Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective
Lâche pose ton phone, les psys font pas d'ultimatum
Illustration : Flock
Le 21 août à 09h55
Les conséquences de l’usage du smartphone devant les enfants sont sources d’inquiétudes. Des psychologues ont mis en place une échelle d’évaluation des interférences liées aux appareils permettant de mesurer à quels points les pratiques des parents dérangent leurs relations avec leurs enfants.
Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective
Lâche pose ton phone, les psys font pas d'ultimatum
Illustration : Flock
Les conséquences de l’usage du smartphone devant les enfants sont sources d’inquiétudes. Des psychologues ont mis en place une échelle d’évaluation des interférences liées aux appareils permettant de mesurer à quels points les pratiques des parents dérangent leurs relations avec leurs enfants.
Société numérique
Société
4 min
Lorsqu’on fait une pause, on est nombreux à avoir très facilement le réflexe de sortir le smartphone et de scroller sur notre application favorite. Mais, en présence de quelqu’un, ce comportement devient rapidement un acte qualifié de « phubbing » (contraction de phone et snubbing ou « télésnobage », contraction de téléphone et de snober en français).
La dénonciation de cette pratique n’est pas nouvelle, des chercheurs viennent d’ailleurs de publier une revue systématique des études qui traitent de ce sujet. Mais beaucoup d’enfants se plaignent toujours du comportement de leurs parents concernant leurs smartphones et peu d’études listées dans cette revue systématique s’intéressent à cette situation en famille.
Une relation parents enfants altérée
On a donc encore du mal à quantifier les conséquences sur leurs affects, mais pourtant, 70 % des enfants interrogés par des chercheurs considèrent que l’utilisation des appareils par la personne qui s’occupe principalement d’eux a un impact au moins partiellement négatif sur leur relation.
Cette réponse, les enfants l’ont donnée dans le cadre d’une étude mise en place par le chercheur en psychologie du Newport Healthcare (à Nashville), Don Grant et ses collègues, publiée récemment dans la revue Frontiers in Psychology.
Ces chercheurs ont mis en place un test, appelé Device Attachment Interference Scale (DAIS), qui veut mesurer, comme son nom l’indique, les interférences des smartphones dans la relation d’attachement entre parents et enfants.
Ainsi, ils ont interrogé 575 enfants de 12 à 17 ans, en les recrutant sur la plateforme Qualtrics. Ils les ont interrogés sur les perceptions des effets de l’utilisation de leurs smartphones par l’adulte qui s’occupe principalement d’eux. Cet adulte était en majorité (450) une figure maternelle (une mère, belle-mère, grand-mère) et pour 125 d’entre eux, une figure paternelle. Les chercheurs ont demandé aux enfants la fréquence (0 = jamais, 1 = rarement, 2 = parfois, 3 = souvent, 4 = presque toujours) de chaque élément du questionnaire.
Ainsi, l’affirmation « la personne qui s’occupe principalement de moi passe son temps sur ses appareils alors qu’elle devrait faire autre chose », recueille 67 % d’accord au moins partiel auprès des enfants interrogés.
Une corrélation entre des scores élevés et un attachement plus précaire
Dans leur étude, les chercheurs expliquent avoir « observé une tendance à l’association entre des scores DAIS plus élevés et un attachement plus précaire (à la fois anxieux et évitant) envers les figures maternelles et paternelles ». Cependant, ils admettent volontiers que leurs résultats sont bien des corrélations et qu’ils ne permettent pas de conclure à une causalité. Ils ajoutent que plusieurs affirmations contenues dans leur test « évaluent des réactions émotionnelles, ce qui pourrait, d’un point de vue conceptuel, recouper l’attachement anxieux » et que leur échantillon n’est pas encore suffisamment important pour en tirer des conclusions définitives.
Ajoutons que le fait de s’être focalisé sur la perception d’une seule des personnes qui s’occupent d’eux oublie la responsabilité des adultes qui ne sont pas considérés par les enfants comme s’occupant principalement d’eux, souvent une figure paternelle.
Dans leur communiqué, les chercheurs affirment que « si de nombreux facteurs influençant l’attachement, tels que la séparation des parents ou une mauvaise santé mentale, peuvent être difficiles à modifier, l’utilisation du téléphone est un aspect de la vie familiale sur lequel les parents ont un contrôle plus direct ». Ils ajoutent que « jeter un coup d’œil rapide à un écran peut sembler anodin, mais cette étude suggère que des moments répétés d’attention partagée pourraient progressivement influencer le sentiment de disponibilité affective d’un parent, avec des conséquences potentielles sur l’attachement qui peuvent s’étendre bien au-delà de l’enfance ».
Commentaires (48)
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Mais un détecteur de sarcasme est de toute évidence un truc qui marche une fois sur mille...
Le 23 août à 07h57
Le 21 août à 10h37
La TV allumé pendant le diner, c'était très courant.
C'est surtout le support qui change, même si la personne est plus (ou trop) concentré sur le smartphone que sur les anciens appareils. Le vrai problème, c'est d'arriver à faire des pauses pour répondre au besoin des enfants.
Je me demande comment ce sera dans une dizaine d'année...
Le 21 août à 10h41
Le 21 août à 11h23
Pour les journaux papier, c'est pareil : rarement partagé.
Mais si l'instant TV était partagé en famille (donc sans doute pas pendant le diner sinon y'en a qui ne la voit pas), oui c'était mieux que le smartphone.
Modifié le 21 août à 14h38
Là, il est juste "ailleurs" alors qu'il est à côté. Il peut être en train de jouer, de discuter avec une tierce personne, de liker des influenceuses sur Insta ou de corriger sa déclaration d'impôt. T'en sais rien, tu le vois juste vissé sur un écran. Pour le coup, je pense aussi que ça participe à la propre addiction de l'enfant quand il se met à avoir le sien, puisque de toute façon dès qu'il lève la tête, il croise d'autres visages vissés dessus.
En tout cas, je découvre le phubbing / télésnobbage, je vais essayer de retenir le terme, je suis de ceux qui finissent par faire la remarque pendant un moment convivial quand tout le monde se visse à l'écran.
Le 21 août à 14h39
Le 24 août à 18h08
"avant c'était le cas" c'est souvent pour dire, "ok je le fais mais..." et ca sert surtout à ne pas regarder la vérité en face :)
Le 21 août à 10h53
Ça met en lumière objectivement des phénomènes dont on peut avoir une vague intuition, et ça ouvre la réflexion. Au-delà des inévitables cohortes de "oui ben on s'en doutait, pas besoin de sortir de Polytechnique pour pouvoir affirmer ça" qui aiment se jeter des fleurs, c'est une base sociologique, posée noir sur blanc, sur l'évolution de notre monde.
Merci pour l'article.
Le 21 août à 11h23
Par contre: gros problème actuel: TOUT est fait sur le smartphone: achat de fringue, inscription aux clubs, consultation de l'emploi du temps, prise de rdv, recherche d'appart, relecture CV ... et souvent, ça prend plus de temps par smartphone qu'à l'ancienne (récupération du mot de passe, recherche de comment faire, se battre avec le passage des documents en numérique - le pire étant parfois de fournir un document qu'on a en numérique, comme un PDF alors que le site attent un JPEG).
En début d'année scolaire, on passe plus d'une heure par jour chacun (en tout ca sil y a 2 ans, on avait mesuré) sur le tel ou l'ordi pour gérer la scolarité des gamins (transports scolaires, paperasse pour les demandes, récupération des certificats scolaires, assurances, procédur epas encore ouverte mais c'est pas écrit donc on passe du temps à la chercher ...).
Le 21 août à 15h13
Comme tu dis ya toujours une boucle d'auth par mail qui marche pas, un mdp perdu, LE site dont on a besoin en carafe,...
Le 21 août à 15h50
En tout cas, moi je ne regrette pas l'époque où il fallait prendre rendez-vous à la mairie 3 jours à l'avance, puis ensuite aller chercher sur place une fiche d'état civil que je ne sais quelle administration avait demandée. Et je ne parle pas des certificats d'assurance pour lesquels tu prenais la bagnole et tu faisais 15 bornes pour aller les chercher (parce que tu pouvais, certes, téléphoner pour qu'on te les envoie par la Poste, mais tu risquais alors de rendre ton dossier hors-délai).
Même si on pourrait encore gagner un peu plus, le temps gagné est quand même déjà vraiment conséquent.
Le 21 août à 22h26
Quand il manquait un doc tu avais une personne qui te le disait, aujourd’hui tu attend 3 mois une réponse qui devait arriver en 2 mois, tu finis par trouver au bout de 4h un mail de contact sur Reddit parce que le service n’affiche aucun moyens de contact pour qu’on te réponde bah oui il manquait tel doc depuis le début mais bien sur personne n’allait te prévenir.
Le 22 août à 08h44
Et même sans aller dans le passé, il suffit de voir La Poste dont les horaires sont inadaptées à des personnes ayant une activité professionnelle. Quand faut aller chercher ou déposer un colis là-bas, ben en ce qui me concerne, c'est attendre un jour où je suis en TT et bloquer une heure dans mon agenda. Alors qu'elle est à côté de chez moi.
J'ai essayé une fois le dépôt de colis depuis la boîte aux lettres... Ben un sur les deux envoyés a été volé, donc plus jamais.
Le 22 août à 12h20
Je ne suis pas du tout nostalgique de cette période. Même si les démarche dématérialisée sont perfectibles, quel progrès !
Le 22 août à 11h06
Avant: on utilisait la poste. Pas besoin de se déplacer. Je ne parle même pas du minitel, qui souvent était pratique. Et un papier, c'est un papier, c'est standard.
Maintenant: il y a une forte tendance à créer des téléservices qui font que l'usager fait l'instruction de son propre dossier. Sauf que ça ne marche pas: l'usager n'est pas formé et ne partage pas le même vocabulaire.
Ensuite il y a la sécurité: entre les emails qui ne partent pas où qu'on ne reçoit pas qui sont nécessaires à la connexion, les sites incompatibles smartphone mais qui te demandent de te prendre en photo alors que mon ordi n'a pas de caméra...
Ensuite il y a la technique: pj limitée à 500ko pour un pdf de plusieurs pages, documents monstrueux échangés, documents fournis par les usagers non conformes (le PDF sans les polices incluses), la photo en hevc incompatible avec le soft, la photo d'identité en 6000x4000.
Un usage complexe non maîtrisé: quelque soit la génération, énirmément de gens ne savent pas gérer/manipuler des photos ou documents (la vieille anecdote du jeune adulte qui doit scanner un oc et le poste en vidéo tictoc)
Le 21 août à 11h17
... pour les délaisser.
Remarque, à force de rester collés aux smartphones, les couples vont vraiment continuer d'avoir des enfants ? Peut-être qu'ils doivent trouver ça sur Deliveroo je pense.
Le 21 août à 11h23
Le 21 août à 13h52
Le 21 août à 13h54
Modifié le 22 août à 17h11
Le 21 août à 11h36
Le 21 août à 15h09
Le 21 août à 12h33
Le 21 août à 12h41
Sans oublier qu'une bonne partie de notre société est organisée autour de la gestion des enfants.
Le 22 août à 10h31
Le 21 août à 15h35
Avoir 9 enfants, c'était fréquent quand Madame était assignée à résidence et n'avait de toute façon pas son mot à dire sur les décisions de Monsieur.
De toute façon, Miochette était assez grande pour surveiller Miochuit le temps que Madame fasse les corvées, puis tous finissaient par aller travailler dans le champ et/ou la ferme (avec Monsieur évidemment) qui nourrissaient toute la clique, avant que Monsieur et Madame ne vieillissent et soient pris en charge, par le désormais patriarche Miochcinq, le temps d'une "retraite" plutôt succincte tous ensemble dans la maison familiale.
Bref, c'était la vision où un enfant c'était pas plus compliqué, ou plus cher, voire le contraire.
Mais aujourd'hui, ça fonctionne plus.
Les deux parents veulent s'épanouir, avoir un travail, des amis, des passions, sans oublier d'aller voir Mamy Centenaire à son onéreux EHPAD de temps à autre.
Alors quand en plus faut trimballer Miochun à ses cours de Air Guitare et Miochdeux au Championnat de Waterponey de Trifouillis sur Mer, ça devient impossible à gérer. On saupoudre par dessus un peu d'éco-anxiété, des ambiances de fin du monde et un monde centré sur l'argent... pas très surprenant de noter qu'on fini par en faire plus qu'un, voire pas du tout.
J'ai surtout l'impression que certains n'ont pas compris avant de le faire qu'un enfant c'est pas un jouet à la mode qu'on range dans le placard quand il nous lasse. Je trouve que justement on voit clairement deux types de parents aujourd'hui : ceux qui portent et ceux qui supportent. Et les "télésnobbers" sont sûrement en grande partie dans la deuxième catégorie.
Le 21 août à 22h12
Le 22 août à 13h33
Pour les retraités actuels qui ont pleinement profité de conditions de vie au dessus des moyens de l'état (créant la dette), et qui continuent de vouloir en profiter sans aucun état d'âme pour les génération futures, il faut maintenir la natalité et faire des
enfantsfinanceurs.Pour le pays, être toujours plus nombreux implique encore plus d'infrastructures, encore plus de manque de logements, encore moins de ressources à partager. Donc la décroissance serait bénéfique. Mais le poids de la dette générée par nos retraités actuels sera plus important.
A l'échelle mondiale, l'espèce humaine n'est vraiment pas en voie d'extinction donc il n'est vraiment pas urgent de la protéger.
Le 22 août à 14h43
Modifié le 23 août à 07h07
A mon sens, comme le dit Wanou, la baisse de natalité n'est pas un problème démographique, c'est un problème purement économique, de fuite en avant. C'est donc économiquement qu'il faut le régler, plutôt que de continuer à croire à la croissance infinie et repousser l'échéance.
Sans qu'il soit pour autant nécessaire de décourager les gens à avoir des enfants, hormis cette raison économique il n'y a que des inconvénients à vouloir à tout prix être plus nombreux.
Le 23 août à 12h12
Les politiques actuelles sont faites pour faire plaisir à ceux qui ont actuellement le plus de poids politique : les retraités. Trop de jeunes ne s'intéressent pas à la politique donc c'est la fuite en avant pour faire plaisir à ceux qui s'expriment.
Les politiques sont des girouettes et se tournent vers ceux qui montrent le plus les dents. Ceux qui se plaignent le plus parmi les électeurs, sont ceux qui obtiennent le plus (j'ai bien précisé du côté des électeurs, pour ceux qui demandent pour eux comme les pompiers, les soignants, c'est une autre histoire).
Il faudrait que les jeunes prennent leur place et exigent des lois qui tiennent compte de leur avenir car la dette, il faut bien le dire, est majoritairement liée à la lutte des actuels retraités qui ont à l'époque obtenus des « avancées » qui oblitèrent déjà la société d'aujourd'hui de manière importante. Une avancée pour la génération qui est à la retraite mais une reculade déjà pour les actifs d'aujourd'hui car il faut bien revenir à la réalité un jour ou l'autre.
Cette dette nous rend esclaves de nos créditeurs peu à peu. Au final ces avancées sociales nous rendent de plus en plus dépendants du grand capital tant décrié. Merci les vieux.
Alors, il faudrait après cela faire des enfants pour aider à éponger la dette ?
Le 21 août à 15h27
Aujourd'hui, aucun smartphone ni TV à table, mes enfants mettent et débarrassent le couvert tous les jours.
C'est pourtant pas compliqué, il suffit de savoir se faire respecter, et de savoir respecter des règles. De savoir vivre en communauté quoi ....
Le 21 août à 16h33
Mais comme ils n'aimaient quasi rien, on a fini par détester le seul jeux de société qu'on faisait tous les jours ...
Le 21 août à 22h30
Table mise par maman (seul femme de la maison) sans qu’aucun des 3 de la fratrie ne soient appelés à participer à aucun moment.
Le pire c’est qu’à l’époque on ne se rendait même pas compte de l’absurdité du truc. Aujourd’hui ça nous paraît inconcevable à mes 2 frères et moi d’élever nos enfants comme ça.
Le 21 août à 19h12
Le 21 août à 20h02
Le 21 août à 22h01
Le 21 août à 22h14
Modifié le 22 août à 09h17
Le 23 août à 20h53
Non parce dans les années 80, c'était pareil chez moi... (du moins jusqu'à ce que mon père finisse par se barrer avec une femme plus jeune - excellent exemple éducatif).
Mais l'objectif de mes parents c'était de faire un bon petit soldat obéissant (et avec d’excellents résultats scolaires) prêt à prendre leur relève pour le "grand kapital" et financer leur retraite par répartition. Pour eux, une "bonne situation" et un bon salaire c'était la garantie d'une vie heureuse. Ils étaient bien entendu contre les grèves, les manifs, ... leur expression était "il faut se couler dans le moule".
Je n'ai jamais trouvé de valeur à la discipline & l’intransigeance , car pour moi c'est la négation de l'intelligence et du libre-arbitre.
Du coup effectivement chez moi on a opté pour une logique moins contrainte.
Il y a parfois des repas en famille mais on n'en fait pas un symbole, on se permet des écarts où les repas ne sont pas formalisés et où chacun mange ce qu'il veux (ou pas du tout) - aussi pour tenir comptes des différents régimes alimentaires de chacun entre autre.
Et nos enfants n'ont pas de pression scolaire comme moi & ma compagne avons pu en subir - On veux juste qu'ils soient heureux, pas qu'il réussissent dans la société.
Modifié le 25 août à 00h13
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