Qu’attendent nos représentants politiques pour communiquer en dehors de X ?
La technologie n'est ni bonne ni mauvaise ni neutre, épisode 5789654
Mathilde Saliou
Le 11 février à 07h51
Le Parquet de Paris qui enquête sur X, une loi en préparation pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans… dans un tel contexte, le maintien des représentants politiques et services publics français sur X relève du paradoxe.
Qu’attendent nos représentants politiques pour communiquer en dehors de X ?
La technologie n'est ni bonne ni mauvaise ni neutre, épisode 5789654
Le Parquet de Paris qui enquête sur X, une loi en préparation pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans… dans un tel contexte, le maintien des représentants politiques et services publics français sur X relève du paradoxe.
Le 11 février à 07h51
Société numérique
Société
10 min
Le 3 février, alors qu’une « perquisition est diligentée dans les locaux français de X par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris », ce dernier annonce, sur X, quitter X.
Quelques heures plus tard, alors que Next cherchait le handle « @parquetdeParis » pour retrouver le message, le réseau social renvoyait déjà la réponse « this account doesnt’t exist ». Radical, le parquet a purement et simplement supprimé sa présence sur le successeur de Twitter, appelant son public à le retrouver sur deux autres plateformes états-uniennes : Instagram et LinkedIn.
Si la décision a été prise dans le contexte d’une enquête ouverte dès janvier 2025 contre le réseau social d’Elon Musk, elle s’intègre à un moment plus large de critique des réseaux sociaux, notamment chinois et états-unien.
Le gouvernement, et le président de la République à sa tête, défendent en particulier la loi récemment adoptée par l’Assemblée nationale visant à interdire l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux. En novembre, ouvrant sa série de rencontres avec le public de journaux locaux un peu partout en France, Emmanuel Macron déclarait « ne pas exclure » de quitter X. Ce 10 février, la présidente des députés écologistes Cyrielle Chatelain l’appelait d’ailleurs à quitter la plateforme.
« Vous ne pouvez dénoncer la dangerosité des plateformes et utiliser X comme principal levier de communication pour l’Élysée et pour vous-même », écrivait-elle dans un courrier consulté par l’AFP. De fait, quand bien même ils alertent contre leurs dangers, le Président comme le Premier ministre recourent avant tout à X pour communiquer, ce qui soulève la question de l’exemplarité des représentants politiques en termes de pratiques numériques.
Avec Twitter, Emmanuel Macron « revient de très loin »
Emmanuel Macron aime X et X le lui rend bien : sur l’ancien réseau à l’oiseau bleu, le Président est suivi de 10,2 millions d’abonnés. Il y est d’ailleurs plus actif que sur Instagram, où il est suivi par 5,8 millions de personnes, sur TikTok (6,6 millions d’abonnés) ou LinkedIn (3 millions d’abonnés).
« Il part de super loin » commente le journaliste et spécialiste de la désinformation Nicolas Hénin : « Le mouvement La République en Marche est parti de quasiment rien, si ce n’est d’une mobilisation organisée autour de Telegram, où les équipes discutaient de leurs éléments de langage, et de Twitter. »
C’est sur X que le Président et son équipe publient un message à la mémoire de marins disparus en mer il y a quarante ans, sur X qu’ils partagent des images de son passage au salon Wine Paris, sur X encore qu’Emmanuel Macron adresse ses félicitations à la Première ministre du Japon ou au Président portugais.
LinkedIn est utilisé pour des messages très orientés vers le monde des affaires (ArcelorMittal, investissement dans l’intelligence artificielle) et celui de la défense, quand le compte du Président n’est pas cédé le temps de quelques publications à des étudiants de la Prépa Talents pour leur donner de la visibilité.
TikTok permet de véhiculer des vidéos plus légères, des entretiens avec des médias comme Brut, ou, toujours, des extraits des propos du président à Davos, ou son entraînement avec des militaires et le youtubeur TiboInShape.
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Qu’attendent nos représentants politiques pour communiquer en dehors de X ?
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Avec Twitter, Emmanuel Macron « revient de très loin »
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Une partie de la communication publique « amputée » si X est sanctionné
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Responsabilité des politiques et des institutions
Commentaires (40)
Le 11/02/2026 à 08h15
Le 11/02/2026 à 08h24
Modifié le 11/02/2026 à 08h43
Quand tu es une institution qui paie des gens pour poster des tweets, ça doit pas être bien compliqué de faire le même post sur Bluesky et compagnie. Mieux, tu peux poster ça sur ton propre site internet et le publier sur toutes les plateformes, plateformes qui afficheront un aperçu enrichi que tu peux même personnaliser.
Édit : hahaha, grilled par un article, c’est une première !
Le 11/02/2026 à 11h53
Poster sur Mastodon en plus de X pour toucher 2-3% de personnes en plus qui auront l'info par un autre biais n'a pas de réel intérêt non plus. Tout comme devoir gérer un site, sa charge, sa sécurité, les permissions de qui peut poster, etc...
S'il n'y a pas de monétisation de produit/service derrière, multiplier le nombre de plateforme c'est pas super utile.
Si on remet X et ce qu'il est dans la boucle. La question par contre reste entière : "Qu’attendent nos représentants politiques pour communiquer en dehors de X".
Parce que poster sur X + d'autres ca n'a pas d'intérêt à mon sens, par contre quitter X, je pense que ce serait du bon sens vu le contexte actuel. Et en plus ca mettrait surement le pied à l'étrier en faisant migrer pas mal de monde sur un autre RS (peu de chance que ce soit BS ou Mastodon cependant).
Le 11/02/2026 à 13h51
Ou bien, nous voyons passer de la parole et commencer à préparer un plan B?
Le 11/02/2026 à 14h22
Le 11/02/2026 à 16h01
Le 11/02/2026 à 16h19
Je suis bien d'accord ! Si c'était le président, ça irait sûrement vite quand même.
Le 11/02/2026 à 08h44
Je n'ai pas à passer un contrat abusif avec Meta pour avoir de la communication officielle.
Ce point devrait être une contrainte inscrite dans la loi.
Quand je vois les prospectus reçus dans ma boîte des candidats aux municipales qui ne disent rien d'autre que "allez sur facebook et instagram", c'est un non catégorique, ferme et définitif.
Le 11/02/2026 à 09h55
Je me souviens parfaitement de l'épisode Covid, où certaines rues c'étaient port du masque obligatoire. La carte sur Facebook était mis à jour plusieurs jours avant celle sur le site officiel de la Mairie. Un comble quand même....
Cela m'avait value une belle prise de tête avec mon paternel à cause de ça. Lui soutenait que la rue X c'était port du masque obligatoire. Moi non (j'avais vérifié le matin même, comme tous les jours à cet époque). Je lui fou le site de la Mairie sous le nez. Il m'a foutu la publication sur Facebook de la Mairie sous le nez, qui était postérieure à ce qui se trouvait sur le site officiel
Au delà du caractère anecdotique (tout le monde se fiche de ma prise de tête avec mon père ^^), se pose la question de l'opposabilité en cas d'infraction : peut-on être condamné (ici, par une amende donc) pour s'être fié au site officiel de sa municipalité ?
Le 11/02/2026 à 10h00
Le 11/02/2026 à 10h11
Le 15/02/2026 à 08h27
Le 11/02/2026 à 09h57
Le 11/02/2026 à 11h08
Modifié le 15/02/2026 à 08h33
Le 15/02/2026 à 09h21
Modifié le 11/02/2026 à 11h36
Ça fait des années que je rêve qu'il y ait une instance mastodon officielle qui serait la source de communication des institutions et des élus.
S'ils veulent faire leur auto-promo, pour des élections par exemple, qu'ils leafasse ailleurs, mais la communication essentielle pour la population serait accessible à tous sur l'instance officielle.
Le 11/02/2026 à 18h04
Modifié le 15/02/2026 à 08h49
Les pages facebook et instagram des candidats aux élections sont squattées par les militants de tout bord, c'est le pugilat en permanence dans les commentaires. Ça n'a rien de bien constructif de lire ces réactions (il faut être journaliste et avoir un bon psy pour s'y coller sereinement).
Cela-dit, je salue la politique de communication numérique de la ville de Blois qui est très active sur Mastodon. J'aimerais que ma ville et mon agglomération fassent le même genre de choix de communication.
Le 11/02/2026 à 08h56
Modifié le 11/02/2026 à 09h30
clap clap clap.
Le 11/02/2026 à 10h18
HelloQuitteX avait préconisé de conserver le compte actif en interagissant une fois par mois (like, RT).
Le 11/02/2026 à 10h30
Le 11/02/2026 à 10h53
Le 11/02/2026 à 12h55
C'est détestable mais c'est comme ça qu'il fonctionne, c'est pas nouveau, et pas près de changer.
Le 11/02/2026 à 13h42
Le 11/02/2026 à 15h07
Le 11/02/2026 à 16h36
Le 11/02/2026 à 16h41
Modifié le 12/02/2026 à 00h42
Mode radical on : le seul réseau social sur lequel devraient publier les politiques/institutions/marques/clubs de sport/etc... c'est un flux RSS sur un bon vieux site en HTML avec éventuellement un espace commentaires plus un courriel pour communiquer. C'est pourtant pas si compliqué que ça !
Modifié le 11/02/2026 à 23h15
J'ai fait l'expérience dans mon cercle social (qui n'est pas composé d'informaticiens/bricoleurs) : PERSONNE ne connaît. Même pas de nom.
Y'a eu une vague quand Musk a racheté twitter mais ça s'est arrêté là.
Le 12/02/2026 à 09h23
Modifié le 12/02/2026 à 10h26
Je suis pas sûr que ça en fasse de bons candidats pour fournir un moyen de communication global à notre gouvernement
Le 12/02/2026 à 10h01
Maintenant il faut que les politiques accepte que le choix d'un outil informatique (réseau social ou autres) est un choix politique (au sens vie de la cité). Et que ce choix doit être expliqué, argumenté, puis débattu. Et que l'on arrête de suivre le sens du vent en se plaignant ensuite de ses rafales.
Modifié le 12/02/2026 à 10h23
La proportion des utilisateurs qui aiment/s'intéressent/son passionnés par l'informatique est extrêmement marginale.
Ça fait bientôt 25 ans que je passe pour un illuminé complotiste quand j'évoque le sujet de l'importance des données privées.
Alors se mettre à parler au grand public des motivations pour choisir telle ou telle solution technique, je suis impatient de voir ça.
Le 12/02/2026 à 10h25
Le 12/02/2026 à 15h21
Modifié le 12/02/2026 à 21h11
Pour ma part, sur Mastodon, je suis des journalistes (Next, Mediapart qui a sa propre instance, etc) et des responsables politiques du parti Les Écologistes (puisqu'il n'y a qu'une partie des responsables de ce parti qui restent actifs et actives sur Mastodon). Il y a aussi Henri Lœvenbruck sur Mastodon (un romancier populaire qui a quitté les grandes plateformes et qui s'exprime sur Mastodon). Et je ne vais pas citer toutes les institutions actives sur Mastodon (Commission européenne, Ville de Blois, etc).
Modifié le 12/02/2026 à 18h24
Concernant l'audience, comme je peux lire dans les commentaires, elle suivra : contrairement à un lambda, la communication officielle d'un pays est recherchée, et n'a pas à se soucier d'une quelconque audience. Où qu'elle aille, elle sera suivie, si le nouveau lieu est bien répercuté dans les communications & annuaires.
Il s'agira "simplement" de correctement référencer le nouvel endroit dans tous les recoins où une invitation à suivre un flux est faite…
Quand à effectuer la promotion du(des) nouveau(x) lieu(s) dans les anciens… cela dépend de la politique de chaque plateformes, certaines l'ayant interdit dans une vaine tentative d'empêcher un inéluctable exode.
La DiNum pourrait même accompagner et/ou fournir les outils & processus de multi-postage, de façon à permettre facilement de créer les comptes sur n'importe quelle plateforme et y publier, sans que cela change grand chose pour l'utilisateur : une liste à cocher des plateformes disponibles pour un compte donné.
Je doute que cela accompagnement existe, car sinon l'adoption serait aisée et donc faite.
Il s'agit certainement de "fait main" par quelques "connaisseurs" qui rechignent à changer leurs habitudes.
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