Dans un contexte juridique tendu, GrapheneOS défend sa protection des données
Un seul code vous manque et tout est perdu
Illustration : Flock
Le 28 juillet à 17h07
Le 26 juillet, l’équipe de GrapheneOS s’est lancée tout à coup dans un exposé de nombreuses mesures de sécurité, avec une insistance particulière pour la gestion des mots de passe. Ce calendrier ne doit rien au hasard : pour la première fois aux États-Unis, le ministère de la Justice poursuit un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint ».
Dans un contexte juridique tendu, GrapheneOS défend sa protection des données
Un seul code vous manque et tout est perdu
Illustration : Flock
Le 26 juillet, l’équipe de GrapheneOS s’est lancée tout à coup dans un exposé de nombreuses mesures de sécurité, avec une insistance particulière pour la gestion des mots de passe. Ce calendrier ne doit rien au hasard : pour la première fois aux États-Unis, le ministère de la Justice poursuit un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint ».
Sécurité
Sécurité
7 min
Depuis deux jours, le compte X de GrapheneOS répond à de nombreuses questions sur la gestion de ses mots de passe. L’équipe en a fait une synthèse dans son forum pour résumer toutes les informations.
L’équipe explique que le système mobile est basé sur Android 17 et « sur le matériel le plus sécurisé disponible pour Android », la liste se limitant aujourd’hui aux seuls Pixel de Google. Elle rappelle cependant que la situation va évoluer en 2027, grâce à un partenariat avec Motorola Mobility et « aux progrès réalisés par Qualcomm ». Un signal assez fort pour l’industrie, qui pourrait se rapprocher de Graphene pour lancer des smartphones très orientés vers la sécurité. On parle bien de nouveaux modèles, car aucun appareil Motorola actuel ne dispose des sécurités nécessaires.
Les informations se concentrent tout particulièrement sur la protection des mots de passe et autres secrets, ainsi que sur les défenses du système mobile contre l’extraction de données. Le chiffrement du disque constitue ainsi la première ligne de défense : même les attaquants les plus sophistiqués ne peuvent le casser directement, et doivent soit exploiter l’OS en état « After First Unlock » (après premier déverrouillage), soit forcer le PIN ou mot de passe par force brute.
L’équipe indique également que GrapheneOS supporte uniquement les appareils ayant un secure element avec des limitations strictes sur les tentatives de mots de passe et codes PIN : 4 heures après 10 tentatives échouées, 41 jours après 15, avec seulement 20 tentatives autorisées au total. Le secure element est pour rappel une puce dédiée, physiquement et logiciellement isolée, conçue pour stocker les secrets et résister à leur extraction. Dans le contexte de GrapheneOS, il a en outre un rôle précis : il détient les compteurs de tentatives de déverrouillage et applique la limitation de débit, expliquant les délais de plus en plus longs entre les tentatives. Stocker les compteurs dans la puce empêche de « tricher » en les réinitialisant.
Parmi les autres points abordés, on peut citer la limite de caractères des mots portée de 16 à 128, la possibilité d’utiliser un facteur biométrique pour que le système reste utilisable au quotidien (5 tentatives biométriques seulement, qui comptent dans le quota général), des allocateurs de mémoire durcis, le hardware memory tagging (MTE) pour renforcer la résistance aux exploitations de failles inconnues, le blocage par défaut des nouvelles connexions USB quand l’appareil est verrouillé, ou encore un minuteur de redémarrage automatique, ramenant l’appareil en état « Before First Unlock » (avant premier déverrouillage) au bout de 18 heures (par défaut) sans déverrouillage de l’appareil. Ce dernier comportement a d’ailleurs été repris par Apple et Google dans leurs systèmes.
Dans le billet, on trouve également un paragraphe consacré au PIN de contrainte. Présentée comme un outil relativement mineur et optionnel, il efface l’appareil quand il est saisi dans n’importe quelle invite d’authentification (déverrouillage, changement de réglage sensible, etc.). Il fonctionne sur tous les profils, y compris les utilisateurs secondaires et Private Spaces. L’équipe de GrapheneOS insiste : les données ne dépendent pas de cette fonctionnalité pour être protégées. Elle est considérée comme un outil parmi d’autres, et son usage réel doit être mûrement réfléchi compte tenu des conséquences physiques ou juridiques possibles.
L’affaire Samuel Tunick
La mention des conséquences juridiques n’est pas due au hasard. Si l’équipe de Graphene communique tant autour des protections de son système en ce moment, c’est à cause d’un évènement juridique majeur aux États-Unis lié à la tech.
Pour la première fois (a priori), des procureurs fédéraux poursuivent en effet un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint » intégré au logiciel d’un téléphone. C’est le lien avec la communication abondante : le logiciel en question n’est autre que GrapheneOS.
Samuel Tunick a été initialement arrêté sans mandat le 25 janvier 2025 à l’aéroport de Hartsfield-Jackson (Atlanta) par les douanes américaines, sur la base de l’exception de fouille frontalière au Quatrième amendement. Alors que les agents fédéraux tentaient d’accéder à son téléphone lors de l’inspection, Tunick aurait saisi un mot de passe de contrainte GrapheneOS qui a immédiatement effacé les données stockées sur l’appareil.
Tunick est donc poursuivi en vertu de la loi américaine pour avoir fourni aux agents frontaliers un code d’accès ayant causé l’effacement du contenu numérique de son téléphone, ce que les procureurs qualifient de destruction intentionnelle de biens pour empêcher leur saisie.
Un enjeu plus grand que le cas individuel
La communication de GrapheneOS est probablement défensive, pour documenter publiquement la robustesse cryptographique de son modèle de menace face à l’attention médiatique soudaine portée à la fonction « mot de passe de contrainte ».
Sur le plan juridique, l’enjeu dépasse le cas individuel : la question posée aux tribunaux est de savoir si l’activation d’une fonctionnalité de sécurité native – conçue précisément pour protéger des données personnelles en cas de contrainte – peut être qualifiée pénalement de destruction de preuves, y compris lorsque la fouille initiale s’est déroulée sans mandat.
Sans surprise, les avocats de Samuel Tunick contestent cette version des faits. Ils affirment que la détention et la saisie étaient illégales, et accusent le gouvernement américain d’exiger l’accès au téléphone sous prétexte d’une recherche d’images pédopornographiques, sans fournir aucun élément pour étayer ces soupçons.
Pour les avocats, cette arrestation et cette affaire sont politiques. Le gouvernement s’en serait pris à Samuel Tunick non pas pour d’éventuels matériels pédopornographiques, mais pour son association avec un mouvement appelé « Defend the Atlanta Forest ». Ce dernier s’oppose à la création d’un énorme campus de formation pour les forces de l’ordre à Atlanta, surnommé « Cop City », critiqué pour son impact environnemental (plus de 34 hectares déforestés) et son coût de 67 millions de dollars.
Les avocats demandent l’annulation de toute la procédure, au motif qu’elle viole les Quatrième, Cinquième et Sixième amendements de la Constitution américaine. Des violations liées à la manière dont l’interrogatoire a été mené, au refus d’un avocat, à l’absence alléguée d’avertissements Miranda (le fameux « Vous avez le droit de garder le silence »), ou encore à la fouille et la saisie sans mandat.
« Je n’ai jamais vu cela auparavant, même si j’ai discuté du scénario potentiel avec des activistes et des journalistes au fil des années. Je pense que cette affaire rappelle que les autorités peuvent prétendre que vous avez sciemment détruit des données, donc il vaut mieux ne pas avoir ces données sur vous lorsque vous franchissez certaines frontières », a réagi Runa Sandvik, une experte en sécurité informatique, auprès de TechCrunch.
Commentaires (64)
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Le 28 juillet à 18h38
Je ne pense pas qu'on puisse gagner juridiquement dans le monde actuel, il faut gagner technologiquement.
Il me semble que le meilleur modèle est celui de la "plausible deniability" de TrueCrypt (repris par VeraCrypt), un mot de passe spécial ouvre un "faux" profil, mais pas vide, suffisamment crédible. Et l'adversaire ne peut pas prouver qu'il existe d'autres données chiffrées avec une clé différente. C'est techniquement un peu compliqué pour des raisons de protection des zones d'écritures sur le disque, mais rien d'insurmontable, le seul vrai sacrifice est un peu d'espace disque.
Le 29 juillet à 04h59
J'aimais bien Truecrypt 🤩
Modifié le 29 juillet à 09h41
edit: je lache l'afaire sur le lien, désolé...
Le 31 juillet à 00h09
Jouable si tu peux l'activer "a la demande", avant de prendre l'avion tu mets heure d'atterrissage+ 1h et c'est déjà pas mal.
Mais dans tous les cas ce serait interprété de la même manière, tu as mis en place un système de destruction de données.
Le 28 juillet à 17h31
Et d'ailleurs, la procédure (pour un ordinateur) ce n'est pas de faire un dump du disque et de travailler sur la copie pour ne pas porter atteinte à la preuve ? (je ne sais pas comment c'est transposé pour les appareils récents).
Modifié le 28 juillet à 18h16
Le 28 juillet à 19h55
Le 28 juillet à 20h54
Aux douanes américaines tu sembles être dans un "statut" particulier, pas vraiment aux états-unis et donc fouille intégrale autorisé meme pour leurs citoyens. Par contre si tu détruis toi-meme la preuve, les lois internes peuvent "peut-etre" s'interpréter différemment que si tu fournis une fausse information aux agents.
Mais dans tous les cas de figure les italiens ont une phrase pour cela: La loi s'applique aux ennemis, pour les amis elle s’interprète.
Le 28 juillet à 17h43
C'est dur de concevoir qu'il se soit trompé de PIN vu la criticité de ce service qu'il a dû activer en connaissance de cause.
Le 28 juillet à 18h18
Le 28 juillet à 20h01
Le 28 juillet à 21h13
J'ai deja fait la meme réponse un peu en dessous
Il était peut être conscient de son geste mais a préféré protéger ses contacts!! (respect à lui si c'est ça).
Le 29 juillet à 08h17
Modifié le 29 juillet à 07h57
Donc c'est bien intentionnel mais l'important c'est que GrapheneOS ne soit pas accusé indirectement. C'est un outil de confidentialité, pas de hors la loi. Comme le E2EE par exemple.
Après selon si c'était légal ou non de détruire ces données intentionnellement c'est du recour juridique "classique" je dirais. (Et aussi au cœur du débat).
Modifié le 28 juillet à 19h20
Ici, un gouvernement est en train de prétendre que les données d'un utilisateur ne lui appartiennent pas.
Il est d'autant plus important que les données de personnes soient rattachées à leur être, lequel doit être protégé par des droits fondamentaux, dans des structures juridiques basées sur les textes définissant et protégeant les-dits droits fondamentaux.
C'est le cas en Europe, d'où dérive le RGPD.
Ce n'est pas le cas en France, notamment.
Par ailleurs, autre signe inquiétant, la France ignore de manière répétée plusieurs jugements concordant dans le CJUE lui ayant enjoint de cesser d'imposer la collecte généralisée des données, suite aux décisions Schrems, Schrems II et aux recours de la Quadrature du Net avec FFDN, notamment.
La primauté du droit national étant ainsi âprement défendue (pour de mauvaises raisons en l’occurrence), il ne faut donc pas croire qu'être Européen nous sauvera si la France décide de virer encore plus aigre.
Pris en cumul avec l'absence de protection fondamentale des droits humains (par une référence dans la Constitution à la DDHC par exemple), cela indique de manière convergente que le chemin pris par les États-Unis est loin d'être une impossibilité en France.
Il suffirait d'un exécutif encore un peu moins démocratique que l'actuel, ainsi qu'essentiellement ceux ayant gouverné à droite toute vers l'extrême, avec un grand coup d'accélérateur à partir de Sarkozy…
Je ne l'espère évidemment pas, mais l'action citoyenne est nécessaire pour agir contre ceux qui souhaite l'extrême-droite, associés à leurs collaborateurs complices par passivité (qu'ils la feignent ou non).
Le 28 juillet à 20h58
JE crois savoir que nous avons exactement les memes lois en france qui permettent aux douaniers de fouiller les apparteils electroniques.
Je ne sais pas exactement ce que tu risques si tu refuses de donner ton code, mais en général ca se passe pas tres bien non plus...
Le 28 juillet à 22h29
Modifié le 29 juillet à 07h47
Mais ici, le contexte est beaucoup plus flou, ce qui forcément n’incite pas à se ranger du côté de la douane.
Comme toujours, fermer sa gueule semble être la meilleure solution en cas d’interpellation (mais même ça, ils ont réussi à l’interdire…)
Le 1er août à 00h57
Sanctionner l'effacement de données personnelles avant leur communication ne rentre pas dans ce cadre, par présomption d'innocence.
Associer suppression de données personnelles et effacement de preuves, c'est consacrer la présomption de culpabilité.
Cela va encore plus loin qu'autoriser massivement la collecte de données intrusives utilisées par l'exécutif pour fichage. Cela n'est pas valide d'un point de vue juridique mais l'exécutif a cette certaine tendance à d'affranchir du contrôle du législatif et à écarter le juridique… assez évident si on a suivi l'actualité législative (relativement) récente.
Cela s'appelle le droit à ne pas s'auto-incriminer. Et effectivement ce réflexe est le bon à avoir, quelques soient les tentations et les paroles/jeux malsains d'en face.
Le 29 juillet à 08h01
Pour moi ici on mélange 2 sujets (voir commentaires ci-dessus).
Il a bien détruit les données intentionnellement, et GrapheneOS ne devrait pas avoir à s'inquiéter puisque ce n'est qu'un outil.
La légalité de cette destruction est purement liée aux lois. Et c'est le taf des avocats de chaque partie d'argumenter.
Le 29 juillet à 09h00
Les stupéfiants trimballés par une personne lui appartiennent tout autant, jusqu'à ce qu'ils soient saisis par les autorités.
Le 31 juillet à 15h50
Est-ce que c'est légal ou pas comme dispositif ? Car après tout ça peux aussi servir à détruire les documents sensible en cas de cambriolage...
Certains pourraient dire qu'une saisie n'est qu'un cambriolage légal...
Modifié le 1er août à 01h05
Si on demande à l'utilisateur d'interagir avec son téléphone, il fait ce qu'il veut, et on ne peut le contraindre à s'auto-incriminer. L'exécutif prend le risque de la coopération, et le citoyen est libre d'y participer. Si l'exécutif ne souhaite pas le risque qu'il arrive quoi que ce soit, qu'il interdise au citoyen d'interagir avec l'équipement.
Par ailleurs, la saisie ne change pas la propriété des données.
C'est une collecte intrusive effectuée par l'exécutif après autorisation et sous encadrement du judiciaire. Cette collecte étant encadrée pour un but précis, si ce but porte ces fruits, il peut permettre d'obtenir des preuves, qui seront alors valides comme éléments à charge lors d'un procès.
Associer données personnelles comme preuves a priori (et donc rendre illégal l'effacement de données personnelles avant que l'on sache normalement ce qu'il y a dedans), c'est consacrer la présomption de culpabilité.
Vu qu'une présomption de culpabilité ne me semble pas une logique souhaitable, ne serait-il pas bon de ne pas tout mélanger ?
Modifié le 28 juillet à 21h50
Pour compléter votre article, il est important de préciser que GrapheneOS impose un suivi des mises à jour sur une longue durée (au moins cinq ans, sauf erreur de ma part). Cela devrait etre la norme mais en pratique, seul Google le fait via sa gamme Pixel.
Au-delà de l'aspect purement sécuritaire, c'est aussi un véritable avantage en matière de durabilité. Cela permet de conserver son smartphone plusieurs années tout en bénéficiant des dernières mises à jour d'Android, sans avoir à changer d'appareil prématurément.
À titre d'exemple, j'ai acheté un Google Pixel 6 Pro d'occasion il y a maintenant deux ou trois ans. Grâce à GrapheneOS, je dispose toujours d'un smartphone parfaitement utilisable, fluide, régulièrement mis à jour et offrant une excellente expérience au quotidien.
Dans mon cas, les fonctionnalités de sécurité renforcée sont presque un « bonus » : la pérennité de l'appareil est "presque" devenu l'argument principal de propagande :) Je pense que cet aspect mérite d'être mis en avant.
Info intéressante, ETes vous sur qu'il a saisi le code ou donné une fausse information aux agents? je suis pas juriste mais je pense (surement à tord) qu'il y a une différence dans les deux situations.
Côté GrapheneOS, leur communication me semble plutot claire, le mot de passe de contrainte est suicidaire juridiquement mais protege vos contacts!
sur les autres sécuritées: Before/After First Unlock/temporisation/etc: on en renvient à la batte de base-ball... leurs protections sont très bonnes, sauf si on te brise les genoux (ou gros coup de pression juridique). Tout dépend du modele de menace!
PS:
aux personnes souhaitant migrer, foncez!!!: Un GrapheneOS, c'est comme un macOS!!. Un OS spécialisé pour quelques Hardware "pixel", le support est donc super bon :)
par contre faite attention à ce que le bootloader soit dévérouillable. Il y a un qui-pro-quo sur les reventes de smartphone à ce sujet, entre dévérouillable au niveau opérateur et au niveau bootloader!
PS2 :
Quelques refs pour piger un peu le fonctionnement:
Le 29 juillet à 05h03
Le 29 juillet à 08h16
La possibilité d'avoir, par défaut, des profils complètement « dégooglisés », tout en pouvant facilement créer un profil spécifique avec les services Google pour les applis bancaires, etc..
Après, ça un avis personnel. Si tu es satisfait de ton système actuel, il n'y a évidemment aucune raison d'en changer. 🙂
Le 29 juillet à 11h29
Ivre, il dépend de google pour ses applis bancaires obligatoires ; Astuce : il y a des banques qui ne forcent pas aux applis, ici on a fermé tous les comptes des banques ne gérant pas les clients sans smartphones ; Une appli "commerciale" = une dépendance obligatoire à Apple ou Google, dans un téléphone dont le maitre reste Google ou Apple ; Google ne laissera jamais AOSP libre, ils ont besoin de le rentabiliser : Google n'est pas une ONG.
Cf :
https://linuxfr.org/users/wilk/liens/petition-contre-le-verrouillage-d-apps-android
https://linuxfr.org/users/tkr/journaux/l-appli-gratuite-nouvelle-telecommande-obligatoire-du-pauvre
https://linuxfr.org/users/tkr/journaux/un-linux-dans-la-poche-ou-en-est-on
Ne dépendre ni de google ni d'apple, c'est n'avoir de facto aucun smartphone, aucune autre solution ; tout remettre sur l'ordi, choix effectué ici : soit c'est sur firefox, soit c'est avec les moyens du fournisseur de services (guichet, borne..) soit c'est pas dans nos vies, tout court.
Le 29 juillet à 12h44
Modifié le 29 juillet à 13h12
Le 29 juillet à 14h06
L’enfermement dans des applications est un problème global et non de Google / Apple, il existe aussi sur ordinateur dans une moindre mesure.
Si Android devient closed source, il sera forké sur la dernière version disponible comme d'autres projets qui ont fait ce parcours.
Le 31 juillet à 16h42
Cette puce , bien que le design provienne de https://opentitan.org , est complètement proprio .
Il n'y a aucun moyen de savoir, à ce stade, si Google a introduit une backdoor dans cette puce, surtout quand pense aux affaires San Bernardino & les différentes affaires lié à des téléphones "mafieux" style ANOM, Ghost, Phantom... ce serait pas étonnant.
Pour moi la question n'est pas de savoir si tu fais confiance, mais à qui tu fais confiance. Et c'est une vrai question pour moi.
Le 29 juillet à 13h07
Le 30 juillet à 13h04
ca a peut etre changé depuis sur les derniers modèles.
Le 30 juillet à 18h34
Modifié le 30 juillet à 19h10
tu peux avoir de mauvaises surprises si tu achètes sur le marché d'occasion (type blackmarket)!
PS: je le sais car ça m'est arrivé. L'annonce le presentait comme dévérouillé (mais au niveau opérateur...) par contre ils ont repris le tél sans faire aucun probleme! :) Renseignez vous avant d'acheter!
Le 30 juillet à 20h05
Le 28 juillet à 23h08
A quel moment une autorité pareille, qui ne respecte pas ses propres lois est plus légitime que la mafia ou le crime organisé ?
Le 29 juillet à 14h15
Il aurait eu fallu ne pas donner de code au motif que c'était une demande illégal.
Le 29 juillet à 14h44
Dans le cas où la personne est sous le coup d'une enquête pour delit ou crime et qu'il détruit des preuves potentielles, OK je comprends mais là ce n'est pas le cas.
Il ne lui était rien reproché et ces voyous fouillent dans ses affaires et lui reprochent de supprimer SES données, c'est dingue qu'on puisse reprocher ça à quelqu'un qui n'est poursuivi de rien du tout.
Surtout que par définition les données sont inconnues, donc comment pourraient elles être des preuves de quoique ce soit tant qu'on ne sait pas ce qu'elles sont ?
Tous les jours nous effacons des données. Si un jour les FdO fouillent vos données personnelles pour trouver quelques chose à vous reprocher, seriez-vous d'accord d'être poursuivi pour toutes les données que vous avez effacé dans votre vie qui auraient pu être des preuves d'un futur hypothétique délit ?
C'est juste du harcèlement et de l'extorsion par des racailles légales ça.
Modifié le 29 juillet à 15h56
Je ne vois pas le rapport avec les données ayant été supprimées avant.
Le possible délit n'est jamais futur, il n'est pas daté de la découverte.
Je ne me suis pas exprimé sur la légalité de la fouille, ni sur son motif, mais sur la destruction de preuves.
En droit français on parle de "détruire, soustraire, receler ou altérer un document public ou privé ou un objet de nature à faciliter la découverte d'un crime ou d'un délit, la recherche des preuves ou la condamnation des coupables."
Le 29 juillet à 19h43
Là il n'y a pas d'infraction, donc pas de preuve, donc les données supprimés ne sont pas des preuves détruites, ce sont juste des données supprimées.
Ces voyous en uniforme fouillent au hasard dans l'idée de trouver quelque chose à reprocher.
Dans ce mode de pensée, on a donc absolument tout le monde qui est suspect de tous les délits, crimes et infraction qui serait susceptible d'arriver. Donc avec ce raisonnement, chaque fois que l'on efface des données, on détruit d'éventuelles preuves. D'où le côté complètement absurde de la situation.
Le 29 juillet à 20h43
Le 29 juillet à 23h30
Le 4 août à 17h54
Beaucoup de gens oublient les lois de vie privé dans ce pays et en laissant filer les droits fondamentaux, on se dirige tout droit vers une dictature.
Il est normal de donner des moyens d'investigation à la police et à la douane pour qu'elle fassent le travail mais ses règles d'application doivent être régis par des lois et être respectées.
Le 31 juillet à 08h49
Le 29 juillet à 14h48
Ici, un code PIN qui, au lieu de supprimer les données, donnent accès à un téléphone vierge (ou quasiment).
Le 29 juillet à 19h42
Mais bon, comme la clé fait 64 chars, je l'ai appelée "container caché" dans mon keepass
Le 31 juillet à 17h16
C'est leur raison d'être , quelque soit l'époque.
Parfois, comme à notre époque, la société permet de limiter un peu leur exactions tant avec du story-telling que des structures administratives mais ce qu'on voit c'est que cette situation reste très fragile, surtout face à un pouvoir politique en crise de légitimité dont l'autoritarisme reste une tentation constante. Et l'institution policière est là toujours pour proposer plus de répression comme solution universelle.
Alors certes on peux parler de mafia ou crime organisé, mais ça reste que des mots tant que derrière les institutions approuvent et que les membres ne sont pas mis hors d'état de nuire. Ca ne date pas d'hier
Le 31 juillet à 19h09
Le 1er août à 11h43
Aucun parti politique (y compris LFI) ne propose ça pour le moment.
Pour moi il y a plusieurs choses problématique:
(Ça existe aussi dans d'autres métiers , ce n'est pas l'apanage des forces de l'ordre).
Ceci permet de "couvrir" des exactions qu'à titre individuel on approuve pas, tout en petit-à-petit normalisant l'inacceptable. Ceci est très bien documenté dans plusieurs livre sur la montée du nazisme d'ailleurs.
On en arrive à des choses comme à Sainte-Soline et les Leaks des camera embarqué des gendarmes (il faut se souvenir de ça aussi, on oppose souvent les gendarmes aux policiers mais en réalité ils sont pas si différents dans l'esprit).
A encore plus long terme on voit aussi que ces métiers attirent des gens qui, sous prétexte du 1er point, s’enrôlent en réalité pour des convictions moins nobles.
Et ça typiquement, c'est des choses sur lesquelles ont pourrait agir: Je suis certain qu'un entretien psy avant même le début de la formation pourrait permettre de repérer (OK, pas à 100%) la vrai motivation des gens. Actuellement il me semble (au vu des reportages que j'ai vu) que justement ce sont les têtes brulées qui sont recrutées , sous-tendu par un racisme latent & institutionnel étatique doublé d'une insécurité. Mais ça par contre ça me parait être un levier relativement facile à actionner.
(Une autre idée que j'avais serait par exemple d'obliger tout citoyen majeur à exercer des fonctions de policier de rue quelques jours par an)
Pour le coup je me suis demandé si LFI passe à la présidentielle ce qu'ils vont faire de toute cette soldatesque en képi montée par le Macronisme dans l'intérêt du FN...
Le 1er août à 15h06
Il y a qu'à voir les maires LFI n'ont pas encore vraiment désarmé les polices municipales, même si l'on peut espérer que ça vienne, ça demanderait de toute façon du temps.
Il ne faut pas compter sur autre chose qu'une demande forte de la population. Les gilets jaunes, et les familles victimes de violences sexuelles l'on bien compris : les fdo ne sont évidemment pas là pour protéger la veuve et l'orphelin, ça fait déjà (malheureusement) pas mal de monde. L'idée que les FdO ne sont pas ce qui est présenté à la TV ou dans les discours des politiques progresse à mesure que l'on est témoin par de plus en plus de vidéos et de scandales les concernant. Les meilleurs avocats d'une réforme nécessaire des FdO, sont les comportements des FdO elles mêmes...
Le 4 août à 18h37
La drogue: le nombre de consommateurs qui explose et qui passent à la cocaine avec livraison à domicile (c'est bien un pb de consommateurs), les incivilités sur la route avec le nombre de mort qui oblige l’Europe à faire équiper les voitures de pleins d'assistants à la conduite qu'on s'empresse de désactiver.
Tu ne crois pas que le PB c'est plutôt nous ou la société. On accepte de moins en moins d'appliquer les règles et les valeurs de la République. On ne fait plus confiance au monde scientifique mais aux réseaux sociaux où il y a beaucoup de désinformation.
Vivre en société, c'est appliquer un minimum de règles.
Je trouve que le nombre d'affaires que doit gérer les services de sécurité est effarent. Quand on est victime, on est bien content qu'on s'occupe de nous.
C'est à nous de ne pas laisser passer quand on entend des propos racistes, d'éduquer nos enfants avec un minimum de valeurs. On a tous autour de nous des gens qui sont borderline ou carrément de l'autre coté de la ligne rouge.
Jeter l’opprobre sur la police fait le jeu de certains partis extrémistes qu'ils soient de gauche ou de droite.
Le 4 août à 18h09
J'ai eu un ami policier (capitaine de police), il vient de décéder. C'est la première fois que je vais à un enterrement où des personnes sont obligés de rester à l'extérieur par manque de places.
Il était très inséré dans la société, était très tolérant et humain. Je voudrais aussi rappeler qu'il y a une plaque à la police de Nancy où des policiers s'occupant des étrangers durant la seconde guère mondiale, ont prévenu les juifs de leurs listes pour qu'elles fuient les rafles.
On oublie qu'une démocratie de peut pas vivre sans police et justice. Les lois sont votés au parlement qui est élu par nous.
Modifié le 4 août à 19h09
Pour être clair nous ne nions pas la nécessité d'une force de sécurité, nous critiquons celles en place, leurs fonctionnements, leurs dependance au pouvoir et leur soumission aux forces de l'argent. Nous critiquons l'institution en tant que corp, pas les individus, qui ont comme tout le monde leurs travers et leurs faiblesse.
Mais par exemple, prenons le niveau sans cesse plus bas requis à l'examen pour intégrer les FdO, c'est plutôt de nature à sacrement dégrader les services rendus aux populations et en revanche nettement dans l'intérêt des dirigeants d'avoir à leurs ordres des personnes avec un niveau de connaissance/intellectuel faible, plutôt que des gens capable de réfléchir par exemple aux ordres reçus et questionner leur bien fondé, ou mettre un peu d'empathie et d'intelligence lorsqu'il s'agit d'interactions avec la population, et pas juste une répression bête et méchante voir perverse.
Oui, et heureusement il y a des membres des FdO qui sont dignes, intègrent, respectueux et justes. Mais la tournure que prennent globalement les institutions ou le poids grandissant de l'extrême droite au sein des FdO sont assez inquiétant, et amène à questionner sérieusement comment ces institutions devraient être constitués pour vraiment répondre aux besoins de la population plutôt qu'à de plus en plus être le bouclier de dirigeants de moins en moins démocrates et de plus en plus corrompus.
Modifié le 4 août à 21h07
Il y a certainement un esprit de corps dans la police mais je peux te dire que quand tu fais un recours, il est analysé avec sérieux et on hésite pas à te donner raison si c'est légitime.
D'autre part, je constate aussi que les gens râlent contre le système mais ne se remettent à priori jamais en cause: un exemple concret que j'ai entendu ce dernier week-end.
Une personne m'a raconté qu'elle avait été contrôlée et qu'elle n'avait pas la notification d'assurance et que le policier lui a dit qu'elle n'était pas assurée. En fait, l'assurance s'était trompée sur une lettre de l'immatriculation du véhicule. D'autre part, bien que le policier peut contrôler la détention d'une assurance à partir de la plaque, on doit être en mesure de présenter la notif sous peine d'être verbalisé. Elle ne l'avait pas et ne l'avait pas lu. Ça peut arriver que l'assureur se trompe mais quand tu reçois l'avis le minimum est de vérifier. Tu as même le lien vers le site qui permet les vérifications. Cette notif est quand même indispensable pour remplir un constat amiable. Pire, dans la discussion, un autre copain, quand je lui ai parlé de la carte verte (cela n'a plus le même nom) n'en avait pas (on habite à 2 kms de l'Allemagne) et m'a dit que ça servait à rien vu que la police Allemande peut vérifier. C'est vrai sauf que sa présentation est obligatoire et comment fait-il toujours pour prouver qu'il est assuré lors d'un constat amiable ?
Il est parti récemment en Italie en passant par la Suisse et se contrefiche de ne pas avoir de carte verte dans la voiture. Si l'agent de police le verbalise, c'est un con mais il ne se remet pas du tout en cause.
Pour la petite histoire, la dame n'a pas été verbalisée et a dû se déplacer dans un commissariat pour prouver sa bonne fois.
Qu'est-ce que ça te coûte de te connecter sur le site de l'assureur et d'imprimer l'attestation surtout quand tu sais qu'elle est nécessaire et de la mettre dans la voiture comme c'est indiqué sur la notif.
Je pourrais te citer plein d'exemples de ce type.
Le 5 août à 10h59
Le problème c'est qu'aucun d'entre nous n'est d'accord sur les règles acceptables.
On a plus de mal qu'avant à faire société il me semble car déjà la vie plus longue fait que plus de générations cohabitent (et les vieux sont sur-représentés), mais aussi parce que la technologie, le style de vie, les métiers & la logique du travail évolue rapidement. Et j'y compte même pas les convictions morales.
Or l'institution policière n'est pas neutre en la matière elle a un parti pris (ou plus exactement les membre qui la composent), et qui appliquent les "règles" à géométrie variable en fonction des personnes mises en cause.
Ce n'est pas le problème.
L'esprit de corps permet de couvrir des exactions des collègues, et faire shifter la perception de ce qui est acceptable ou pas par les membres du corps.
Le fait que les recours soient sérieusement analysés.... écoute, je te laisse cet avis.
Lors des crises sociales on a bien vu ce qu'il en était des recours.
(D'autant plus qu'il y a une énorme différence de temporalité entre le fait de prendre un coup de LBD & perdre un œil, et le fait que le policier soit reconnu coupable 5 ans après mais dispensé de peine car tu comprends c'était dans le feu de l'action).
C'est un bon exemple je trouves, s'affrontent deux visions de la vie complètement antagonistes:
Pour toi , pour la société, pour la police, tu considères souhaitable de te justifier à priori de tout.
Tu dois avoir les papiers, les vignettes, les déclarations, les preuves que tu as bien fait tes devoirs - et dans ce cas, tu es "bien".
Et ce même lorsque ce sont les autres qui ont fait des erreurs (ici, l'erreur de saisie de la plaque par l'assurance) (*) même si l'administration est très très forte pour faire payer aux gens ses propres turpitudes - elle impose de nombreuses contraintes aux citoyens sans pour autant en payer à titre personnel les conséquences (Un bon exemple de ça est l'informatisation galopante, qui provoque des ennuis à n'en pas finir - pour rester dans le domaine des véhicule, l'ANTS en est un exemple)
A coté de ça, d'autres considère qu'ils sont responsable de leurs actes et n'ont pas à prouver à qui que ce soit quoi que ce soit sauf en cas de conflits.
=> Si tu as un accident, c'est à ce moment que l'assurance est nécessaire, et qu'il faut la produire . Si tu l'a pas , là tu seras (gravement) mis en cause. Mais pas avant.
C'est vraiment 2 approches de la vie en société, et mon point de vue personnel est que dans le 1er cas, les gens cherchent un substitut à la religion qui prévalait avant - quelque part si t'a bien fait tout ce que "papa-état" t'a dit, tu n'es responsable de rien.
De mon point de vue la police (et les policiers) souhaitent un état autoritariste surtout car ça garanti davantage d'impunité et permet de faire régler sa vision de comment la société doit marcher même au détriment du consensus démocratique. Pour moi on est déjà dans ce modèle actuellement.
() J'ai une anecdote similaire : Moi c'était le garage qui avait inversé les lettres lorsqu’il a gravé la plaque , je roulais donc en "fausse plaque" à l'avant. Je ne m'en suis jamais* rendu compte , déjà car ton cerveau "redresse" les lettre naturellement et aussi parce que j'avais jamais regardé. Les contrôles techniques successif ne l'avaient pas vu non plus.
Au final la voiture est partie à la casse (joint de culasse...) comme ça.
Modifié le 28 juillet à 23h58
Le 29 juillet à 08h41
L'usage des noms de supports physiques pourtant absent dans des usages quotidiens est toujours aussi amusant, c'est bien la preuve que celui-ci a atteint une postérité sans le vouloir. Parlera-t-on de "la flash" quand d'ici là nous aurons de la mémoire quantique ADN holographique positronique ? Celle-ci n'est pas autant entrée dans le langage courant que le disque pourtant. Le concret du support physique palpable doit y être pour quelque chose.
(je trouve ça délicieux, parce que j'ai déjà eu la remarque d'avoir utilisé des termes "banals" sur mes écrits de SF
Modifié le 29 juillet à 10h25
Et le second n'est pas mort et conserve même sa pertinence pour du pur stockage, surtout si de long terme car une mémoire flash à la base ds SSD (cachées derrière un contrôleur gérant aussi bien que possible leur nature périssable) est typiquement donnée pour une durée de rétention des données de 10 ans quand toute neuve, cad zéro cycles d'effacement... et ça tombe sous l'année si on se rapproche du nb maximal de cycles spécifiés, passé de 100k sur des SLC d'il y a 15 ans à 1k sur des QLC actuelles.
Le 29 juillet à 11h17
Cela fait bien des années que j'avais pensé à cette idée d'un mot de passe / code pin spécial qui efface tout d'un seul coup. Je trouvais l'idée plus confortable que les 10 ou 20 tentatives avant effacement (en particulier quand il s'agit de codes à 4 chiffres).
Dans une hypothétique situation de contrainte, donc de stress intense, c'est déjà beaucoup plus crédible de bredouiller le mauvais code 1 seule fois, quitte à invoquer l'état de panique et l'erreur involontaire à postériori, que de bredouiller 20 fois un mauvais code...
Le 29 juillet à 16h30
Il vaut mieux se déconnecter de ses services en passant la frontière ?
Perso je prends un téléphone vierge quand je vais en manif. J'ai juste le numéro de ma femme, et celle d'un avocat. Mais passer la frontière c'est peut-être pour plusieurs jours, donc c'est plus délicat.
Le 30 juillet à 14h45
Le 30 juillet à 15h17
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