Bloquer les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : l’Assemblée adopte une loi problématique
Next, premier sur l'euphémisme
L'Assemblée nationale a adopté lundi la proposition de loi visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Si Emmanuel Macron a promis qu'il veillerait à ce que la mesure soit appliquée avant le 1er septembre, le texte adopté ne démine pas les principales chausse-trappes, réglementaires, techniques ou juridiques, qui s'opposent à sa mise en œuvre.
Le 27 janvier à 14h07
6 min
Droit
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« Au 1er septembre, nos enfants et adolescents seront enfin protégés. J’y veillerai. », s'est réjoui dans la nuit Emmanuel Macron. Quelques minutes plus tôt, l'Assemblée nationale venait d'adopter la proposition de loi de la députée Laure Miller (EPR) visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.
Mais en dépit du satisfecit d'Anne Le Hénanff, ministre du Numérique, qui a salué en clôture de séance « un texte conforme au droit européen », « applicable donc opérationnel » et « juridiquement solide », de nouvelles évolutions sont sans doute à prévoir pour que les déclarations du président de la République ne relèvent pas du vœu pieux.
Une interdiction complexe à mettre en œuvre
La rapporteure du texte, Laure Miller, et le gouvernement ont accordé leur violon en dernière minute autour d'une version remaniée de l'article 1 de la proposition de loi, qui en porte la principale mesure. Incarnée par un amendement gouvernemental adopté en séance, elle prévoit que « l'accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans », sans explicitement faire porter la responsabilité de cette interdiction aux plateformes.
Comme nous l'expliquions lundi, cette précaution oratoire fait suite à un avis du Conseil d’État, dans lequel l'institution rappelait que si les États membres ont toute compétence pour « définir des mesures de politique sociale, notamment fixer un âge minimal d’accès », ils ne peuvent pas « imposer d’obligations supplémentaires aux plateformes en ligne ». Dans la mesure où ces dernières ne sont pas installées en France, mais dans un autre pays de l'Union (l'Irlande), c'est en effet au niveau européen que se décide leur réglementation, comme l'a déjà rappelé Bruxelles à Paris au sujet de la loi SREN.
« Certains regrettent que nous n’imposions pas davantage d’obligations en droit national. Je partage évidemment cette frustration, mais le droit européen est clair : le DSA est un règlement d’harmonisation maximale », a justifié en séance la rapporteure, avant d'admettre quelques minutes plus tard avancer « sur une ligne de crête ».
Déjà ténue, cette ligne de crête pourrait être encore fragilisée sur le plan juridique, comme le soulignent Alexandre Archambault ou Tris Acatrinei. Dans une affaire en cours de règlement à la Cour de justice de l'Union européenne, l'avocat général propose en effet (PDF) de juger que les dispositifs d'interdiction d'accès aux mineurs sont englobés par la directive européenne en vigueur, « de sorte qu’il n’est pas possible de contourner ce mécanisme pour imposer des obligations résultant de dispositions générales et abstraites aux prestataires de services ».
Texte à trous
Les lacunes du texte participent également de sa fragilité. Dans sa version provisoire du 27 janvier (PDF), la proposition dispose bien qu'il appartient au gouvernement de fixer la liste des plateformes visées, sur avis de l'Arcom, mais elle ne dit rien des critères qui permettront de sélectionner ces dernières (à part que l'interdiction ne s'appliquerait ni aux encyclopédies en ligne, ni aux répertoires éducatifs ou scientifiques), et donc de vérifier l'adéquation avec les définitions faites par le DSA.
Elle n'évoque pas, non plus, les modalités de la vérification d'âge qui deviendrait le corollaire de cette application. En séance, Laure Miller a toutefois soutenu à plusieurs reprises qu'il ne s'agirait pas d'une simple estimation de l'âge (comme celle qu'OpenAI étudie pour ChatGPT) ou d'un contrôle de photo, mais bel et bien d'une « vérification », conforme aux directives formulées par la Commission européenne dans le cadre de ses propres réflexions sur le contrôle de l'accès des mineurs aux contenus en ligne.
France Identité en embuscade ?
« Les lignes directrices indiquent que la solution doit être précise, fiable, robuste, non intrusive et non discriminatoire », a fait valoir Laure Miller. Mais quid de son implémentation réelle, à plus forte raison d'ici septembre ? La proposition de loi n'en pipe mot.
D'après Emile Marzolf, journaliste à Politico, le gouvernement aurait cependant une idée bien précise de la façon d'adresser le problème : « En attendant qu'une loi soit votée, l’État se tient déjà prêt à dégainer son application de vérification d'âge, adossée à la carte d'identité électronique, et à la proposer gratuitement aux plateformes », indique-t-il sur LinkedIn.
Cette conformité d'âge, valable aussi bien pour les mineurs de moins de 15 ans sur les réseaux sociaux que pour les moins de 18 ans sur les sites pornographiques, serait en fait « directement intégrée à l’appli France Identité du ministère de l’Intérieur — qui n’a finalement pas repris l’application de référence proposée par la Commission européenne », affirme encore notre confrère.
Des systèmes intrinsèquement faillibles
Quel que soit l'outil sélectionné, il restera à généraliser sa mise en œuvre, ce qui supposerait donc que tous les internautes français acceptent de confier la « vérification » de leur âge à une tierce partie. Dans un contexte marqué par une explosion du volume d'attaques cyber entrainant des fuites de données personnelles, pas certain que les internautes français se plient de bonne grâce à l'exercice. À plus forte raison quand l'expérience liée aux sites pornographiques a montré qu'il était aisé, pour ne pas dire trivial, de contourner les dispositifs de vérification d'âge.
« Sans doute certains adolescents de moins de 15 ans réussiront-ils à contourner les systèmes de vérification d’âge. Mais est-ce une raison pour renoncer ? Avec cette proposition de loi, nous posons une limite claire et disons une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin », estimait lundi la rapporteure.
En vertu de la procédure accélérée engagée vendredi dernier, le texte devrait être examiné en première lecture au Sénat dans les prochaines semaines.
Bloquer les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : l’Assemblée adopte une loi problématique
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Une interdiction complexe à mettre en œuvre
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Des systèmes intrinsèquement faillibles
Commentaires (92)
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Modifié le 27/01/2026 à 16h24
Dans ce contexte smartphone = couteau.
Le couteau est un outil merveilleux mais mal utilisé, ça tue...
Indépendement : C'est quoi un réseau sociale ?
Car à partir ou deux (ou plus) personnes communiques de manière duplex c'est un réseaux sociale.
Oui, communiquer par lettre scripturale avec un correspondant étranger c'est déjà un réseau social...
Même animal crossing, du moment qu'on paie l'abonnement Nintendo, à des fonctions de réseaux sociales...
Et le corolaire de tout cela, c'est que pouvoir appliquer "théoriquement" cette loi "qui ubuesque c'est que TOUTE la population devra faire vérifier son identité !!!
Le 27/01/2026 à 19h36
Heu... mais c'était le but depuis le début, ça.
Pour rappel, 7 février 2019 (juste avant les gilets jaunes, donc):
(Bon je résiste pas à mettre celui ci aussi, pour la blague mais aussi pour ne pas oublier d'où tout ça est parti : https://www.youtube.com/watch?v=a1r8Ad6nFSA )
Le 29/01/2026 à 15h21
ici c'est retour au tout papier obligatoire pour tous les aspects de la vie pratique : les "smartphones/applications" sont interdites à domicile, tout court.
Le 27/01/2026 à 15h58
familialdes enfants qui trône dans le salon (ce qui n'empêche pas les parents d'avoir leur propre PC), et bien entendu FamilyLink sur les portables des enfants qui permet de garder le contrôle à la fois sur le temps passé et sur les applis installées.Le 27/01/2026 à 22h49
Réinstallations, reconnexions, messages au support, rien n'y fait, c'est inutilisable.
On le garde juste pour le contrôle des applis installées, mais pour un produit Google je trouve que c'est bien merdique.
Le 28/01/2026 à 14h15
Et family link considère un tel actif s'il met à jour des applis ou les notifications (quelques min par jour).
La position n'est pas bonne (Samsung) et pas mal d'applis permettent de contourner (si votre gamin utilise 1h l'appli calculatrice, vérifiez que c'est bien une calculatrice...)
Le 28/01/2026 à 07h36
De plus j'attendais cette loi pour les autres parents (les miens ont dépassé 15 ans) pour lutter contre les adultes qui demandent aux enfants d'aller sur un réseau social: l'entraîneur du club de foot qui indique dans la journée sur whatsapp si l'entraînement a lieu sur le terrain du haut ou du bas, l'entraineur de gym qui précise un lieu de rendez-vous le jour même, les pompiers qui partagent led infos et photos sur un groupe... Les adultes ne savent plus communiquer
Résultat: les enfants sont dépendants du tel ounalors il'faut que les parents aient des horaires compatibles.
On ajoute le problème des devoirs sur youtube...
Le 28/01/2026 à 10h07
Le 29/01/2026 à 15h27
Le 29/01/2026 à 18h44
Modifié le 27/01/2026 à 16h22
Les gamins à la maison, ce n'est pas openbar, sur Android Family Link a ses défauts mais fait le job en permettant des blocages/autorisations permanents ou non, selon les jours et les heures & à la volée. À 19h45 extinction des feux pour tous les PC, et 20H30 pour les téléphones, où tout est bloqué sauf appels & urgences.
Sur le PC du Lycée du plus grand, j'ai finit par opter pour une liste blanche directement sur le PC et il n'a pas les droits root.
Par défaut tout est bloqué sauf les domaines que j'ai autorisé. Ça a pris un peu de temps pour peaufiner, mais s'il veut accéder à quelque chose d'autre que ce qui est déjà établi, il demande.
Les réseaux sociaux ? Niet. Youtube ? Selon ce qu'ils veulent, sur demande, sur un temps total définit chaque jour.
Tik Tok ? C'est mort.
Si besoin j'ai un accès distant à la machine, et il le sait, je l'ai déjà choppé à des heures tard où il n'était pas censé jouer.
Et du coup, aucun accès au p0rn évidemment.
On veille, on accompagne, on sensibilise, et ils comprennent, malgré la frustration vis à vis des parents qui laissent tout faire aux copains et copines.
On ouvrira les vannes petit à petit, avec l'âge, et la maturité.
Modifié le 27/01/2026 à 18h18
Modifié le 28/01/2026 à 08h40
Vos gosses, ils ont des amis. Avec des téléphones full-open parce que tout le monde est pas comme vous. Donc les contenus, ils les voient. Pas sur le téléphone de papa, c'est tout.
J'en connais même dont les parent sont radicalement contre les téléphones. Vous croyez que leurs gosses obéissent sagement ? Bien sur.... en fait, quand ils sont au collège ou à l'extérieur (bus, ...) ben simplement ils ont récupéré un ancien tel de leur pote qui a changé 3x en 2 ans avec certes un écran cassé, mais avec le partage de connexion. Et avec ce tel ils se sont fait des comptes tiktok, insta et snap..... Les plus courageux les planquent dans leur sac et le sortent la nuit - la plupart des parents savent mm pas que la box internet a du wifi - les autres le laissent à un ami et le récupère quand les parents sont pas là.
Donc oui ils savent qu'ils font quelque chose d'interdit. Mais ça n'a jamais rien stoppé et en plus ils sont persuadé que cet interdiction est illégitime, vu que pratiquement tous leurs pote en on un.
Alors oui l'interdiction c'est un "signal parental" très fort. OK. Mais si vous croyez que vos petits anges sont épargné par la violence, la stupidité et la médiocrité des RS....
Autre chose:
Les ado sont très globalement pas très bon en informatique en général.
Mais pas tous.
Et dans un collège il en suffit d'un un peu plus dégourdi que les autres pour que la connaissance se partage vite. C'est le cas des app de VPN (quand on a un VPN en partage de co , tlm est "derrière" le VPN) , mais aussi des app pour télécharger les anime gratos et j'en passe.
Le 28/01/2026 à 05h26
Ça me fait bizarre d'avoir vécu cette vie "pré-smartphone"
Après mes parents ont bien essayé le contrôle parental fut un temps mais je suis ce genre de personne à trouver un moyen de contourner. Donc ils ont fini par abandonner...
Mais bon, le peak des RS c'était skyblog et j'ai jamais accroché à Facebook où je me faisais harceler...
Le 28/01/2026 à 10h45
Le 28/01/2026 à 07h46
J'ai'mis des gpo partout, mais je n'avais pas envie, il devait apprendre à se gérer.
Il a eu le bac de justesse, et là il vient de passer une semaine à jouer aux jv (bon, ok, après un stage en hoaraires de 12h et des gardes de 12h).
Mais'il est totalement accro, incapable de résister aux écrans (on l'a compris, il étzit bébé), il le sait mais'il ne se rend pas compte à quel point.
Le 3eme c'edt différent: lycée pro, il bosse sur son ordi et son tel tout le temps (whatsapp avec les profs, autodesk, ...). Je sais aussi qu'il'procrastine dessus, mais à priori c'est plus ou moins sérieux. Mais bon: 26h de tel pzr semzine au compteur... Plus l'ordi! Méme l'appel chez eux c'edt avec une appli
Le 29/01/2026 à 15h26
je sensibilise depuis longtemps pour que tout usage d'un écran par un enfant de moins de quinze ans ne se fasse jamais sans la surveillance directe d'un adulte ! contenu + contenant !
Le 29/01/2026 à 16h00
on a toute une génération de drogués irrécupérables à cause de leur Précieux.
Le 08/02/2026 à 17h54
(Je dis ça mais je me souviens qu'avant les téléphones, si quelque chose m'intéressait pas je lisais… Je lisais beaucoup au resto mdr)
Le 27/01/2026 à 14h23
En revanche effectivement, on est toujours dans le flou artistique sur les méthodologies, d'autant que la part de 15-18 ans disposant d'une pièce d'identité est a priori assez faible.
Cela dit, j'imagine qu'avec Parcours Sup et autres ENT dans les écoles, les jeunes scolarisés ont tous une méthode "publique" d'identification qui traîne quelque part ?
Le 27/01/2026 à 15h07
Le 27/01/2026 à 15h24
Le 27/01/2026 à 16h11
Le 27/01/2026 à 15h24
(gros guillemets sur anonyme 😅)
Le 27/01/2026 à 16h13
Le site ne sait pas qui tu es, on doit juste lui dire si tu es majeur/quasiment.
La plateforme de vérification ne sait pas où tu vas, juste pouvoir dire que tu es majeur.
Le 27/01/2026 à 18h50
Le 27/01/2026 à 23h56
Après, si les 2 intermédiaires parlent entre eux en dehors de ces échanges, forcément...
Le 28/01/2026 à 00h27
Et avec deux intermédiaires, j'ai du mal à voir comment ça pourrait fonctionner correctement et en toute sécurité (qui choisit le second tiers ?).
Et puis bon, « tiers de confiance » pour qui ? Moi, j'ai confiance en personne à part moi-même (et encore) ! 😝
Le 27/01/2026 à 20h11
Le 28/01/2026 à 14h04
Avec des pincettes. Ce serait l'idéal. Mais vu que c'est pour Septembre, le temps de passer le marché public pour trouver un prestaure pote d'un grand ponte qui pourra récupérer le contrat juteux en faisant le taf à moitié, on aura la béta de l'alpha pour Octobre.
Et après pour raisons budgétaires ça restera comme ça.
Le 31/01/2026 à 09h00
Modifié le 03/02/2026 à 10h03
Regarde les recherches faites par les plateformes, et avec quelle précision ils appliquent une stratégie de manipulation ciblant spécifiquement les enfants/ado, dont le but est de les mener délibérément à l'addiction.
S'ils ne savent pas se contrôler, c'est qu'ils sont manipulés (formule simpliste, mais vous avez l'idée).
S'il y avait une vraie volonté politique de mettre les plateformes face à leurs responsabilités, et de ne pas les laisser en roue libre, on n'en arriverait pas là...
Le 07/02/2026 à 10h26
Mais je disais ça parce que je suis vraiment agacé de devoir ces conneries en vrai je sais que c est la faute des plateformes
Le 27/01/2026 à 16h49
Même si on va encore avoir les mêmes problématiques qu'avec des sites divers (vente d'alcool en ligne pourrait en faire partie dans le futur par exemple), le fait de clarifier "l'age" auquel c'est autorisé, c'est important.
Pour mémoire, jusqu'à présent, hors de la "règle américaine des -13 ans", y'avait pas grand chose de vraiment explicite dans le fonctionnement en France (malgré DSA & co.)
Le 27/01/2026 à 17h37
Le 27/01/2026 à 18h22
Le 27/01/2026 à 18h35
Le 28/01/2026 à 10h04
[quote]
la proposition dispose bien qu'il appartient au gouvernement de fixer la liste des plateformes visées, sur avis de l'Arcom, mais elle ne dit rien des critères qui permettront de sélectionner ces dernières (à part que l'interdiction ne s'appliquerait ni aux encyclopédies en ligne, ni aux répertoires éducatifs ou scientifiques)
[/quote]
Le 28/01/2026 à 10h09
Le 28/01/2026 à 14h05
Le 28/01/2026 à 16h46
Il faut voir la tête de l'ENT (ou de pronote, ou d'Ecole Directe). Ces applications sont extrêmement limitées (volontairement je pense car sinon ça partirait en live). Je ne crois d'ailleurs pas qu'ils puissent communiquer entre élèves, c'est avant tout pensé pour la communication avec les profs (à confirmer car je n'ai qu'un profil parent).
Le 27/01/2026 à 20h04
Le 27/01/2026 à 20h14
Le 27/01/2026 à 22h53
Sinon, rien n'est demandé à ces mêmes réseaux sociaux ? Ils font tout bien j'imagine, ils sont absous ?
Ils peuvent continuer à balancer 24/7 du contenu pourri à nos enfants, sans qu'on leur fasse ne serait-ce que les gros yeux ?
https://www.mediapart.fr/journal/france/250126/voici-ce-que-les-algorithmes-montrent-vraiment-aux-adolescents-de-13-ans
Le 27/01/2026 à 23h13
Le 27/01/2026 à 23h46
Actuellement, on doit passer par des vérifications vachement intrusives alors qu'avec ça on aurait un truc assez fiable (c'est l'Etat qui prouve ton âge) et respectueux de la vie privée.
Bien sûr, il faudrait qu'il y ai des garde-fous pour éviter que quelqu'un s'amuse à faire tourner ses identifiants, mais ça ne me semble pas insurmontable.
Par exemple en n'autorisant qu'un seul "token d'âge" par semaine.
Y'a probablement des problématiques auxquelles je ne penses pas, et si quelqu'un a des idées à ce sujet, je suis preneur.
Modifié le 28/01/2026 à 00h31
Le 28/01/2026 à 00h55
S'il faut lui faire confiance sur parole, ce n'est pas une bonne solution, et suggérer son utilisation revient à pousser les utilisateurs à s’exposer d'avantage aux risques de fuites.
Je ne sais pas s'il peut exister une solution en double anonymat qui à la fois repose sur des impossibilités techniques (et non pas une confiance en une entité), et qui soit compréhensible (pour ne pas non plus demander une confiance aveugle dans la technologie).
Je vois un certain parallèle avec le débat entre vote électronique et vote physique (où là on a justement une solution compréhensible par tous et qui ne repose pas en une confiance envers une entité ou une technologie).
Le 28/01/2026 à 01h00
Le 28/01/2026 à 01h36
En plus :
- Comment vérifier que le code aléatoire fourni l'est vraiment (et ne contient pas une information qui permette d'identifier qui l'a généré) ? S'il est très court c'est peu probable mais pas très sécurisé, s'il est long il est beaucoup plus facile d'y insérer de l'information.
- Certes l'utilisateur pourrait déchiffrer la réponse de FranceConnect et vérifier qu'elle ne contient par exemple que le code aléatoire déjà fourni, un horodatage peu précis (pour limiter la durée de validité, sans pour autant être capable de cacher des données) et une information d'âge (voire rien du tout, la simple existence de la preuve signée est déjà une information), mais ça reste assez technique.
Le 28/01/2026 à 10h50
Certes un peu, et ça facilite le « partage d'identité », mais je ne vois pas d'autre solution vraiment sécurisée pour l'utilisateur.
Le 28/01/2026 à 13h47
On n'a pas nécessairement besoin d'un code venant du site cible : France Connect pourrait générer un JWT avec la date de génération et la valeur demandée (l'âge, par exemple). Comme on peut valider l'authenticité du token, le site peut valider l'âge et s'assurer que le token est valide car datant de moins de X minutes.
On pourrait simplifier le tout via une extension de France Connect qui générerait un token et le mettrait dans le champ du site cible (sans envoyer à FC l'adresse du site cible), à l'image de ce que fait un gestionnaire de mot de passe.
Le 28/01/2026 à 15h10
Modifié le 28/01/2026 à 21h50
Je comprends mieux l'idée du token fourni par le site, du coup : ça rend la réponse valide que pour 1 fois.
Mais du coup, j'ai une idée pour rendre le token du site à être "sécurisé" (au sens où aucune information cachée ne pourrait y être mis : il faudrait que ce token soit composé de plusieurs numéros à pleins de chiffres, et que le tout soit hashé, mais que seul ce hash soit envoyé à FC mais que tout le token soit validé dans sa forme par l'extension pour vérifier qu'il soit bien sécurisé.
De plus, FC pourrait stocker les hash pour ne pas accepter plusieurs fois un même hash.
Modifié le 31/01/2026 à 09h02
Le 31/01/2026 à 09h10
Modifié le 31/01/2026 à 10h03
Le 01/02/2026 à 17h32
Le 01/02/2026 à 21h13
Le 01/02/2026 à 22h17
Le 31/01/2026 à 10h13
J ai pas envi d exposer ma carte d identité sur internet c est trop sensible et j ai le droit a la pseudonymisation .
En fait au nom de la lutte contre la protection de l enfance certaines personnes sont prêtes à accepter n importe quoi . C est affligeant
Et après on s étonne que le fascisme progresse . C est normal on vous enferme doucement mais sûrement dans une cage sous de faux prétexte . Changez rien
Le 01/02/2026 à 17h30
On y parle de faire en sorte qu'il y ai de la confidentialité maximum, quand même.
On ne parle PAS de lier ton identité à tes comptes, mais à avoir une solution technique pour que le réseau social puisse confirmer ton AGE (pas forcément ta date de naissance), voire même uniquement déterminer si ton age est au dessus de la limite. Alors certes, l'idée est de passer par les services de l'Etat pour ça, mais c'est justement pour éviter d'avoir à partager des données personnelles avec des entreprises via Internet (l'Etat te connaissant déjà, il n'y a rien de plus à partager).
Modifié le 07/02/2026 à 10h43
Je bosse en cyber et je suis pas mauvais en protocole d authentification et je me suis intéressé aux protocoles de vérification d âge à double anonymat. Je connais la question
Mais c est le principe que je refuse .
On cherche à régler un problème sociétal avec une rustine technique merdique . C est à la gorge des réseaux sociaux qu il faut frapper pas les utilisateurs .
Encore une fois , je ne comprend pas pourquoi en tant qu adule je devrais exposer ma carte d ´identité même à un service de l’état pour une connexion à un réseau social . C est mettre à risque cette donnée pour une finalité dérisoire.
Il y’a pratiquement une fuite de données déclarée par semaine en ce moment et même les services des états ne sont pas épargner . Excuses moi de ne pas légitiment avoir confiance
Excuse moi aussi de mettre en doute le principe de double anonymisation. Moi je pense que c est compliqué techniquement la plupart des POC basé sur Oauth2 que j’ai vu sont des enfers d’ergonomie pour l’utilisateur. Et ceux qui fonctionnent n’ont qu une double anonymat d’apparence .
D’ailleurs on discute de ça mais ils ne sont pas obligés d utiliser la double anonymat au cas où tu n’as pas compris
Est ce qu on pourrait se concentrer sur les solutions efficaces ? À savoir légiférer contre les algo ? Et aussi foutre la paix aux gens .
C est dingue de toujours trouver des gens pour être ok avec toutes les solutions de technique idiotes que ces gouvernements de merde nous pondent . T as pas l’impression de faire parti du problème quand tu défends ce genre de saloperie ?
Le 08/02/2026 à 13h47
votre avatar
Je ne suis pas pour les solutions techniques idiotes, justement : je préfères qu'on en ai des pertinentes, et donc PAS des solutions qui nécessitent de passer par l'envoi d'une quelconque preuve d'identité, mais plutôt par de la génération de preuve (preuve d'âge, par exemple) à partir d'une entité nous connaissant DÉJÀ (donc l'Etat, via France Connect). D'où l'idée du token proposée plus tôt.
Si tu es bon en cyber, peut-être peux-tu nous indiquer s'il y a une faille dans la proposition ?
Le 28/01/2026 à 09h43
Le 29/01/2026 à 15h23
il est temps de rééduquer les parents, qui semblerait-il fuient leur role d'éducateurs !
Le 29/01/2026 à 15h24
deux rincés du ciboulot farouchement opposés : LFI, et le RN.
la loi est catastrophique : elle cible les RS, elle devrait cibler les parents qui laissent leurs momes consommer du smartphone en toute impunité.
Le 31/01/2026 à 09h13
Perso, je suis contre les RS, et contre fournir un smartphone à mon enfant avant 16 ans, pourtant, tous ses copains vont en avoir et je risque de l'isoler de ses ami(e)s, ce qui est inacceptable pour sa santé mentale : tu proposes quoi ?
Le 31/01/2026 à 09h57
Le 01/02/2026 à 17h36
Alors je dis pas que la solution proposée ici est efficace/pertinente, mais au moins ça propose quelque chose.
Le 07/02/2026 à 10h45
Parce que faire quelque pour faire quelque chose en mettant en place des solutions techniques délétères c est n’importe quoi .
Et du coup ils ont poussés les potard encore un peu plus loin . Devant la lever de bouclier et la mise en avant du fait que les VPN vont permettre de contourner facilement ils parlent maintenant d’interdiction de VPN
Mais pour le bien des enfants tu vas aussi dire que c est bien d’interdire ça aussi ou tu as des limites quand même ?
Le 08/02/2026 à 23h35
Et il y a clairement un problème.
Là dessus, je suis d'accord : mettre de l'huile sur le feu est aussi (voire plus) idiot que de regarder le feu se propager en ayant l'attitude d'une biche en plein milieu d'une autoroute.
Après, est-ce que la solution proposée ici est de cet accabi ? Peut-être pas, même si je te rejoins quand au fait que la solution proposée est très questionnable.
J'ai pas entendu parlé de l'histoire des VPN, mais soit.
Dans tous les cas, sur cette partie, je suis d'accord avec toi.
Pour le bien des enfants, il faut apporter une réponse intelligente au problème. Ce n'est clairement pas encore le cas ici.
Cependant, il y a un débat qui se met en place, ce qui permet à quelques uns de découvrir le problème, et à d'autres de faire de la vulgarisation à ce sujet. Et en cela, déjà, il y a un truc intéressant qui se dégage.
Le 10/02/2026 à 08h43
Et ma thèse n est pas de rien faire mais d attaquer la bonne cible : les réseaux sociaux et leur algorithmes . Eux et uniquement eux .
Le contrôle parental est suffisamment c est leur responsabilité ensuite mais je suis d’accord qu il faut frapper les réseaux sociaux .
Par contre perso en tant qu’utilisateur je n ai pas à subir d un côté le manque d éthique des réseaux et de l’autre le manque d autorité des parents .
D ailleurs :
Discord lance la vérification d âge pour tout le monde ce matin . Ça donne envi
Le 10/02/2026 à 11h45
Par contre, ici, elle est délétère en quoi, la solution proposée, concrètement ?
Ce qui, malheureusement, nécessite d'être fait au niveau européen, donc très long...
Non, les contrôles parentaux ne son pas suffisants : ils sont généralement claqués au sol à tous les niveaux...
Et même s'il faut frapper les RS, c'est aussi la société dans son ensemble qui doit évoluer.
Sauf si, via ton comportement d'utilisateur de RS, tu influes sur la société en incitant les enfants à les utiliser, par exemple.
Imagine une association sportive qui ne proposerait ses news que sur Facebook, par exemple ? C'est une utilisatrice de RS qui va influencer les enfants à aller sur un réseau social, et ça, c'est sa responsabilité. Sauf qu'elle n'est pas seule et qu'elle ne va pas changer de comportement d'elle-même, donc on a besoin de faire des actions à d'autres endroits que ceux qui seraient les plus pertinents...
Le 31/01/2026 à 10h00
les moins de 15 ans mais sans sanction.
Le 01/02/2026 à 17h43
Si je vois un enfant qui est sur les RS avant 15 ans, je peux lui dire "tu sais, c'est illégal ce que tu fais", et les enfants avec assez d'honnêteté pourraient être amenés à changer leur pratique, ou au moins à chercher à comprendre pourquoi c'est illégal. Pour les autres... ben cette proposition ne va pas les aider.
De même, si je vois un parent qui laisse son enfant accéder à un RS avant 15 ans, j'ai la légitimité citoyenne à l'inciter à changer. Et la fameuse phrase "je fais bien comme je veux" ne pourra pas m'être retournée légitimement (même si y'en a qui osent tout).
Le 29/01/2026 à 15h32
à nouveau, c'set comme les laisser avec un glock 17 ou un pétard de cannabis entre les mains, y'a pas de différence.
Le 31/01/2026 à 10h14
Le 29/01/2026 à 15h39
Le 31/01/2026 à 10h10
Les gens étaient pas plus intelligent ni vertueux que maintenant sinon ils se seraient pas passer toutes ces saloperies dans les années 80 90 dont dont petit occidentaux privilégiés avons été épargné .
Ne laissez pas votre vision idéaliste d un passé qui n a jamais eu lieu dicter votre vision du présent
Ici on s apprête quand même à devoir lié nos compte de réseaux sociaux à nos identités réel alors qu internet s est construit sur la pseudonymisation .
Le 01/02/2026 à 17h45
Modifié le 02/02/2026 à 09h06
Tant mieux si tu as raison au final mais aujourd'hui je n'y vois aucune garantie.
Modifié le 02/02/2026 à 09h10
Par contre, c'est normalement basé sur du double anonymat (j'ai pas essayé, remarque).
Et ce qui peut changer, c'est qu'autant valider l'âge sur les sites pornos via un service de l'Etat, c'est juste impossible politiquement parlant (avoir dans une même phrase "site porno" et "Etat", ce n'est pas entendable par la population), autant le faire pour les réseaux sociaux, c'est tout de suite plus acceptable.
Et aussi, tout le monde joue les "je m'en fout" pour les sites pornos, alors que les réseaux sociaux, presque tout le monde est touché et, surtout, on en parle sans honte.
Modifié le 02/02/2026 à 09h37
Pour le reste, les raisons que tu avances sur pourquoi l'Etat n'a pas joué le rôle d'intermédiaire jusque-là alors qu'il le ferait cette fois-ci sont des suppositions subjectives, que je ne partage d'ailleurs pas.
Le 02/02/2026 à 12h52
Ne serait-ce que pour les certificats utilisés pour HTTPS.
Mais mis à part ça, je suis d'accord avec toi pour dire que c'est pas gagné...
Modifié le 02/02/2026 à 14h54
Sinon tu confirmes ce que je disais, c'est impossible de savoir si c'est du double anonymat ou non. Il faut faire confiance, et dans un contexte qui soit l'un des pires possibles.
Modifié le 02/02/2026 à 09h55
La CNIL avait mis en avant le double anonymat mais l'Arcep n'a pas mis cela dans ses exigences. Ce n'est donc pas mis en place puisque plus coûteux. Voir les articles de @SébastienGavois sur le sujet.
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