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Linus Torvalds s’agace une nouvelle fois sur l’IA, cette fois pour la défendre

Miroirs et religion

Linus Torvalds s’agace une nouvelle fois sur l’IA, cette fois pour la défendre

Long Ma pour Unsplash

Linus Torvalds s’est encore une fois agacé des débats autour de l’IA. Si le père de Linux avait pesté contre les nombreux rapports d’erreurs générés par les LLM et peu efficaces, il l’affirme cette fois bien haut : Linux n’est pas anti-IA, et ces outils sont là pour rester.

Le litige concerne cette fois Sashiko, un bot d’IA générative chargé de relire (review) les patches soumis au noyau Linux. La question technique est simple : faut-il envoyer directement aux développeurs les commentaires générés par Sashiko, ou les faire filtrer par un mainteneur humain avant transmission ?

Laurent Pinchart, contributeur de longue date au kernel, s’oppose à l’envoi direct des reviews de Sashiko aux auteurs de code. Il s’appuie sur les recommandations publiées le 18 juin 2026 par la Software Freedom Conservancy (SFC) concernant les outils basés sur des LLM, qui préconisent de respecter le choix des développeurs refusant l’IA.

Roman Gushchin, un autre contributeur, rétorque pour sa part qu’il serait contre-productif de faire vérifier et retransmettre manuellement chaque review IA par un humain, l’intérêt de l’IA étant justement de faire gagner du temps aux mainteneurs. En outre, il indique que la position très restrictive de la SFC n’est pas partagée par le projet Linux.

Ce que fait Sashiko

Sashiko a été développé par Roman Gushchin, ingénieur senior chez Google, et annoncé publiquement le 17 mars 2026 sur la liste de diffusion du noyau. Dans son message d’annonce, Gushchin précise que le service tourne sur le modèle Gemini 3.1 Pro, et remercie Google pour la mise à disposition de la puissance de calcul et de l’infrastructure ayant permis le projet (lkml.iu.edu). Le code de Sashiko, écrit en Rust, permet en théorie de configurer d’autres fournisseurs de LLM comme Claude et GitHub Copilot CLI, mais c’est bien avec Gemini que le programme a été le plus testé, comme le relevait alors The Register.

Sashiko est un service centralisé, financé par Google, qui surveille automatiquement la mailing-list du noyau (et d’autres, comme celle de Rust-for-Linux) et poste ses reviews de manière automatisée. Selon les mesures de Gushchin lui-même, Sashiko détecte environ 53 % des bugs corrigés a posteriori sur un échantillon non filtré de 1 000 commits récents. Il s’agit cependant des mesures de l’ingénieur, elles ne sont pas soutenues par des mesures indépendantes.

Torvalds s’agace une nouvelle fois

Face aux débats autour de l’IA, largement alimentés par la crainte d’un slop à profusion, Linus Torvalds est finalement intervenu.

Comme souligné par Phoronix, Torvalds a indiqué que la position générale autour du noyau Linux est que l’IA est utile, quand elle est utilisée correctement. Pas question selon lui de rejeter en bloc les rapports d’erreurs générés. Il se dit prêt à peser de tout son poids de mainteneur principal du noyau si nécessaire.

On retrouve rapidement le franc-parler du développeur. Il affirme ainsi que « Linux n’est pas l’un de ces projets anti-IA » et que toute personne n’étant pas satisfaite de cette position peut faire ce que l’on fait toujours dans l’open source : forker. Pour faire bonne mesure, il ajoute que les personnes pointant les défauts de l’IA feraient bien de se « regarder dans un miroir », l’intelligence humaine n’étant pas non plus exempte d’erreurs.

L’open source n’est pas une religion

« L’IA est un outil, comme les autres outils que nous utilisons. Et c’est clairement utile. Ce n’était peut-être pas aussi « clair » il y a seulement un an, mais ce n’est plus remis en question aujourd’hui. Oui, cela peut aussi être un outil un peu pénible […], mais la solution n’est pas de baisser la tête dans le sable et de chanter « la la la, je ne t’entends pas » à pleins poumons comme certains semblent le faire », assène Torvalds.

Il est également d’avis que « l’aspect social du travail open source est important et est souvent une partie motivante du projet », mais que « c’est un avantage secondaire, pas le but du projet ». Avant d’ajouter, au sujet de Linux : « Ce n’est *PAS* un projet de « guerrier social », ça n’a jamais existé, et ça ne le sera jamais. Dans la communauté du noyau, nous faisons de l’open source parce que cela permet une meilleure technologie, pas pour des raisons religieuses ».

Commentaires (25)

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Ce n’est PAS un projet de « guerrier social
C'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité.

"Linux" est de fait un projet social du fait de sa licence, et le projet n'a pas voulu passer en GPL v3 pour des raisons politiques…
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Ouahhhaa j'avais complètement oublié cette histoire
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Tu confonds les valeurs qui encadrent un projet et sa finalité. Que Linux soit sous GPLv2 reflète certains choix de gouvernance et de licence, mais ces choix sont au service du projet. La position de Torvalds sur l'IA suit la même logique : il ne défend pas l'IA par militantisme, il la défend parce qu'il juge qu'elle est utile au développement de Linux.
En revanche, on peut tout à fait soutenir que l'adoption de l'IA par un projet aussi important contribue à sa normalisation et peut donc avoir des conséquences sociétales (le fameux "social"). C'est un débat légitime, mais ce n'est pas celui que Torvalds aborde ici. Il raisonne avant tout en termes d'utilité pour le développement du noyau.

Je pense que c'est une incompréhension de l'existence de biais (projection de nos propres motivations) sur l'utilisation et l'intérêt du libre.
On retrouve des amateurs d'open-source pour des raisons de valeurs politiques (entraide, sobriété, social, ...) et d'autres pour des raisons techniques (ouverture du code, facilité d'utilisations de matériel, ...) ; aussi les deux et avec des nuances, bien sûr.
Certains utilisateurs et contributeurs à l'open source sont équipés d'un multitudes d'objets connectés (capteurs, rpi, serveur, portable, pc, ...). Est-ce que cette utilisation du libre répond aux valeurs mentionnées ? Pas sûr (ressources, pollutions, esclavagisme, ...).
Ce mode de vie n'est pas forcément cohérent avec une vision de sobriété écologique, mais cela n'enlève rien à la valeur de leurs contributions. De la même manière, le fait que Linux soit sous GPL ne signifie pas que chacun de ses choix techniques doive être interprété comme un engagement politique.
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Dans le monde du libre, il y a toujours eu les idéologues du type Stallman et les pragmatiques du type Linus.

Pour les pragmatiques, le libre est surtout une manière plus efficace de construire du logiciel de qualité et utile au plus de monde possible, sans avoir à réinventer la roue à chaque fois comme le propriétaire.

Le choix de rester sur la GPLv2 était aussi un choix pragmatique, la GPLv3 aurait imposé trop de contraintes à l'utilisation de Linux dans des produits.
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Linus aurait pu aussi partir sur du BSD qui existait bien avant la GPL…
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Je pense qu'il s'en foutait déjà à l'époque de la licence.
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Il me semble avoir lu des interviews à une époque dans laquelle il expliquait que le choix de la GPL c'était surtout pour la réciprocité imposée par cette licence alors que la BSD c'est quand même plus proche du chacun pour sa gueule.
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Ici, Interview de LinuxFr, il explique 20 ans après ce choix qu'il avait d'abord écrit sa propre licence avec une partie “non‐commerciale, mais a ensuite choisi la GPL par pragmatisme parce qu'elle était connue.
Il explique aussi, mais je pense avec son expérience de 20 ans de plus, que c'est une licence qui lui convient bien, en particulier sur
« vous pouvez faire ce que vous voulez, mais vos améliorations doivent être disponibles de la même manière que le code d’origine ».
C'est peut-être ce que tu appelles la réciprocité.
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Dans le monde du libre, il y a toujours eu les idéologues du type Stallman et les pragmatiques du type Linus.
T'es certain de ça ?
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T'es certain de ça ?
Objectivement, Linux est aujourd'hui un énorme succès alors que le projet GNU est en train de mourir à petit feu.
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Les distrib Linux embarquent toujours les outils GNU, il me semble. Hurd, le noyau GNU, lui par contre n'est pas au top de sa forme.
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En train d'être remplacés par des équivalents en Rust.
La suite GNU d'outils de build (autotools &co) est complètement obsolète depuis longtemps et aujourd'hui un boulet pour les projets qui les utilisent encore.
Le seul projet encore vraiment vivant c'est GCC, qui subit tout de même la concurrence de Clang.
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C'est tout de même fou que d'arriver à contredire le mec qui a fait Linux ! Que ce soit par crèmerie, pensée personnelle ou par biais, je trouve ça fou. Le mieux placé pour en parler, ça reste lui.

Sinon, suffit de lui envoyer un mail et lui expliquer qu'il a tort.
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Torvalds à adopté la GPL par pragmatisme, parce que ça a rendu son dev plus efficace.
pour la v3 il a refusé parce que nombre de contributeurs utilisent la "faille" de la V2 pour fournir des équipements sous Linux sans fournir le code source.
Là encore c'est du pragmatisme, il ne préfère ne pas avoir toutes les contributions que plus aucune du tout.
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pour fournir des équipements sous Linux sans fournir le code source.
C'est pas ça. La v2 autorise le blocage de firmware (par exemple, via une signature), ce qu'interdit la v3. C'est la tivoïsation. Mais le code source doit toujours rester dispo (juste que, "hardwarement" on ne peut pas déployer de mise à jour, car si non signée / mauvaise signature, elle sera rejetté)
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C'est complètement faux puisque Linus a expliqué plusieurs fois qu'il n'était pas particulièrement intéressé par le libre, sans l'exclure non plus, en fait la GPL sert directement le projet en encourageant la contribution, la distribution et donc la visibilité mais fondamentalement si le projet avait été adopté et utilisé en licence propriétaire par les grandes boites privées (qui financent la linux foundation) ça lui aurait probablement très bien allé aussi.

Linus est un pur technique, l'aspect politique ne le concerne pas.
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Surpris qu'il ne semble pas s'inquiéter du problème de pollution de l'atribution, avec la régurgitation de code sous licence.
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Et de la pollution environnementale.
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Je ne vois pas le problème
1) dans le cas précis où il s'agit de relire des patchs
2) de manière plus générale : tu as un exemple où du code propriétaire (donc a priori pas public) serait régurgité par une IA générative ? Il pourrait éventuellement y avoir des cas de code incompatible avec la GPL V2, comme par exemple du GPL V3, mais je pense que c'est plus un phantasme qu'une réalité.
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il ajoute que les personnes pointant les défauts de l’IA feraient bien de se « regarder dans un miroir », l’intelligence humaine n’étant pas non plus exempte d’erreurs.
Merci m'sieur Torvalds, je ne me rendait pas compte de la quantité faramineuse d'eau & l'électricité que je consomme pour faire des erreurs, de la quantité de contenu invraisemblable que j'ai dû illégalement récupérer puis ingurgiter pour faire de moi ce que je suis...

Bien sûr que l'IA c'est une belle technologie, mais elle repose sur des bases morales pourries (et a-t-elle une base légale tout court ?).

Mais si on laisse tomber les valeurs, déso m'sieur Torvalds, mais Windows 10 fait parfaitement le café pour mes usages perso & pro, contrairement à mes distrib linux actuelles (ma CG pas reconnue, exit les jeux, mon trackpad qui ne répond plus après une mise en veille, Slack & FF qui plantent bien plus souvent, ...)
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Un peu comme plus haut. C'est fou d'arriver à lui prêter des idées ou des propos qui n'ont rien à voir avec le sujet ! Tant vouloir que les idées des autres collent aux nôtres, je trouve ça effarant.

Qui te dit que le gars qui, en dehors de celui de Google, fait pas tourner un petit modèle sur son homelab alimenté par panneaux solaire qu'il a lui même entraîné sur des données libres et qu'avec ça il arrive à review son code et maintenir ? Rien mais, encore une fois, par idéologie vous venez expliquer que ça devrait comme VOUS le pensez.

Et si ça se trouve, Torvalds pense peut être la même chose que toi, mais comment il va interdire tout ça ? Non parce que se plaindre c'est facile, trouver la solution, ça l'est beaucoup moins.
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Qui te dit que le gars qui, en dehors de celui de Google, fait pas tourner un petit modèle sur son homelab alimenté par panneaux solaire qu'il a lui même entraîné sur des données libres et qu'avec ça il arrive à review son code et maintenir ? Rien mais, encore une fois, par idéologie vous venez expliquer que ça devrait comme VOUS le pensez.
Oui, mais ici on parle de Gemini 3.1 Pro qui tourne sur une infra Google.
Et si ça se trouve, Torvalds pense peut être la même chose que toi
J'ai pas l'impression qu'on ai le même avis lui et moi quand il dit
les personnes pointant les défauts de l’IA feraient bien de se « regarder dans un miroir »
mais comment il va interdire tout ça ?
Bonne question, je ne sais pas comment interdire l'IA, mais je ne dis pas au gens qui lui trouvent des soucis sont bêtes.
Non parce que se plaindre c'est facile, trouver la solution, ça l'est beaucoup moins.
C'est vrai. Peut-être que la solution serait ce dont tu parles au début de ton commentaire, un petit modèle entrainé avec des données sur lesquelles les autorisations ont été recueillies (ou déjà autorisé par la licence qui les protège), sur une infra pas extravagante, oui, je plussoie.
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Merci m'sieur Torvalds, je ne me rendait pas compte de la quantité faramineuse d'eau & l'électricité que je consomme pour faire des erreurs, de la quantité de contenu invraisemblable que j'ai dû illégalement récupérer puis ingurgiter pour faire de moi ce que je suis...
Il y a de bonnes chances que tu consommes plus d'eau et d'énergie pour produire la même chose que l'IA, juste pour maintenir tes fonctions vitales en état pendant ce laps de temps.

D'un autre côté, tu devrais maintenir ces fonctions vitales même si tu bossais pas sur le code du noyau Linux, donc bon...

Mais pour te répondre : oui, tu consommes une quantité relativement faramineuse d'eau et d'énergie pour faire des erreurs. Probablement plus qu'une IA à nombre d'erreurs équivalentes (après je sais pas, t'es ptèt particulièrement prolifique en nombre d'erreurs).
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N'importe quoi !
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Il y a de bonnes chances que tu consommes plus d'eau et d'énergie pour produire la même chose que l'IA, juste pour maintenir tes fonctions vitales en état pendant ce laps de temps.
Je n'ai pas de chiffre ou d'études pour montrer que j'ai raison. Je me base sur ce que j'ai pu lire ça et là (oui c'est un gros "trust me bro"). Et ça me parait pas déconnant de penser qu'une IA consomme plus qu'un humain.
D'un autre côté, tu devrais maintenir ces fonctions vitales même si tu bossais pas sur le code du noyau Linux, donc bon...
Ah oui oui, je te confirme que je consomme même de l'énergie préalablement ingurgitée quand je me repose !
Mais pour te répondre : oui, tu consommes une quantité relativement faramineuse d'eau et d'énergie pour faire des erreurs.
Vu que je compare humain/IA, je consomme une quantité "normale" sur l'échelle humaine.
Probablement plus qu'une IA à nombre d'erreurs équivalentes
Si je consomme plus d'énergie entre chaque erreur, c'est que j'en fais moins à énergie équivalente, c'est mieux non ?
Ou alors j'en fait aussi souvent qu'elle mais je consomme plus dans le même laps de temps, c'est ça ?
(après je sais pas, t'es ptèt particulièrement prolifique en nombre d'erreurs).
J'aime à penser que non, mais idem, pas de preuves, alors "trust me bro" ...