L’arrivée de Rust dans APT provoque des débats dans la communauté Debian
L'un des développeurs de Debian a annoncé l'inclusion prochaine de code en Rust dans le gestionnaire APT. La décision reflète une volonté de renforcer la sécurité du composant, mais soulève de nombreuses questions et critiques.
Le 06 novembre à 09h30
4 min
Logiciel
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Comme nous l’avons vu récemment à travers notre interview de Sylvestre Ledru, directeur de l’ingénierie chez Mozilla, le langage Rust s’insinue partout. Ses performances et ses mécanismes de sûreté de la mémoire en font la nouvelle coqueluche de bon nombre d’entreprises pour la programmation système.
Du Rust dans APT
Dans la sphère Linux, son arrivée provoque davantage de remous, avec des débats relatifs à son utilisation dans le noyau. Dans Debian, le développeur Julian Andres Klode a publié le soir d’Halloween un message important :
« Je prévois d'introduire des dépendances Rust et du code Rust dans APT, au plus tôt en mai 2026. Cela concernera dans un premier temps le compilateur Rust, la bibliothèque standard et l'écosystème Sequoia. Notre code d'analyse des fichiers .deb, .ar et .tar, ainsi que le code de vérification des signatures HTTP, bénéficieraient particulièrement de l'utilisation de langages sécurisés en mémoire et d'une approche plus rigoureuse des tests unitaires. Si vous maintenez un port sans chaîne d'outils Rust fonctionnelle, veuillez vous assurer qu'il en dispose dans les six prochains mois, ou supprimez le port. Il est important pour l'ensemble du projet de pouvoir aller de l'avant et de s'appuyer sur des outils et des technologies modernes, sans être freiné par la tentative d'adapter des logiciels modernes à des appareils informatiques rétro »
Dans le courant de l’année prochaine, le gestionnaire de paquet APT va donc commencer à intégrer du code en Rust. Autrement dit, Debian elle-même aura une exigence stricte sur la prise en charge du langage sur toutes les architectures.
Critiques et inquiétudes
Pour les utilisateurs de la distribution, cela ne devrait rien changer. Pour les développeurs en revanche, il y aura des travaux plus ou moins importants, car il faudra prévoir une chaine de compilation Rust fonctionnelle en plus des outils traditionnels comme GCC. En clair, la complexité va monter d’un cran, notamment sur les architectures moins courantes où le langage n’est pas bien supporté.
Pourquoi ce problème ? Parce que le compilateur Rust repose sur l’infrastructure LLVM, quand l’immense majorité des compilations dans les systèmes Linux sont effectuées avec GCC. Si LLVM présente certains avantages (comme la compilation Just-in-time), il est également supporté par un plus petit nombre d’architectures, contrairement à GCC qui est plus ancien, plus éprouvé et présent pratiquement partout.
Dans les commentaires de Phoronix, on peut lire différentes inquiétudes au sujet de cette annonce. La principale est qu’en l’absence de compilateur Rust sur une partie des architectures supportées par Debian, la distribution risque de perdre son côté « universel » à sa prochaine itération majeure. Certains commentaires mettent aussi en avant la fiabilité éprouvée de GCC, qui correspond à la philosophie de Debian de ne pas bondir sur les dernières technologies, privilégiant la plus grande stabilité possible.
Citons également le poids : le compilateur Rust et sa chaine d’outils sont plus volumineux que GCC et sa compilation est plus lente, ce qui pourrait poser problème pour les systèmes embarqués et des configurations plus anciennes. D’autres encore s’inquiètent d’une dépendance accrue envers l’écosystème Rust et ses binaires précompilés, créant des interrogations sur la sécurité et l’auditabilité du code.
L’arrivée de Rust dans APT provoque des débats dans la communauté Debian
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Du Rust dans APT
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Critiques et inquiétudes
Commentaires (53)
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Abonnez-vousModifié le 06/11/2025 à 09h44
Ca rappelle X/Wayland, initd/systemd, IPv4/v6...
Le 06/11/2025 à 09h57
Le 06/11/2025 à 10h20
Bon, par contre, si je voulais être cynique, il veut en gros faire ce que Microsoft a fait avec Windows 11 qui s'est fait tirer dessus à boulets rouges à cause de la compatibilité cassante du hardware
Modifié le 06/11/2025 à 16h53
Le 13/11/2025 à 08h22
Maintenant, autant voir du rust arriver sur des dépendances dispensables ou pour des modules destinés à supporter du nouveau matériel, pourquoi pas.
Mais sur un composant au cœur du système d'installation/mise à jour, c'est plus le même problème. L'avantage, c'est qu'on voudrait démontrer les problèmes posés par l'inclusion de rust qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Pour un existant bien mature, je trouve que c'est en prime du boulot parfaitement inutile qui serait mieux employé ailleurs: Un truc stable, on a tout intérêt à utiliser les outils d'analyse de code existants pour trouver les failles qui peuvent rester sur des trucs codés en C/C++: C'est certes long, mais sur du stable qui bouge peu on s'en fout car ce sera pas souvent.
En prime, faut pas oublier le poids de Linux dans l'embarqué. Et là, les industriels, tant que C restera plus performant que Rust il ne sera pas question de changer. Surtout quand le problème de la gestion mémoire que Rust prétends résoudre est résolu depuis des années par les progrès des outils de génération (qui si on monte le niveau de check ne laissent plus passer grand chose, ce qui est parfois un peu casse-couille quand on doit polluer le code avec les déclarations ad-hoc pour faire passer l'utilisation d'un pointeur weak à coverity ou un break non présent à dessein dans une branche de case) et de check sources derrière.
Le 06/11/2025 à 10h25
C'est aussi un problème de communication. A chaque fois que ces produits sortent; ils oublient de présenter clairement les intérêts majeurs par rapport à ses concurrents. Et le comment faire ce qu'on faisait avant avec ceci.
Enfin il y a les gens ou les entreprises elles mêmes qui ne sont pas prêts à tout reprendre d'un coup sans avoir des certitudes. Celles-ci ne sont pas livrés avec le schmilblick. Organisation, formation, menace sur l'emploi du dev, bugs. Pendant la migration on ne fait pas autre chose.
Le meilleur exemple que j'ai était .Net6 à sa sortie. Net MAUI était censé résoudre tout les problèmes de l'humanité. Bon, WPF est encore là...
Modifié le 06/11/2025 à 10h55
Microsoft propose un nouveau SDK graphique unifié et révolutionnaire à chaque version de windows. Donc bien trop souvent pour espérer une adoption. C'est pas trop comparable avec la timeline de LLVM , wayland, ...
Le 06/11/2025 à 11h30
Les premières années, Rust était un langage "instable" avec des évolutions permanentes, pas forcément compatible (retrait du ramasse-miettes par exemple).
Si le choix de Rust pour de nouveaux projets est effectivement plus simple à faire, pour des projets existants, c'est prendre un risque. Risque de créer des incompatibilités, risque d'alourdir les tâches de maintenance et la correction de bogue, risque d'alourdir l'ajout de nouvelles fonctionnalités, etc.
Avoir un projet utilisant plusieurs langages, c'est pas forcément une bonne idée si le besoin derrière n'est pas un besoin impérieux. Le choix d'inclure ou non Rust doit se faire en contrebalançant avantages et inconvénients, pas juste sur un "effet de mode".
Dans le cas d'APT, c'est la perte du support de certaines architectures qui me semble le plus impactant. C'est loin d'être anodin pour un projet comme Debian.
Le 06/11/2025 à 11h35
Le 06/11/2025 à 11h45
Le 06/11/2025 à 12h38
Le 13/11/2025 à 08h27
PowerPC, MIPS??? Ah bin non en fait! Pour ne citer que 2 qui restent très présents en embarqué, en particulier télécoms...
Modifié le 06/11/2025 à 15h44
Le changement majeur de système d'affichage nécessite d'être en capacité (connaissance, savoir-faire) pour aller trifouiller de la base de code d'il y a maintenant parfois 40 piges, en y allouant du temps, tout en s'assurant de la rétro-compatibilité avec des matériels qui ne sont pas nécessairement sous la main.
Ce serait facile de critiquer avec les bras croisés, comme toujours, et comme c'est souvent le cas d'ailleurs.
Tu mentionnes
SystemdvsSysVinit(et en fait… tout les autresinit).Il ne faut pas oublier que la résolution Debian ayant fait basculer le système
initsurSystemdrésulte simplement d'un passage en force : la communauté était singulièrement divisée, à 50/50. La bonne approche aurait consisté en la reconnaissance de cet état et au maintien du statu quo.Ce monde ne sachant décidément pas gérer les situations complexes sans passer en force, c'est bien comme cela que
Systemdest devenu un pilier d'une distribution majeure, centrale pour beaucoup d'autres… avec tout ce que cette hydre monolithique (en)traîne de négatif.Imagine que cette incapacité arrive dans la sphère politique : ce serait incroyable. Sorti de ma pure imagination, imagine une Première Ministre dégainer 23 49.3 à la sulfateuse en 18 mois : ce serait d'une violence inouïe et une fontaine d'injustice touchant la vie d'êtres humains. Comme toujours lors des passages en force.
Tu mentionnes IPv4 vs IPv6… en balayant d'un revers de la main l'infinie complexité d'IPv6, et du cauchemar à maitriser ses différents mécanismes : SlAAc, DHCPv6 (rien à voir avec DHCP), ses modes RA & PD, et les différentes problématiques relatives à l'anonymisation et à la double pile.
Je ne mentionne même pas la difficulté niveau matériel, dans un monde qui y est très dépendant.
Alors certes, ce n'est pas une justification pour ne pas s'y mettre, mais si les techniques, les petites mains, avaient à disposition les cordons de la bourse, il en serait différemment, car c'est du temps, beaucoup de temps, et des problèmes en cascade, donc de la monnaie sonnante & trébuchante, à prévoir.
Je passe sur LLVM présente que sous l'angle d'avantages supposés sur GCC présenté comme historique (comprendre vieillot) : je pense que ceci se passe de commentaire.
Une liste qui semblait homogène, et non-terminée par l'ellipse, et qui n'avait donc pour seul raisonnement sous-jacent qu'un modernisme implicite, rassemble finalement donc que des situations radicalement différentes, des problématiques spécifiques, et qui n'ont qu'en commun que l'importance des moyens (gens, temps, volonté) à y consacrer… qui généralement manquent.
Ne s'agirait-il là encore, au fond, que d'un sempiternel argumentum ad novitatem ?
Le 06/11/2025 à 15h59
Mais je crois qu'il y a aussi beaucoup, beaucoup de gatekeepers qui veulent rester sur la techno qu'ils maitrisent et ont la flemme (ou la crainte) de voir leur monde changer.
Perso, je n'aime pas la syntaxe de Rust. Mais ca ne m'empêche pas de reconnaitre qu'il y a un engouement autour de ce langage et qu'il propose des avantages par rapport au C. Donc tant pis pour moi si je ne l'aime pas, il mérite que j''accepte son adoption.
Pareil avec IPv6.
Bon, pour wayland j'ai toujours trouvé que X fonctionnait à l'envers, même si l'idée est conceptuellement "logique". Donc j'ai accueilli Wayland comme une amélioration.
Le 06/11/2025 à 20h52
Je vais juste rebondir sur IPv4/IPv6 et ton affirmation: « l'infinie complexité d'IPv6, et du cauchemar à maîtriser ses différents mécanismes : SlAAc, DHCPv6 (rien à voir avec DHCP), ses modes RA & PD, et les différentes problématiques relatives à l'anonymisation et à la double pile ».
Ce que tu décrit est un ressenti qui t'est personnel ; mon expérience et mon ressenti sont diamétralement opposée. Ce qui me gène donc est que tu décrit ton ressenti comme une vérité absolue.
Perso, ce qui me fait chier quotidiennement, dans mon travail, mes occupations associatives et mes expériences perso, c'est IPv4 et toutes les bidouilles que l'on doit se coltiner pour essayer de compenser ses défauts.
Mon ressenti est qu'IPv6 me simplifie grave la vie. Tout est tellement plus simple pour moi en IPv6 que j'ai bien du mal à comprendre pourquoi on n'a pas encore arrêté IPv4.
La seule chose qui m'agace avec IPv6 c'est DHCPv6 dont même les concepteurs ont reconnu que c'était une très mauvaise idée. DHCP mérite d'être enterré avec IPv4, vraiment. C'est une des raisons pour moi de fuir Orange pour la fibre et de préférer free.
Pour le coup, je loue Google pour le doigt d'honneur qu'ils font en bloquant le protocole DHCPv6 dans Android. Je dis rarement du bien de Google mais je dois bien leur être reconnaissant dans le cas présent.
Mon conseil pour une transition zen, oublie totalement DHCP et utilise exclusivement les annonce de route.
Au plaisir de débattre de ce sujet avec toi à l'occasion.
Modifié le 07/11/2025 à 14h18
Perso je trouve IPv6 aussi compliqué que IPv4.
IPv4 c'est compliqué pour la communication LAN/WAN
C'est à dire 99.9% des usages domestiques "box internet"
IPv6 c'est compliqué pour la communication sur le meme LAN.
C'est à dire 99.9% des usages domestiques "2nd PC, NAS, printer, ..."
J'aurais tendance a dire que IPv6 est plus simple dans l'idée, mais pas dans l'implémentation avec ses préfixes magiques et ses workarounds pour faire cohabiter IPv6/v4.
Le 07/11/2025 à 14h38
- la cohabitation avec l'IPv4
- ceux qui connaissent IPv4 et qui veulent faire de l'IPv6 comme ils faisaient de l'IPv4.
Mais en soit, l'IPv6 n'est pas plus compliqué que l'IPv4 (j'ai même trouvé ça plus simple perso).
Modifié le 07/11/2025 à 15h57
Mais..
MAIS...
Quelqu'un s'est dit "Hey ! pour faciliter l'adoption on va gérer des cas particuliers"
Le 07/11/2025 à 16h56
Le 08/11/2025 à 12h38
Là où le format des adresses IPv4 n'avait rien de prévu pour différencier les usages (d'où les valeurs magiques de subnet), le format IPv6 avait tout loisir d'y réfléchir. D'ailleurs les premiers bits ont une sémantique dans IPv6. Mais visiblement ca a du merder quelque-part et on a réintroduit les valeurs magiques de global/link.
Le 08/11/2025 à 13h49
Les classes d'usage n'ont pas besoin d'être "technique". Cela ne ferait que complexifier le protocole pour rien. Le retour d'IPv4 montrait justement que cela fonctionnait très bien. C'est même plus simple je trouve en IPv6, car la répartition des adresses n'est pas fragmentée entre du global (IP publique )et du local (IP privée).
D'ailleurs, si tu regardes la représentation binaire, les classes sont justement des bits mis à 0 ou 1. Les classes en IPv6 ne sont donc que l'expression des premiers bits, et absolument pas des valeurs magiques choisies arbitrairement (comme cela pouvait être le cas en IPv4 avec les adresse en 10.x.x.x, 192.168.x.x, etc.)
Le 09/11/2025 à 18h02
Le 10/11/2025 à 08h12
Modifié le 07/11/2025 à 19h38
Le 08/11/2025 à 13h12
(*) sauf quelques valeurs réservées, qu'on a aussi en IPv6.
Le 08/11/2025 à 16h29
- Des adresses link local non routables: 169.524.0.0/24
- Des adresses locales routables: 10.0.0.0/8, 172.16.0.0/12 et 192.168.0.0/16
- Des adresses globales avec des plages diverses.
La grosse différence est que tu peux avoir les trois types en même temps en IPv6 alors que IPv4 impose de choisir l'une d'entre-elles. C'est donc IPV4 qui impose et qui limite alors qu'IPv6 permet d'avoir jusqu'à 16 adresses de plusieurs types (un bonheur pour les serveurs).
Qui plus est, les plages sont bien plus simples à gérer (un bonheur pour les pare-feux).
Donc, en quoi IPv6 te pose-t-il réellement problème ?
Le 08/11/2025 à 17h51
Et le pire c'est que ca été volontairement complexifié pour pouvoir cohabiter avec IPv4 et assurer une transition "facile". Au final c'est plus complexe que nécessaire et l'adoption n'est pas au rendez-vous.
Est-ce que tu appelles cela une réussite ?
Le 08/11/2025 à 21h38
Quand on y regarde bien, les opérateurs y sont pour quelque chose mais les politiques aussi car il suffirait de statuer légalement que la fourniture d'une connectivité IPv4 n'est pas obligatoire dans une offre d'accès ou d'hébergement mais que celle d'IPv6 l'est et cela bougerait bien plus vite.
Quand on voit des hébergeurs comme o2switch qui ne proposent pas d'IPv6 alors qu'ils ont un préfixe alloué, on se dit qu'il y a manifestement des claques qui se perdent.
Le 06/11/2025 à 23h02
https://www.debian.org/vote/2019/vote_002
Mais bon, il semble que même avec le système le plus démocratique possible il y en a toujours pour hurler au passage en force.
Des fois des ruptures sont nécessaires, ce qui implique des tensions, c'est normal. Le status quo est parfois aussi très violent. La manière dont Debian gère ces débats et ces tensions normales tout en préservant sa capacité d'évoluer est plutôt exemplaire à mon avis.
Le 06/11/2025 à 19h15
Le 06/11/2025 à 09h55
Modifié le 06/11/2025 à 11h49
Le 06/11/2025 à 11h49
Ensuite, Rust et son écosystème standard va faciliter d'autres bonnes pratique. Son apprentissage va même parfois permettre de se rendre compte que certaine pratique que l'on avait sont mauvaises, alors que l'on ne pensait pas.
Le langage complété de l'écosystème, une fois un apprentissage minimal fait, va rendre moins couteux intellectuellement d'appliquer les bonnes pratique, de vérifier le code existant ou les propositions de changements.
Le 06/11/2025 à 15h32
- Rust est un outil qui facilite l'apprentissage des bonnes pratiques par des programmeurs "débutant".
- utiliser Rust est un moyen d'attirer de nouveau contributeurs et notamment des personnes attachées à l'usage de bonne pratique.
En tant que programmeur, malgré l'envie j'ai toujours eu du mal à contribuer à des programmes écrit en C/C++, alors que c'était mon langage professionnel. Alors qu'en Rust j'ai beaucoup plus facilement pu contribuer à différent projets open-source.
Le 06/11/2025 à 10h09
Euh...LLVM a 22 ans et Rust en a 13.....
Modifié le 06/11/2025 à 10h14
EDIT: Alpha, Motorola 68000, HP, et sh4 dont j'avais même jamais entendu parler.
Le 06/11/2025 à 10h46
Le 06/11/2025 à 11h24
Le 06/11/2025 à 10h59
Le 06/11/2025 à 11h27
J'ai pas suivi la communauté des émulateurs depuis qques années, mais avoir relancé un Dungeon Master sur Steem m'avait bien fait plaisir :) Comme quoi on grandit pas des masses.
Modifié le 07/11/2025 à 13h30
Edit : c'est également évoqué dans les commentaires de l'article de Phoronix : https://www.phoronix.com/forums/forum/phoronix/latest-phoronix-articles/1588502-debian-s-apt-will-soon-begin-requiring-rust-debian-ports-need-to-adapt-or-be-sunset?p=1588518#post1588518
Le 06/11/2025 à 10h11
Quel cynisme. Ça revient à : démerdez-vous pour porter clang sur une nouvelle archi ! Bien sûr, ça se fait en 3 minutes.
Le 06/11/2025 à 11h42
Le 06/11/2025 à 11h25
L'histoire, pas si vieille de xz, doit remonter en mémoire chez pas mal de gens.
La compatibilité aux différentes archi est également un gros sujet, mais je pense que ça peut être contourné, probablement au prix de l'universalité effectivement, mais il y a peut-être d'autres voies.
Le 06/11/2025 à 11h45
Le 06/11/2025 à 12h47
Modifié le 06/11/2025 à 15h18
On pourrait exiger de soi-même un minimum d'empathie avec les autres, notamment sur ce genre de changement d'ampleur, quand on ne veut pas être violent.
Cette décision semble effectivement contraire à l'adoption de technologies éprouvées sur le plus grand nombre possible d'architecture : c'est la nature, le cœur, la signature Debian.
D'ailleurs, cela forme la source des sempiternelles critiques de modernistes qui préfèrent taper sur un outil qui ne leur correspond manifestement pas plutôt que d'en choisir un qui le ferait.
La chaine d'outils LLVM est loin d'être la panacée (n'en déplaise aux modernistes), et une des véritables souffrances actuelle de Rust est de ne pas bénéficier d'une compilation GCC.
Je suis donc étonnée d'une charrue mise avant les bœufs, à vouloir faire rentrer un langage (que j'attends pourtant de mes vœux !) dont l'écosystème n'est pas prêt dans cette distribution.
Une solution, évoquée nulle part par personne, est le fait qu'un groupe se démène pour tenter d'amener le support de Rust par GCC.
Peut-être faudrait-il commencer par là, y mettre de l'effort, donc y allouer des gens avec des compétences et du temps, afin d'aboutir à une solution fonctionnelle qu'il faudra ensuite rendre mature par l'usage, les retours d'expérience et la stabilisation de l'outil, avant d'envisager l'introduction de Rust dans Debian ?
En somme, il y a encore beaucoup à faire pour que l'écosystème Rust soit exploitable par des endroits recherchant des technologies matures & stables.
L'approche pragmatique dicterait donc que les plus fervents soutiens de Rust au sein de l'écosystème Debian aillent aident à faire avancer cette part du Schmilblick afin de pouvoir l'introduire sans renier les fondamentaux du projet.
Et que chacun s'assure que ses envies personnelles, aussi aiguës soient-elles, ne saccagent pas un projet et ne brutalisent pas les autres humains participent à son écosystème.
Le 06/11/2025 à 20h17
Modifié le 06/11/2025 à 21h25
La suite GCC supporte de nombreux langages. C, C++, Cobol, Ada, Fortran, etc. et j'en oublie très certainement.
Après, dans la suite, chaque compilateur peut avoir son binaire (gcc pour C, g++ pour le C++, gfortran pour le Fortran, etc.).
Il faut donc faire attention de ne pas confondre gcc (le binaire) avec la suite GCC (l'ensemble des compilateurs de GNU).
Modifié le 06/11/2025 à 21h34
Edit: Grillé.
Modifié le 07/11/2025 à 02h12
Rust est déjà utilisé en production et à grande échelle par de nombreux systèmes industriels, embarqués etc.
Un exemple parmi de nombreux :
https://blog.cloudflare.com/async-quic-and-http-3-made-easy-tokio-quiche-is-now-open-source/C'est normal de devenir plus conservateur avec l'age, mais il faut pas non plus pousser mémé dans les orties avec des histoires de brutalité et d'empathie, pour justifier de toujours garder le status quo avec des exigences sans fin.
Les évolutions technologiques ont toujours fait partie du métier.
Le 07/11/2025 à 10h22
(je parle en général)
Le 08/11/2025 à 20h41
Sur Gentoo Linux, j'ai pu observé pas à pas l'évolution de l'intégration de LLVM et Rust. Leur intégration au sein d'une méta distribution en rolling release expose parfaitement la complexité de LLVM comparé à GCC.
Lorsque j'ai vu apparaître le support alpha de Rust dans GCC, mon premier réflexe a été de poser la question si le but à terme était de pouvoir utiliser GCC comme compilateur Rust pour le système et en effet c'est l'espoir qui en est fait sur le long terme. Espoir simplement car le support de Rust par GCC n'en est qu'à ses débuts mais, à la vue du nombre de projets qui sont soit natif ou portés sur Rust dont pas des moindres tel certaines parties du kernel Linux, il est important de penser et concevoir pour le long terme car le support en parallèle d'une double toolchain GCC/LLVM est actuellement très coûteux.
Autant je peux comprendre le choix de rust pour sécuriser du code critique, autant je ne comprends pas que l'on puisse imposer un choix si lourd de conséquence à toute une communauté avec une deadline qui ressemble plus à un ultimatum qu'à un objectif sensé.
L'analogie faites avec systemd est plutôt bonne car systemd a été imposé très (voir trop) rapidement et je me rappelle encore très bien des comparaisons, lors de débats souvent houleux, des différents systèmes d'init dont certains ont été passé complètement sous silence (openrc au hasard).
Au final certains aspects de systemd sont toujours critiqués par des personnes compétentes dont le système d'init est primordial dans leur activité professionnelle. Cela donne l'amère impression d'un travail de lobbyiste pour imposer une technologie sans se soucier des réels utilisateurs de la technologie, ce qui me semble se rapproche bien plus d'une logique propriétaire qu'open source.
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