Bercy informe d’une intrusion dans le Ficoba : 1,2 million de comptes exposés
Ginkgo Ficoba
Illustration : Flock
Le 18 février à 20h09
Bercy a informé mercredi soir, par voie de communiqué, d’une intrusion dans le fichier national des comptes bancaires et assimilés (Ficoba), qui liste tous les comptes bancaires ouverts en France. Les services de la DGFiP assurent que les accès illégitimes ont été restreints, mais préviennent que les données de 1,2 million de comptes ont pu être exposées.
Bercy informe d’une intrusion dans le Ficoba : 1,2 million de comptes exposés
Ginkgo Ficoba
Illustration : Flock
Bercy a informé mercredi soir, par voie de communiqué, d’une intrusion dans le fichier national des comptes bancaires et assimilés (Ficoba), qui liste tous les comptes bancaires ouverts en France. Les services de la DGFiP assurent que les accès illégitimes ont été restreints, mais préviennent que les données de 1,2 million de comptes ont pu être exposées.
Le 18 février à 20h09
Sécurité
Sécurité
4 min
Dans une actualité marquée à la fois par la récurrence des fuites de données et par les velléités grandissantes de constitution de fichiers centralisés, l’incident revêt une portée symbolique particulière. Cette fois, ce sont en effet les services de Bercy qui informent, mercredi en fin d’après-midi, d’une intrusion dans un fichier particulièrement sensible : le Ficoba, ou fichier national des comptes bancaires et assimilés, qui liste tous les comptes bancaires ouverts, mais aussi les coffres-forts loués en France.
1,2 million de comptes exposés
L’intrusion a pris la forme d’un accès non autorisé, que le service de presse de Bercy décrit de la façon suivante :
« A compter de la fin janvier 2026, un acteur malveillant, qui a usurpé les identifiants d’un fonctionnaire disposant d’accès dans le cadre de l’échange d’information entre ministères, a pu consulter une partie de ce fichier qui recense l’ensemble des comptes bancaires ouverts dans les établissements bancaires français et contient des données à caractère personnel : coordonnées bancaires (RIB / IBAN), identité du titulaire, adresse et, dans certains cas, l’identifiant fiscal de l’usager. »
Les finances publiques assurent que dès détection de l’incident, « des mesures immédiates de restriction d’accès ont été mises en œuvre afin de stopper l’attaque, de limiter l’ampleur des données consultées et extraites de cette base ».
Le périmètre exposé concernerait tout de même 1,2 million de comptes, qui devraient faire l’objet d’une prise de contact : « Les usagers concernés recevront dans les prochains jours une information individuelle les alertant qu’un accès à leurs données a pu être constaté. »
Outre le dépôt de plainte et la notification à la CNIL exigés en de telles circonstances, Bercy indique s’être rapproché des établissements bancaires afin que ces derniers participent à la sensibilisation des contribuables concernés.
Le ministère précise enfin que les services et agences de l’État, parmi lesquels son service du haut fonctionnaire de défense et de sécurité (HFDS) et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) sont mobilisés autour de la sécurisation du système d’information concerné.
Le Ficoba enregistre, d’après la CNIL, les informations de plus de 80 millions de personnes physiques, françaises ou non, qui ont un compte bancaire en France. Il répertorie les données d’identification du titulaire, les éléments d’identification du compte et ses dates d’ouverture ou de modification. Il ne liste en revanche « aucun élément concernant l’historique des opérations effectuées sur le compte concerné ou sur son solde ».
La combinaison des informations exposées se prête néanmoins à des scénarios d’ingénierie sociale poussés, à l’instar des données volées récemment sur la plateforme Choisir le service public.
Bercy recommande par ailleurs un « rappel de vigilance à destination des usagers », en trois points :
- alors que de nombreuses tentatives d’escroqueries circulent par courriel ou SMS dans le but d’obtenir des informations ou des paiements de la part des usagers, « au moindre doute, il est préférable de ne pas répondre directement » ;
- l’administration fiscale « ne vous demande jamais vos identifiants ou votre numéro de carte bancaire par message », et « même si l’expéditeur semble être un interlocuteur de la DGFiP, contactez directement votre service des impôts via la messagerie sécurisée de votre espace ou par téléphone afin de vérifier l’authenticité du message reçu » ;
- en cas de suspicion de l’utilisation frauduleuse de vos données personnelles, « nous vous recommandons de conserver toutes les preuves (messages, adresse du site web, captures d’écran…) », mais également de s’appuyer sur les ressources du site cybermalveillance.gouv.fr.
Sur le sujet, consultez également notre guide :
Bercy informe d’une intrusion dans le Ficoba : 1,2 million de comptes exposés
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1,2 million de comptes exposés
Commentaires (73)
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Abonnez-vousLe 18/02/2026 à 20h23
En résumé:
Les informations concernées sont les suivantes : nom, prénom, adresse électronique, numéro de téléphone, et vos éventuels échanges avec notre service client.
Votre mot de passe n’est pas concerné. Vos données sont intactes et n’ont pas été modifiées.
Le 18/02/2026 à 20h32
Le 18/02/2026 à 20h40
Les personnes en couple sont donc toutes suspectes !
Le 19/02/2026 à 09h40
Le 18/02/2026 à 20h28
Et bien sûr pas de double authentification pour protéger du vol d’identifiants.
Il va falloir que la CNIL augmente le niveau de ses exigences en terme de sécurité, parce que, encore une fois, les responsables de traitement ne sont pas à la hauteur même au sein de l'État.
Le 18/02/2026 à 21h07
C'était avant qu'il fallait le faire. Maintenant qu'une tonne de données sont dans la nature et qu'elles peuvent être recoupées : C'est juste Game Over. Même joueur ne rejoue pas.
Peu de personnes changent de ligne de tel, de compte bancaire régulièrement voire souvent. La plupart du temps c'est pour des durées assez longues. Cela renforce la pérennité des données volées.
Le contre : Changer les références client, IBAN et compagnie pour tout le monde dans une gigantesque opération... Bon c'est pas avec les bras cassés qu'on a que cela va arriver. Et c'est dans le cas ou on ne se ferai pas voler ces données à nouveau.
Ça fait 40 ans qu'on a pas de pilotage sérieux du numérique en France. Voila le résultat.
Modifié le 18/02/2026 à 21h35
Modifié le 18/02/2026 à 23h31
Mes coordonnées bancaires elles ont déjà été volés déjà dans la fuite de Bouygues au mois d'aout 2025, ça faisait deux mois que j'avais fait Fortuneo, ma banque principale et je venais de basculer tous les prélèvements. Je compte passer sur simplelogin pour avoir des adresses mails différentes et supprimer celles que j'utilise actuellement depuis de nombreuses années
Le 19/02/2026 à 07h20
Le 19/02/2026 à 07h55
Le 19/02/2026 à 12h25
Le 19/02/2026 à 07h49
C’est plutôt au niveau des créanciers que ça va faire drôle de devoir changer les RIB de tous les clients.
Le 20/02/2026 à 09h58
Entre mon boulot qui me demande de faire le changement moi-même, les prélèvements non migrés (alors que facilement visible dans mon portail client CE de l’époque) et les services de paiement non pris en compte (comme paypal), je pense qu’il faut être sacrément motivé ou désespéré pour se lancer dans ces opérations.
(Dans mon cas Fortuneo n’avait même pas réussi à récupéré mon livret A à l’époque…)
Le 03/03/2026 à 10h56
Le 19/02/2026 à 09h43
Le 19/02/2026 à 09h46
Rien n'est impossible en informatique. Mon avis :
Tout comme les numéros de cartes bancaires virtuelles et temporaires, ils pourraient créer des IBAN temporaires et virtuels ou désactivables par le client.
Le 19/02/2026 à 10h26
Modifié le 19/02/2026 à 15h14
La CNIL peut retourner se coucher et ne surtout rien faire pour prévenir les futures fuites puisque c'est trop tard pour celle-là.
Le 18/02/2026 à 21h43
Et le circuit de décision faisant 42 fois le tour des différents ministères/bureau/commission, la demande de budget et de modification est en cours depuis 1978.
Le 19/02/2026 à 12h05
Pitié, non. Les exigences que j'ai là c'est double ou triple authent (oui, 2 OTP pour accéder aux pages d'admin), IP déclarées, nombre de requêtes limitées.
Donc je ne sais pas comment ça se passe dans Bercy, mais quand on interroge FICOBA de l'extérieur, c'est l'état de l'art.
Le 19/02/2026 à 13h23
Le 20/02/2026 à 07h53
L'employé à juste reçu un appel team de son chef pour lui demander d'extraire 1 million de compte. Le tout afin de pouvoir faire des tests sur un nouvel environnement.
Et le pirate a donc juste utilisé ... 0 faille de sécurité
Le 20/02/2026 à 08h26
Le 18/02/2026 à 22h28
Le 18/02/2026 à 22h40
Le 18/02/2026 à 22h51
Le 18/02/2026 à 23h28
Le 19/02/2026 à 01h26
Le 19/02/2026 à 08h20
Le 19/02/2026 à 10h10
Le 19/02/2026 à 10h11
Le 19/02/2026 à 13h32
Natixis, Gresham, Palatine sont des exemples de banques où le RIB va être significatif pour déterminer une cible "bancable" pour ce qu'avançait @Dj .
Le 19/02/2026 à 10h48
Le 19/02/2026 à 12h03
Le 19/02/2026 à 12h36
Quant à ses conditions d'entrées, elles sont plutôt sur le capital géré que les revenus. Je pense que c'est pareil pour HSBC. Ne pas oublier que les très très riches n'ont quasiment pas de revenus.
Le 19/02/2026 à 13h53
Le 19/02/2026 à 14h02
Le 19/02/2026 à 14h49
Le 20/02/2026 à 13h26
Le 20/02/2026 à 19h16
Je pensais au mécanisme des holdings qui fait que les revenus du patrimoine (les dividendes ou les pluies values) ne remontent pas jusqu'à la personne physique. Ce qui fait que n'ayant pas de revenus ou presque pas, ils ne payent pratiquement pas d'impôts sur le revenu.
Une technique est d'emprunter pour son train de vie : ça coûte souvent moins cher que les impôts. Enfin, à long terme, je ne suis pas bien sûr de cela parce que un emprunt sur 40 ans ou plus, ça doit quand même coûter un peu en intérêts.
Le 21/02/2026 à 08h35
Le 19/02/2026 à 13h42
Le 19/02/2026 à 13h53
Par contre je crois qu'il n'y a pas d'adresse email donc il faut recouper quand-même avec autre chose, à moins d'envoyer des courriers papier.
Le 19/02/2026 à 13h57
Le 19/02/2026 à 16h20
Le 19/02/2026 à 16h42
Le 19/02/2026 à 17h00
Le problème de Bercy, c'est qu'ils n'ont pas les adresses e-mails des personnes concernées par la fuite pour les prévenir.
Je pense que ce que veut dire le passage que tu as cité est qu'ils ont demandés aux banques de prévenir ceux de leurs clients qui ont été touchés.
Ils n'ont probablement pas envie d'envoyer des courriers papiers aux personnes concernées : ils n'ont que leur adresse postale comme moyen de contact.
Le 19/02/2026 à 17h09
Le transfert des données se fait par l'intermédiaire des banques, qui doivent donc savoir ce qu'elles ont à faire (vu la sensibilité de ces données, ils ne sont pas les moins informés). Ça doit même être une de leurs obligations si je ne me trompe pas.
Le 19/02/2026 à 17h23
Les données personnelles ont certes été transférées par les banques et autres organismes, mais la gestion de ce fichier FICOBA est un traitement différent de celui que font les banques. J'ajoute que ce transfert est obligatoire (par la loi, article que j'ai mis en lien).
Le 19/02/2026 à 17h49
Manquerait plus que les banques donnent à Bercy nos e-mails (pas besoin d'un consentement ? la communication d'une intrusion c'est intérêt légitime ?), et qu'un "acteur malveillant" les récupère comme ça vient d'être fait...
Le 19/02/2026 à 18h10
Le 19/02/2026 à 18h50
Et je doute qu'elles le fassent, car qui va recevoir plein d'appel client à gérer ? Qui va porter le chapeau alors que ce n'est que le messager ? La banque, pas Bercy.
Je ne suis pas certain que les banques prennent cette responsabilité. Comme tu le disais toi-même, c'est Bercy ici le responsable de traitement, c'est à lui de prendre les mesures nécessaires pour prévenir individuellement les personnes concernées, si cela présente un risque pour elle (car oui, prévenir n'est pas une obligation s'il n'y a pas de risque ou qu'il est très faible)
Le 19/02/2026 à 19h01
HADOPIARCOM : en transmettant un mail de Bercy avec comme émetteur le service de Bercy qui convient et avec un numéro de téléphone géré par Bercy.Je pense que sur ce sujet, Bercy peut être persuasif.
Ici, le risque est le même que pour les autres cas où les IBAN ont fuité et à chaque fois, on a été prévenu.
Le 19/02/2026 à 19h12
Et puis, Bercy a déjà des adresses e-mails dans une grande majorité des cas... Donc bon...
Modifié le 19/02/2026 à 19h28
J'avais pensé à ton dernier point et ça serait une raison valable d'utiliser cette donnée personnelle qui au départ n'a pas été collectée pour cela. Cela rentre à mon avis dans le 4. de l'article 6 du RGPD.
Le 20/02/2026 à 14h13
Je suis en effet un des heureux gagnants de cette loterie ! Mail reçu en fin de matinée.Je pense qu'ils voulaient dire que je suis malheureusement concerné par leur négligence en terme de sécurité !
@Jarodd pour info.
Le 20/02/2026 à 15h11
Le 19/02/2026 à 20h35
Le 19/02/2026 à 20h56
Le 20/02/2026 à 16h26
Je ne blâme pas l'employé (ou l'agent), mais son organisme qui n'a pas fait le nécessaire pour éviter cette intrusion. De plus elle n'a pas mis assez de gardes-fous, pour éviter qu'un seul maillon faible pête toute la chaîne.
Le 19/02/2026 à 17h02
Le 19/02/2026 à 17h05
Le 19/02/2026 à 17h48
Le 19/02/2026 à 17h15
des questions métaphysiques.
Et si c'est leur tour de se faire pirater ?
Modifié le 19/02/2026 à 21h17
C'est similaire à la connexion par Google ou Facebook, sauf que :
France Connect n'a donc rien à stocker entre chaque utilisation. Il n'y a pas de compte chez eux. Normalement il ne devrait pas y avoir de souci en cas de piratage. Mais ça c'est la théorie, ce qu'ils font en pratique, on n'en sait rien...
Le 19/02/2026 à 19h14
Grâce à ça on aurait pu connaitre le périmètre.
Le 20/02/2026 à 11h03
Prend garde à toi le petit Nicolas ...
Le 20/02/2026 à 11h10
Modifié le 20/02/2026 à 13h27
Quant aux crédits contractés au nom de quelqu'un d'autre, ça n'a une chance de fonctionner qu'avec une carte de crédit, ou alors il faut au moins un homonyme vu que le montant du crédit est obligatoirement versé sur un compte au nom du demandeur.
Et je n'ai jamais vu d'exemples à grande échelle donc ça ne paraît pas si facile ni si rentable en pratique. Les gros crédits, surtout immobiliers c'est impossible car il faut fournir plein de trucs et être physiquement présent à un ou plusieurs endroits.
En fait, tout ce qui est usurpation d'identité, ça reste finalement peu répandu, et il ne semble pas que les multiples piratages récents inversent la tendance. Par contre sur la "qualité" des phishing on voit bien la différence. Ca reste visiblement plus simple de pousser les gens à donner leur argent qu'à essayer de le leur voler sans leur concours.
Le 20/02/2026 à 22h38
FICOBA = répertoire de tous les comptes bancaires (et produits d'épargne) ouverts par chaque individu (FR ou non) dans une banque située sur le sol français;
le Ficoba est évidemment géré par des fonctionnaires du service de l'état. Aussi sensible que le régalien ou que la DGFiP. D'ailleurs je crois que le ficoba est géré par la DGFIP.
FICOVA = la même chose, mais dédié spécialement aux AV.
Lorsqu'un banquier ouvre un compte, ferme un compte, ou autre produit d'épargne, il a l'obligation de transmettre l'information au service du FICOBA.
Tout banquier se soustrayant au FICOBA, est en faute lourde par rapport au code bancaire, aussi lourde qu'une KYC non respectée, ou non appliquée : la responsabilité de la banque en patirait (amende certainement, ou autres), et évidemment les conséquences au pénal doivent être lourdes.
Pour rappel, la KYC qui ne se fait pas, concerne notamment la banque Palatine, qui a vu sa réputation entachée suite à des complicités internes dans le traitement de la KYC, avec au moins deux banquiers licenciés, pour un préjudice de 18M€. Le Parisien a bien suivi l'affaire. La victime usurpée (crédits ouverts en son nom) est Virginie R.
Un défaut de transmission au FICOBA, pèse aussi lourd qu'un défaut de KYC : le "chargé de conformité" (=responsable kyc) de la banque arrive souvent "avec une goutte de transpiration sur le front", quand il voit le bordel qu'une bande de banquiers vereux, ayant transformé une petite banque privée en officine de blanchiment, quelques années après son rachat par la HSBC.
Donc non, on ne plaisante pas avec le FICOBA. Et il ne peut pas être géré par des non fonctoinnaires (imaginez que les fichiers de police consultés par des gens du privé..)
Le 21/02/2026 à 12h42
Le 21/02/2026 à 12h53
KYC : Know your customer. Cela fait partie des obligation des organismes financiers afin de pouvoir détecter le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.
Le 21/02/2026 à 13h05
Je comprends mieux AV et pourquoi je n'ai rien tourvé avec FICOVA
Pour KYC, je pense aussi que c'est ça, mais je méfie toujours des acronymes utilisés et non défini.
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