Linus Torvalds s’agace encore sur l’IA, cette fois pour la défendre
Miroirs et religion
Long Ma pour Unsplash
Le 16 juillet à 12h02
Linus Torvalds s’est encore une fois agacé des débats autour de l’IA. Si le père de Linux avait pesté contre les nombreux rapports d’erreurs générés par les LLM et peu efficaces, il l’affirme cette fois bien haut : Linux n’est pas anti-IA, et ces outils sont là pour rester.
Linus Torvalds s’agace encore sur l’IA, cette fois pour la défendre
Miroirs et religion
Long Ma pour Unsplash
Linus Torvalds s’est encore une fois agacé des débats autour de l’IA. Si le père de Linux avait pesté contre les nombreux rapports d’erreurs générés par les LLM et peu efficaces, il l’affirme cette fois bien haut : Linux n’est pas anti-IA, et ces outils sont là pour rester.
Logiciel
Logiciel
4 min
Le litige concerne cette fois Sashiko, un bot d’IA générative chargé de relire (review) les patches soumis au noyau Linux. La question technique est simple : faut-il envoyer directement aux développeurs les commentaires générés par Sashiko, ou les faire filtrer par un mainteneur humain avant transmission ?
Laurent Pinchart, contributeur de longue date au kernel, s’oppose à l’envoi direct des reviews de Sashiko aux auteurs de code. Il s’appuie sur les recommandations publiées le 18 juin 2026 par la Software Freedom Conservancy (SFC) concernant les outils basés sur des LLM, qui préconisent de respecter le choix des développeurs refusant l’IA.
Roman Gushchin, un autre contributeur, rétorque pour sa part qu’il serait contre-productif de faire vérifier et retransmettre manuellement chaque review IA par un humain, l’intérêt de l’IA étant justement de faire gagner du temps aux mainteneurs. En outre, il indique que la position très restrictive de la SFC n’est pas partagée par le projet Linux.
Ce que fait Sashiko
Sashiko a été développé par Roman Gushchin, ingénieur senior chez Google, et annoncé publiquement le 17 mars 2026 sur la liste de diffusion du noyau. Dans son message d’annonce, Gushchin précise que le service tourne sur le modèle Gemini 3.1 Pro, et remercie Google pour la mise à disposition de la puissance de calcul et de l’infrastructure ayant permis le projet (lkml.iu.edu). Le code de Sashiko, écrit en Rust, permet en théorie de configurer d’autres fournisseurs de LLM comme Claude et GitHub Copilot CLI, mais c’est bien avec Gemini que le programme a été le plus testé, comme le relevait alors The Register.
Sashiko est un service centralisé, financé par Google, qui surveille automatiquement la mailing-list du noyau (et d’autres, comme celle de Rust-for-Linux) et poste ses reviews de manière automatisée. Selon les mesures de Gushchin lui-même, Sashiko détecte environ 53 % des bugs corrigés a posteriori sur un échantillon non filtré de 1 000 commits récents. Il s’agit cependant des mesures de l’ingénieur, elles ne sont pas soutenues par des mesures indépendantes.
Torvalds s’agace une nouvelle fois
Face aux débats autour de l’IA, largement alimentés par la crainte d’un slop à profusion, Linus Torvalds est finalement intervenu.
Comme souligné par Phoronix, Torvalds a indiqué que la position générale autour du noyau Linux est que l’IA est utile, quand elle est utilisée correctement. Pas question selon lui de rejeter en bloc les rapports d’erreurs générés. Il se dit prêt à peser de tout son poids de mainteneur principal du noyau si nécessaire.
On retrouve rapidement le franc-parler du développeur. Il affirme ainsi que « Linux n’est pas l’un de ces projets anti-IA » et que toute personne n’étant pas satisfaite de cette position peut faire ce que l’on fait toujours dans l’open source : forker. Pour faire bonne mesure, il ajoute que les personnes pointant les défauts de l’IA feraient bien de se « regarder dans un miroir », l’intelligence humaine n’étant pas non plus exempte d’erreurs.
L’open source n’est pas une religion
« L’IA est un outil, comme les autres outils que nous utilisons. Et c’est clairement utile. Ce n’était peut-être pas aussi « clair » il y a seulement un an, mais ce n’est plus remis en question aujourd’hui. Oui, cela peut aussi être un outil un peu pénible […], mais la solution n’est pas de baisser la tête dans le sable et de chanter « la la la, je ne t’entends pas » à pleins poumons comme certains semblent le faire », assène Torvalds.
Il est également d’avis que « l’aspect social du travail open source est important et est souvent une partie motivante du projet », mais que « c’est un avantage secondaire, pas le but du projet ». Avant d’ajouter, au sujet de Linux : « Ce n’est *PAS* un projet de « guerrier social », ça n’a jamais existé, et ça ne le sera jamais. Dans la communauté du noyau, nous faisons de l’open source parce que cela permet une meilleure technologie, pas pour des raisons religieuses ».
Commentaires (66)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousModifié le 16 juillet à 13h32
"Linux" est de fait un projet social du fait de sa licence, et le projet n'a pas voulu passer en GPL v3 pour des raisons politiques…
Le 16 juillet à 14h34
Modifié le 16 juillet à 14h56
En revanche, on peut tout à fait soutenir que l'adoption de l'IA par un projet aussi important contribue à sa normalisation et peut donc avoir des conséquences sociétales (le fameux "social"). C'est un débat légitime, mais ce n'est pas celui que Torvalds aborde ici. Il raisonne avant tout en termes d'utilité pour le développement du noyau.
Je pense que c'est une incompréhension de l'existence de biais (projection de nos propres motivations) sur l'utilisation et l'intérêt du libre.
On retrouve des amateurs d'open-source pour des raisons de valeurs politiques (entraide, sobriété, social, ...) et d'autres pour des raisons techniques (ouverture du code, facilité d'utilisations de matériel, ...) ; aussi les deux et avec des nuances, bien sûr.
Certains utilisateurs et contributeurs à l'open source sont équipés d'un multitudes d'objets connectés (capteurs, rpi, serveur, portable, pc, ...). Est-ce que cette utilisation du libre répond aux valeurs mentionnées ? Pas sûr (ressources, pollutions, esclavagisme, ...).
Ce mode de vie n'est pas forcément cohérent avec une vision de sobriété écologique, mais cela n'enlève rien à la valeur de leurs contributions. De la même manière, le fait que Linux soit sous GPL ne signifie pas que chacun de ses choix techniques doive être interprété comme un engagement politique.
Modifié le 16 juillet à 15h13
Pour les pragmatiques, le libre est surtout une manière plus efficace de construire du logiciel de qualité et utile au plus de monde possible, sans avoir à réinventer la roue à chaque fois comme le propriétaire.
Le choix de rester sur la GPLv2 était aussi un choix pragmatique, la GPLv3 aurait imposé trop de contraintes à l'utilisation de Linux dans des produits.
Le 16 juillet à 15h22
Le 16 juillet à 15h34
Le 16 juillet à 16h11
Modifié le 16 juillet à 16h33
Il explique aussi, mais je pense avec son expérience de 20 ans de plus, que c'est une licence qui lui convient bien, en particulier sur C'est peut-être ce que tu appelles la réciprocité.
Le 16 juillet à 16h39
Modifié le 16 juillet à 16h53
Le 16 juillet à 16h56
Modifié le 16 juillet à 17h12
La suite GNU d'outils de build (autotools &co) est complètement obsolète depuis longtemps et aujourd'hui un boulet pour les projets qui les utilisent encore.
Le seul projet encore vraiment vivant c'est GCC, qui subit tout de même la concurrence de Clang.
Le 16 juillet à 19h14
Enfin bref, des briques critiques du système Linux (Comme Debian, mother of all Linuxes) viennent de GNU...
Pour recentrer; tu parlais de LinuS. Que visiblement tu considères comme une personne pragmatique. En est tu certain ?
Modifié le 17 juillet à 08h22
Pour des gens qui sont supposés regarder la réalité en face, s'ils pensaient cela, alors on pourrait soudainement les prendre pour de doux rêveurs.
Quand on recherche l'efficacité, on finit par apprécier un certain type d'organisation, aux rouages bien huilés…
--
Revenons aux propos de ce cher Linus, tout plein d'informations, mais pas nécessairement sur la question levée (qui de toutes façons est éludée, voire interdite).
"Adhérez à ma vision ou cassez-vous. Euh, non… +Vous êtes libres de partir+"
En deux phrases, réassemblées plus crûment : "la justice sociale, c'est important et ça peut être motivant, mais on n'en fait pas et ce ne sera jamais un de nos objectifs"
Si vous nous plus vous ne comprenez pas, c'est normal : il s'agit d'un paradoxe, fait pour ne pas être compris, sauf à isoler le bout de phrase qui vous arrange.
Méfiez-vous des gens qui diffusent de la non-pensée via l'utilisation de paradoxes.
Amusant de considérer un machin statistique/probabiliste mentant (affirmant de manière péremptoire de fausses assertions) par nature comme étant doué d'intelligence, afin de mieux le valoriser en le comparant à l'esprit humain.
Petit mensonge sur la "clarté" d'une année auparavant : d'un point de vue analyse de code et/ou faille, la maturation était en cours, mais les applications en ce sens étaient déjà là, et au-delà puisque que l'on parlait même déjà de génération de code.
Amusant de faire semblant de (se ?) poser des questions (même pas éthiques mais simplement économiques) pour tout balayer au motif d'utilité.
Une utilité égoïste, évidemment. Et aucune mention de conséquences morales, sociales, sociétales ni écologiques qui serait présente dans une balance… dont rien n'indique alors qu'elle existe. Glaçant.
Car…
Oui, on parle bien de la facette générative, impliquant un traitement via du language humain, de ce que l'on appelle "IA" aujourd'hui : une certaine utilisation d'une certaine technologie.
La technologie est loin d'être nouvelle, l'utilisation générative, elle, l'est bien plus. Et semble être devenue exclusive.
Personne ne semble pourtant réclamer la perfection… Un faux contraste, pour ceux qui s'intéressent aux sophismes.
Ne sont pas précisés les "problèmes" qu'il invoque, mais cela semble se réduire à des problèmes de "raisonnement" ou des "biais".
Étrange, pour une technologie qui ne raisonne pas.
Et par là-même, en utilisant le mot "problèmes", il les neutralise en les réduisant à un faux créé de toutes pièces afin de mieux détourner l'attention d'autres, bien plus réels, notamment dans la question levée.
En quelques lignes, Linus ré-affirme son autorité toute-puissante (pour ceux qui auraient été trompés de croire qu'il soit autrement), ré-affirme la primauté de l'utilité égoïste sur toute autre forme de considération (ce que certains euphémisent "pragmatisme"), ré-affirme que la justice sociale n'est pas son objectif et ne le sera jamais, ce qui en fait un adversaire, et re-demande à tous ceux en désaccord de se barrer de son projet et de se remettre en question.
Car lui ne le fait (toujours) pas.
Une (répétée) démonstration du fait que la base commune, réductrice entre visions diverses, lorsque l'on parle de "libre", on ne parle que de licence de code (GPL v2 donc, pas v3), pas de résolution de comportements humains & idéologies problématiques.
Il y a pourtant là un terreau pour améliorer nos manières de réfléchir, d'approcher les situations, d'agir en tant qu'humains… régulièrement bousillé quand des figures proéminentes rament en sens contraire.
Le 17 juillet à 10h12
À moins que par pragmatisme, tu utilises plutôt un noyau Linux ou BSD (oui, les affreux qui permettent d'utiliser leur code dans des logiciels propriétaires) ?
Je n'irai pas jusqu'à penser que tu puisses utiliser Windows.
Modifié le 17 juillet à 18h04
Plutot qu'une analyse personnelle ou spécifique à ce débat, c'était une description des "mouvements de pensée" dans le monde du libre, tel que généralement perçu depuis longtemps par ces communautés elles même.
Et ce n'est pas nécessairement antagoniste. Linux a utilisé des concepts idéologiques développés par Stallman et a construit un projet communautaire avec, plus efficace que les organisations propriétaires traditionnelles (Linus a choisi la GPL après avoir assisté à une conférence de Stallman à son université).
De même, Linux a été complémentaire au projet GNU en leur fournissant le noyau qui leur manquait.
Il dit juste que c'est utile et donc que l'outil a sa place dans le processus de dev.
Et que ceux qui critiquent l'utilité en l'état actuel devraient regarder dans le miroir, ce qui est plutôt juste.
Car beaucoup de dev voient effectivement ces outils comme une attaque directe contre leur ego. Comme si les joueurs d'échecs ou de go considéraient les IA comme un affront à leur intelligence.
Le 19 juillet à 07h47
Est-ce qu'il est en train de dire « on est pas du tout libristes » ?
Le 19 juillet à 09h59
Le 19 juillet à 13h52
Le 19 juillet à 14h47
Le 19 juillet à 19h19
Le 20 juillet à 09h54
Le 21 juillet à 13h34
Le 16 juillet à 15h37
Sinon, suffit de lui envoyer un mail et lui expliquer qu'il a tort.
Le 16 juillet à 16h24
pour la v3 il a refusé parce que nombre de contributeurs utilisent la "faille" de la V2 pour fournir des équipements sous Linux sans fournir le code source.
Là encore c'est du pragmatisme, il ne préfère ne pas avoir toutes les contributions que plus aucune du tout.
Le 16 juillet à 16h44
Le 16 juillet à 17h45
Linus est un pur technique, l'aspect politique ne le concerne pas.
Le 16 juillet à 13h50
Le 16 juillet à 14h01
Le 16 juillet à 23h05
Le 16 juillet à 15h00
1) dans le cas précis où il s'agit de relire des patchs
2) de manière plus générale : tu as un exemple où du code propriétaire (donc a priori pas public) serait régurgité par une IA générative ? Il pourrait éventuellement y avoir des cas de code incompatible avec la GPL V2, comme par exemple du GPL V3, mais je pense que c'est plus un phantasme qu'une réalité.
Le 16 juillet à 14h58
Bien sûr que l'IA c'est une belle technologie, mais elle repose sur des bases morales pourries (et a-t-elle une base légale tout court ?).
Mais si on laisse tomber les valeurs, déso m'sieur Torvalds, mais Windows 10 fait parfaitement le café pour mes usages perso & pro, contrairement à mes distrib linux actuelles (ma CG pas reconnue, exit les jeux, mon trackpad qui ne répond plus après une mise en veille, Slack & FF qui plantent bien plus souvent, ...)
Le 16 juillet à 15h51
Qui te dit que le gars qui, en dehors de celui de Google, fait pas tourner un petit modèle sur son homelab alimenté par panneaux solaire qu'il a lui même entraîné sur des données libres et qu'avec ça il arrive à review son code et maintenir ? Rien mais, encore une fois, par idéologie vous venez expliquer que ça devrait comme VOUS le pensez.
Et si ça se trouve, Torvalds pense peut être la même chose que toi, mais comment il va interdire tout ça ? Non parce que se plaindre c'est facile, trouver la solution, ça l'est beaucoup moins.
Le 16 juillet à 17h13
J'ai pas l'impression qu'on ai le même avis lui et moi quand il dit
Bonne question, je ne sais pas comment interdire l'IA, mais je ne dis pas au gens qui lui trouvent des soucis sont bêtes.
C'est vrai. Peut-être que la solution serait ce dont tu parles au début de ton commentaire, un petit modèle entrainé avec des données sur lesquelles les autorisations ont été recueillies (ou déjà autorisé par la licence qui les protège), sur une infra pas extravagante, oui, je plussoie.
Le 16 juillet à 16h00
D'un autre côté, tu devrais maintenir ces fonctions vitales même si tu bossais pas sur le code du noyau Linux, donc bon...
Mais pour te répondre : oui, tu consommes une quantité relativement faramineuse d'eau et d'énergie pour faire des erreurs. Probablement plus qu'une IA à nombre d'erreurs équivalentes (après je sais pas, t'es ptèt particulièrement prolifique en nombre d'erreurs).
Le 16 juillet à 16h15
Le 16 juillet à 17h36
Ah oui oui, je te confirme que je consomme même de l'énergie préalablement ingurgitée quand je me repose !
Vu que je compare humain/IA, je consomme une quantité "normale" sur l'échelle humaine.
Si je consomme plus d'énergie entre chaque erreur, c'est que j'en fais moins à énergie équivalente, c'est mieux non ?
Ou alors j'en fait aussi souvent qu'elle mais je consomme plus dans le même laps de temps, c'est ça ?
J'aime à penser que non, mais idem, pas de preuves, alors "trust me bro" ...
Le 16 juillet à 21h35
Le 17 juillet à 07h24
Après, si le but est la réduction de la population mondiale, ça se tient. Mais dans ce cas il ne faut pas dans le même temps tenir un discours nataliste.
Modifié le 17 juillet à 08h28
3kW pendant 5s, c'est 3000W fois 12 fois 60 = 2 160 000WH, non ?
Donc d'après tes chiffres l'IA bouffe 3600 fois plus qu'un humain.
Ou alors ton H c'est pas des heures et ton k pas 1000 ?
Bon après, sans source sérieuse, ces chiffres ne riment à rien.
Modifié le 17 juillet à 08h34
edit: ton problème, c’est que tu as multiplié là où tu dois diviser. Pour t’en convaincre, 3KW pendant 1h, C’est 3KWh. Pas possible que ça fasse 2610KWh en 5s, ça ne colle pas…
Le 17 juillet à 09h18
Bon j'ai demandé à une IA et donc :
Un cerveau humain consomme 20 W en continu (quoi que tu fasses).
Une GPU ((A100/H100) c'est 20 à 50 W en continu sans rien faire (idle) et 300–700 W en charge.
Un cluster LLM (8–64 GPU) c'est 200–2000 W en continu sans rien faire et 5 000–40 000 W en charge.
Et l'IA conclu par :
Un cerveau consomme toujours la même puissance, alors qu’un GPU peut passer d’un petit 20 W à un énorme 700 W selon l’activité.
Le 17 juillet à 09h23
Modifié le 17 juillet à 09h53
https://www.britannica.com/science/The-Human-Brain-Runs-on-Less-Power-than-a-Light-Bulb
Et le cerveau ne dort jamais.
Le 18 juillet à 07h10
Le 17 juillet à 12h42
Le calcul que j’ai donné – certes empli d’approximations, mais avec des ordres de grandeur justes – visait simplement à montrer que c’est plutôt crédible, contrairement à ce que tu pensais initialement.
Par contre je ne sais pas ce que tu veux amener en disant qu’un GPU a une consommation beaucoup plus variable que celle du corps humain… Je crois que tout le monde est d’accord là-dessus.
Le 17 juillet à 14h12
Modifié le 17 juillet à 08h40
Idem pour une requête 3kW pendant 5s, si on converti les secondes en h (soit 5/3600, 3600 = 60s60min), on obtient bien 3kW5/3600 = 0,00417kWh soit 4,17Wh
Certes, mais déjà, il faudrait avoir la bonne base de calcul ;)
[edit] merdouille, grillé ^^
Le 17 juillet à 09h33
Modifié le 17 juillet à 10h41
https://www.wattvalue.fr/watt-heure/
https://particuliers.engie.fr/economies-energie/conseils-economies-energie/conseils-calcul-consommation/consommation-ampoule.html
Note: 4h par jour, 47 semaines par an d'où 4 x 47 x 7 = 1316
Modifié le 17 juillet à 10h39
le W est indépendant de la durée (analogie : c'est le débit d'un fleuve). Le Wh, c'est le nombre de m3 qui se sont déversés sur une durée fixée.
Donc, un dispositif de 100W qui fonctionne pendant 10min consomme bien 16,5Wh.
Et si vraiment tu n'es toujours pas convaincu, remplace le W par son alternative du système international : le J/s (joule par seconde)
[edit] Je viens de voir ton edit, donc je complète :
(si on considère qu’il consomme 100W par tranche de 10min)(si on considère qu’il consomme 100Wh par tranche de 10min)
[edit 2] arrête d'éditer ton message, ça va devenir illisible
Modifié le 17 juillet à 10h45
Si un fleuve fait passer 100m3 en 10min, c'est bien qu'il fait passer 600m3 en 1h et pas 16.5m3 en 1h
Modifié le 17 juillet à 10h57
En faisant ça, tu repasses sur un débit, pas sur une énergie consommée. Je persiste donc : tu confonds puissance et énergie.
[edit] Et surtout, ceci est faux dans ton analogie "Si un fleuve fait passer 100m3 en 10min" Ce n'est pas équivalent à l'énoncé inital avec des W. L'équivalent est mon énoncé, avec un débit en m3/s. Toi, tu viens juste de dire "machin consomme 100Wh (n'oublie pas le h !!!) en 10min, donc il consomme 600Wh en 1h (et là, c'est juste).
Le 17 juillet à 12h36
Modifié le 18 juillet à 10h24
Moi je n'ai pas la réponse à cette question mais je serais curieux de la connaître, mais plutôt comme je l'ait dit plus bas, en comptant la consommation de la machine que l'humain utilise pour développer plutôt que celle de l'humain lui-même.
Modifié le 17 juillet à 16h48
Il est vrai que les humains ont un impact environnemental non négligeable. Et il est vrai aussi que les IA sont souvent plus efficaces qu'un humain sur une tâche donnée. La différence c'est que si tu utilises l'IA, l'humain il va pas s'arrêter de respirer et de manger.
Lorsqu'on ne regarde pas sur une tâche spécifique mais plus globalement (à l'échelle d'un service, ou d'une semaine/mois), non seulement maintenant on ne réduit pas les impacts des humains au sens global, mais en plus, on y ajoute les impacts (de plus en plus importants) de l'IA.
Tout ça, c'est sans considérer le fait que _puisque_ l'IA accélère les tâche et les rends moins coûteuse, bah on en fait tout simplement plus ! Même sans prendre en compte les humains, le gain d'efficacité à l'échelle d'une tâche fait qu'à l'échelle d'un service... l'impact environnemental total augmente.
C'est le paradoxe de Jevons, aussi souvent appelé "Effet Rebond".
Plus globalement, je trouve ça hypocrite d'affirmer que l'IA est plus cool sur l'environnement que les humains. Il faudra l'expliquer aux nombreuses populations qui subissent les affres de la consommation en eau des data centers, ou des réseaux électriques qui pètent à cause des fluctuations causées par les ces derniers.
Si vous souhaitez vous renseigner un peu plus sur les effets rebonds liés à l'IA, je ne peux que conseiller cet article de Luccioni et al.
Le 18 juillet à 01h10
C'était surtout une réaction à :
D'autant que bon, oui un datacenter ça consomme de l'électricité et ça nécessite du refroidissement, c'est pas spécifique à l'IA. Je pense pas qu'il y ait beaucoup de lecteurs assidus de Next qui soient sincèrement pour la désactivation de tous les datacenters, donc il y a un petit côté hypocrite à pointer l'IA du doigt là-dessus, alors qu'on consomme allègrement et comme des gorets de la production informatique consommatrice également.
L'argument "ça consomme de l'eau et de l'électricité", je pouvais l'entendre de ma grand-mère connectée en ADSL et dont les seuls usages d'Internet consistaient à remplir sa feuille d'impôt et à recevoir un e-mail de ses (arrière-)petits enfants une fois de temps en temps. Beaucoup moins de geeks à poils drus aux connexions 8Gbps, abonnés à 3 services de streaming et qui bouffent du AWS au petit dej, mais s'imaginent que "c'est pas de l'IA alors ça va".
Quand en plus de ce double-standard, le propos tenu en prenant de grands airs sarcastique n'est même pas exact, ça donne un peu envie de tailler...
Modifié le 18 juillet à 10h27
Ca se voit très bien avec la densité d'énergie consommée, chaque baie d'un datacenter classique peut consommer jusqu'à quelques dizaines de kW, celles d'un datacenter IA c'est minimum quelques centaines de kW pour le même volume et ça augmente rapidement à chaque génération. L'ordre de grandeur est au moins x10 voire x20 et continue d'augmenter. On ne peut quand-même pas dire que c'est la même chose. On ne parle même plus des équipements de transport des données tellement leur consommation devient négligeable face à tout ça.
Le 18 juillet à 10h01
Le 16 juillet à 22h01
On voit l'exploitation en quelques heures après la découverte / publication de failles, voire même la découverte de l'exploitation de la faille avec le patch de correction.
Il ne faudrait pas que Linux devienne l'Adobe Flash Player en termes de failles de sécu.
Le 17 juillet à 01h44
Et un cerveau qui réfléchit consomme beaucoup plus d’électricité qu’une IA (lol).
Tout ça pour dire que la question centrale devrait être celle de la valeur de l’usage faite par l’ia, et ça c’est une question fondamentalement humaine …
Le 17 juillet à 16h55
Ce n'est pas correct de comparer les deux valeurs, car ce ne sont pas les mêmes impacts. La chair animale ne va pas priver une localité de son eau (hors mégabassines, mais je m'égare) contrairement aux data centers. Je te renvoie à cet excellent article de Next
De la même manière un cerveau ne va pas consommer de l'électricité, mais de l'énergie (via les réactions chimiques de nos cellules qui convertissent l'ATP en énergie). Notre cerveau ne se branche pas sur une prise et n'a _pas_ besoin d'une centrale nucléaire, éoliène, ou, le plus souvent si on parle d'IA (hebergées aux US), des centrales à charbon.
Plus globalement, ce n'est pas parcequ'on utilise de l'IA pour travailler plus vite qu'on va consommer moins de viande ou moins réfléchir. Les impacts propre au fait de vivre ne vont pas diminuer. En somme, l'IA n'est presque qu'un impact ajouté aux activités humaines déjà existantes.
Jeudi à 02h42
Mon commentaire visait à dire que tout le monde s'offusque sur l'IA (qui a un impact indéniable sur la planète, je ne le remet pas en cause) alors que plus généralement, l’humanité exerce une pression considérable sur les ressources à travers l’agriculture intensive, l’élevage, le bâtiment, les transports ou encore le numérique. L’IA s’inscrit dans cet ensemble ; elle n’en est ni l’origine ni l’unique responsable.
À mes yeux, le critère pertinent est plutôt celui de la valeur créée. Une technologie qui mobilise des ressources mais permet d’accélérer la recherche, d’améliorer des logiciels libres comme Linux, d’optimiser des infrastructures ou de réduire d’autres consommations ne se juge pas de la même manière qu’une technologie utilisée principalement pour maximiser le temps passé devant des contenus ou diffuser des publicités.
L’IA a un potentiel de transformation exceptionnel — c’est presque un truisme aujourd’hui. Justement pour cette raison, elle doit être utilisée avec discernement et recevoir une part raisonnable de ressources limitées. Si nous échouons à faire cet arbitrage, le problème n’est pas l’IA en tant que telle ; c’est notre manière, profondément humaine, de choisir où nous investissons nos ressources.
Le 17 juillet à 15h12
Le 21 juillet à 10h23
Le 19 juillet à 22h10
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?