Ecosia propose que la justice lui transfère le contrôle de Chrome
Juste pour rendre service
Le 22 août 2025 à 08h14
Le moteur de recherche allemand à but non lucratif Ecosia se propose pour assurer la gestion du navigateur Chrome en lieu et place de Google, dans le cadre du procès antitrust qui doit décider d’un éventuel démantèlement des activités de la firme américaine.
Ecosia propose que la justice lui transfère le contrôle de Chrome
Juste pour rendre service
Le moteur de recherche allemand à but non lucratif Ecosia se propose pour assurer la gestion du navigateur Chrome en lieu et place de Google, dans le cadre du procès antitrust qui doit décider d’un éventuel démantèlement des activités de la firme américaine.
Le 22 août 2025 à 08h14
Droit
Droit
4 min
La justice américaine pourrait-elle décider de confier Chrome, le navigateur Web le plus utilisé au monde, à un petit moteur de recherche allemand dont les revenus servent à planter des arbres ? C’est l’hypothèse soutenue par Ecosia : l’entreprise à but non lucratif vient en effet de soumettre une proposition en ce sens au juge Amit Mehta, qui pilote le procès opposant le ministère de la Justice des États-Unis à Google, pour abus de position dominante.
La proposition n’a pas été rendue publique, mais c’est l’agence Reuters qui s’en est fait l’écho, jeudi. Selon cette dernière, Ecosia propose d’assurer la gérance de Chrome pour une durée de dix ans. L’entreprise allemande serait responsable du navigateur, mais ce dernier resterait la propriété de Google. La firme de Mountain View recevrait par ailleurs une compensation financière en échange de ce transfert.
Une reprise gratuite, pour rendre service
Christian Kroll, CEO d’Ecosia, a livré quelques détails supplémentaires à Techcrunch. D’après lui, Chrome aurait la capacité de générer l’équivalent de 1000 milliards de dollars de chiffre d’affaires au cours des dix prochaines années. La valorisation du navigateur, s’il devait être vendu aux enchères, se chiffrerait alors en centaines de milliards de dollars. Une enveloppe telle que seule une grande entreprise de la tech pourrait prétendre au rachat, ce qui conduirait, d’une façon ou d’une autre, à reproduire une situation d’abus de position dominante.
D’où cette idée de reprendre Chrome gratuitement. Christian Kroll évoque le schéma suivant. Google transfère la gestion de Chrome à Ecosia, qui s’engage si nécessaire à conserver les employés associés. La firme de Mountain View conserve la propriété intellectuelle de Chrome, et profite d’une compensation financière fixée à 40 % des revenus générés par le navigateur, soit, dans l’hypothèse avancée des revenus à dix ans, 400 milliards de dollars. Google reste par ailleurs le moteur de recherche par défaut.
Ecosia de son côté mettrait à profit les 60 % restants – 600 milliards de dollars, pour financer des projets à vocation écologique, conformément à sa mission première. D’après Techcrunch, l’entreprise allemande aurait illustré sa proposition de quelques exemples, tels que planter des arbres (sa marque de fabrique), soutenir des projets d’agroforesterie, ou investir dans des technologies d’IA « vertes ».
Un navigateur très convoité
Le juge Mehta sera-t-il séduit par cette proposition disons… peu conventionnelle ? Google s’y soumettrait-il de bonne grâce ? L’hypothèse parait peu plausible, précisément pour les raisons qu’invoque Ecosia : du fait de sa place de numéro un, Chrome est un actif à la valeur particulièrement élevée, et le logiciel suscite d’ailleurs déjà d’autres convoitises.
Mi-août, c’est un acteur de l’IA qui s’est positionné : la startup IA Perplexity a en effet fait parvenir à Google une offre de rachat de Chrome pour 34,5 milliards de dollars (soit le double de sa propre valorisation). Toujours dans l’IA, OpenAI n’a pas formalisé publiquement d’offre de rachat, mais l’entreprise dirigée par Sam Altman ne cache pas son ambition d’éditer, un jour, un navigateur sous-tendu par ses grands modèles de langage. Au printemps, l’entreprise avait d’ailleurs confirmé une marque d’intérêt lors d’une audition dans le cadre du procès de Google.
Face à ces candidats plus ou moins déclarés, Christian Kroll fait miroiter une valorisation nettement supérieure et un modèle de revenus partagés que Google connait bien.
Rappelons que la justice américaine a condamné Google pour abus de position dominante en août dernier. Bien que contestée par l’entreprise, cette décision a ouvert un nouveau temps judiciaire, au cours duquel le juge Amit Mehta cherche à évaluer les mesures correctives envisagées pour mettre fin à cette situation. Le démantèlement du triptyque recherche en ligne / publicité / navigateur Web fait partie des options envisagées, et le département de la Justice se déclarait encore au printemps favorable à une vente de Chrome.
Après trois semaines d’audience en avril, le juge Amit Mehta devait rendre son verdict quant aux mesures correctives au mois d’août. Une échéance imminente qui motive sans doute les communications opportunistes.
Commentaires (38)
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Abonnez-vousLe 22/08/2025 à 08h33
Dommage l'idée n'est pas mauvaise 👍
Modifié le 22/08/2025 à 08h52
Cela dit même en termes de géopolitique il n’y a aucune chance que les US refilent la gestion à une société européenne. Qui plus est les US de Trump à une société qui dit qu’elle va investir les 600 milliards de dollars de bénéfices dans des investissements écologiques.
Faut pas se leurrer, c’est simplement un coup de pub d’Ecosia qui ne leur coûte rien.
Le 22/08/2025 à 11h07
Le 22/08/2025 à 11h17
Une bonne méthode d'évaluation de la valeur d'une société est l'estimation des revenus futurs. C'est exactement ce qui est appliqué ici.
Sur cette évaluation elle-même, j'aimerais bien comprendre comment elle a été établie et quel périmètre elle comprend. Chrome en lui même ne rapporte rien, c'est l'utilisation par Google des données récupérées par Chrome en particulier pour la publicité qui rapporte.
J'ai donc du mal à voir ce que signifie "assurer la gestion du navigateur Chrome", si c'est exploiter les données des utilisateur pour faire du fric à la place de Google, je ne sais pas trop ce qu'on y gagne au final. Cela ne peut pas être seulement développer Chrome : ça coûte sans rapporter.
Le 22/08/2025 à 12h13
En fait, ça dépend de beaucoup de critères, commes les accords passés. Chrome ne génère rien en lui même, c'est les donnees et services qu'il apporte qui rapportent.
L'estimer a 1000 milliards en se basant sur rien, juste une capacité sur 10 ans, c'est un peu rapide. Il faut dire que plus le prix semble énorme mieux c'est pour vendre son projet...
Le 22/08/2025 à 14h09
Le 22/08/2025 à 18h06
Mais cela étant, si, la valorisation c’est bien souvent du doigt mouillé où chacun des concernés ne compte bien que ce qui l’arrange. Et dans le cas des sociétés cotées, c’est encore pire, c’est littéralement juste le reflet d’une hallucination collective.
Le 22/08/2025 à 09h29
Google ce qu'ils veulent c'est éviter le démantèlement, s'il y a une solution acceptable pour eux hors du statut co, c'est bien quelque chose qui se rapproche de ça.
Après, le côté UE faut pas se leurrer ça passera jamais, encore moins que le côté écolo avec l'administration Trump. Alors le cumul des 2 c'est no way.
Le 22/08/2025 à 10h18
Le 25/08/2025 à 16h56
De la même façon qu'"ecotree" se dit "vert" :
https://splann.org/derriere-le-vernis-vert-de-la-start-up-bretonne-ecotree-des-plantations-pas-si-ecologiques/
Le principe de défendre l'environnement c'est de planter des arbres qui ne seront jamais exploités sinon il n'y a aucun intérêt.
D'autant plus qu'Ecosia n'est qu'une surcouche aux moteurs de recherche US.
Le 22/08/2025 à 11h11
Le 22/08/2025 à 10h15
Le 22/08/2025 à 11h12
Le 22/08/2025 à 15h19
Le 22/08/2025 à 16h19
Le 22/08/2025 à 08h57
Le 22/08/2025 à 09h05
Le 22/08/2025 à 09h04
Ecosia, ils sont tellement écolo que chez eux c´est vraiment la marmotte qui met le chocolat dans le papier
hallualu.Le 22/08/2025 à 12h22
Une compétition juste, ok... mais entre américains.
Le 22/08/2025 à 13h09
Le 22/08/2025 à 13h27
Le 22/08/2025 à 15h15
Modifié le 22/08/2025 à 20h11
Le 22/08/2025 à 13h52
Le 22/08/2025 à 23h16
Que toutes les briques elles fonctionnent parfaitement les unes avec les autres... et encore mieux si ça peut rester tout en circuit fermé... tout y étant bien bien verrouillé... $$$...
Modifié le 22/08/2025 à 15h52
Mais pourquoi pas alors une fondation reconnue par tous ?
Voir même à l'ONU vu que cela concerne potentiellement des milliards de personnes ? Genre l'UNESCO, mais qui délèguerait le développement & le day-to-day à une société de service en informatique, genre...
ATOSou bienCAP GEMINI... enfin une bien et sérieuse quoi...Le 22/08/2025 à 17h46
Modifié le 22/08/2025 à 23h29
IE 6.0 est resté d'une remarquable "stabilité" pendant plusieurs années.
Stabilité ici, non pas que IE 6.0 ne crashait jamais, non, stabilité par : "en état de mort cérébrale" car :
"vu que ça marche à peu près bien, que c'est nous qui avons gagné, alors pourquoi se cass... le
Le 22/08/2025 à 17h25
Pour chaque violation de vie privée de la part du navigateur, un arbre planté !
Le 22/08/2025 à 23h09
Modifié le 25/08/2025 à 00h05
Le 22/08/2025 à 18h02
Le 22/08/2025 à 20h14
Modifié le 25/08/2025 à 10h54
En dehors de sa position dominante qui "dirige" un peu les évolutions technologiques majeures, en quoi un navigateur gratuit peut-il être valorisé à ce point ?
Modifié le 25/08/2025 à 11h35
Donc oui, ce navigateur est très fortement évalué parce qu'il est le moyen de traquer les comportements et donc faire du profilage ciblé (ce sont ces données qui valent cher, le navigateur est un moyen pour les obtenir). Alphabet vit de la pub, donc c'est pas pour rien qu'ils ont fait leur propre navigateur.
Le 25/08/2025 à 11h58
Je suis déjà "unique" sur AmIUnique, donc déjà parfaitement ciblé. Alors à quoi bon s'emmerder à acheter un navigateur les yeux de la tête si JS fourni déjà tout sur un plateau ?
Le 25/08/2025 à 12h14
Donc, plus que via un fingerprinting et de la déduction, ici le navigateur dit qui il est et associe les pratiques de ses utilisateurs. Cerise sur le gâteau quand le navigateur est associé à un compte de l'éditeur.
Le 28/08/2025 à 14h49
Ce qui rapporte de l’argent c’est l’exploitation des données qu’il permet. Donc soit on garde ce modèle et le fait que ce soit Écosia ou un autre n’a aucune importance, ça reste de la merde, soit on change ce modèle et il va falloir trouver un business modèle durable…
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