GitHub en perte de fiabilité et de développeurs [MàJ]
L'uptime fait le pont du 1er Mai
Illustration : Flock
Le 29 avril à 17h56
GitHub a un problème de fiabilité qui pèse de plus en plus lourd dans l’esprit des utilisateurs. Plusieurs développeurs, usés par les dysfonctionnements de la plateforme de Microsoft, ont décidé de plier bagage.
GitHub en perte de fiabilité et de développeurs [MàJ]
L'uptime fait le pont du 1er Mai
Illustration : Flock
GitHub a un problème de fiabilité qui pèse de plus en plus lourd dans l’esprit des utilisateurs. Plusieurs développeurs, usés par les dysfonctionnements de la plateforme de Microsoft, ont décidé de plier bagage.
Logiciel
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6 min
Mise à jour, 30 avril, 8h10 : ajout des éléments de réponse apportés par GitHub sur l’explosion des volumes de requêtes associée notamment à l’IA.
C’est la mort dans l’âme que Mitchell Hashimoto, développeur de Ghostty, a pris ses cliques et ses claques : son émulateur de terminal va déménager sur une autre plateforme. Sur GitHub, où le logiciel est développé depuis 18 ans, il ne restera plus que le code source en lecture seule. « Je suis l’utilisateur GitHub 1299, inscrit en février 2008. Depuis, j’ouvre GitHub tous les jours, chaque jour, plusieurs fois par jour, depuis plus de 18 ans », écrit-il sur son blog. Mais alors, pourquoi cette décision ?
Les pannes s’enchaînent
C’est que GitHub n’est plus fiable à ses yeux. Mitchell Hashimoto a marqué d’un « X » les jours du mois où la plateforme a eu « un impact négatif sur ma capacité de travailler ». Résultat : un « X » « presque tous les jours ». GitHub n’est plus un environnement adapté à un travail sérieux « s’il vous bloque pendant des heures chaque jour ». Il partagera un peu plus tard les détails sur le déménagement de Ghostty ; cela prendra du temps de retirer les dépendances sur GitHub. La popularité de l’utilitaire est telle que plusieurs fournisseurs se montrent intéressés.
Kyle Daigle, le directeur des opérations de GitHub, a répondu au développeur en se disant désolé de le voir partir : « L’équipe va continuer à travailler pour faire de GitHub un service vers lequel vous aurez envie de revenir, preuves concrètes à l’appui, pas seulement des promesses ». Il ajoute qu’il continuera de soutenir Ghostty en tant qu’utilisateur.
Mitchell Hashimoto n’est pas le seul à en avoir sa claque de GitHub. En novembre dernier, Andrew Kelley annonçait le déménagement de son langage Zig créé en 2015, vers Codeberg. « Il est clair que l’excellence technique qui a fait le succès de la plateforme ne la guide plus. Les priorités et la culture d’ingénierie se sont dégradées, laissant les utilisateurs aux prises avec une sorte de framework JavaScript lourd et truffé de bugs, au nom du progrès », regrette-t-il, avant d’asséner que « ce qui était autrefois rapide est désormais lent, et souvent complètement cassé ».
Andrew Kelley fait remonter les problèmes de GitHub à son acquisition par Microsoft en 2018, pour 7,5 milliards de dollars. À l’époque, la plateforme prédisait « un futur brillant ». Un des problèmes soulevés par les deux développeurs concerne le système d’automatisation GitHub Actions, qui déclenche automatiquement des tâches dès qu’un événement se produit sur un dépôt (un commit, une pull request, un déploiement…). Le jour de la publication de sa note, Mitchell Hashimoto expliquait ne pas avoir pu relire et valider les pull requests pendant deux heures à cause d’une panne de GitHub Actions. Pour Andrew Kelley, ce service a été « complètement négligé ».
Un ou deux développeurs qui quittent GitHub, ce n’est pas encore une hémorragie ou une fuite des cerveaux. Il s’agit toutefois de profils bien connus, qui sont présents et actifs sur la plateforme depuis des années et qui pourraient en inspirer d’autres à regarder ailleurs.
Aux bugs s’ajoutent les failles de sécurité. Ce lundi 28 avril, GitHub donnait des précisions sur un correctif mis en ligne deux heures après la réception du rapport de vulnérabilité sur le Bug Bounty de la plateforme. Il s’agissait d’une faille critique permettant d’exécuter du code à distance. Il n’y a eu aucune exploitation, et GitHub tient à faire savoir au monde sa rapidité de réponse. Néanmoins, cela participe aussi à une certaine défiance.
GitHub incrimine l’explosion du volume de requêtes
GitHub a indirectement répondu à ces critiques par l’intermédiaire d’un billet de blog, lui aussi daté du 28 avril, signé par Vlad Fedorov, directeur technique. Ce dernier y explique que GitHub a engagé un plan de multiplication par dix des capacités de sa plateforme, précisément pour en améliorer la fiabilité, mais l’effort se serait finalement révélé insuffisant : en février, il aurait ainsi mesuré que ces capacités auraient dû progresser d’un facteur 30, principalement à cause de l’essor des agents IA : « Le principal facteur est l’évolution rapide des méthodes de développement logiciel. Depuis la seconde moitié de décembre 2025, les flux de travail de développement automatisés se sont considérablement accélérés. »
Fedorov promet à cette occasion que les équipes sont entièrement mobilisées sur le sujet :
« Nos priorités sont claires : la disponibilité d’abord, puis la capacité, et enfin les nouvelles fonctionnalités. Nous réduisons les tâches inutiles, améliorons la mise en cache, isolons les services critiques, éliminons les points de défaillance uniques et déportons les processus critiques vers des systèmes conçus pour ces charges de travail. »
L’IA pointée du doigt
Cette remarque peut être perçue comme paradoxale du point de vue des développeurs qui observent l’insistance avec laquelle Microsoft cherche à fourrer de l’IA générative partout dans GitHub. Le développeur de Zig rappelle les propos tenus en août 2025 par Thomas Dohmke, le directeur général de la plateforme : « Soit vous adoptez l’IA, soit vous quittez votre carrière. »
Reste à voir comment cette IA s’intègre dans GitHub. Mais pour Andrew Kelley, le compte n’y est pas : GitHub Actions a commencé à choisir les tâches à exécuter de manière « apparemment aléatoire ».
Ce trop plein d’IA et la grogne qui en découle ont manifestement atteint les oreilles des dirigeants de Microsoft. L’éditeur va prioriser la stabilité et la fiabilité de Windows 11, en réduisant la voilure sur les fonctions d’IA qui n’apportent aucun bénéfice. Et même chez Xbox, la nouvelle direction incarnée par Asha Sharma ne veut pas inonder sa plateforme de « bouillie IA ». Alors à quand la prise de conscience chez GitHub ?
Commentaires (47)
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Abonnez-vousLe 29 avril à 18h05
Puis, au final, suffit juste d'attendre assez de merdification pour écœurer.
Les géants de la Tech ont cette incroyable faculté à suicider leurs produits du haut de leur tour d'ivoire.
Le 29 avril à 19h19
Le 30 avril à 10h38
Modifié le 30 avril à 11h28
Les produits Oracle sont merdiques by design.
J'ai assez de PTSD comme ça avec eux, sans parler de leur console Cloud qui est la pire que j'ai pu voir.
Modifié le 30 avril à 13h54
Le 30 avril à 14h30
Le 1er mai à 09h02
et tout les 6 mois j'ai une dialogue qui me demande si c'est bien : non, c'est de la merde votre truc, j'ai pas choisi de l'utiliser. Pourquoi volontairement j'utiliserai une solution aussi lentet don't l'ergonomie est catastrophique ? 🤔
Avant on avait leur solution de mail et de chat, c'était pas mieux, on l'a remplacé par Thunderbird un temps, puis migration complète chez Microsoft. 🫠
Le 30 avril à 09h14
Une boite spécialiste de la connerie naturelle voulant trouver son salut dans l'intelligence artificielle, mais qu'est-ce qui pourrait bien ne pas aller?!!
Le 30 avril à 09h56
Vois êtes tous en train de vomir sur MS, mais en attendant leur société est florissante et génère des profits!
Le 30 avril à 10h03
Le 30 avril à 18h55
Le 30 avril à 10h24
De façon plus générale, sur le podium des boites tech qui ont le plus vite et plus fort cramé la valeur de leurs achats on peut citer (sans ordre particulier) :
Le 30 avril à 10h40
Mais sinon, oui, je suis tout à fait d'accord avec toi.
Le 30 avril à 10h40
Le 30 avril à 11h00
Le 30 avril à 10h38
Le 29 avril à 18h13
Le 29 avril à 18h40
Modifié le 30 avril à 14h59
Moi il me semble que ça marche aussi lorsque des financiers rentrent dans une boite, voire dans certains cas quand les dev prennent le melon (minio).
C'est aussi très dur de garder une ligne "not evil" quand le nombre d'utilisateurs explose et donc coûts en face aussi. Github est devenu tellement une référence, typiquement un build yocto c'est plus de 1000 "git clone" sur une image standard... et ça avant le rachat.
A un moment, le problème pour moi c'est pas le service c'est la centralisation - surtout quand celle-ci est faite par habitude.
Il faut se trouver une niche profitable et y rester discret :-)
Le 29 avril à 19h07
D'autres utilisateurs mécontent qui ont mis en place des suivis détaillés et c'est assez accablant https://mrshu.github.io/github-statuses/
Modifié le 29 avril à 19h45
On pourrait presque prendre le graphique et remplacer le "Microsoft aquires Github" par "Github Actions introduced" six mois plus tard.
Le 29 avril à 21h34
Mais c’est clair que j’ai un ressenti (tout à fait subjectif) que github est down plus ces dernières années.
Le 29 avril à 18h18
Le 29 avril à 19h02
Et ne parlons pas de la gestion du rebase où les numéros de commits changent, même pas capable de faire un git rebase ou un git merge fast-forward. Et on est tombé sur certaines limites sur lesquelles, il y a des issues depuis le début de GitHub Actions et qui n’ont jamais été résolu. Résultat, on envoyait vers notre Jenkins bien souvent. Et c’était plus rapide/stable que GitHub Actions. J’aime bien la syntaxe et l’idée de GitHub Actions et de son côté multiplateforme/multiarchecture (x86/ARM, Win/Mac/Linux). Car certains ne se basent que sur les conteneurs et là, bonne chance pour compiler ta version Windows ou Mac/iOS de ton application.
Et maintenant, vu les changements opéré au niveau de GitHub Copilot, ils ont réussi à me faire annuler mon plan GitHub Copilot Pro. Les multiplicateurs de requêtes vers GPT 5.4 ou Sonnet 4.6/Opus 4.7 sont devenus difficilement acceptables.
J’ai l’impression que le gouvernement Néerlandais a bien fait de choisir Codeberg/Forgejo.
Modifié le 29 avril à 20h03
Sur le graphe on pourrait presque remplacer la ligne "Microsoft acquires Github" par "Github Actions introduced" six mois plus tard.
L'article indique que les développeurs critiquent la fiabilité des Actions, mais en même temps, puisque ce service n'existait pas avant le rachat, ça peut difficilement s'être empiré avec l'arrivée de Microsoft.
Sinon passez sur Codeberg ;)
P.S. : D'ailleurs je pense que le graphique est faux puisqu'il tire ses données de la page de status de Github, qui indique 100% d'uptime depuis 2016 pour Actions alors même que le service n'existe que depuis fin 2018. Les données indiquent donc 100% quand il n'a pas de données, il est probable que cette page de status aie simplement été mise en place après le rachat, d'où le 100% parfaitement stable avant.
Le 29 avril à 20h13
Effectivement comme dit plus haut, M$ achète régulièrement des pépites (pour essayer de rester dans la course) et ça finit invariablement au fond des toilettes... les exemples sont innombrables : Skype, Nokia, ...
Mais dans la "merdification" [(c) Cory Doctorow] , les autres ont l'air de pas mal suivre aussi maintenant !
Le 29 avril à 20h15
Le 30 avril à 08h33
Étant assez récent sur github, je n’ai pas vécu le côté historique, mais l’intégration IA, github action, codespaces, franchement c’est pas mal (même si c’est pas parfait, mais quel service l’ai…).
Après le changement récent de politique sur Github Copilot il pique sévère et m’a fait basculer chez la concurrence, mais ça n’enlève pas que le produit, de manière intrinsèque, il est sympa.
Le 30 avril à 09h43
Le 30 avril à 13h17
Oui, sincèrement. Azure Functions, Service Bus, Cosmos DB, AKS, Azure OpenAI, Logic Apps… y a de quoi faire, et plutôt bien. Que l’API bouge, c’est vrai — mais c’est aussi le cas chez AWS (combien de versions du SDK boto, combien de “v2” qui remplacent des “v1” toujours en GA ?) et chez GCP. Un cloud qui n’évolue pas, c’est un cloud qui meurt.
Les services managés sont souvent sujets à bugs/instabilités
Tes collègues n’ont pas tort sur certains services, mais soyons honnêtes : les trois hyperscalers ont leurs casseroles. AWS a eu des pannes us-east-1 légendaires, GCP a déjà mis Spotify et Snapchat à genoux, Azure a eu son lot de soucis aussi. C’est le jeu à cette échelle.
Et si on regarde ce que disent les chiffres plutôt que les ressentis : selon Synergy Research (Q4 2025), AWS est à ~28% de PdM, Azure ~20%, GCP ~14%. Azure est aussi celui qui croît le plus vite en valeur absolue parmi les deux leaders. Si c’était vraiment “de la merde”, l’adoption entreprise ne suivrait pas cette courbe-là — surtout sur des workloads critiques.
Après, chacun son écosystème de prédilection. Mais réduire Azure à “ça bug” quand on est AWS, c’est un peu comme un fan PlayStation qui dit que la Xbox c’est nul sans avoir touché la manette : ça en dit plus sur le biais que sur le produit. 😉
Le 30 avril à 14h17
Les évols dont tu parles sur aws sont vieilles, l'api est largement stabilisée depuis au moins 3 ans. Toutefois il est vrai que la partie S3, la plus vieille donc, est un merdier complet.
Je connais pas personnellement les services managés azure mais j'ai du mal à croire que aks soit particulièrement mieux (performant, stable, fonctionnel) que gks qui est la réf ou même eks (surtout en auto mode), idem pour functions vs lambda.
Le 29 avril à 22h59
Par contre en ce moment c'est vrai que filter les PR ça marche un jour sur deux...
Le 30 avril à 09h18
Le 30 avril à 00h42
En gros on a vu des pointures comme : BitBucket, SourceForge et Github, s'enshitifier. Et probablement d'autres. Que sera codeBerg dans 1 ans, 2, 5 10ans ??
C'est un peu toujours la même histoire. Un produit séduit par sa simplicité et n'incluent pas de bidules dans tous les sens. Et au fil du temps, le succès s'étiole car tout simplement les personnes aux commandes oublient ce qui a fait leur succès. L'IA qui tombe à pic en plus n'arrange absolument rien du tout.
Avec tous les NAS et les services de cloud en ligne que nous avons. Peut-être faut il penser pour ce qui est personnel à du self hosting. Il y en a qui parlent de Gitea : https://about.gitea.com/
Self hosting ne veut pas dire qu'on exclue le communautaire. Mais ce serait un peu plus compliqué. Quoique des réseaux sociaux le font bien...
Bref plutôt que de changer de trottinette; peut être faut il approcher les choses de manière plus pérennes.
Le 30 avril à 09h42
Le 30 avril à 10h02
Le 1er mai à 01h24
Le 30 avril à 01h17
Mais ceci dit Github est un cas fascinant: que se passe-t-il quand la communauté open-source "choisit" d'utiliser un logiciel propriétaire pour sa brique essentielle (lol)!?
C'est un peu le dilemme fondamental dans le libre: il y a plusieurs mentalités qui cohabitent, et on sent bien la tension entre les " idéalistes"et et les "pragmatiques".
Le 30 avril à 10h27
Le 30 avril à 06h36
Le 30 avril à 08h14
Le 30 avril à 09h28
Après s'être copieusement servi, puis de monnayé ce qui les plombe…
Le 30 avril à 09h45
https://mastodon.social/@bagder/116486449013637728
Modifié le 30 avril à 12h42
Cette culture de la vente à tout prix et de l'absence de prise en compte de l'utilisateur est symptomatique.
On connait le Too big to fail. Quid du Too big to exist?
Le 30 avril à 13h20
Le 30 avril à 12h43
Le 2 mai à 13h23
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