YouTube va réintégrer les créateurs bannis pour désinformation sur les élections et le Covid-19
YouTube lave plus blanc que blanc
Auprès de la FCC, Alphabet dénonce des politiques de l'administration Biden qui l'auraient conduit à modérer des chaînes YouTube pour désinformation relative au Covid-19 ou à l'intégrité des élections présidentielles. Le groupe annonce la réintégration des youtubeurs concernés et assure l'administration Trump de son soutien à la liberté d'expression.
Le 25 septembre 2025 à 12h30
5 min
Société numérique
Société
Signée d'un avocat conseil d'Alphabet, la maison-mère de Google a adressé au président de la Federal Communications Commission (FCC) un courrier (PDF) qui devrait être accueilli positivement à la Maison-Blanche. Sur cinq pages, le groupe s'y livre en effet à un acte de contrition suite à la modération, entre 2020 et 2024, de plusieurs chaînes YouTube populaires en raison de contenus relevant de la désinformation.
YouTube dénonce une modération excessive exigée par l'administration Biden...
Alphabet y affirme de façon explicite avoir fait l'objet de pressions « répétées et soutenues » émanant d'officiels de l'administration Biden, visant à obtenir la suppression de contenus n'enfreignant pas ses conditions d'utilisation. Produits par des utilisateurs, ces derniers étaient soit relatifs à la pandémie de Covid-19, soit à la conduite des élections présidentielles de 2020 (que certains partisans de Trump estimaient entachées de fraudes).
« Bien que l’entreprise ait continué à développer et appliquer ses politiques de manière indépendante, les responsables de l’administration Biden ont persisté à demander à l’entreprise de supprimer des contenus générés par les utilisateurs qui n’étaient pas en violation de ses règles », écrit notamment l'avocat d'Alphabet.
Il affirme que YouTube a mis fin aux politiques particulières de modération liées aux élections et au Covid-19 respectivement en 2023 et en 2024. Et s'engage à ce que la plateforme réintègre les créateurs ayant fait l'objet de ces suppressions, sans préciser ni la liste des comptes concernés, ni les modalités de cette réintégration.
Rappelons qu'en 2020, YouTube avait effectivement engagé plusieurs mesures de lutte contre la désinformation liée au Covid-19. La plateforme avait démonétisé temporairement les chaînes évoquant la pandémie (pour éviter que des créateurs ne soient tentés de surfer sur les théories complotistes afin d'augmenter leurs revenus), puis banni les vidéos contredisant le consensus, avalisé par l'OMS, relatif à l'efficacité des politiques de vaccination.
Parmi les personnalités modérées par YouTube figure notamment Dan Bongino. Ancien chroniqueur sur Fox News, il est considéré comme un acteur prolifique en matière de désinformation et de théories complotistes après avoir, par exemple, affirmé que le port des masques chirurgicaux n'apportait aucune protection contre le Covid-19. Il est, depuis le printemps, numéro deux du FBI.
... et assure de son attachement à la visibilité des voix conservatrices
S'insurgera-t-on, chez YouTube, du lien qu'a établi cette semaine le président Trump entre le paracétamol et l'autisme, alors qu'aucune étude scientifique ne l'a jamais avalisé selon l'OMS ? Dans son courrier, la plateforme affiche des réserves quant à la posture d'autorité que pourrait représenter la caution scientifique.
« Sur des questions clés liées aux contenus médicaux, les règles de YouTube ont continué d’évoluer en fonction d’un environnement changeant. Les autorités sanitaires ont modifié leurs recommandations au fil du temps, et les politiques d’Alphabet ont également évolué. L’approche actuelle de YouTube permet une large gamme de contenus concernant la COVID-19 et les élections. Bien que le recours aux autorités sanitaires dans ce contexte ait été animé de bonnes intentions, l’entreprise reconnaît que cela ne doit jamais se faire au détriment du débat public sur ces questions essentielles. »
Sur les questions plus politiques, YouTube assure de la même façon la FCC de son soutien à un débat public le plus ouvert possible. « YouTube attache de l'importance aux voix conservatrices sur sa plateforme et reconnaît que ces créateurs ont une portée importante et jouent un rôle significatif dans le débat public ».
« Il est inacceptable et erroné que tout gouvernement, y compris l’administration Biden, tente de dicter à une entreprise la manière de modérer les contenus, et l’entreprise a constamment combattu de tels efforts au nom des principes du Premier Amendement. »
Oui au Premier amendement, non aux règlements européens
Alphabet conclut son courrier sur ce qui est présenté comme un tour d'horizon des enjeux réglementaires associés aux grandes plateformes, mais consiste en réalité en une charge adressée très directement aux règlements européens que sont le DSA (Digital Services Act) et le DMA (Digital Markets Act), accusés d'étouffer l'innovation et de restreindre l'accès à l'information.
« Ces lois font peser un poids réglementaire disproportionné sur les sociétés américaines et le Groupe a déjà exprimé depuis longtemps ses préoccupations relatives au risque que le DSA fait peser sur la liberté d'expression, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Union européenne », affirme Alphabet, qui assure la FCC de sa mobilisation contre ces textes.
YouTube va réintégrer les créateurs bannis pour désinformation sur les élections et le Covid-19
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YouTube dénonce une modération excessive exigée par l'administration Biden...
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... et assure de son attachement à la visibilité des voix conservatrices
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Oui au Premier amendement, non aux règlements européens
Commentaires (41)
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Abonnez-vousModifié le 25/09/2025 à 13h17
Le 25/09/2025 à 13h46
Mais franchement, cette honte...
Le 25/09/2025 à 16h58
Le 26/09/2025 à 09h51
Ca, c'est un point de vue occidental - et même européen, mais pas vraiment américain.
Le 26/09/2025 à 16h45
Je veux dire : indépendamment de la culture, techniquement, qui peut le faire et qui est le plus légitime à le faire ?
Le 26/09/2025 à 19h06
Modifié le 26/09/2025 à 19h39
Le 27/09/2025 à 01h04
@Wosgien a raison de dire que ton point de vue est très européen.
Ce que tu énonces comme une évidence n'est est pas une partout.
Le 27/09/2025 à 21h03
Modifié le 27/09/2025 à 23h15
Et si l'Etat n'intervient pas, ça veut dire que c'est open-bar pour avoir des propos sans modération ?
Genre, ça pourrait être légal et/ou acceptable dans quel pays de donner l'adresse de quelqu'un sur le Net et de dire "allez tuer cette personne, elle viole des enfants" (c'est qu'un exemple pour bien montrer que la liberté d'expression absolue est impossible en société) ?
Et du coup, si c'est ni l'Etat ni la plateforme où sont tenus ces propos qui modèrent, alors c'est qui ?
Après, c'est probable que je sois très influencé par ma culture, mais je serais très étonné qu'il existe une société humaine qui accepte la liberté d'expression absolue. Et je veux bien être détrompé par un exemple. 😉
Le 27/09/2025 à 23h34
Mais je te rassure, l'appel au meurtre n'entre pas dans cette liberté.
Quant à l'état, il ne modère pas les réseaux sociaux, la justice punit par contre les appels au meurtre. Et je pense que les plateformes US modèrent de tels appels si elles les détectent ou si on leur signale.
Modifié le 29/09/2025 à 00h48
Là, on parle d'appel au meurtre, donc les plateformes ont tendance à relativement bien faire le job, mais quand c'est tout aussi grave mais plus subtil ("les blancs valent mieux que les noirs", "les femmes doivent être dominées par les hommes", etc), là, on a plus de problèmes.
Et si l'Etat ne vient pas mettre son nez là-dedans, alors il n'y a aucune amélioration.
Et si on part du principe, comme le dit YouTube, que l'Etat ne doit pas intervenir, alors qui doit/peut le faire ?
Et si c'est personne, comme tu le dis plus haut, ça veut dire que YouTube a le pouvoir de choisir quelle influence appliquer sur une société humaine donnée.
C'est peut-être très européen de dire ça, mais laisser de tels pouvoirs à une entreprise privée qui cherche avant tout le profit financier, ça ne me semble pas une idée formidable.
P.S. : Tu admets toi aussi que l'appel au meutre n'est pas autorisé par la loi aux USA, et que donc l'Etat interdit ce type de propos, ce qui va donc forcément "dicter à une entreprise la manière de modérer les contenus", ce que YouTube réprouve explicitement. C'est ça qui me choque en premier lieu.
Le 29/09/2025 à 09h30
Et pour eux, personne n'a à intervenir, surtout pas l'État : ne pas oublier que les USA sont un état fédéral et que les différents états avaient peur que ce dernier prenne une place trop importante.
Donc, oui, je te conforme, tu as un point de vue très européen.
Quant à moi, je n'admets rien, je décris ce qu'il en est.
Je ne pense pas que Youtube réprouve le fait que l'appel au meurtre doit être modéré, tu caricatures afin d'être mieux choqué par quelque chose qu'ils n'ont pas dit.
Le 29/09/2025 à 10h55
Je prends l'exemple de l'appel au meurtre parce qu'il est parlant, mais si une loi devait interdire de dire que "les blancs valent mieux que les noirs", ça ne serait qu'une loi de plus qui traite un cas plus subtil que le simple meurtre.
Au final, le choix est un peu manichéen : soit on accepte les lois de l'Etat, soit on ne les accepte pas.
YouTube dit explicitement que l'Etat ne doit pas "dicter à une entreprise la manière de modérer les contenus". C'est LEURS MOTS, pas les miens. Ils auraient pu dire que l'Etat ne devrait pas le faire autant, ou moins, ou avec prudence ou toute autre formulation laissant à penser que l'Etat devrait imposer le moins possible de modération, mais ils ont choisi de dire qu'il n'en faudrait pas DU TOUT.
Et pour le coup, européen ou pas, la règle logique s'applique pareil partout.
Le 29/09/2025 à 11h09
Comme tu ne changeras pas d'avis, j'en reste là. Comme tu n'essaies pas de comprendre l'état d'esprit général aux USA sur ce premier amendement, c'est inutile que je continue.
Le 29/09/2025 à 13h59
La citation complète est :
OK, YouTube utilise le premier amendement comme prétexte (probablement légitime, je ne le nie pas) pour dire que l'Etat ne doit pas intervenir dans la modération de la plateforme.
Mais in fine, ils demandent à ce qu'aucun gouvernement (des USA, au vu du contexte) ne puisse "dicter [...] la manière de modérer les contenus".
Même en interprétant leur discours en partant du principe qu'ils prennent en compte la jurisprudence qui rend moins absolue la liberté d'expression que le premier amendement, ils ne disent pas qu'il "est inacceptable et erroné que tout gouvernement, y compris l’administration Biden, tente de dicter à une entreprise la manière de modérer les contenus en dehors de tout cadre légal", mais ils nient à l'Etat la possibilité d'interférer sur leur modération tout court.
À cela, tu pourrais me rétorquer que YouTube n'a pas pensé à préciser cette subtilité, et on pourrait leur donner le bénéfice du doute... s'ils n'étaient pas une entreprise aussi puissante et avec une politique de modération de plus en plus bancale.
Maintenant, si tu veux en rester là de ce débat, je le respecte. N'oublie juste pas que je n'avais pas plus de légitimité à changer d'avis que toi-même. 😉
Cependant, je dois bien admettre que si on donne le bénéfice du doute à YouTube qu'ils intègrent la jurisprudence à leur discours, et qu'ils faisaient référence à des incitations à la modération hors-la-loi, alors leur discours est bien plus entendable.
Modifié le 25/09/2025 à 14h27
Maintenant qu'ils vont être réintégrés, je me demande bien de quoi ils vont parler ? A tout les coup ça sera l'affaire Epstein
assure l'administration Trump de son soutien à la liberté d'expression
C'est ça la liberté d'expression selon trump, il avoue sur son application clone de X que son administration a fait pression au départ pour le virer :
Modifié le 25/09/2025 à 14h31
L'UE doit vraiment se réveiller (et j'y crois pas).
Le 25/09/2025 à 14h53
Les sites et les réseaux sociaux américains, rejoignent les russes et les chinois dans leurs pratiques.
N'y allons plus.
Et par pitié, que les sites gouvernementaux, les journalistes indépendants, les associations, etc. arrêtent d'utiliser X/Twitter.
Laissons les entre eux, comme on laisse l'oncle ivrogne et aigri cuver dans son coin aux fêtes de familles.
Le 25/09/2025 à 15h28
Je regarde presque plus la TV et me je suis suis beaucoup reporté sur YT... Et là, ça va être difficile pour moi de m'en passer :(
Le 25/09/2025 à 15h55
Le 25/09/2025 à 18h40
Ça marche nickel, tous les plugins sont compatibles.
Le 25/09/2025 à 19h30
Le 26/09/2025 à 09h00
Par contre, certains plugins bardés de Microsofteries uniquement compatible VSCode comme celles de GitHub Copilot (à l'époque où j'avais testé) ne fonctionnent pas sur VSCodium.
Mais ça reste une excellente alternative à un produit qui est très bon, juste un poil trop propriétairisé lors de sa livraison par Microsoft.
Le 26/09/2025 à 09h31
Le 25/09/2025 à 19h38
Modifié le 25/09/2025 à 16h21
Le 25/09/2025 à 19h12
Le 25/09/2025 à 15h38
Modifié le 25/09/2025 à 21h07
C'est le moment de revenir à Dailymotion (ou autre concurrent moins pire)
Dans le même ordre d'idée de sur-merdification de YouTube, ils ont aussi récemment annoncé ajouter des outils pour générer du slop directement pour les « créateurs ». Spline LND à fait une courte [vidéo] sur le sujet (10min).
Qu'on laisse cette plateforme à l'ED et aux IAs, et migrons sur les alternatives. Si les créateurs de vidéos enclenchent le mouvement, je suis sûr que les utilisateurs suivront. Surtout que rien ne les empêche de publier leurs vidéos sur plusieurs plateformes.
Le 25/09/2025 à 21h45
Une plateforme qui rémunère moins, même si tous les utilisateurs y vont, rémunérera toujours moins.
Le 26/09/2025 à 00h22
Le 26/09/2025 à 13h05
Le 27/09/2025 à 23h19
Modifié le 29/09/2025 à 16h19
Le 29/09/2025 à 20h41
Le 29/09/2025 à 21h06
¹ pour coller à la "close".
Le 29/09/2025 à 23h36
Par contre, l'utilisation de la majorité des musiques de la bibliothèque de YouTube fait que vous devrez remplacer la musique lors de la diffusion sur une autre plateforme.
Je me demandais pourquoi YouTube fournissait ça gratuitement... j'ai ma réponse. ^^
Le 26/09/2025 à 09h49
Le 28/09/2025 à 10h42
Dans les faits c'est banni pour la mauvaise désinformation, la bonne désinformation n'a pas franchement été menacée, elle. Ouf !
Le 28/09/2025 à 12h51
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