[MàJ] L’IA générative empêche d’admettre que nous ne savons pas
À l'IA jacta est
Illustration : Flock
Le 23 juillet à 12h17
Alors que le gouvernement a annoncé que les élèves de seconde bénéficieraient à la rentrée 2027 d’une heure de cours d’intelligence artificielle par semaine, des chercheurs ont testé la capacité des êtres humains à déléguer leur esprit critique à une IA. Paradoxalement, ceux qui avaient le droit d’interroger une IA affichaient un taux de confiance plus de deux fois plus élevé que ceux qui n’y avaient pas droit. Et pourtant, ces derniers se sont bien moins trompés que ceux qui répétaient les réponses proposées par l’IA.
[MàJ] L’IA générative empêche d’admettre que nous ne savons pas
À l'IA jacta est
Illustration : Flock
Alors que le gouvernement a annoncé que les élèves de seconde bénéficieraient à la rentrée 2027 d’une heure de cours d’intelligence artificielle par semaine, des chercheurs ont testé la capacité des êtres humains à déléguer leur esprit critique à une IA. Paradoxalement, ceux qui avaient le droit d’interroger une IA affichaient un taux de confiance plus de deux fois plus élevé que ceux qui n’y avaient pas droit. Et pourtant, ces derniers se sont bien moins trompés que ceux qui répétaient les réponses proposées par l’IA.
Société numérique
Société
13 min
MàJ, 21 h, avec un bloc de conclusion précisant que le ministre de l’Éducation vient de préciser que le cours d’IA en seconde devra également servir de « levier précoce » pour lutter contre les inégalités et disparités entre filles et garçons auxquelles sont confrontées les filières et métiers du numérique et de l’intelligence artificielle.
« Savoir quand ne pas répondre est l’un des fondements du jugement humain. Mais que se passe-t-il lorsqu’une IA a toujours une réponse ? » s’interroge sur LinkedIn Walter Quattrociocchi, pour qui la phrase la plus importante en science n’est pas « j’avais raison », mais « je ne sais pas ».
Pour y répondre, ce professeur d’informatique et auteur de trois livres consacrés à la désinformation et à la post-vérité s’est associé avec deux autres chercheurs universitaires, Chiara Marcoccia et Valerio Capraro, afin de procéder à cinq expérimentations.
Le titre de leur preprint en divulgâche quelque peu les résultats : « Les conseils fournis par l’IA dissuadent les gens de dire « je ne sais pas », même lorsque ces conseils sont erronés et que l’exactitude est récompensée ».
Ils avaient demandé à 3 132 participants de répondre à six questions relatives au cinéma, choisies de sorte que leurs réponses soient difficiles à trouver par des humains, mais portant sur des détails visuels suffisamment pointus pour que les LLM soient prompts à « halluciner » des réponses plausibles, mais erronées.
Y figuraient par exemple des questions comme « quel animal figure sur la proue du bateau pirate dans “Astérix et Obélix” ? », ou « quelle est la couleur du maillot de l’équipe de foot de « Joue-la comme Beckham » ? ».
L’IA fait exploser le taux d’erreurs… et le niveau de confiance
Histoire de parfaire le tableau, les chercheurs avaient également pris soin d’opter pour un modèle, Step 3.5 Flash, dont ils savaient que la totalité des réponses seraient erronées car « hallucinées », contrairement à celles proposées par d’autres modèles plus sophistiqués.
L’objectif du questionnaire n’était pas d’estimer la capacité des assistants IA à répondre correctement, mais bien d’observer comment les participants font confiance aux réponses générées par IA. Affectant ainsi à la fois leur capacité de discernement et leur propension à ne plus oser répondre « je ne sais pas ».
Les participants étaient divisés en deux groupes : le premier devait répondre aux questions sans aide externe, le second pouvait reposer la question à une IA. Or, en moyenne, 44 % des membres du premier groupe ont répondu « Je ne sais pas », contre 3 % seulement de ceux qui ont pu interroger une IA (soit une différence de - 93 %).
De plus, le taux de bonnes réponses des premiers était de 27 %, contre seulement 9 % pour le second (- 67 %). Dans le même temps, le niveau de confiance des premiers était de 30 %, contre 76 % chez les seconds (+ 153 %).
L’IA les a non seulement induits en erreur, au point de tripler le nombre de réponses erronées par rapport au groupe témoin, mais elle leur a dans le même temps donné une illusion de compétence totalement infondée. Et ce, alors que près d’un tiers d’entre eux aurait pu donner la bonne réponse s’ils n’avaient pas interrogé l’IA.
Dit autrement : en se reposant aveuglément sur l’IA, le taux de réponse correcte s’écroule de deux tiers, alors que les participants se sentent deux fois et demi plus confiants. Et seule une infime minorité des participants recourant à l’IA (3 %) reconnaît ne pas savoir répondre à la question, l’IA ayant donné aux autres un (faux) sentiment de certitude, basé sur des réponses (majoritairement) fausses.
Pour parfaire leur expérimentation, les chercheurs ont également proposé des incitations financières, ce qui a légèrement amélioré les résultats obtenus par les participants car ils se comportaient un peu plus prudemment.
Dans le groupe ayant accès à l’IA, la disposition à admettre son ignorance est ainsi passée de 3 % à 8 %, et la pertinence des réponses de 9 % à 16 %, des taux restant bien inférieurs à ceux du groupe de contrôle, respectivement de 44 % et 27 %.
Les IA génératives ne savent pas répondre « je ne sais pas »
Comme le résume Walter Quattrociocchi, le problème n’est pas simplement que l’IA puisse se tromper, mais que le fait qu’elle propose une réponse incite les gens à vouloir y croire au point de la reprendre à leur compte. Ce qui ne peut avoir que des effets négatifs tant dans l’éducation ou la recherche que dans le débat public.
« Pour les êtres humains, la capacité à dire “Je ne sais pas” est très importante, car elle traduit la reconnaissance des limites de nos propres connaissances », explique Valerio Capraro à The Register. Cette incapacité peut donc aussi, a contrario, donner un sentiment de surpuissance à ceux qui, pourtant, « ne savent pas » si ce qu’ils relaient est vrai, ou pas, ni donc de quoi ils parlent.
The Register précise par ailleurs que, bien que les chercheurs aient choisi des questions portant sur des anecdotes cinématographiques, ils affirment que leurs conclusions peuvent s’étendre à d’autres domaines.
Comme le relevaient des chercheurs d’OpenAI dans un preprint publié en septembre dernier, les IA sont en effet « encouragées à fournir une réponse au hasard plutôt qu’à avouer leur ignorance », quitte à raconter n’importe quoi, afin de satisfaire leurs utilisateurs, sur fond de concurrence exacerbée.
Les évaluations portant sur l’exactitude sont en outre majoritaires dans les classements et les fiches système des modèles, « ce qui pousse les développeurs à créer des modèles préférant les hypothèses à l’abstention ». Ce pourquoi, « même si les modèles gagnent en sophistication, ils hallucinent toujours au lieu d’expliquer qu’ils ne savent pas répondre ».
Des études universitaires sur la « sycophancy » (que l’on peut traduire par « effet sycophante » ou « biais de complaisance ») ont par ailleurs montré que ChatGPT, Claude et Gemini flattaient ceux qui les interrogeaient dans près de six réponses sur dix, indiquant des « taux de complaisance » s’échelonnant de 47 % à 95 %, sur sept familles de modèles.
« Je suis très inquiet pour les enfants »
« Je suis très inquiet pour les enfants, car les adultes ont acquis un esprit critique », déplore Capraro auprès du site : « Mais pour les enfants, qui naissent pour ainsi dire avec ces systèmes, le risque est qu’ils n’acquièrent même pas les compétences critiques de base ».
Le Financial Times racontait lui aussi récemment que l’écrivain et scénariste Dave Eggers, invité par Sam Altman à effectuer une conférence devant 200 employés d’OpenAI, leur avait déclaré l’an passé que « L’impact de ChatGPT sur la vie des enseignants est catastrophique » :
« Que ce soit votre intention ou non, vous avez rendu la vie de chaque enseignant infiniment plus difficile qu’elle ne l’était il y a deux ans. Alors, prenez bien conscience de cela… Si les élèves l’utilisent pour rédiger, ce qui est la plus grande tragédie de toutes, ils n’apprendront jamais à écrire. Et on leur vole leur voix. Ils n’auront jamais la capacité d’exprimer leur vérité et de raconter leur propre histoire. Et cela revient à réduire au silence une ou deux générations entières. »
Enseigner l’IA, et l’esprit critique, à partir de la rentrée scolaire 2027
« Nous ne pouvons pas laisser une génération entière découvrir l’intelligence artificielle sans lui donner les clés pour la comprendre et donc la maîtriser », avait de son côté souligné Sébastien Lecornu en juin dernier dans un message posté sur X, en annonçant qu’ « À partir de la rentrée 2027 et sous l’impulsion du Ministre Edouard Geffray, tous les élèves de seconde bénéficieront d’un enseignement dédié à l’IA, à raison d’une heure par semaine intégrée au cours de sciences numériques et technologie » (:
« Fonctionnement des modèles, usages, éthique, souveraineté numérique, esprit critique face aux manipulations et aux fausses informations : notre école doit préparer les jeunes au monde qui vient.
Former à l’IA et réduire l’exposition aux écrans participent d’une même ambition : faire de nos élèves des citoyens libres, autonomes. Condition de notre souveraineté collective. »
Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, venait en effet d’annoncer (en anglais) lors d’une table ronde à VivaTech que « tous les élèves français de première année de lycée bénéficieront d’un enseignement dédié à l’IA. Ce sera la première fois que tous les élèves en France disposeront d’un dispositif permanent et spécifique ».
Le Monde et l’AFP rappellent qu’Élisabeth Borne, alors ministre de l’Éducation nationale, avait elle aussi annoncé que collégiens et lycéens bénéficieraient à la rentrée 2025 d’une formation en ligne à l’IA, « avec des sessions obligatoires pour les élèves de 4e et de 2de ». Une formation peu mise en œuvre, de source syndicale.
Le cours de sciences numériques et technologie (SNT) avait été confié depuis sa création en 2019 à des professeurs de mathématiques et de technologies, ou à n’importe quel autre professeur paraissant plus qualifié.
« Or la durée hebdomadaire de ce cours est d’une heure et demie », précise à l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, qui appelle à « une clarification ».
Conférer à l’informatique et l’IA un « statut de bien culturel commun »
Le Café pédagogique relève pour sa part que les programmes de SNT sont centrés sur l’informatique et ses développements, et que l’intelligence artificielle n’y apparaît qu’une seule fois.
Début juillet, la Société informatique de France (SIF), créée pour fédérer les professionnels de l’enseignement et de la recherche en informatique, publiait un communiqué saluant cette « initiative propre à développer chez tous les élèves une citoyenneté numérique éclairée », tout en regrettant que ce dispositif exclue les lycées professionnels, « qui représentent plus de 28% des élèves ».
Elle souligne qu’un enseignement d’IA au lycée « nécessite de disposer a minima de professeurs d’informatique en nombre ». Or, « à peine une petite centaine de professeurs d’informatique, certifiés ou agrégés, établissements publics et privés confondus, sont recrutés en moyenne chaque année depuis 2022 », alors qu’on dénombre « environ 19 000 » classes de seconde en France, et qu’il faudrait donc en ouvrir « plusieurs centaines » par an, et leur proposer une formation continue :
« Le premier enjeu consiste donc à intégrer dans chaque lycée au moins un enseignant d’informatique avec un bagage complet pour que chaque élève puisse comprendre les fondements scientifiques informatiques de l’IA. »
Le deuxième enjeu consiste à pourvoir ces enseignants d’un programme à la hauteur de l’objectif affiché, « avec une colonne vertébrale scientifique », ainsi qu’une « sensibilisation aux enjeux environnementaux, éthiques et d’autonomie ».
Le troisième enjeu est « comme c’est le cas pour le français et pour les mathématiques – de conférer à l’enseignement de l’informatique et de l’IA un statut de bien culturel commun », conclut la SIF, afin de les « installer définitivement au cœur des compétences des générations qui font le XXIe siècle » :
« Un an de préparation ne sera pas superflu pour y parvenir ! Pour favoriser le succès de ce projet, il faudra s’appuyer sur l’expérience d’une pluralité d’acteurs – dont la Société informatique de France – qui mènent déjà des réflexions sur ces sujets et peuvent dès aujourd’hui contribuer utilement à la création et au déploiement d’un tel enseignement. »
Un levier précoce pour lutter contre les « fortes disparités entre filles et garçons »
Ce 20 juillet, Edouard Geffray a précisé (.pdf) que l’horaire hebdomadaire de SNT « sera désormais fixé à 2 heures » :
« L’enseignement rénové de SNT conservera un ancrage scientifique. Il visera à faire comprendre le rôle central des données, à consolider la pensée informatique et algorithmique, ainsi qu’à faire appréhender la réalité matérielle et des infrastructures du numérique. Il devra permettre de saisir les enjeux environnementaux, géopolitiques, économiques, informationnels et démocratiques qui structurent les espaces numériques, notamment les réseaux sociaux. »
Le ministre de l’Éducation souligne qu’au sein de ce programme, le volet consacré à l’intelligence artificielle visera à :
- « poser les bases d’une compréhension scientifique et technique de l’IA, sans technicité excessive à ce niveau, articulée à une réflexion sur les données, leurs biais et leur protection, ainsi qu’à la question de la souveraineté numérique ;
- développer l’esprit critique en abordant les dimensions sociétales, éthiques, juridiques, notamment en termes de protection de la vie privée ou de secrets protégés, et environnementales, en articulation avec l’éducation aux médias et à l’information et avec l’enseignement moral et civique ;
- donner à chaque élève les clés d’un usage éclairé de l’IA, dans le cadre du cadre de référence des compétences numériques. »
Le ministre y souligne également que les filières et métiers du numérique et de l’intelligence artificielle restant « marqués par de fortes disparités entre filles et garçons », l’enseignement de SNT dès la seconde « est un levier précoce pour agir sur ces inégalités ».
Le programme révisé devra dès lors « susciter, chez les filles comme chez les garçons, l’intérêt et la confiance nécessaires à un engagement vers ces études et métiers, à travers des exemples et des activités donnant à voir une représentation équilibrée des femmes et des hommes ».
Commentaires (45)
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Abonnez-vousLe 23 juillet à 12h44
On choisit un modèle dont on sait qu'il répondra si besoin en hallucinant (d'autant plus que les réponses étaient pas forcément dans ses données d’entraînement) alors que les cobayes humains ont l'habitude de d'avoir des réponses plus fiables sur d'autres modèles. Ils ont donc tendance à faire confiance comme d'habitude.
Alors, oui, faire confiance à un modèle que l'on ne connaît pas, c'est une erreur, mais je ne suis pas sûr que l'expérience donne des résultats intéressant.
Modifié le 23 juillet à 14h20
Le 23 juillet à 14h23
Le 23 juillet à 14h55
Quel que soit le modèle, il y a des sujets ou l'IA est incapable d'apporter des réponses précises (comme l'humain). Vu que les modèles cherchent à fournir une réponse à tout prix, si l'utilisateur finit par manquer d'esprit critique, ça dérape. C'est bien ce que l'étude démontre et quantifie.
Le 23 juillet à 15h23
C'est pas spécifique à l'IA, juste à l'être humain en fait :)
Le 23 juillet à 16h16
Et les médias se sont empressés de parler de "raisonnement", de "cerveau numérique" là où le wiki est une "simple" base de connaissance.
L'IA est supposée (selon son nom) "réfléchir puis fournir un résultat" là où la base de connaissance fournit le résultat.
Il y a une nuance quand même non?
Le 23 juillet à 20h51
Mais ça vend du rêve, l'utilisateur peut se projeter et anthropomorphiser les commandes exécutées par les processeurs.
Le 23 juillet à 16h19
Google (sans IA) donne des liens vers des pages et on peut confronter les contenus.
Donc, non, ça n'est pas pareil.
Et même le Figaro, on connaît ses biais potentiels, donc, on sait prendre avec prudence certaines de ses affirmations.
Un avec chatbot, on n'a rien de tout ça.
Quant à MachinTruc, sur Youtube, si je ne le connais pas, c'est zéro confiance a priori.
Le 23 juillet à 22h40
Lorsque j'ai besoin de fiabiliser la réponses je lui demande explicitement de citer la source, ça résoud un peu le problème.
Le 24 juillet à 14h58
C'est bien, tu as un esprit critique.
Est-ce que c'est le cas de la génération née il y a 5 ans ? Est-ce que ça sera le cas avec la prochaine génération ?
C'est justement sur ça que l'étude met en garde.
Après, je suis d'accord avec toi que mettre délibérément une IA "peu performante" à l'heure des IA "performantes" peut être un biais gênant. Cependant, s'ils avaient pris le dernier modèle en date et que ce dernier avait halluciné moitié moins que celui choisi pour l'étude, est-ce que ça aurait changé les résultats de l'étude ?
Modifié le 23 juillet à 20h56
Le 23 juillet à 15h54
Je me sens totalement concerné car je demande de temps en temps à GPT Pro (+ recherche approfondie) des rapports sur des sujets délicats/complexes/controversés.
Je mets assez peu, voire quasiment pas en doute le résultat, d'autant que je donne ce résultat à un second agent qui doit tout vérifier. Je prends juste du recul quand il s'agit de sujets politiques car l'essentiel de ce qui est écrit sur le net des 30 premières années l'est probablement (évaluation purement personnelle) par des gens plutôt situés à gauche.
Mais pour ça, j'ai déjà parcouru tous les liens qu'il me donnait dans de précédentes analyses, je sais que les résultats de ce modèle sont excellents et je sais comment prompter au mieux (de mes connaissances).
Si on me donne le modèle "bullshit2.5-18B", je n'aurais absolument aucune confiance en premier lieu.
Est-ce que quand on, lambda people pas docteur en hydration, me dit "l'eau froide hydrate moins que l'eau tiède" et que GPT me répond "nawak" (+ explications + liens), oui, j'ai une assez bonne confiance en moi pour y croire bien plus que lambda people. Et ce, malgré les sempiternels "il faut boire chaud quand il fait chaud".
Modifié le 23 juillet à 16h35
Par exemple, dans cette étude, des chercheurs ont demandé des conseils en gestion à tous les derniers modèles en vogue en donnant des contextes d'entreprises différents (14000 simulations). Conclusion: les LLM donnent toujours les mêmes conseils de la dernière méthode de management à la mode, sans tenir compte du contexte donné sur l'entreprise. De plus, ils vont super bien détailler pourquoi c'est la solution le plus adaptée (même si cela ne l'est pas). Plus on donne de détails, plus ils auront de matière pour donner des aguments convaincants.
Et cela concerne tous les modèles, donc dans ton workflow, le second agent aurait été 100% d'accord.
Les réponses des LLM peuvent être orientées sans que cela soit voulu, cela tient qu caractère probabiliste qui va favoriser le vue la plus souvent rencontrée (peu importe le contexte).
Il faut donc être très attentif à ce type de biais subtil.
Les auteurs recommendent plutôt d'utiliser l'AI pour challenger ses propres idées ("Voici ma stratégie, donne moi 5 arguments pour et 5 arguments contre"), pour que in fine, la réflexion et la décison restent chez l'homme.
Le 24 juillet à 09h55
Je ne pose que des questions pour lesquelles j'estime (forcément, il y a déjà ici un taux d'erreur non négligeable) que l'IA a les données idoines. Si je parle avec GPT d'ontologie, je suis sûr qu'elle m'apprendra beaucoup de choses. Si je lui demandes un rapport sur la naturopathie, il est fort probable que son analyse soit bonne (même si c'est tendance !). Par contre, lui demander le temps qu'il fera en 2100 à Paris ou s'il existe un parti politique français honnête, ça ne mènera à rien si ce n'est un tas d'infos parfois pertinentes, parfois totalement inutiles.
Une idée de management, c'est un peu pareil. J'ai d'ailleurs déjà échangé avec GPT sur des questions de négociation et, malgré les sources que je lui ai indiquées, la discussion a été très décevante. Le management ne repose sur rien de parfaitement définit.
Dans l'article que tu cites, ce qui est décevant, c'est que les IA donnent des réponses "most aligned with buzzwords" et considère donc que l'info récente est plus valorisable.
Le 23 juillet à 17h57
Le 24 juillet à 09h38
(et je n'interfère pas avec mon vécu sur le net des 90', sinon je serais encore plus tranché)
Le 24 juillet à 13h29
Le 24 juillet à 13h56
Le 27 juillet à 10h39
Le 23 juillet à 12h55
Modifié le 23 juillet à 16h50
PS : Je suis vraiment trop nul pour les blagues....
Merci Fred42
Le 23 juillet à 16h21
Le 23 juillet à 12h56
Par contre il pourrait très bien générer deux réponses et si celles-ci sont très différentes, indiquer alors qu'il ne connait pas la réponse.
Avec un coût plus important, c'est vrai, mais une fiabilité accrue.
Le 23 juillet à 12h57
Par contre dans aucunes des expériences les participants ne sont informés de l'IA utilisé (ils ont juste un bouton "envoyer la question à l'IA") et donc du niveau de confiance auquel ils peuvent y accorder.
Le 23 juillet à 13h05
Ils ont 100% confiance ou pas du tout.
Donc au contraire le protocole de test est très intéressant car même avec des réponses absurdes les gens foncent tête baissée.
Le 23 juillet à 12h58
Je passe mon temps à dire que je ne sais pas.
Il n'y a que les idiots et les mythomanes qui savent tout.
Le 23 juillet à 13h02
Le 23 juillet à 13h03
Malgré tout je connais des adultes qui pensent tout savoir...
Modifié le 23 juillet à 13h43
Et l'esprit critique n'a rien à voir là-dedans à mon sens.
Modifié le 24 juillet à 15h08
Combien de personnes vont répondre "oui" à un enfant "le soleil, il est fait de feu ?" ?
Sans parler même de faire de la vulgarisation, il est probable que beaucoup pensent réellement donner la bonne réponse.
Pareil, combien de personnes vont dire que le Soleil "est jaune" en le pensant réellement ?
Même pour des questions comme ça, il faut de l'esprit critique pour remettre ses propres connaissances en question.
Mais le cerveau humain est fainéant, et il s'agit de ne jamais l'oublier.
Le 23 juillet à 13h22
L'IA n'a pas de capacité critique, elle a un réservoir de connaissance quasi infini avec une maturité d'un enfant de 6ans.
J'imagine que l'évolution va très vite arriver, et que la tentation de se soumettre à l'IA va encore augmenté.
L'IA actuellement est ce que le téléphone portable était à ses débuts, un super outil qui peut permettre de faire des choses merveilleuses, et hélas actuellement, quand on voit ce que ça donne avec le téléphone, qu'une bonne partie utilisé pour tweeter bêtement ou rechercher les meilleurs complots et s'en persuader, espérons que l'IA ne raterai pas la marche du bon social en avant.
Il faut donc sensibiliser les jeunes enfants aux risques d'internet et de l'IA en plus de tous les risques classiques, ce n'est pas une mince affaire, à se demander si c'est une réelle évolution positive.
Le 23 juillet à 13h45
Par exemple qui lit sa notice ou au moins un essai comparatif avant d'acheter qqch ? Ceci du smartphone à la voiture. Si c'est joli (ou à la mode) et à un tarif qui est admissible pour la clientèle très peu sont ceux qui vont chercher plus loin.
C'est très triste, mais c'est la réalité.
Le 23 juillet à 14h41
Il suffit de regarder les scientifiques. Au travers de leurs recherches et de leurs lectures, ils acquièrent énormément de connaissances. Il ne pensent pas deternir la vérité pour autant. Ils ont l'esprit critique et savent qu'il leur reste toujours quelque chose à apprendre.
À côté, il y a les religieux. Eux, Ils ont lu un seul bouquin. Celui-ci leur fourni une réponse pour toutes les questions de l'existence. C'est beaucoup plus simple. Pourquoi se prendre la tête à vouloir avoir l'esprit critique.
Le 23 juillet à 14h53
Ce qui rendrait l'étude complètement inintéressante, ça serait que le sujet ait, dès le début, à prendre la décision "est-ce que l'avis d'une IA dont je ne connais rien a plus de valeur que mon incertitude" sans avoir l'opportunité de réviser cette décision en cours de route. Sans plus d'infos sur cette IA, alors la réponse la plus probable c'est que c'est un chatbot grand publique classique, donc qu'il va probablement avoir des réponses plutôt fiables.
Typiquement, si on fait une expérience de pensée où on doit prendre, rapidement, une décision pour tenter de sauver une vie, genre : "bonne réponse : personne sauvé, mauvaise réponse : personne tué, pas de réponse : 40% de chances d'être tué", ça me semble tout à fait rationnel et raisonnable de se reposer sur l'avis d'un chatbot dont on ne sait rien, si on a toute les raisons de penser que c'est un chatbot conversationnel généraliste récent. Si on dispose de plus de temps, alors la bonne chose à faire serait de prendre le temps de poser quelque questions au chatbot inconnus histoire de vérifier sa fiabilité et sa résilience à l'incertitude, avant de poser la question fatidique.
Le 23 juillet à 15h38
Dès le départ l'énoncé est faux ...
Modifié le 23 juillet à 16h04
Le 23 juillet à 16h49
Le 23 juillet à 17h23
La réponse est donc que la question est mal posée ou aucun si l'on s'en tient aux bandes dessinées d'Astérix.
Le 23 juillet à 18h04
Pas besoin d'IA, faut connaitre ses classiques !
Le 23 juillet à 19h11
Le 23 juillet à 20h20
Modifié le 24 juillet à 07h16
edit : Arf grillé ^^
Modifié le 23 juillet à 21h02
Le 24 juillet à 13h26
C'est très pertinent de dire que les gens se reposent aveuglément sur l'IA (donc taux de confiance), mais le taux de bonnes réponse ne l'est pas vraiment car il dépends de plein de facteurs liés à l'IA.
Le 29 juillet à 12h07
Je préfèrerais que l'on reformule en "Certains utilisent l'IA générative pour éviter d'admettre qu'ils ne savent pas".
Revenons à la base : les réseaux de neurones ne doivent être utilisés que sur un périmètre sur lequel nous disposons d'une expertise.
Cela implique, évidemment, d'avoir déterminé le périmètre d'action du réseau en amont, ce qui était le cas jusqu'à l'avènement de (trop) grands modèles utilisant la (mauvaise) interface du langage humain, et de s'assurer de pouvoir détecter les mensonges dans sa sortie.
La réflexion sur l'utilisation de cet outil n'ayant collectivement jamais été très évoluée, nous n'avons jamais atteint ce niveau de conscience ni même de compréhension.
Comme prévu, sont en marche la déresponsabilisation :
Le bilan sera le même : des dégâts sociaux, sociétaux, culturels, artistiques (bref : ce qui permet aux humains d'être humains et non pas seulement des outils de production), et même économiques, en partie déjà bien présents, ci qui forme tout de même un sacré comble…
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