23
Le 14 juin à 22h59
Je me demande si quelqu'un regarde tout.
Modifié le 15 juin à 15h53
Le 15 juin à 16h08
Il reste la pub, mais on n'est pas obligé d'être devant la TV pendant la pub.
Modifié le 16 juin à 11h17
Je ne passe par leurs sites web que pour les événements sportifs exceptionnels (hors franceTV qui a son appli)
Si j'ai parlé de trackers, c'est bien parce que M6.fr oblige l'acceptation de TOUS pour accéder au direct.
Le 15 juin à 09h34
Le préjudice de ce marché inflationniste entre copains ? Pourquoi l'ARCOM irait se faire l'avocat d'un conglomérat de parasites capitalistes ?
C'est fou ce que ces gens arrivent à faire pour protéger leur sou alors qu'il existe myriades d'autres sujets tellement plus importants. Bon... Je comprends en fait. Si y'a trop de "pirates", ils ne vont plus pouvoir tenir leur objectif d'inflation des ventes de droits l'année prochaine...
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