Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : la proposition de loi arrive à l’Assemblée
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L'Assemblée nationale va débuter lundi l'examen d'une proposition de loi visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Emmanuel Macron, qui a redit sa détermination à faire entrer le texte en vigueur avant la rentrée de septembre, a poussé pour que le gouvernement adopte la procédure d'urgence, en dépit des questions techniques et juridiques qui restent en suspens.
Le 26 janvier à 14h16
5 min
Droit
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La proposition de loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » va débuter son parcours parlementaire ce lundi 26 janvier. Dans un calendrier chargé, elle bénéficie d'un passe-droit. Le Gouvernement a en effet engagé la procédure accélérée sur le texte vendredi dernier, pour essayer de tenir l'objectif, plusieurs fois répété par le président de la République, d'une mise en œuvre au 1er septembre 2026.
Trois textes pour une même problématique ?
Alors que Gabriel Attal planchait sur la question et que le Sénat a déjà adopté en première lecture une proposition de loi le 18 décembre dernier, c'est finalement le projet porté par Laure Miller (Ensemble pour la République) qui sera examiné en première lecture dans le cadre de la niche parlementaire du parti présidentiel.
Déposé le 18 novembre dernier, il découle des travaux de Laure Miller autour de la commission en charge de l'examen des pratiques et dérives associées à TikTok. En septembre dernier, elle avait rendu un rapport particulièrement virulent contre les dangers potentiels des réseaux sociaux sur les jeunes publics.
Ces conclusions sont désormais reprises dans une proposition de loi qui veut donc instaurer l'interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, mais prévoit aussi l'interdiction du téléphone portable au lycée, l'inscription d'un message d'avertissement sur les emballages de smartphones, ou l'obligation faite aux professionnels de l'accueil de jeunes enfants de leur éviter toute exposition aux écrans.
Pour faire bonne mesure, il envisage également l'encadrement de la publicité pour les réseaux sociaux, et le renforcement des dispositifs de lutte contre la diffusion en ligne de contenus constituant des délits.
Un virage de dernière minute sur l'interdiction
Du fait de ce vaste panorama de mesures et de la concurrence entre textes, l'examen risque de se révéler particulièrement complexe. La version présentée à l'examen des députés ce 26 janvier se veut cependant expurgée d'un certain nombre de chausse-trappes, notamment grâce à l'intervention du Conseil d’État, qui a délibéré le 8 janvier dernier un avis rendu public cinq jours plus tard.
L'article 1er du texte a ainsi été réécrit en dernière minute pour faire porter la responsabilité de l'interdiction non pas sur l'éditeur du réseau social, mais sur le mineur. Le Conseil d’État a en effet estimé que la mesure serait contraire au règlement européen sur le numérique (DSA), dans la mesure où ce dernier prévoit que « les États membres peuvent définir des mesures de politique sociale, notamment fixer un âge minimal d’accès, mais ne peuvent pas imposer d’obligations supplémentaires aux plateformes en ligne ».
Alors qu'il prévoyait initialement d'imposer aux réseaux sociaux « de refuser l’inscription des mineurs de 15 ans à leurs services et de suspendre les comptes déjà créés et détenus par des mineurs de 15 ans », le texte programmé pour l'examen en séance publique dispose désormais qu'il est « interdit au mineur de quinze ans d’accéder à un service de plateforme de partage de vidéos », sur la base d'une liste établie par le gouvernement après avis de l'Arcom.
Problème : comme le remarquent certains des 118 amendements déposés sur le texte, ce dernier ne précise pas, à ce stade, comment sera opérée l'indispensable vérification d'âge visant à assurer le respect de cette nouvelle interdiction.
Quelle vérification d'âge ?
« L’effectivité de la vérification d’âge est une vraie question. J’en suis aussi soucieuse que vous », a déclaré à ce sujet la rapporteure du texte en réunion le 13 janvier dernier (voir le compte-rendu et le rapport associés) :
« Toutefois, l’architecture du droit européen et le DSA ont de quoi nous rassurer : si les plateformes veulent respecter la réglementation européenne, elles devront absolument instaurer des vérifications d’âge robustes, fiables et respectueuses de la vie privée. La Commission européenne fait souvent référence au système du double anonymat : l’utilisateur envoie ses données personnelles à une plateforme neutre – un tiers de confiance –, qui infirme ou confirme ensuite au réseau social que l’utilisateur a atteint l’âge de 15 ans. »
La France fait pour mémoire partie, sur ce volet, des cinq pays qui doivent tester la solution de vérification d'âge en double anonymat expérimentée par la Commission européenne, mais rien ne permet d'affirmer que cette dernière sera déployée d'ici la rentrée de septembre.
Telle est pourtant bien l'ambition renouvelée dimanche par Emmanuel Macron. « Ce texte va nous permettre de concrétiser une ambition que nous portons depuis plusieurs années, qui est pour moi très importante et qui fait l'objet d'un engagement fort que j'ai pris auprès des Françaises et des Français », affirme ce dernier dans un message vidéo adressé à la députée Laure Miller, relayé par BFM.
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : la proposition de loi arrive à l’Assemblée
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Trois textes pour une même problématique ?
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Un virage de dernière minute sur l'interdiction
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Quelle vérification d'âge ?
Commentaires (39)
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Abonnez-vousLe 26/01/2026 à 14h38
Le 26/01/2026 à 14h45
ça réduira en partie la pression sociale liée à une interdiction unitaire.
Le 26/01/2026 à 14h53
Le 27/01/2026 à 09h12
Le 27/01/2026 à 10h34
J'ai bon ?
Le 27/01/2026 à 14h14
Le 27/01/2026 à 15h02
oui mais moi je ferai autrement, mieux que tous les autres.
C'est pas un vrai problème vu que je suis pas concerné ; j'adore
Modifié le 27/01/2026 à 17h38
On peut aller loin comme ça. Ça froisse mais il a raison, ce sont bien aux parents de poser les limites. Que ce soit à l'Etat de faire ça me sidère un poil tout de même.
Pour acheter ordi ou smartphone, les parents sont là mais pour poser des limites, il n'y aurait plus personne ? L'autorité vis à vis de ses enfants, ce ne sont pas des gros mots.
Je vais digresser mais ça me fait penser à ces parents qui s'imaginent que l'éducation nationale est là pour "éduquer* (façon parent bis doublé de la nounou) leur chères têtes blondes alors que c'est pour les instruire.
Le 28/01/2026 à 11h08
Donc ça va embêter tout le monde, ça sera contournable par les principaux "intéressés", et ça va coûter un pognon de dingue, pour un résultat... nul. Sans compter les risques pour les données personnelles encore une fois si c'est géré par des prestataires peu regardants.
Si je suis parent, que je donne un smartphone / PC à mon gosse, je suis responsable de ce qu'il fait avec, tout comme je suis responsable de ce qu'il fait dans la vraie vie.
Le 28/01/2026 à 12h11
Le 28/01/2026 à 14h24
Je pense que la vraie raison à tout ça c'est qu'il fallait un prétexte pour établir un contrôle d'accès généralisé. Une fois que ce sera mis en place, un petit décret permettra d'élargir le champ d'application avec, en prime, une surveillance de masse. Le timing n'a pas été choisi au hasard, et n'importe qui au gouvernement sait que les mômes contourneront le truc en 30 secondes, et à vrai dire ils s'en fichent étant donné que le but final sera atteint, avec en plus l'aval d'une partie de la population.
Ca a des airs un peu complotistes mais avec du recul ça ne l'est pas tant que ça.
Le 28/01/2026 à 15h48
Le 26/01/2026 à 15h02
Le 26/01/2026 à 15h41
Pourquoi ne pas étendre le système aux mineurs, sous la responsabilités des responsables légaux, puis faire de la plateforme ce tiers de confiance neutre ?
L'Etat ne connaîtrait rien : les plateformes ne feraient demander si telle personne, sous telle identité, a le droit ou non de créer un compte. "l'anonymat" serait préservé.
Ce n'est pas une connexion par FranceConnect. Mais juste étendre son potentiel sur de la vérification d'âge.
Modifié le 26/01/2026 à 15h57
Le 26/01/2026 à 16h07
On parle ici de Facebook et consorts.
Et puis la problématique se poserait tout autant avec une société privée.
Modifié le 26/01/2026 à 16h44
Et ça reste un problème avec une société privée, je suis d'accord (même si c'est pire si ça passe par l'état).
Le 26/01/2026 à 15h54
Modifié le 26/01/2026 à 16h08
L'idée c'est bien d'étendre son usage à un contrôle d'âge de manière neutre et anonyme.
Et je fais confiance à la DINUM pour trouver une solution.
Modifié le 26/01/2026 à 16h46
La plateforme fourni un code aléatoire à l'utilisateur, qui le donne lui-même à FranceConnect qui retourne l'information de la majorité ou pas dans un message chiffré en fonction d'une clé privée (de FC) et du code aléatoire.
L'utilisateur redonne ce texte chiffré à la plateforme qui le déchiffre grâce à la clé publique de FC et au code aléatoire qu'elle a elle-même généré.
Mais je pense que c'est un peu trop lourd pour que ça soit bien accepté, et ça n'empêchera pas la fraude à l'identité…
Le 27/01/2026 à 04h58
Le 31/01/2026 à 10h22
Modifié le 26/01/2026 à 16h05
J’ai pas trop de doute concernant Facebook et Twitter mais un forum, c’est un réseau social
? Les commentaires de Next, c’est un réseau social ? YouTube, c’est un réseau social ? Et les messageries ? WhatsApp, Signal …
Parce que je dis ça, je dis rien, mais j’avais 15 ans quand je me suis inscrit à PC INpact
Le 26/01/2026 à 16h09
Le 26/01/2026 à 19h31
Le 26/01/2026 à 16h25
Le 26/01/2026 à 16h30
Le 27/01/2026 à 08h48
Merci.
Le 27/01/2026 à 10h13
Le 26/01/2026 à 16h45
Modifié le 26/01/2026 à 18h11
Comme ça les plateformes en question font comme PornHub, elles ferment en France, bloquent l'accès, et bon débarras.
Honnêtement, je préfère ça à devoir présenter ma carte d'identité toutes les 4 secondes sur le Web et devoir filer ces données à je ne sais qui, qui en fera je ne sais quoi, hébergé je ne sais où, qui finira dans une énième fuite de données.
Le 26/01/2026 à 18h36
Et plus généralement, l'article 8 du DSA prime sur toute autre considération, le droit ne se confond pas avec la morale.
Sachant qu'un arrêt visant spécifiquement la France se profile à l'horizon.
https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2025-09/cp250126fr.pdf
Le 26/01/2026 à 21h07
Le 26/01/2026 à 21h49
Le 27/01/2026 à 09h37
Comme l'a rappelé le Conseil d'Etat dans son récent avis sur la proposition de loi accès des mineurs aux réseaux sociaux « le respect du droit de l'Union européenne constitue une obligation tant en vertu du traité sur l'Union européenne (TUE) et du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) qu'en application de l'article 88-1 de la Constitution. Il emporte l’obligation d’appliquer les règlements de l’Union européenne »
(c'est également pour cette raison de primauté du droit de l'Union sur toute disposition nationale contraire que la Cour d'Appel de Paris a ordonné le déblocage des sites pornos xHamster & Tukif)
https://www.courdecassation.fr/decision/681c3de21ca45fa20a7396bf
https://www.courdecassation.fr/decision/681c3de21ca45fa20a7396c1
Le 27/01/2026 à 14h14
Dans la réalité, je n'y crois pas. Le marché est trop important pour elles.
Le 27/01/2026 à 16h32
" l’accès aux réseaux sociaux et plateformes de partage de vidéos dangereux serait interdit à tous les mineurs de moins de quinze ans. La liste des plateformes concernées serait déterminée par le Gouvernement par un décret en Conseil d’État pris après avis de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, et énumèrerait les réseaux sociaux qui, en raison notamment des systèmes de recommandation utilisés, constituent un danger pour l’épanouissement physique, mental ou moral des mineurs de quinze ans ;"
Je mélange, plusieurs réflexions.
Ségolène ROYAL, à l'époque aurait adoré disposé d'un outil comme celui là ....
Dans les années 50-60
Le rock, est immoral, interdisons-le...
Dans les années 70-80
Le disco est immoral, interdisons-le...
Dans les années 90-2000
Le rap et la techno. sont immoral, interdisons-les...
Etc.
Le 27/01/2026 à 17h47
Le 31/01/2026 à 19h42
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