OpenAI souhaiterait que les États-Unis rentrent à son capital à hauteur de 5 %
Capitammunist
Illustration : Flock
Le 02 juillet à 14h00
OpenAI aurait proposé à l’administration Trump d’entrer à son capital, avec une prise de participation publique à hauteur de 5 %. La manœuvre est présentée comme une façon de permettre une forme de redistribution de la valeur générée par l’IA vers le public américain. Difficile toutefois de ne pas y voir, aussi, une forme de précaution face aux possibles évolutions du cadre réglementaire, voire un garde-fou face au risque d’explosion de la bulle IA…
OpenAI souhaiterait que les États-Unis rentrent à son capital à hauteur de 5 %
Capitammunist
Illustration : Flock
OpenAI aurait proposé à l’administration Trump d’entrer à son capital, avec une prise de participation publique à hauteur de 5 %. La manœuvre est présentée comme une façon de permettre une forme de redistribution de la valeur générée par l’IA vers le public américain. Difficile toutefois de ne pas y voir, aussi, une forme de précaution face aux possibles évolutions du cadre réglementaire, voire un garde-fou face au risque d’explosion de la bulle IA…
IA et algorithmes
IA
5 min
À contre-courant des processus habituels de nationalisation, la proposition aurait cette fois émané directement d’OpenAI. D’après le Financial Times, l’éditeur des modèles ChatGPT aurait proposé à l’administration Trump d’entrer à son capital à hauteur de 5 %. La prise de participation représenterait ainsi quelque 43 milliards de dollars, si l’on se base sur la valorisation de l’entreprise estimée à 852 milliards de dollars lors de son dernier tour de table, début avril.
Capital contre influence ?
D’après deux sources proches du dossier mentionnées par le FT, Sam Altman aurait lui même porté ce message auprès de Washington, en arguant qu’une prise de participation publique était le meilleur moyen de garantir une forme de redistribution de la valeur générée par l’IA en direction des contribuables états-uniens.
L’administration Trump a déjà manifesté des velléités d’investissement direct dans les grandes entreprises de la tech. En 2025, elle est ainsi entrée au capital d’Intel à hauteur de 10 %, une opération dont ne manque d’ailleurs pas de s’enorgueillir Donald Trump puisque le cours en bourse de l’entreprise est depuis largement reparti à la hausse.
Du côté d’OpenAI, difficile de ne pas imaginer qu’une telle proposition recouvre des enjeux autres que le simple partage de la valeur. Une participation financière au capital serait une façon de consolider les relations entre l’entreprise et l’administration. Un entregent particulièrement utile lorsqu’on sait que les États-Unis réfléchissent à encadrer le développement et la distribution des modèles d’IA de pointe, après des mois de polémique liées aux capacités offensives de ces derniers en matière de cybersécurité, sur fond de concurrence accrue avec la Chine.
Donald Trump a en effet signé le 2 juin dernier un executive order qui ordonne aux grandes agences fédérales, dont la NSA, de construire un « processus d’évaluation comparative classifié visant à évaluer les capacités cyber avancées des modèles d’IA ». Selon le Financial Times, le cadre en question pourrait être annoncé dès la semaine prochaine, et il pourrait fortement contraindre la façon dont les laboratoires IA sont autorisés à distribuer leurs modèles les plus avancés.
Rassurer les investisseurs
L’appel du pied d’OpenAI à la Maison-Blanche peut également être interprété comme une recherche de garanties sur le plan financier, alors que la course aux investissements dans l’IA ne cesse de raviver les craintes d’une possible bulle. Disposer de l’État à son capital confèrerait en effet à OpenAI une forme de statut « too big to fail » (trop gros pour faire faillite), c’est-à-dire d’entreprise dont le poids et le caractère systémique sont devenus trop importants pour que l’administration puisse la laisser tomber, même en cas de retournement de marché.
L’argument n’est pas anodin pour OpenAI, qui a déposé début juin le premier formulaire préparatoire à son introduction en bourse mais hésite encore, d’après les rumeurs, sur le calendrier exact de l’opération, notamment parce que le grand concurrent Anthropic affiche une croissance supérieure à la sienne, et lorgne lui aussi vers Wall Street.
Les partenaires d’OpenAI lui réclament peut-être par ailleurs ce genre de garanties. Oracle, très impliqué dans le projet Stargate, a admis dans son dernier bilan financier annuel que son engagement dans l’IA était désormais tellement massif qu’il semblait difficile de faire marche arrière. Alors qu’il s’était envolé en bourse, le groupe de Larry Ellison suscite désormais la défiance des marchés. Il a ainsi perdu 40 % de sa valeur en seulement un mois avec une action passé de 250 à 142 dollars, alors même qu’il vient de procéder à une vague de 21 000 licenciements en seulement un an.
Softbank, bras armé historique d’OpenAI sur le plan financier, semble lui aussi avoir besoin de gages de confiance. Reuters a ainsi révélé mercredi que le groupe japonais devait renégocier les modalités d’un prêt de 10 milliards de dollars destiné à financer ses investissements dans OpenAI, précisément parce que les créanciers émettaient des doutes sur la valorisation réelle de l’entreprise.
Une idée qui fait son chemin
Sam Altman a déjà publiquement défendu l’hypothèse d’une prise de participation publique dans OpenAI au nom du bien commun en avril dernier, dans un manifeste (PDF) qui développe l’idée d’une prospérité partagée et heureuse rendue possible grâce aux apports de l’intelligence artificielle. Bien que les bénéfices réels de cette dernière pour l’économie états-unienne soient régulièrement remis en question, y compris par des banques qui financent le développement de l’IA, l’idée revient régulièrement depuis dans le débat public. Elle a notamment été relancée par le sénateur démocrate Bernie Sanders début juin, lequel propose que les États-Unis créent un fonds souverain destiné à accueillir 50 % des actions des sociétés liées à l’IA.
Commentaires (6)
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Abonnez-vousModifié aujourd'hui à 14h05
Après n'y a t'il pas un adage du genre :
"Privatiser les bénéfices ; Nationaliser les pertes" ou qqch comme cela ?
Aujourd'hui à 14h07
À l'instant
Aujourd'hui à 14h22
Il y a 54 minutes
ça m'a refait penser à cette petite interview d'un ancien soldat de l'US army
Il y a 34 minutes
Quid de la dilution si d'autres augmentations de capital arrivent ?
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