La Chine s’attaque au quasi-monopole d’ASML sur les machines de lithographie
La Chine a vu la lumière
Image : ASML
Le 29 juillet à 10h10
Une entreprise chinoise aurait commencé à produire ses propres machines de lithographie DUV, un marché largement dominé par le groupe européen ASML. Un progrès important pour la Chine, qui cherche à réduire sa dépendance aux technologies occidentales.
La Chine s’attaque au quasi-monopole d’ASML sur les machines de lithographie
La Chine a vu la lumière
Image : ASML
Une entreprise chinoise aurait commencé à produire ses propres machines de lithographie DUV, un marché largement dominé par le groupe européen ASML. Un progrès important pour la Chine, qui cherche à réduire sa dépendance aux technologies occidentales.
Économie
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4 min
ASML est une des entreprises les plus importantes de l’industrie de la tech : c’est elle en effet qui fournit aux fabricants de semi-conducteurs les machines de lithographie indispensables à la fabrication des puces. Basée aux Pays-Bas, elle permet aux fondeurs comme TSMC, Samsung ou encore Intel de produire leurs composants. Ses machines sont donc indispensables à la bonne marche du secteur, tiraillé de toutes parts par les coups de menton géopolitiques des grandes puissances américaine et chinoise. Avec l’Europe au milieu.
EUV FTW
Pour des raisons de sécurité, les Pays-Bas contrôlent de près les exportations d’ASML, comme le gouvernement l’a rappelé en septembre 2024. Ce qui signifie que des restrictions s’imposent à la Chine. Le pays, qui pesait 14 % du chiffre d’affaires de l’entreprise au deuxième trimestre (soit environ 924 millions d’euros), peut importer certains types de machines moins avancées.
C’est le cas des modèles DUV (Deep Ultraviolet), même si les versions les plus performantes restent soumises à des licences d’exportation. Cette technologie est utilisée pour la plupart des semi-conducteurs, y compris pour de nombreuses couches des puces les plus avancées. Les fondeurs peuvent la pousser dans ses derniers retranchements en multipliant les étapes et donc les risques d’erreur qui coûtent cher.
Les machines EUV (Extreme Ultraviolet) produites par ASML ne peuvent pas en revanche être exportées vers la Chine. ASML n’a jamais obtenu du gouvernement néerlandais les autorisations nécessaires pour y livrer ces équipements destinés aux puces les plus avancées. Une politique qui remonte à 2019, et qui a toujours cours aujourd’hui.
Les technologies DUV et EUV servent le même objectif : utiliser la lumière pour imprimer des motifs microscopiques sur une tranche de silicium recouverte d’un matériau photosensible, comme l’explique ASML. Ce principe de lithographie permet ensuite de transférer ces motifs dans les différentes couches de matériaux qui formeront les transistors et les circuits de la puce. La lithographie EUV repose cependant sur une architecture entièrement différente de celle du DUV, avec son système de miroirs d’une précision redoutable.
La lumière au bout du tunnel
D’après des sources de The Information, une entreprise chinoise non citée aurait commencé à produire des machines DUV. Selon Reuters, il s’agirait de Shanghai Aishengna Electronic Technology Group. Elles devraient être livrées à ses premiers clients dans le courant de l’année, notamment au fabricant de mémoires CXMT (celui-là même courtisé par Apple). Cette société vise la production de 5 machines DUV en 2026, et autour d’une vingtaine l’année prochaine.
Les capacités d’ASML sont d’un autre niveau : 130 modèles DUV à immersion cette année, avec une hausse de 30 % pour 2027. Et puis on parle d’une technologie inférieure à l’EUV, cette dernière servant à fabriquer les puces les plus performantes, celles des serveurs NVIDIA ou des appareils d’Apple. Comme le rappelle SemiAnalysis auprès de CNBC, la mise au point de l’EUV a nécessité vingt ans de recherche et des milliards de dollars d’investissements ; nul doute que la Chine a les moyens humains et financiers pour se lancer dans une telle aventure, comme elle l’a fait pour les CPU de son nouveau supercalculateur, ou encore des puces dédiées à l’IA.
Pékin pourrait même être plus proche que jamais. Reuters rapportait en décembre dernier qu’un prototype fonctionnel de machine EUV avait été développé à Shenzhen par une équipe composée d’anciens d’ASML. L’équipement serait en phase de test, sans être capable de fabriquer des puces en série. L’optimisme est pourtant de rigueur : selon l’agence de presse, la Chine voudrait produire des puces avec cet équipement dès 2028.
En attendant, ces machines DUV devront encore démontrer qu’elles peuvent égaler les rendements, la cadence, la précision et la fiabilité des modèles d’ASML. Si cet équipement se montre trop lent, instable ou s’il génère trop de puces défectueuses, il sera d’un intérêt très relatif. De plus, l’impact de ces machines « made in China » pourrait être modeste sur les comptes d’ASML, au vu des restrictions imposées à l’exportation de ces appareils.
Commentaires (56)
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Abonnez-vousLe 29 juillet à 10h18
Le 29 juillet à 10h38
Modifié le 29 juillet à 13h17
Je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose que ça s'arrête
Mais maintenant qu'il y plus de puissances mondiales va falloir trouver des vrais moyens diplomatiques d'éviter les guerres et les massacres de populations, et plus juste mettre les pays qu'on n'aime pas sous embargo et laisser faire les atrocités de ceux qu'on aime bien.
Le 29 juillet à 15h48
Modifié le 30 juillet à 11h10
Edit: il suffit de voir comment des fleurons stratégiques comme les cartes à puces ou les turbines arabelles les sont passés sous drapeau américain pour comprendre que la souveraineté européenne est une illusion.
Le 30 juillet à 15h10
En 2014, le rachat partiel d'Alstom, portant sur ses activités du secteur énergie (soit Alstom Power et Alstom Grid) par General Electric (GE) est proposé pour un montant de 13 milliards de dollars[14],[15]. Emmanuel Macron, alors conseiller puis ministre de l'économie de François Hollande, donne son accord à cette vente, Alstom sortira pratiquement du secteur au profit de son concurrent américain
Modifié le 30 juillet à 22h50
Personnellement je ne pense pas qu'il soit pertinent d'engager des deniers publics pour soutenir une souveraineté en carton pâte soluble dans le diktat américain. Il faut que l'Europe investisse dans des couilles avant de parler reproduction.
Le 29 juillet à 11h11
Les USA (et dans une moindre mesure l'UE) vont l'apprendre à leurs dépens.
Modifié le 29 juillet à 11h30
À moins qu'il n'y ait pas de raisonnement et qu'il s'agisse simplement d'une occasion de vociférer sur de la régulation.
Modifié le 29 juillet à 13h57
Autre exemple, l'IA. On a Mistral chez nous mais tellement éloigné des US et leur domination dans le secteur. Qui en Europe cherche vraiment à poser sur la table de l'argent pour leur permettre d'atteindre des niveaux de perf bien plus haut ?
Et je ne parle même pas de notre dépendances au software US...
Comme nous n'avons pas de restrictions, on ne cherche pas vraiment de solution qui pourrait nous permettre d'être indépendant.
Le 29 juillet à 13h12
On a pas le même logiciel culturel en ce qui concerne l'entreprenariat et l'investissement que dans d'autres pays.
Modifié le 29 juillet à 13h56
Le 29 juillet à 23h15
Le 29 juillet à 16h08
Le budget de l'UE est terriblement ridicule à côté du budget US, parce que chaque pays membre y contribue mais gère son budget en autonomie avant tout.
Le 30 juillet à 10h27
On fait comment ? Nous aussi on pirate toutes les oeuvres à outrance sans s'occuper du droit d'auteur et on défonce les traffics des sites web ?
Le 30 juillet à 10h30
Si il y a bien un domaine où l'on excelle (pas nécessairement à raison) c'est bien c'est de chercher à tout encadrer... On peut tout a fait créer une vraie charte la dessus. Ou tout autre chose, je ne suis pas législateur.
Le 29 juillet à 14h16
Mais cette tentative, associée à l'embargo sur les puces IA de nVidia, a laissé des traces : la Chine a décidé de ne pas retomber dans le siècle des humiliations, elle se doit donc de prendre de l'avance sur le reste du monde, et de maintenir cette avance. Et elle doit le faire par elle-même, sans dépendre d'un organisme étranger.
Il serait bon que nos dirigeants comprennent, eux aussi, qu'ils ne vivent pas dans le monde des bisounours et que, sans vouloir tout réinventer, dépendre entièrement d'un pays étranger dont les intérêts ne sont pas forcément alignés sur les nôtres n'est peut-être pas l'idée du siècle... s'il faut mettre une chose positive au bilan de Trump, c'est bien d'avoir fait la démonstration de cette idée d'une manière qu'il est impossible de nier.
Le 29 juillet à 15h52
Modifié le 30 juillet à 17h17
Si tu avais observé le comportement de la Chine depuis ces trente dernières années, tu aurais remarqué qu'ils ont été attractifs afin de pouvoir copier les schémas produits dans leurs usines en cas de sous-traitance, ou mieux espionner économiquement les succursales d'entreprises délocalisées.
Cela fait donc des dizaines d'années que leur idée est systématiquement de se passer de dépendances extérieures, d'être souverains. Ils ont appliqué cela de manière systémique, systématique, méthodique.
Il n'a jamais été intéressant pour eux d'acheter étranger, sauf pour copier et produire localement. Pas besoin de beaucoup d'exemplaires pour faire cela.
Il ont toujours rapidement copié ce à quoi ils avaient accès.
Je ne vois pas l'intérêt de leur offrir sur un plateau, comme on l'a fait massivement avec la délocalisation, résultat d'un avarice court-termiste d'occidentaux (pas besoin d'être stratège ou intelligent pour gagner du pognon, il suffit d'avoir un capital de départ financier & social).
Modifié le 29 juillet à 11h39
Court terme : (nous) on va pas leur envoyer nos précieuses machine. Sinon ils vont nous dépasser. A mince ils nous on dépassé. On va mettre des droits de douane.
Long terme : (chine) c'est plus cher maintenant mais on va le faire nous même. A long terme on sera indépendant. Et on pourra les innonder de nos puces.
Bref on a vraiment un truc à faire a ce niveau de planification
Le 29 juillet à 11h49
Le 29 juillet à 11h59
Le 29 juillet à 12h01
Le 29 juillet à 12h25
Le 29 juillet à 12h55
Le 29 juillet à 13h35
Le 29 juillet à 13h03
Comment tu veux avoir une planification à long terme quand tous les 5 ans tu changes de dirigeant ?
On ne sera jamais à arme égale avec la Chine de toute façon. En plus du gros avantage que leur procure leur régime autoritaire, ils en ont rien à foutre des règles internationales sauf quand ça les arrange, nous on essaye plus ou moins de les respecter.
On a tout un tas de réglementations qui font qu'on ne peut pas arroser d'argent public nos entreprises européenes pour les transformer en mastodonte, idem pour les fusions. De son côté, la Chine est plus pragmatique et n'a l'air de regarder qu'un chose : comment accroître sa puissance, et parfois peu importe les moyens utilisés.
Et qu'on leur donne ou pas accès à nos technologie, j'ai l'impression que le but final de la Chine c'est l'indépendance dans tous les domaines possibles.
Exporter notre technologie chez eux leur permettra juste d'atteindre leur but encore plus vite. Donc bloquer les exportations c'est une planification : perdre de l'argent à court terme, avoir un très gros concurrent de moins à moyen terme, et l'avoir dans l'os à long terme car ils arriveront forcément au même niveau que nous dans les domaines où on a encore le dessus. Si on exporte notre technologie, c'est à moyen terme qu'on l'aura dans l'os.
Après, je suis d'accord qu'il nous manque la planification à long terme sur 15 ou 20 ans mais, à mon avis, ce n'est pas possible dans une démocratie. On ne peut pas tout avoir.
Le 29 juillet à 15h30
Le 29 juillet à 19h37
Peut-être que les politiques de l'époque étaient moins gland ? Je n'ai pas connu cette époque.
Le 29 juillet à 17h48
Ces dernières années, la planification était plutôt de déstabiliser le plus possible le pays pour assouvir les désirs d'une paire d'attardés qui voulaient une présidentielle anticipée.
Le 29 juillet à 23h42
Le 30 juillet à 14h31
Le RGPD, le DSA, le DMA, c'est pas stupide.
Par contre, prôner le libre-échange, la concurrence débridée, et ne rien faire quand ceux d'en face abusent (genre, les chinois qui "copient" les TGV, ou les USA qui font leur IA en piratant comme des porcs, le monde entier qui s'en tape de l'écologie... ), ça, c'est stupide. Et malheureusement, c'est ce que fait l'UE.
Pour moi, il y aurait moyen de faire des règles du type "tu pollues plus que nous, OK, mais du coup tu paies une taxe proportionnelle à la surpollution par rapport à la même chose faite en UE ou en suivant les mêmes règles", mais ça nécessite des corrones politiques.
Modifié le 30 juillet à 18h22
Le problème d'un droit de douane, c'est qu'en pensant pénaliser le pays exportateur, on pénalise en premier lieu sa propre économie. Parce que ces taxes sont payées par l'importateur, et donc le consommateur final.
Les corrones politiques en question demandent donc d'assumer les représailles sur sa propre économie avec les risques associés (casse sociale, etc.). Un calcul plus complexe et un jeu d'équilibriste qui va au-delà de la politique Yaka Faukon vendue quotidiennement.
Le 30 juillet à 22h06
Le 31 juillet à 08h19
Des produits avec une faible concurrence locale, c'est le cas sur une bonne part des appareils électroniques ordinaires. Au hasard les smartphones dont le marché est trusté par un américain, un sud coréen, et des chinois.
Alors oui, leur mettre des droits de douane pour dissuader leur achat favoriserait les quelques constructeurs européens comme Fairphone ou Murena, mais le temps qu'ils arrivent dans les rayons, bah les consommateurs se prendront les surcoûts dans la tronche. Et en face, notre industrie s'en prendra en représailles alors qu'elle exporte beaucoup.
Le 31 juillet à 10h19
Ça nous a permis d'améliorer notre pouvoir d'achat, ça c'est très clair.
Mais à quel prix ?
Sur le moyen/long terme, la France et l'UE vont perdre leur autonomie, leur démocratie (rongée par la corruption des plus riches), leur force de travail (puisque les personnes les plus compétentes se retrouvent "aspirées" par les grands groupes étrangers), et au final leur santé puisque le climat va continuer d'être défoncé par le reste du monde sans vergogne, à notre détriment.
Le 31 juillet à 10h02
Et il est vrai que ce type d'action aura forcément des impacts négatifs à court/moyen termes, mais quand tu diriges un pays, tu dois voir à l'échelle temporelle du pays, donc à long terme.
Sinon, tu te retrouves comme dans la situation actuelle à subir une lente agonie culturelle, civilisationnelle, et économique.
Y'a qu'à voir le discours de certains qui semblent prôner l'autoritarisme, alors pourtant qu'ils feront partie des sacrifiés. C'est signe soit de bêtise, soit de masochisme, soit d'aliénation culturelle. J'ai tendance à espérer que ce n'est "que" la troisième solution.
Modifié le 4 août à 17h08
Et l'Europe ne sait pas fédérer autour de projet commun: on le voit dans la défense au certains pays achètent encore américain en espérant avoir le parapluie de l'oncle Sam. On se fait encore concurrence pour le leadership comme l'Allemagne - France pour le futur avion de combat.
Chaque pays devrait se spécialiser dans un domaine ou deux avec l'accord des autres, bref se partager le gâteau.
L'Europe est le plus grand marché avec le plus de population, des démocraties et on se fait marcher sur les pieds par les américains et les chinois sans compter les russes au niveau militaire qui nous obligent à mettre des sous dans la défense. Si au moins les sous mis dans la défense ruisselleraient dans le civil comme aux US, ce serait un moindre mal. Tout est subventionné par la défenses aux US. On l'oublie peut-être. Sans compter les fonds de capitalisation pour les retraites qui alimentent l'économie alors que chez nous, on économise beaucoup sur des assurances vie qui comble la dette de l’État.
Le 29 juillet à 16h51
Le 29 juillet à 13h04
(Et vu l'histoire récente de la Chine on les comprends)
Le 29 juillet à 13h15
Modifié le 29 juillet à 14h25
héliumhydrogène, optique, etc.). Aussi, leur technique pour le DUV est innovante et semble amener une autre donnée importante: le coût de production des puces...Bref, d'un point de vue ingénierie, c'est très captivant.
Modifié le 29 juillet à 21h39
Le 29 juillet à 11h49
Modifié le 29 juillet à 12h05
custu-pidité.Le 29 juillet à 12h29
Le 29 juillet à 12h41
EUV FTW
Le 30 juillet à 00h29
Le 30 juillet à 20h22
Cette décision a était prise à la demande des USA qui veulent nuire économiquement à la Chine.
Je demande donc aux Pays-Bas de compenser le manque à gagner de cette superbe société dont je suis actionnaire !
Le 31 juillet à 12h31
Le 31 juillet à 12h53
Le 31 juillet à 13h59
De deux, j'utiliserai les termes qui me conviennent et personne n'a à me dire comment parler.
Modifié le 31 juillet à 15h42
(Je l'ai influencé, mais promis, je suis pas une IA ! 😁)
Pour les couilles, je pense qu'on peut laisser tranquille @ragoutoutou là-dessus car ça sert bien son jeu de mot. 😉
Le 3 août à 14h04
Le 3 août à 16h43
Procédure... d'auto-destruction enclenchée... 3...2...1...
Le 31 juillet à 18h14
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