À 135 dollars, l’action SpaceX se paiera 94 fois le chiffre d’affaires
So long, space cowboy
Le 04 juin à 09h32
SpaceX a détaillé plus précisément les modalités financières de son introduction en bourse. L’action SPCX sera proposée au marché à 135 dollars, et l’entreprise devrait ainsi pouvoir lever 75 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation fixée aux alentours de 1 750 milliards de dollars.
À 135 dollars, l’action SpaceX se paiera 94 fois le chiffre d’affaires
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SpaceX a détaillé plus précisément les modalités financières de son introduction en bourse. L’action SPCX sera proposée au marché à 135 dollars, et l’entreprise devrait ainsi pouvoir lever 75 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation fixée aux alentours de 1 750 milliards de dollars.
Économie
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4 min
SpaceX a mis à jour mercredi 3 juin son formulaire S-1 déposé auprès des autorités boursières états-uniennes. Cette version amendée, dite « S-1/A 2 » révèle le prix d’introduction envisagé par la société, ainsi que le volume d’actions mis en circulation, ce qui permet de déterminer à la fois la somme d’argent frais que l’entreprise espère réunir sur les marchés, mais aussi la valorisation totale qui sert de point de départ aux calculs. À ce niveau, les rumeurs visaient globalement juste : SpaceX confirme aller chercher 75 milliards de dollars grâce à la mise en circulation de 555 555 555 actions, lancées au prix unitaire de 135 dollars.
SpaceX fixe son prix
Deux éléments sont à noter ici. D’abord, le prix de lancement peut encore évoluer jusqu’à l’introduction proprement dite. Il est cependant peu probable que SpaceX ajuste les curseurs au dernier moment, dans la mesure où la majeure partie de ces actions ont déjà fait l’objet d’accords avec des investisseurs institutionnels.
De ce fait, on ne connait pas à ce stade le volume réel d’actions qui sera mis sur le marché le jour de l’ouverture de la cotation. On sait en revanche qu’environ 27,8 millions d’actions sont réservées à des employés ou à des personnes choisies par la direction (donc par Elon Musk).
Un autre élément inhabituel tient à la façon dont SpaceX fixe un prix d’introduction déterminé, alors que les grandes opérations de ce type donnent généralement lieu à la publication d’une fourchette indicative (par exemple, entre 130 et 150 dollars par action). L’entreprise se sent suffisamment confiante pour imposer que ce soit la demande qui s’adapte à son prix, et non l’inverse.
Une action à 93,6x le chiffre d’affaires 2025
Nous avions déjà analysé les éléments financiers révélés par SpaceX à l’occasion de la publication de la première version de son S1. Les chiffres de l’entreprise révèlent pour mémoire un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars en 2025, avec des pertes d’exploitation significatives du côté de l’activité lanceur spatial, dues notamment au programme Starship, qui mobilise d’importantes dépenses d’investissement. Le déficit est creusé dans des proportions sans précédent par l’intégration des activités liées à l’IA (X et xAI ont d’abord été fusionnés avant d’être intégrés à SpaceX). L’entreprise affiche ainsi 4,937 milliards de dollars de pertes sur toute l’année 2025, et 4,276 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2026.
Dans ce contexte, on ne peut donc pas utiliser le traditionnel indicateur du PER (price earning ratio), qui consiste à comparer le cours de l’action à ses bénéfices nets pour mesurer son attrait. On peut en revanche rapporter la valorisation revendiquée par SpaceX (1 750 milliards de dollars) à son chiffre d’affaires, ce qui donne un multiple stratosphérique de 93,6. À titre de comparaison, ce ratio prix/ventes est de l’ordre de 16 pour Tesla (97,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 1 590 milliards de dollars de valorisation), contre 11,8 pour Apple (rentable) et 40 pour NVIDIA (ultra rentable).
Les investisseurs qui suivent l’IPO n’achètent donc pas l’activité actuelle, mais les promesses de croissance future formulées par l’entreprise. Ces dernières – qui passent pour mémoire par la promesse d’un coût de lancement spatial divisé par 10 grâce à Starship, et par le développement d’une offre d’inférence IA en orbite grâce à des datacenters spatiaux – sont si pharaoniques qu’elles suscitent la défiance de certains investisseurs institutionnels.
Comme chez Tesla, Elon Musk s’octroie dans ce plan financier des bonus en actions significatifs (plusieurs centaines de milliards de dollars d’actions) en fonction d’objectifs eux aussi stratosphériques. Aux conditions financières (franchir certains paliers de valorisation) s’ajoutent ainsi deux conditions plus opérationnelles : réussir à établir une colonie humaine sur Mars avec au minimum 1 million d’habitants, mais aussi installer en orbite l’équivalent de 100 TW de puissance de calcul informatique.
Dans les deux cas, la simple faisabilité technique est largement sujette à caution, mais ces promesses n’ont finalement qu’une valeur symbolique, dans la mesure où même en cas d’échec, Musk conserve l’essentiel de la valeur de SpaceX et la très grande majorité des pouvoirs via ses actions préférentielles.
Commentaires (8)
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Abonnez-vousIl y a 52 minutes
Le NASDAQ a changé les regles d'introduction de nouvelles actions dans l'indice, ce qui va faire entrer SpaceX, OpenAI et Anthropic dans l'indice au bout de quelques semaines, avec un flotant super faible.
Par statut les fonds indiciels basés sur le NASDAQ vont être obligé d'acheter des actions de ces 3 firmes au prix fort, et du coup les épargnants qui ont investi dans ces fonds vont financer les actoinaires de ces boites contre leur gré
Il y a 30 minutes
Sur les SP500, MSCI et autres, avec un flottant à 75 milliards, l'effet sera relativement limité au moment de l'IPO (SpaceX va pas peser lourd par rapport aux GAFAM). Il y a ensuite tout une mécanique de déblocage progressif des actions qui va faire augmenter le poids dans les indices dans des proportions plus importantes au cours des prochains mois.
Si on croit à l’hypothèse d'une bulle de l'IA sur les marchés, c'est un catalyseur assez dangereux
Il y a 47 minutes
Modifié il y a 24 minutes
Par contre, utiliser le Crew Dragon comme référence n'a pas de sens. Il ne fait bien évidement pas partie des véhicules envisagés pour Mars. L'autonomie du vaisseau n'est pas suffisante pour un voyage vers Mars, et on ne parle même pas de la capacité d'atterrissage sur le sol Martien.
C'est pour ça que Space X travaille sur le Starship qui a une capacités d'emport bien supérieure. Et encore, il faudra à mon avis encore bien le booster avant d'en faire un vaisseau utilisable pour envoyer quelques astronautes.
Il y a 7 minutes
Si tu envoies des femmes enceintes, tu optimises même le taux de transfert et si en plus, tu embarques du sperme pour insémination artificielle (donc beaucoup plus de femmes que d'hommes), tu peux encore aller plus vite. Je me demande pourquoi il n'y a pas encore pensé, lui qui considère qu'il doit faire lui-même le plus d'enfants possibles pour le bien de l'humanité.
À l'instant
Il y a 46 minutes
Il y a 13 minutes
Mais par principe, je me dis que si les riches veulent jouer avec leur argent, grand bien leur face !
Tant que ce n'est pas les "petits" qui trinquent
Ce qui est sûr c'est que je n'irais pas y mettre mes euros.
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