OpenAI et Anthropic envisageraient de casser les prix des tokens
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IA et algorithmes
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Le secteur de l’IA se dirige-t-il vers une guerre des prix du token ? Les deux principaux labos IA dans le paysage, OpenAI et Anthropic, envisageraient en effet une baisse du tarif du jeton, au grand bénéfice des consommateurs – mais probablement moins de la marge de profit des deux entreprises. Selon l’analyse Ed Zitron, en l’état actuel, les « utilisateurs peuvent dépenser entre 8 et 13,50 dollars pour chaque dollar de leurs revenus d’abonnement ».
Les utilisateurs grand public voient surtout les modèles d’IA à travers le prix d’un abonnement mensuel, quitte à se heurter parfois à des limites d’usage. Pour les entreprises, l’angle est très différent. Derrière chaque requête adressée à GPT ou Claude se cache une consommation de tokens qui finit par apparaître sur les factures. Les organisations qui se servent des modèles d’Anthropic ont d’ailleurs pu s’en apercevoir ces dernières semaines avec Opus 4.7 et suivants. Et à mesure que les usages se multiplient, les dépenses s’alourdissent.
Les budgets ne sont pas extensibles à l’infini. Le directeur technique d’Uber s’était étonné d’avoir explosé son budget IA de l’année… en seulement quatre mois. À cela s’ajoute la pratique du tokenmaxxing, utilisée par les employés de certaines entreprises pour gonfler inutilement leur consommation de jetons et ainsi, se faire bien voir de leur direction. Amazon a récemment fait fermer un classement pour limiter les abus.
Pendant ce temps, OpenAI et Anthropic ramassent la mise, enfin, façon de parler : les deux entreprises sont encore loin d’être rentables. Chaque token facturé génère certes des revenus, mais ceux-ci peinent encore à compenser les coûts colossaux des centres de données, des puces et du développement de nouveaux modèles. Et pourtant, les deux labos rivaux envisageraient de baisser le prix du token.
Sam Altman a expliqué lors d’un événement relaté par le Wall Street Journal que le coût du token était un « gros problème » : « Je pense que nous trouverons de nombreuses façons de permettre à nos clients d’en faire plus tout en dépensant moins ». Le patron d’OpenAI anticiperait une baisse des prix du token chez Anthropic, dont les produits – notamment Claude Code – sont devenus des outils du quotidien dans de nombreuses entreprises. OpenAI a riposté avec Codex, mais elle a pris du retard.
Le hic, c’est qu’une éventuelle guerre tarifaire pourrait satisfaire les clients, mais elle retarderait encore davantage la perspective de bénéfices pour les deux sociétés qui s’apprêtent à entrer en Bourse. Et à force de se courir après, les services d’OpenAI et d’Anthropic courent le risque de devenir interchangeables, en se différenciant uniquement sur les tarifs.