Debian ne dit pas non à l’IA et divise la communauté
Démocratie
Le 31 août à 17h43
La communauté Debian devait voter sur la place que les grands modèles de langage (LLM) pouvaient tenir dans le développement de la distribution Linux. Parmi les axes proposés, elle a choisi un quasi-statu quo. La décision divise, ayant notamment provoqué le départ d’au moins un des développeurs.
Debian ne dit pas non à l’IA et divise la communauté
Démocratie
La communauté Debian devait voter sur la place que les grands modèles de langage (LLM) pouvaient tenir dans le développement de la distribution Linux. Parmi les axes proposés, elle a choisi un quasi-statu quo. La décision divise, ayant notamment provoqué le départ d’au moins un des développeurs.
IA et algorithmes
IA
7 min
Fin juillet, nous indiquions que la communauté Debian allait être amenée à se prononcer sur la place des LLM dans le développement de la distribution. Plusieurs propositions étaient mises en avant, de la plus radicale à la plus modérée. À l’époque où nous avions écrit ces lignes, on pouvait en lire quatre, mais la communauté a finalement dû voter parmi huit propositions.
- Proposition A : interdiction pure et simple des LLM dans les contributions au projet
- Proposition B : usage autorisé, mais avec un encadrement strict, avec garanties de licence et responsabilité totale des contributions
- Proposition C : rejet des LLM autant que possible, affichage obligatoire des usages et interdiction des LLM pour les communications entre contributeurs
- Proposition D : la plus pragmatique, avec acceptation des contributions par l’IA et responsabilité complète, en revanche pas d’IA distante pour les données sensibles
- Proposition E : le statu quo, chacun étant responsable de ses contributions, peu importe l’outil
- Proposition F : utilisation découragée des LLM quand c’est possible et mise en avant du travail humain, responsabilité complète des contributions, mais liberté pour les mainteneurs de refuser les contributions IA
- Proposition G : usage contrôlé des LLM pour les tâches périphériques (réflexion, analyse, recherche, critique de code…), mais interdiction dans les contributions
- Proposition H : l’impact environnemental des LLM est jugé rédhibitoire, leur utilisation doit être découragée autant que possible
Le choix de la communauté
Les participants se sont prononcés pour l’option E. De toutes celles mises en avant, la E est la plus consensuelle, car elle ne change presque rien à la situation qui existait avant.
Officiellement, la proposition E s’intitule « Usage responsable de l’IA générative ». On peut y lire notamment que Debian « n’encourage pas ni n’interdit l’utilisation d’outils d’IA générative dans le développement, la maintenance ou la documentation des logiciels, l’empaquetage, la documentation et les autres médias publiés dans le projet Debian ». Le texte reconnait que ces outils peuvent largement améliorer la productivité des contributeurs « s’ils sont utilisés de manière responsable ». Cela permettrait aux personnes de se libérer du temps pour des tâches plus intensives, notamment celles réclamant un jugement, une expertise ou une critique.
Techniquement, l’usage de l’IA ne change pas les exigences habituelles de qualité, d’exactitude et de maintenabilité. Toute personne soumettant un code, qu’il soit tout ou partiellement rédigé par une IA générative, est responsable de ce qu’elle propose. Elle doit être en mesure de comprendre, relire et tester ce code, dans l’idée de pouvoir expliquer ce qu’il fait avec précision. Tout envoi aveugle d’un contenu généré par IA est jugé incompatible avec les pratiques de Debian.
Dans la proposition, on peut lire qu’il est explicitement demandé aux personnes participantes de ne jamais envoyer d’informations personnelles à des services d’IA externes. Il peut aussi bien s’agir de données personnelles habituelles que de clés cryptographiques, communications privées, identifiants ou encore bugs de sécurité sous embargo.
Enfin, pour les opérations automatisées à grande échelle, comme la génération de nombreux rapports de bugs ou la modification en masse des paquets, un processus spécifique devra être mis en place.
« Les Contributeurs qui entendent effectuer des actions impactant tout le projet comme la soumission massive de bogues ou la soumission massive de correctifs, des modifications de code à grande échelle ou d’autres changements ou requêtes automatisés concernant de nombreux paquets ou de nombreux contributeurs, doivent d’abord lancer une discussion et rechercher un consensus à l’aide des canaux du projet avant d’agir. De tels projets automatisés doivent être validés par un humain qui demeure responsable de son comportement et du résultat », indique ainsi la proposition E.
En somme, Debian continue « de compter sur le jugement et la responsabilité de ses contributeurs individuels ». Point important : la mention de l’utilisation de l’IA dans un projet est recommandée, mais pas obligatoire.
Division et colère
La communauté a parlé. La proposition E ne change fondamentalement rien : chacun peut faire ce qu’il veut, tant que les pratiques habituelles de Debian sont respectées. La distribution s’appuie depuis longtemps sur la responsabilité individuelle et la relecture par les pairs. Pas question donc de changer de philosophie. Cependant, lorsque l’on parle de Debian, il n’est pas question d’une entité unique et mystique, mais bien d’un ensemble de personnes contribuant au projet. La consécration de ce quasi-statu quo n’est donc pas anodine.
Si la communauté a parlé, elle est également divisée, aussi bien chez les contributeurs que les utilisateurs. Sur X par exemple, la publication de la nouvelle sur le compte It’s FOSS montre des réactions très diverses, certains comprenant la position, mais la plupart affichent de la méfiance, voire de la déception. Même constant dans les commentaires de Phoronix.
Parmi les réactions négatives, l’une d’entre elles ressort particulièrement : celle d’Antoine le Gonidec, contributeur de longue date au projet Debian. Sur les huit propositions, il était parrain des options A, C, G et H. En somme, toutes celles cherchant à interdire ou limiter l’usage des IA. Face à la victoire de la proposition E, Antoine le Gonidec n’a pas caché sa colère. Sur la liste officielle de diffusion Debian, le développeur a pris une décision radicale :
« Je ne peux pas soutenir la décision actuelle de Debian concernant l’utilisation des LLM, et je ne suis plus prêt à être considéré comme faisant partie de Debian selon ces nouvelles règles. Prétendre avoir une « position neutre » face au fascisme n’est pas de la neutralité, c’est une collaboration active »
Il se retire donc du projet, expliquant que les LLM s’appuient en grande partie sur des entreprises « soutenues par des fascistes ». De toutes les propositions, la E était « la plus pro-LLM de toutes les options ». Il dit ne plus être intéressé par quoi que ce soit provenant de Debian, déclarant avec acidité qu’il peut être remplacé « par n’importe quelle IA agentique ». « Je pense n’avoir jamais autant été déçu par une communauté en qui j’avais confiance », affirme-t-il.
L’importance de Debian
Si ce vote était attendu, c’est que Debian est l’une des distributions Linux les plus importantes. En plus du système lui-même, connu pour sa fiabilité et sa rigueur, Debian sert de base à de nombreuses distributions, dont la plus connue est Ubuntu, celle-ci servant à son tour de socle à d’autres comme Linux Mint.
Comme l’indique It’s FOSS, plusieurs projets ont choisi des approches beaucoup plus radicales. OpenJDK par exemple, édité par Oracle, refuse toute contribution générée par IA. Même chose pour le compilateur GCC. D’autres ont choisi une approche plus souple, en particulier le noyau Linux. Au sujet des LLM, Linus Torvalds a adopté une approche pragmatique, estimant que l’aide procurée par l’IA ne peut plus être empêchée, mais que certaines situations sont problématiques, notamment l’automatisation des rapports des bugs (qu’il a fustigée).
Commentaires (84)
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Abonnez-vousLe 31 août à 17h51
Le 31 août à 18h37
Le 31 août à 20h08
Modifié le 31 août à 23h13
La FSF considère aussi les licences bsd comme libre. Là n'est pas le débat.
Le code généré par IA est selon toute vraisemblance domaine public. Ce qui veut dire que sa présence dans un code sous une licence libre pourrait déforcer l'adhésion du code à la licence. Pour du BSD, ça n'aura pas des masses d'impact, mais pour les licences copyleft cela pourrait avoir un impact en cas de conflit sur le respect de la licence (en mode "je fais ce que je veux, c'est pas du gpl, c'est du domaine public").
Le 1er septembre à 09h40
Modifié le 1er septembre à 10h28
Les projets libres sous copyleft utilisent les mécanismes du droit d'auteur pour garantir les droits des utilisateurs... mais que se passerait-il pour un projet GPL si ce dernier se faisait piller sous prétexte que c'est surtout du code généré par I.A. ? Est-ce que la licence tiendrait encore ou serait-elle caduque car appliquée à un contenu dont "l'auteur" ne peut pas réclamer la propriété?
Mon impression est qu'à ce stade, ce point n'a pas été tranché et introduire du code généré par I.A. dans un projet libre pourrait potentiellement mener ce dernier à tomber dans le domaine public en cas de contestation. Donc introduire du code généré par I.A. dans un projet opensource, et particulièrement copyleft, pourrait menacer la pérennité de la licence de ce projet.
Le 1er septembre à 11h03
Du contenu généré par IA peut ne pas être protégé par le droit d'auteur. En fait, ça dépend du degré d'implication de l'humain dans le processus de génération et aujourd'hui, on n'a pas de jurisprudence forte il me semble, en particulier sur du code.
Cependant, il n'y a pas que du code dans les activités de Debian, il y en a même assez peu : les packages sources sont du code, les applications propres à Debian sont du code, le reste (les documents et traductions, les sites web, la communication interne ou externe, ...) n'en est pas.
Sur le code, puisque c'est ton point ici, élargissons à tout le code libre et pas seulement à celui de Debian qui n'est qu'une petite partie de son activité.
Il n'y a aucune raison que du code généré par IA ait une influence sur le droit d'auteur du code généré par des humains dans un même logiciel. Alors, soit, dans le pire des cas, la partie de code générée par IA ne serait pas GPL, mais le reste le serait toujours. On ne pourrait donc pas piller un projet GPL sur ce prétexte : le code des humains resterait GPL. Et ça serait logique puisque cette partie de code n'aurait pas d'auteur et personne n'en a la propriété.
En relisant la GPL V3, je vois qu'il faut identifier les modifications que l'on apporte au code que l'on redistribue : il suffit donc d'identifier ce code comme généré par IA et donc sans copyright. Si ce code est intégré dans le projet, son statut restera le même.
Si en plus, on utilise les "Additional permissions" prévues par la licence pour préciser que cette partie de code peut être réutilisé sans condition, je pense que c'est inattaquable.
Le 1er septembre à 12h10
Le 1er septembre à 13h27
Le 1er septembre à 14h00
Le 2 septembre à 10h42
Le 2 septembre à 10h59
Pas étonnant que personne n'aie compris ton commentaire, même @yl qui va plutôt dans ton sens dans sa réponse.
Est-ce qu'une machine s'appuyant sur des statistiques peut produire du code GPL ?
Peut-être si ce code est disponible à de nombreux endroits sur le net et qu'il n'y ait pas de filtre en entrée pour la déduplication, mais sur ce dernier point, il me semble que les boites d'IA le font suite aux soucis d'attaques en justice sur le copyright liés aux sites d'info.
Le 2 septembre à 18h43
#headshot
Modifié le 2 septembre à 15h02
Le 31 août à 18h40
Sinon, sur ce sujet, Debian a toujours été très rigoureux. Ne s'assouplissant (sur les FW proprio) que quand cela menait à trop de difficultés pratiques (pour l'exemple cité, de plus en plus de laptops n'ont hélas plus de RJ45... on fait comment sans le FW d'une carte wifi pour tirer du non-free après configuration explicite de ses dépôts? Poule-oeuf toussa...).
Modifié le 31 août à 18h42
Modifié le 31 août à 17h56
Le 31 août à 21h36
Actuellement, personne ne propose sérieusement de supprimer la responsabilité des contributions, si ?
Je suis très curieux de voir d’ici quelques années si les dévs seront toujours capable de se dire responsable et en maîtrise de leurs contributions.
Le 1er septembre à 00h02
De fait, c'est bien un "oui" à l'utilisation des LLM. Et de toute façon, un "non" est impossible à contrôler par la suite.
Quand à la notion de responsabilité, personnellement, elle me fait rire jaune. On sait très bien que personne ne rendra des comptes ; tout le monde paiera les pots cassés.
Le 1er septembre à 14h00
Pour moi, la grande question est plutôt : À terme, quelle proportion de développeurs perdront la maîtrise totale du code qu'ils produiront ? C'est le manque de devs compétents qui peut éventuellement amener à une dérive, si cette proportion augmente trop.
Ceci dit, pourra t'on continuer à appeller "développeur", quelqu'un dont la compétence principale se résumerai à savoir rédiger des prompts ?
Le 1er septembre à 18h41
Le 31 août à 17h59
Le 31 août à 18h15
Le 31 août à 18h46
Dire que Debian "dit oui" ou "dit non" est incorrect, car ce n'est pas le vote qui a été choisit par la communauté.
Modifié le 1er septembre à 23h39
https://www.debian.org/vote/2026/vote_002.en.html#outcome
Donc si la proposition E « Usage responsable de l’IA générative » n'était pas passée, ça aurait été une autre proposition aussi favorable à l'IA générative.
Les propositions cherchant à limiter l'usage de l'IA ont été clairement et fermement rejetées par la communauté.
Le 31 août à 20h56
Le 1er septembre à 08h20
Modifié le 31 août à 18h01
Du moment que les contributions sont bien identifiées comme telles et relues, et que le jeu de la responsabilité individuelle se poursuit, je ne vois pas l'intérêt de se plaindre de l'outil utilisé pour développer le code.
Bref, une posture nuancée (une denrée rare de nos jours) qui met le panel de contributeurs face à ses responsabilités.
Le 1er septembre à 07h28
Le 31 août à 18h02
Le 31 août à 18h42
Le 31 août à 18h58
Le 31 août à 20h04
ça fait un petit 1045 votants
Le 31 août à 21h01
Le 31 août à 23h58
Tant que le code est propre et les pratiques similaires, la communauté n'a pas son mot à dire sur ce que font les développeurs.
Le 1er septembre à 07h26
Le 1er septembre à 16h55
M'est d'avis qu'hormis d'anciens noyaux/versions, il n'existe plus aucun OS sans code issus d'un LLM.
Le 1er septembre à 17h01
Le 1er septembre à 07h29
Le 31 août à 20h18
Interdire du LLM, comme l’explique Ternus, c’est ni souhaitable, et ça commence deja à devenir presque impossible :(
Le 1er septembre à 13h08
Le 31 août à 20h27
Les plus gros financeurs de la linux fundation sont précisément les boites qui poussent à mort l'IA. Dont : Microsoft, Google, Amazon (AWS), Oracle, Meta, Intel, AMD, IBM, Red Hat (IBM).
Ceci explique peut-être cela.
Le 31 août à 20h31
Le 1er septembre à 01h48
C'est la LF qui paye... pardon ... soutiens des projets Debian :
Également : Ian Murdock (Mister Debian - RIP), a été le Directeur de la technologie (CTO) de la Linux Foundation.
Liste non exhaustive. Je vais me permettre de ne pas être d'accord avec toi... Beaucoup.
Le problème est toujours le même quand on parle d'indépendance.
Qui paye ? ... Qui ne mordra pas la main qui le nourri ?
Alors on me dira que c'est indirecte, pas en cash, etc. Bon; dans tout les cas c'est de l'extrait de cerveau que quelqu'un paye...
Comme le rappelle @ragoutoutou la LF, c'est large. Ou plus familièrement : "My LF is rich".
Au cas ou:
https://www.linuxfoundation.org/press/press-release/linux-foundations-core-infrastructure-initiative-funds-three-new-projects#:~:text=The%20Core%20Infrastructure%20Initiative,and%20esteemed%20developers
https://www.linuxfoundation.org/press/press-release/linux-foundations-core-infrastructure-initiative-launches-new-census-project#:~:text=The%20Census%20Project%20is,potentially%20concerning.
https://www.linuxfoundation.org/press/press-release/civil-infrastructure-platform-announces-collaboration-with-the-debian-lts-initiative-and-welcomes-cybertrust-as-a-new-member#:~:text=The%20Civil%20Infrastructure%20Platform,components%2C%20tools%20and%20methods
Le 1er septembre à 17h29
C'est justement les + de 1000 contributeurs bénévoles de Debian qui ont voté, selon les règles de gouvernance de Debian, suite à des débats nourris.
Les contributeurs de Debian (pour en connaitre quelques uns) sont des professionnels pas du tout du genre à voter sur ce type de sujet en fonction de ce que pense peut-être telle ou telle organisation qui finance certaines parties du projet.
Les contributeurs savent que le projet est utilisé (et soutenu) en raison de sa grande qualité et de la confiance qu'il a su bâtir avec le temps, entre autre grâce à sa bonne gouvernance communautaire.
Le 1er septembre à 19h28
Le 1er septembre à 20h08
Modifié le 1er septembre à 21h58
Et le résultat est le plus souvent similaire à la décision de Debian.
Le 2 septembre à 13h01
Ce vote n'était pas nécessaire en soit. On est encore dans un alignement de la charrue avant les bœufs.
L'usage de l'IA soulève tellement de questions (voire de contraintes), notamment relevées dans ces commentaires qu'il est nécessaire de commencer à les traiter avant de choisir d'utiliser l'IA ou non. Et je n'ai pas vraiment de bonnes nouvelles pour l'IA en ce qui concerne la réponse de certaines question déjà traitées.
J'ajoute que l'ombre planante d'un éclatement de bulle de l'IA qui n'inspire rien de bon, fait douter de la pertinence de ce vote.
J'en veux pour preuve :
Ce vote n'a d'utile que si on est certains que l'IA va perdurer. Très honnêtement l'actualité ne va vraiment pas dans ce sens.
La proposition 'E' n'est que le reflet d'une boite de pandore qui a été ouverte avant le vote. Ce vote ne fait que mettre un vernis de légitimité sur ces usages.
Modifié le 2 septembre à 15h15
Il y aura nécessairement une phase de consolidation, mais qui n'implique pas que les LLMs arrêteront d'exister, tout comme l'explosion de la bulle Internet n'a pas fait disparaitre Internet.
La communauté n'a pas engagé de vote sur la base de spéculation boursière mais sur la base des enjeux techniques concrets pour le travail quotidien sur le projet.
En l’occurrence c'est un français, Lucas Nussbaum de l'Inria qui avait initié la discussion: https://lists.debian.org/debian-vote/2026/02/msg00000.html
Aujourd'hui ça n'est plus une question.
Même si toutes les boites américaines disparaissent, il y a un marché compétitif pour fournir de l'inférence sur les modèles open-weight chinois ou autre, et ces modèles seront toujours dispo quoi qu'il arrive.
Et les capacités des modèles augmentent toutes les deux semaines.
Le 2 septembre à 23h18
Quand on voit les dégâts sur absolument tous les aspects, il y a de quoi se demander si ce ne sera jamais un bien fait. J'avais commenté quelques temps avant ici même que l'IA était la chose qui s'avère être plus dangereuse que n'importe lequel des missiles. Je désespère de ne pas pouvoir changer d'avis (pour le moment). Mais je digresse.
Je ne dis pas que c'est du tout mauvais. On peut trouver des usages concrets et utiles qui feront mieux que l'ancien (El famoso système expert). Mais à quel prix (idiocracy style, droit d'auteur, slope, hallucinations, l'eau des déserts, la liste est vraiment longue) ?
C'est une façon d'éviter les vrais débats dont le premier (à mes yeux) est le droit d'auteur. Les propositions ne sont pas rédigées en ce sens. Évoquer au moins ce problème donnerai un peu plus de consistance. Le code, sur Github n'est pas forcément libre de droit. Un petit bémol a eu lieu...
J'ajoute même que la question se pose sur la possibilité d'utiliser du code libre pour entrainer un LLM. Les licences open/libres sont faites pour l'usage du logiciel lui même et de citer l'auteur (par ex). On a pas prévu le scrapping (ou rip off) pour entrainer des modèles à pisser du code. Ce n'est pas l'usage du logiciel.
Je passe sur :
-la pollution du code par des IAs qui s'entrainent sur du code fait par d'autres IA et truffé de bugs, ou d'inconsistances (pour rester poli).
-le contournement appelé pillage légal. Qui dit bien ce que cela veut dire.
Accepter l'IA dans le code (via LLM) c'est donc aussi accepter la part de pillage qui va avec (à l'heure actuelle). On ne peut tout simplement pas ignorer le gros éléphant que voila. C'est un problème technique ET juridique. Pas l'un ou l'autre.
NB: Modèle open source n'est pas pareil à open-weight. Un modèle open-weight met uniquement à disposition ses poids. Donc pas le jeu de donnée d'entrainement. C'est important.
Le 31 août à 21h11
Le 31 août à 23h35
Le 1er septembre à 10h17
Le 31 août à 22h34
Le 31 août à 23h29
Le 1er septembre à 09h43
Modifié le 1er septembre à 07h31
Debian sera désormais sans moi.
Le 1er septembre à 10h02
Le 1er septembre à 12h14
Le 1er septembre à 14h04
Mais bon, ici, on ne parle pas des projets "amonts" comme le noyau Linux puisque l'on parle des activités de la distribution Debian.
Modifié le 1er septembre à 18h56
Vu que le projet Linux tolère les contributions générées par IA.
Sauf à ce que la distrib retire des sources le code incriminé, à l'image des navigateurs basés Chromium qui expurgent son code des Googleries.
De même, au-delà du noyau, quid de tout l'écosystème qui forme une distribution Linux ?
Au hasard, systemd, les desktop environment, les applications courantes, etc.
Le 1er septembre à 10h24
Je dis la même chose aux gens qui envisagent d'acheter une voiture Tesla.
Sauf que, du coup, l'alternative existe, on peut acheter d'autres marques de voitures électriques.
Du coup, concernant les LLM, il existe bien des LLM non créés par des crypto-bros fascistes, non? Mistral? Kimi, etc?
Cela pourrait être un moindre mal.
Le 1er septembre à 12h15
Le 1er septembre à 11h26
Dans mon book, crier au fascisme, c'est comme crier au loup, ca me rend sourd à tout ce qu'il peut dire. Donc est ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qu'Antoine a voulu dire ?
Le 1er septembre à 11h56
C'est la mouvance du moment, riche = fasciste.
Le 1er septembre à 12h17
Le 1er septembre à 13h37
Le 2 septembre à 15h00
et il a entièrement raison. C'est toi qui lui (et probablement à bcp d'autres personnes) prête des propos sans nuance qu'il n'a jamais affirmés.
Le 2 septembre à 15h23
J'ai expliqué ses propos :J'ai ensuite dit que c'était une mouvance, je n'ai pas dit que c'était ses propos.Pour ce qui est du vrai ou du faux sur les LLM et leurs soutiens, à chacun de se faire son opinion sur le sujet.
Le 2 septembre à 15h28
Il part du principe que [...]
C'est la mouvance du moment [...] -> C' se rapporte à ce qui précède. Tu es bien en train de dire que la réaction d'Antoine, c'est la mouvance du moment (qui est en plus ton opinion, avec laquelle de nombreuses personnes ne seront pas d'accord).
Modifié le 2 septembre à 17h31
Mais l'un comme l'autre, je me fiche pas mal de ce que tu as compris (je le dis comme ca parce que visiblement tu n'est pas vraiment de bonne volonté)
La finalité c'est que, d'après moi :
Le 3 septembre à 16h43
Il ne fait pas un parallèle, il donne une opinion (avec laquelle je suis d'accord car Musk, Zuckerberg, et Altman notamment ont des penchants plus ou moins prononcés pour un fonctionnement fasciste) que tu transformes en ultra généralité (riche = fasciste) ce qui est pour le moins ironique vu que tu lui reproches de faire une généralité (qu'en plus, il ne fait pas).
Le 2 septembre à 16h53
Surtout que la définition de facho a pris beaucoup de largeur (ne pas voter LFI = facho en France par exemple) alors bon.
Le 3 septembre à 16h21
Pour une petite partie d'activistes virulents, peut être, mais il faut arrêter de reprendre cette idée totalement fausse qui est surtout mise en avant par l'extrême droite pour justement discréditer les critiques à son encontre (parce que oui, l'extrême droite, une partie de LR qui a fait sécession, et une bonne partie du clan macroniste exhibent tous les signes du fascisme, à commencer par la volonté de ne pas respecter l'état de droit/de laisser ne pas le respecter en faisant mine de ne pas voir le problème).
Un vrai renversement de la réalité, c'est plutôt d'accuser les écolos d'être responsables de l'inaction climatique (et on retrouve encore une fois les mêmes à l'origine de cette désinformation, comme c'est étrange).
Modifié le 1er septembre à 12h26
Les parallèles avec l'Allemagne des années 1930 et la relation politique-patronnat sont nombreux. Par intérêt économique, les grands patrons préfèrent collaborer avec l'extrême droite que la combattre.
https://danslesalgorithmes.net/2024/11/08/y-aura-t-il-une-alternative-au-technofascisme
https://blog.ajuv.fr/rainer-muhlhoff-intelligence-artificielle-nouveau-fascisme-analyse-critique
Il est le temps de mettre à jour le book : les idées autoritaires/fascistes sont objectivement de plus de en plus présentes mondialement, notamment dans la tech, et particulièrement avec l'IA.
Modifié le 1er septembre à 18h19
Un LLM choisi a l'aide de ses poids/données d'entrainement des mots pour délivrer une "idée" construite. Et donc forcément, les Big Tech qui font les entrainement manipulent le résultat. Donc pencher potentiellement (fortement) à droite et être "fasciste".
Mais pour du code, cet effet de manipulation reste anecdotique je pense. C'est bien plus un outil comme une calculatrice qu'un essayiste qui peut manipuler ce que tu penses.
Je trouve ca aussi réducteur malgré tout de mettre tous les LLM dans le même panier. Certes l'immense majorité des LLM performants sont fait par des Big Tech ou la chine, mais rien n'empêche d'auto héberger un modèle que l'on considère comme plus "éthique". Cracher sur les LLM de façon péremptoire, dire que c'est fasciste, c'est pas une position très ouverte.
Dans tous les cas, les LLM restent des outils qui ne sont pas prêt de disparaitre et qui font un gain notable dans la productivité. S'en passer, c'est aussi intentionnellement se faire lâcher par le peloton.
Ceci étant dit je suis partisan de cadrer les choses, de poser des limites et surtout de la transparence sur l'usage de l'IA. Je parle au niveau global, pas seulement pour le sujet de Debian hein.
Modifié le 2 septembre à 12h39
Je peux me tromper, clairement, mais je serais surpris que l'usage de modèles locaux et "ouverts" soit significatif dans les contributions qui sont faites à des projets open source ou libre.
En entreprise pour des projets proprio j'en parle même pas, mais il n'est pas question de ça ici.
Alors peut-on mettre toutes les boites dans le même panier, peut-être pas, mais quand même l'historique de notre domaine en la matière doit nous inviter à plutôt considérer avec beaucoup de méfiance l'usage qui est fait de nos données et des outils qui les exploitent.
Et bien sûr il y a l'argument de la sécurité, des CVE qui pleuvent, du rythme à tenir.
Il ne faut pas l'ignorer, ce sont des menaces réelles, mais ce serait dommage que la communauté du logiciel libre, qui est fondée sur un engagement politique contrairement à l'open source, s'engage dans cette bataille en mettant de côté ses principes.
Je ne prétend pas que ce soit le cas des contributeurs Debian.
La proposition retenue parle tout de même d'usage responsable. Il aurait été néanmoins bienvenue que quelque chose soit dit de la responsabilité même dans la mise en œuvre de ces outils.
Il faut s'occuper des urgences, donc ne pas laisser béantes des failles, mais organiser la continuité du projet politique ce qui passe par un certain rejet d'outils contrôlés par des acteurs qui ne sont pas à la poursuite du bien commun (lutte contre le dérèglement climatique, défense des droits sociaux, etc).
Le 2 septembre à 15h04
Le 2 septembre à 16h08
Le projet Debian est issu d'un mouvement qui reconnaît de telles problématiques : le mouvement du logiciel libre. Par exemple, la licence GNU est un outil technique issu de positionnements moraux/politiques marqués et assumés. Elle interdit pro-activement certains usages considérés comme néfastes pour les utilisateurs.
Le projet s'est doté d'un contrat social (https://www.debian.org/social_contract) dont la 4ème proposition stipule que les priorités du projet sont les utilisateurs et le logiciel libre. Hors, l'IA générative, a des effets néfastes qui vont à l'encontre de l'émancipation numérique et de la liberté des utilisateurs finaux. Elle donne l'illusion de liberté par la capacité de production brute qu'elle permet, au prix d'une dépendance et d'une perte des moyen personnels (esprit critique, capacité de raisonnement, etc).
Par ailleurs, il me semble que les valeurs généralement associées aux logiciels libres et aux libertés informatiques sont en opposition avec tout ce que représente les IA génératives : pillage des données, vol pur et simple du travail des autres, non-respect des licences, exploitation et travail du clic, consommation excessive d'énergie, restrictions d'usage derrière un abonnement, hyper-capitalisation, recherche de rentabilité au détriment de l'utilisateur, etc.
Avec un tel ancrage dans un mouvement à forte composante politique, et considérant l'historique et les valeurs prônés par ce dernier, la décision de ne pas prendre parti face à l'usage de l'IA a de quoi, a minima, poser question.
Le 1er septembre à 14h56
Remplace la viande par l'IA, et ça en dit long sur le fait qu'il ne souhaite pas se rendre complice de son utilisation. Alors oui, personne ne l'oblige à l'utiliser dans ses contributions, mais si au final "son bébé" (partagé certes) est élevé d'une façon qui lui déplait, alors ce n'est plus son bébé non.
Bref, de façon générale il a le droit d'exprimer son avis, son antériorité sur le projet fait qu'il a quand même son mot à dire, et la démocratie fait que tu as le droit de t'en balec
Mais je comprends sa position perso ; si Debian était resté sur du 0% LLM, bah t'aurais d'autres distro linux qui en feraient, voir un DEB-IA-N en plus de devuan. Donc de quoi est ce qu'on a peur au juste ?
Et sur les sujets IA = faciste ou riche = faciste... je pense qu'on dépasse le périmètre de l'article, mais sans pousser au facisme, je pense qu'on peut parler d'éthique notamment vis à vis du projet debian. Et les IA éthiques ? Je ne crois pas non. Ecologiques non plus (et beaucoup moins que toute autre production informatisée).
Le 2 septembre à 08h06
Pour le coup, je pense sa réflexion biaisée. Surtout que Debian est utilisé par tous les GAFAM et plus encore, donc ça participe déjà à leur écosystème et il participe déjà a l'enrichissement de "fascistes".
Mais je te rejoins sur un point, il a le choix, fait ce qu'il veut a son niveaux.
Le 2 septembre à 16h50
Le 1er septembre à 13h06
Quand à l’usage du terme fasciste ça sens plus la passeport idéologique pour la simplification.
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