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Le fonds IA de Bernie Sanders ? Une idée plus courante qu’on le croit

Sharing economy

Le fonds IA de Bernie Sanders ? Une idée plus courante qu’on le croit

Illustration : Flock

Bernie Sanders propose de créer un fonds souverain qui permettrait à la population des États-Unis de participer aux profits générés par l’intelligence artificielle. Une proposition qui ouvre le débat : vaut-il mieux lier l’action gouvernementale à la réussite économique de ces entreprises, ou recourir à d’autres outils de partage de la valeur ?

L’intelligence artificielle est-elle profitable à l’heure actuelle ? Non, répond de manière inchangée le site web isaiprofitable.com, qui suit les investissements réalisés par les plus grandes sociétés de la tech dans l’IA, et le chiffre d’affaires qu’elles en tirent. Non plus, si l’on en croit les pertes colossales enregistrées par OpenAI et explicitées dans la documentation que l’entreprise a soumise au régulateur états-unien des marchés, la SEC, en amont d’une probable entrée en bourse.

L’intelligence artificielle n’est donc pas profitable pour le moment. Pour autant, elle a déjà de multiples effets concrets, notamment dans le discours des entreprises qui lient des projets de plan social aux gains de productivité qu’ils obtiennent de l’IA. Et c’est précisément là que le sénateur démocrate états-unien Bernie Sanders voudrait agir.

Début juin, dans une tribune publiée dans le New-York Times, l’homme politique avançait : « l’IA est une ressource publique. Vous devriez en détenir la moitié. » Sa proposition de créer un fonds souverain, dans lequel seraient placées 50 % des actions des sociétés dédiées à l’IA, ne manque pas de faire réagir.

Partager la richesse issue d’une ressource publique

L’IA « n’a pas été créée ex nihilo. Les données et langages utilisés par les outils d’IA générative ne sont pas simplement apparus dans la tête de Sam Altman ou grâce à l’imagination d’Elon Musk. » Au contraire, ces machines reposent sur l’extraction d’une vaste quantité de données personnelles et d’œuvres soumises à la propriété intellectuelle, récupérés, « pour l’essentiel (…) sans permission, sans crédit, sans compensation ».

Pour résoudre ce paradoxe, le sénateur s’apprête à proposer une loi sur le fonds souverain de l’IA américaine (American A.I. Sovereign Wealth Fund Act). Le but : donner à la population un droit de propriété commun sur ce type de technologie, pour leur permettre d’en profiter directement. Comment, alors qu’aucun profit direct n’est pour le moment mesurable ? En partageant le capital d’OpenAI, d’Anthropic, de xAI et d’autres.

D’après Bernie Sanders, cela donnerait à la population « un rôle direct dans l’orientation de l’avenir de ces technologies ». Par ailleurs, alors qu’Elon Musk est devenu le premier « trillionaire » de l’histoire (de trillion, en anglais, soit mille milliards en français) grâce à l’entrée en bourse de SpaceX, cela « garantirait » aux États-uniens que les « milliers de milliards potentiellement générés par l’IA soient utilisés pour améliorer la vie de chacun [d’entre eux] – pas simplement pour rendre les personnes les plus riches du monde encore plus riches. »

« Le principe est simple » développe-t-il, alors que les élections de mi-mandat se profilent pour novembre 2026 : « lorsqu’une ressource publique génère de la richesse, la population devrait en profiter. »

D’autres propositions de participation

La proposition est faite alors que le camp Trump lui-même envisage des prises de participation en action dans les sociétés d’IA. D’après le média NOTUS, plusieurs représentants du gouvernement des États-Unis auraient approché les plus grosses sociétés du secteur pour prendre des parts à leur capital, alors qu’OpenAI comme Anthropic préparent leurs introductions en bourse. Il y a un an, l’État local avait déjà pris 9,9 % du capital d’Intel.

Par le passé, Sam Altman lui-même a proposé de créer un fonds qui fournirait à chaque citoyen une part dans « la croissance économique tirée par l’IA ». Même Elon Musk s’est prononcé, quoique de la manière expéditive propre à X, en faveur d’un « HAUT REVENUS universel », garanti par le gouvernement fédéral. D’après l’homme le plus riche du monde, il s’agirait de la « meilleure manière de gérer le chômage provoqué par l’IA ». Fin mai, Bernie Sanders lui avait directement répondu sur X, lui posant une question : « Comment cela serait-il financé, dans la mesure où vous n’êtes même pas capable de soutenir une taxation de 5 % de votre fortune de 817 milliards de dollars ? »

La taxation, voie la plus efficace ?

À l’instar du spécialiste de la sécurité informatique Bruce Schneier, des acteurs historiques du secteur saluent les projets de fournir un meilleur contrôle démocratique du développement de l’IA et d’en partager les gains. Pour ce dernier, cela dit, le risque de la solution proposée par Bernie Sanders est de mélanger la recherche de profit privé et l’intérêt public, ce qui « inciterait le gouvernement à assouplir la réglementation, à autoriser l’exploitation des travailleurs et des utilisateurs, à restreindre la concurrence, à encourager l’adoption de l’IA sans se soucier de la responsabilité de sa mise en œuvre ni de la pertinence de son utilisation, et à agir de toute autre manière au profit des intérêts des entreprises ».

Pour le chercheur, le résultat le plus probable d’un tel fonds serait donc de renforcer l’influence des sociétés privées sur le gouvernement. Bruce Schneier appelle donc à « séparer les deux buts », de profit et d’intérêt public, une logique généralement obtenue « par la taxation ». Si les projets de taxes GAFAM portés en France et en Europe suscitent l’ire de Donald Trump, ils sont aussi soutenus par certains représentants politiques états-uniens. Sur la seule question de l’IA, ces taxes peuvent porter sur l’usage énergétique des centres de données, comme le propose la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, ou sur l’usage de token, comme avancé par le milliardaire Mark Cuban.

Une autre manière de mettre l’IA au service de l’intérêt public serait de faire construire les technologies visées par la fonction publique. En la matière, c’est la Suisse qui donne l’exemple le plus avancé : quand bien même son modèle Apertus ne rivalise pas avec les derniers outils d’Anthropic ou OpenAI, pointe Bruce Schneier, « elle leur dame le pion en matière de transparence, de soutenabilité et de conformité avec la régulation européenne, y compris sur les questions de droit d’auteur ».

Commentaires (10)

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Merci pour la news. :-)

Vis-à-vis du sujet. Je ne sais pas pour vous mais mon parano-sens s'est mis en alerte.
Il n'y a que moi qui y sens une douille à double effet (kisscool pour ce qui ont la réf.)

Pour le peuple américain lui-même, sous la pseudo escuse du partage de la richesse (comment qui touche les dividende les plus values ?) , moi j'y vois surtout un amortissement du risque (systémique ? ) des investissement masif vers 'lA.

La seconde, il n'y a pas que les informations des étasuniens qui ont été recense mais toutes les données mondiales.
Avec une tel acceptation, est-ce que les USA, confirmerait pas que la connaissance mondiale est à eux et seraient en droits d'en demander l'octois ?
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Le culot des socialistes :mdr2:
Bernie, si tu veux 50% des parts d'une entreprise, il faut les acheter en fait. Ensuite libre à toi d'en faire don à l'humanité, ou à tes électeurs.
Bernie Sanders c'est un grand philanthrope, 84 ans de générosité avec l'argent des autres.
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Si tu veux 50% des textes générés par l'humanité, il faut les acheter en fait. Ensuite libre à toi d'en faire don aux sociétés d'IA. Elon Musk c'est un grand philantrope avec la propriété intellectuelle des autres.
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Officiellement, Bernie Sanders est un Démocrate.
Il n'y a pas de parti socialiste aux États-Unis d'Amérique du Nord à ma connaissance.
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Il me semble qu'il y en a un mais il est anecdotique. Je cherche. Ah voilà : fr.wikipedia.org Wikipedia
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Je ne comprends par pourquoi le terme billionaire représente milliardaire en français. un billion voulant mille milliards, on devrait utiliser billionaire à la place du terme trillionaire anglais.
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Hé oui ! Outre le fait que les Américains passent leur temps à se prendre les pieds dans le tapis car ils ne savent pas où les mètre, écrivent la date dans l'ordre le plus incommode qu'ils aient pu trouver, ils ont aussi pour habitude d'utiliser l'échelle courte pour les grands nombres. Là où le français (et sans doute d'autre langues) ont une règle relativement logique pour les termes en "-llion" (bi lion = 12 zéros, tri llion = 18 zéros, centi-llion = 600 zéros - en gros faire x 6, ou alors le voir en terme de millions : bi-lion = million de million, tri-lion = million de millions de millions) les gens qui pensent que la Nasa a pu se passer du système métrique pour envoyer les hommes sur la Lune préfèrent million = 6 zéros, billion = 9 zéros, trillion = 12 zéros. Ça leur paraît tellement plus logique de faire x 3 + 3.

Officiellement : "to confuse the Russians".

Edit : mes étoiles pour les multiplications sont devenues des marqueurs à italique.
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Une autre manière de l'expliquer.

En français, nous avons million et millard, puis billion et billiard, trillion et trillard...

En anglais, million, billion, trillion...
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Le coût pour les américains, c'est aussi l'explosion du prix de l'électricité dans les coins où il y a beaucoup de data centers, les consommations et pollution délirantes de l'eau plus pour les voisins immédiats des nuisances sonores et d'augmentation de chaleur énorme aussi.

Les bénéfices de l'IA se paient en paupérisation des populations, en accaparement des ressources, qu'elles soient naturelles ou industrielles.
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Le problème c'est qu'on comprend bien que c'est (au mieux) les gens de USA qui auraient un % des bénéfices de l'IA... donc de nos futures nouvelles dépenses (sinon y'a pas de benef).

Tant que le sujet c'est pas de sauver notre climat et la planète, on ne fait que parier sur qui va buter l'autre.