Micron blâme ses clients pour la crise de la mémoire
La revanche de Micron
Illustration : Flock
Le 29 juin à 08h32
Les fabricants de mémoire tiennent leur revanche. La demande est telle que ce sont eux, les vendeurs de pelles et de pioches dans cette ruée vers l’or de l’IA. Et pendant ce temps, tous les consommateurs souffrent, avec des hausses de prix vertigineuses sur tous les appareils électroniques… Mais les choses auraient pu être bien différentes si les constructeurs de ces mêmes appareils avaient joué le jeu.
Micron blâme ses clients pour la crise de la mémoire
La revanche de Micron
Illustration : Flock
Les fabricants de mémoire tiennent leur revanche. La demande est telle que ce sont eux, les vendeurs de pelles et de pioches dans cette ruée vers l’or de l’IA. Et pendant ce temps, tous les consommateurs souffrent, avec des hausses de prix vertigineuses sur tous les appareils électroniques… Mais les choses auraient pu être bien différentes si les constructeurs de ces mêmes appareils avaient joué le jeu.
Économie
Économie
4 min
La crise de la mémoire ? C’est de la faute des clients, affirme en substance Sumit Sadana, le directeur commercial de Micron, un des plus grands fournisseurs de mémoire au monde, avec Samsung et SK hynix. Avant que les grands acteurs de l’IA se mettent à acheter de la RAM haut de gamme à tout va pour équiper leurs datacenters, le marché de la mémoire était dans un creux.
Les rois du pétrole
« Nous avons dit à quelques clients qui se montraient très agressifs sur les prix à ce moment-là que ce n’était pas constructif », déplore le dirigeant au Wall Street Journal. Faute d’argent, les fabricants de mémoire, Micron en tête, ont dû suspendre leurs projets d’investissements en 2023 « en raison des prix et de marges vraiment très faibles ».
Évidemment, la situation est complètement inversée aujourd’hui, et Micron partage la couronne de roi du pétrole avec ses deux concurrents. Apple n’a pas été nommément citée par Sadana, mais le constructeur californien est parmi les plus gros clients des fabricants de mémoire. Il utilise ses énormes achats de RAM et de SSD comme levier pour obtenir les prix les plus bas. Une vision court-termiste qui a abouti à l’explosion des prix des appareils Apple la semaine dernière.
« Le secteur de l’électronique grand public fait face à une situation sans précédent. L’expansion rapide des centres de données dédiés à l’IA a provoqué une hausse extraordinaire de la demande en mémoire et en stockage. Nous n’avons jamais vu une augmentation du prix des composants aussi forte, aussi rapidement », s’est justifiée Apple. Avant de menacer de hausses supplémentaires à venir…
Au mois de janvier, Christopher Moore, vice-président de Micron en charge du marketing, avait tenté de défendre l’arrêt des gammes de produits Crucial, destinés au grand public. L’entreprise poursuivait cette activité, mais au travers de ses partenaires constructeurs OEM. Le résultat est à peu près le même, puisque les PC connaissent eux aussi une bouffée de chaleur tarifaire délirante.
Des capacités de production difficiles à construire
Il affirmait aussi que la filière de la mémoire s’efforçait de construire de nouvelles lignes de production. Un processus complexe qui met de nombreux mois avant d’aboutir, car il faut aussi prendre en compte les pénuries de main-d’œuvre, les réglementations et les besoins en énergie. Ce d’autant que la HBM nécessaire aux serveurs IA exige des protocoles délicats et sensibles.
Christopher Moore avait toutefois omis de rappeler que le marché de la mémoire fonctionne par cycles, entre phases d’abondance et périodes de tension. Faire sortir des usines de terre coûte très cher : les fabricants préfèrent donc avancer prudemment, même si cela prolonge les pénuries. Et puis, malgré les annonces de nouvelles capacités, leurs investissements restent sans commune mesure avec les dépenses engagées par les géants du cloud et de l’IA, dont les besoins explosent.
« Les pénuries de mémoire et de stockage prendront beaucoup de temps à se résorber », confirmait Sanjay Mehrotra, directeur général de Micron, durant les derniers résultats financiers de l’entreprise. Il s’attend à une amélioration progressive de l’offre… en 2028. « Nous n’avons actuellement aucune visibilité sur le moment où l’offre de mémoire pourra rattraper la demande croissante », indiquait-il encore au grand désespoir des consommateurs.
En attendant, le fabricant encaisse. L’entreprise a ainsi annoncé un bénéfice de 28,24 milliards de dollars durant son troisième trimestre, contre 1,88 milliard un an plus tôt.
Commentaires (65)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousLe 29 juin à 08h45
Vu qu'ils sont peu nombreux et qu'ils peuvent relativement facilement savoir quand un concurrent va augmenter ses capacités de production, plusieurs moins/années à l'avance de la production, ils peuvent avoir une politique attentiste et ne faire que réagir à si l'un des concurrents se met à vouloir produire plus.
Surtout s'il y a une bulle de l'IA et que la demande devait s'effondrer d'un coup.
Le 29 juin à 09h08
Le secteur est vérouillé par des miliers de brevets et par un investissement initial nécessaire de plusieurs dizaines de milliards.
Ils n'ont aucun intérêt financier à augmenter leur capacité de production.
Modifié le 29 juin à 18h54
Les nouvelles usine prévues chez les 3 gros permettra d’augmenter la production, si la demande continue à augmenter ce qui n'est plus le cas, il semble y avoir une stabilisation ou une très très faible réduction demande.
Modifié le 29 juin à 09h10
Modifié le 29 juin à 09h17
Il serait peut être temps d'intégrer que la situation de nos jours c'est "too big to fail".
"l'IA" est tout ce qu'il reste à l'économie US. pour ne pas être en récession et tous leurs paris pour l'avenir se tourne vers ça.
Si ça éclatait, le prix de la ram et composants hardware, serait le cadet de nos soucis... L'effet boule de neige serait conséquent, et le nombre de défaillances, démesuré.
Alors oui, ça assainirait l'économie, mais le remède serait peut-être pire que le mal, désormais. Il est rapide de détruire, beaucoup plus long, difficile, et coûteux, de reconstruire.
Le 29 juin à 09h39
Le 29 juin à 12h22
Le 29 juin à 14h11
Le 29 juin à 09h39
Qu'on soit pour ou contre, une bulle spéculative reste une bulle, avec tous ses effets. Et pour les vendeurs de RAM, ça pourrait être catastrophique aussi.
Bon, après, s'ils construisent une usine à 10 milliards grâce à un surplus de 27 milliards uniquement dûs à une augmentation des prix décorélé de toute augmentation des coûts de leur côté, ça ne leur ferait pas si mal que ça. Un peu comme un gagnant du loto ne sera pas à plaindre de payer 50% d'impôts sur son gain de 6 millions d'euros : il lui reste 3 millions.
Le 29 juin à 11h58
Plus de production, ça fait mécaniquement baisser les prix, qui sont définis par l'équilibre entre l'offre et la demande, donc ça affecte la rentabilité sur le futur.
Il me semble que les ogres de l'IA payent des sommes délirantes pour 2 raisons.
D'abord ils ne veulent pas être laissés pour compte, donc ils veulent garantir leur accès à la puissance de calcul.
Et ensuite, ça leur permet de mettre des bâtons des roues de la concurrence et potentiellement bloquer l'émergence d'un nouvel acteur qui pourrait leur faire de l'ombre dans le futur.
Si des nouvelles usines augmentent significativement la production, ça change la donne sur ces 2 raisons, et il y a un fort risque que ça crève la bulle spéculative de la RAM, donc mauvais calcul pour Micron et compagnie.
Et évidement en cas d'éclatement de la bulle IA, la surproduction aura un impact catastrophique sur leurs marges.
Du coup, je pense que les vendeurs de RAM n'ont aucun intérêt à lutter contre la pénurie, leur intérêt c'est plutôt d'y aller très prudemment pour trouver le niveau de production maximal qui permet de maintenir la pénurie et garantir les meilleurs profits.
Le 29 juin à 16h30
J'aimerais bien que ce type de cas puisse invalider un brevet, ou tout du moins rendre obligatoire son exploitation par d'autres acteurs.
Le 29 juin à 09h51
Et toutes ces grosses entreprises n'ont pour le moment pas construit grand chose à part des chabots plus ou moins évolués qui tournent actuellement à perte.
Le 29 juin à 10h55
Le 29 juin à 12h26
Ma grand mère disait ; "Il n'y à qu'un bon moyen de ranger une armoire, c'est de tout foutre sur le lit d'abord."
Le 29 juin à 13h45
Regarder n'importe roman, film ou série post-apo voir apocalyptique. Quand l'un s'effondre l'autre en prend pour son grade...
Je ne crois pas connaitre de contre exemple ou l'économie (et la société en corrolaire) s'éfondrant, ça se passe mieux après.
l'éffondrement de l'économie ne ferra jamais que du bien, car il faudrait revenir à niveau de population de 1800 (1 millard d'être humain voir moins) quid de la disparition de 7milliard de personne...
Modifié le 29 juin à 18h09
théoriquement, si les 8 milliards étaient tous aussi pauvres que le Malien ou Tchadien moyen, la surpopulation ne serait pas tant un pb. Mais c est évidemment pas possible puisque c'est le développement qui a permis l'explosion démographique.
Le 29 juin à 16h45
L'histoire de l'expansion démographique est une mise en perspective absurde, surtout qu'on va plutôt vers un effondrement démographique un peu partout dans le monde. Mais bon, ça permet de diriger le blâme vers ces hypothétiques "sauvages qui se reproduisent comme des lapins" que les blancs aiment blâmer depuis des décennies pour mettre en avant leur grande supériorité d'êtres rationnels face aux peuples jaunes, bruns et noirs, histoire de ne pas se poser la question si eux-mêmes ne sont pas complètement irrationnels.
Modifié le 30 juin à 09h24
Cf: https://www.bbc.com/news/magazine-33133712
(ou autre)
D'ailleurs même avec le mode de vie du Costa Rica (pas connu comme un pays rempli de "méchants capitalistes" une seul terre ne suffirait pas ).
Et peut importe l'origine étnique. En l'état actuelle des ressources disponible et de leur renouvellement (et encore) Oui nous sommes trop nombreux sur Terre.
Et j'applique mes convictions, je n'ai volontairement pas voulu avoir d'enfants.
Le 30 juin à 10h59
Si on part des chiffres de l'observatoire des inégalités de 2022, l'empreinte des 10% les plus riches est 4 à 5 fois supérieure à la moyenne de l'ensemble de la population. (50% les plus modestes ~1T Co2 par habitant, moyenne nationale ~4-5T Co2 par habitant, moyenne des 10% les plus nantis ~40T de Co2 par habitant),
Donc s'il faut 2,5 terres si tout le monde vis selon la moyenne française, 0,625 terre suffirait à une population mondiale alignée sur les 50% les plus modestes des français.
Le 30 juin à 13h10
C'est 50% des Français les plus pauvres ont-ils choisis leur positionnement ou bien le subissent-il ?
Si vous me dites qu'ils s'en satisferaient, votre argument serait pleinement valable.
Cependant, je pense qu'ils aspirent tous à vivre mieux.
Pour vivre, un studio, avec des bains publiques à proximités et que des transports en communs est suffisant. Cependant si on vous propose de disposer d'un maison avec jardin et salle de bain et une belle voiture individuelle que choisissez vous ?
Le 30 juin à 13h35
Le 30 juin à 14h04
Je pense que l'on peut faire l'exercice avec n'importe lequel des pays consommant moins d'une terre et que leur mode de vie ne fait pas rever...
Et même en rejetant la comparaison avec un autre pays. Le raisonnement que j'ai fais par la suite nous concerne nous les Français.
Le dessous que vous signaler ne change rien au fait de l'attendu de qualité de vie.
Si je me déplace qu'à pied pour aller au travail, c'est génial pour la Terre (bien que la Terre s'en fout elle pourrait être comme Mars ou Venus, elle restera la Terre, c'est nous que ça impacte pas l'inverse...), mais individuellement pour faire les 20 bornes pour aller à mon boulot, je ne le ferrait pas. (moyenne de marche 4km/h donc 5h aller et 5h retour 7h30 de boulo reste 6h30 pour le reste someil compris...)...
Le 30 juin à 13h33
Le 29 juin à 16h35
La question est de savoir si on continue à soutenir un système irréaliste qui finira par tout dévorer, ou si on est capables de dire stop et de mettre fin à un délire qui va nous emporter.
Micron, la course effrénée à l'I.A., la prolifération de centres de calcule servant cette dernière, tout ça n'est sous sa forme actuelle qu'un délire visant à enrichir une minorité qui n'est pas en phase avec la survie de l'humanité. C'est la sorte de cinglés qui nous ont fait perdre des décennies dans une adaptation salutaire de nos comportements.
Le 30 juin à 10h53
Le 30 juin à 11h11
Le 30 juin à 12h00
Modifié le 30 juin à 12h21
https://energy.ec.europa.eu/topics/international-cooperation/key-partner-countries-and-regions/united-states-america_en
Le 30 juin à 14h02
Le 30 juin à 14h08
Le 1er juillet à 17h12
Le 30 juin à 18h41
A noter que Trump peut toujours vanter le charbon, l'installation de solaire domine toujours aux USA avec 91 % de la production d'énergie mis en service au premier trimestre 2026. Et chose amusante, les 3/4 ont eu lieu dans des états républicains
Le 30 juin à 19h48
Modifié le 13 juillet à 21h04
Si ma mémoire est bonne, il y avait eu quelques jours avant la signature du contrat une procédure parlementaire pour destituer Ursula. Je me demande si ça aurait empeché tout ça. Hélas c'était l'équivalent de la droite dure/ED qui était l'initiatrice donc le camp opposé n'a pas voulu voter pour, pour lancer la sienne deux ou trois semaines plus tard... qui a echoué aussi par retour de bâton. La stupidité ne peut être répondue que par la stupidité après tout, mais de toute façon la virer après coup ne servait plus à rien sinon donner encore plus l'impression qu'ils sont des nuls.
Le 1er juillet à 17h15
D'ailleurs, j'ai relu l'article envoyé par ragoutoutou, il est clair que l'UE ne s'engage à rien de concret.
Le 30 juin à 10h51
Le 1er juillet à 09h51
Donc perso je préfère qu'on se prenne une bonne grosse crise existentielle le plus tôt possible.
Le 1er juillet à 13h45
Dans les vertebrés les poules sont plus nombreux que nous.
C'est une question à se poser (ou pas lol) si l'humain disparaisait, la population de poules augmenterait ou baisserait ?
Le 29 juin à 09h17
Le 29 juin à 09h34
Le 29 juin à 09h54
Là, ils ont adopté une stratégie façon OPEP.
Le 29 juin à 10h02
Ça pue cette histoire...
Moi qui espérait qu'il y aurait un marché de l'exécution de l'IA "en local", ça prend du plomb dans l'aile...
Après, si on veut voir le bon côté des choses, ça va ralentir la consommation, ce qui est plutôt bon pour la planète. ^^'
Le 29 juin à 15h13
donc la production reste constante, c'est juste la répartition qui change...
Le 29 juin à 16h34
Comme d'habitude, nous allons prendre le coup de plein fouet, et sans filet de sécurité (vu qu'on détruit le service public et que ça risque bien d'être encore pire en 2027).
Le 30 juin à 09h45
Et pour amorti il faudrait voir bcp (pas forcement un pb) mais si les autres font de même, changement de paradigme et donc baisse des prix et au final possible (probable) inversion de du seuil de rentabilité par unité produite.
C'est pas les bons chiffres ce n'est que pour l'explication de la démonstration.
Actuellement ça leur coûte 1 pour produire une unité ça leur rapportent 3, donc gain 2.
Construction du'ne nouvelle usine.
=> coût pour produire (production + amortissement) 2 même si les prix ne bougent pas gain 1.
Modifié le 29 juin à 18h57
Le 29 juin à 19h28
Modifié le 29 juin à 20h50
Edit : Ah je pensais que la principale usine s'y trouvait, elle est a Singapour en fait.
Le 29 juin à 22h08
Le 29 juin à 19h38
Remarque :aurait dû être traduit :
une nouvelle usine qui sera la plus grande de
Micronsemi-conducteurs sur le sol USLe 30 juin à 00h00
La première tranche est de 20 milliards, et 20Mds ça veut dire 1 fab, une seule.
Micron en possède 13 actuellement :
C'est une goutte d'eau par rapport au besoin actuel.
Et les 2 autres "gros" producteurs ont eux aussi annoncé 1 fab chacun, mais ils sont pas pressés.
On est pour rappel sur un augmentation d'un ordre de grandeur des besoins, la HBM étant beaucoup plus "low throughput" à produire que de la DDR, monopolisant les lignes de production (car ultra juteuses à vendre).
Même si ils annoncent 2 ou 3 fabs de plus chacun, ça résoudra pas la pénurie.
Le 30 juin à 19h23
Le 30 juin à 11h04
Ils ont ont lancé le projet en 2022, puis annulé, puis ressuscité pour une livraison en 2028, et aux dernières nouvelles la livraison serait pour 2030, si ça n'est pas encore repoussé/annulé une fois de plus. Tout ça pour une fab, oui, une seule. Quel engouement, quelle précipitation, quel investissement massif !
Le 29 juin à 10h19
https://wccftech.com/samsung-sk-hynix-and-micron-now-face-a-us-federal-class-action-lawsuit-for-colluding-to-bring-about-a-rampocalypse/
Le 29 juin à 11h56
Le 29 juin à 15h15
Le 29 juin à 19h23
Le 29 juin à 18h00
La comparaison avec l'OPEP est intéressante car justement les pays membres ouvraient les vannes en cas de trop fortes hausses: le but n'étant pas de faire trop de profits à court terme qui auraient pour conséquence la baisse de consommation à long terme.
Le 29 juin à 18h33
Le 29 juin à 18h35
Le 29 juin à 18h50
Le 29 juin à 22h32
Le 30 juin à 07h36
Le 30 juin à 10h53
Le 30 juin à 13h33
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?