L’administration Trump prend 9,9 % du capital d’Intel
My tailor is rich
Le gouvernement des États-Unis détiendra bientôt 9,9 % du capital d'Intel, en échange d'une enveloppe globale de 11,1 milliards de dollars, alimentée pour l'essentiel par les subventions qui avaient été promises au fondeur dans le cadre du Chips Act. Officiellement, cette entrée au capital se fait en mode passif, sans siège au conseil d'administration.
Le 25 août 2025 à 10h05
4 min
Économie
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Après la défiance, place à la lune de miel ? Intel et Donald Trump ont annoncé vendredi 22 août la conclusion d'un accord qui va permettre de convertir une partie des aides fédérales promises au fondeur de Santa Clara en une prise de participation au capital. À l'issue du processus, le gouvernement des États-Unis détiendra 9,9 % du capital d'Intel, sous la forme d'environ 433 millions d'actions valorisées à 20,47 dollars l'unité.
« Cet investissement offre aux contribuables américains une réduction sur le prix actuel du marché tout en permettant aux États-Unis et aux actionnaires existants de bénéficier du succès commercial à long terme d’Intel », estime l'entreprise dans un communiqué. Ce prix représente en effet un rabais par rapport au cours actuel (24,80 dollars avant l'ouverture des marchés lundi), mais aussi par rapport aux modalités de l'investissement de 2 milliards de dollars tout juste annoncé par Softbank dans Intel (23 dollars).
Des aides converties en capital
L'accord consiste pour l'essentiel en une conversion, en capital, des aides qui avaient été accordées à Intel par l'administration Biden, dans le cadre du Chips Act. En l'occurrence, il englobe les 2,2 milliards de dollars d'aides déjà versées, et 5,7 milliards de dollars d'aides promises mais encore à venir. Il intègre également les 3,2 milliards de dollars qui avaient été alloués à Intel par le précédent gouvernement démocrate, pour soutenir le développement de capacités de production dédiées aux besoins du gouvernement fédéral en matière de semi-conducteurs, un programme baptisé Secure Enclave.
Additionnées, ces différentes poches représentent un investissement total de 11,1 milliards de dollars, que l'entreprise accueille sans surprise avec reconnaissance. « L'accent mis par le président Trump sur la fabrication de puces électroniques aux États-Unis génère des investissements historiques dans un secteur vital, essentiel à l'économie et à la sécurité nationale du pays », salue ainsi Lip Bu Tan, CEO d'Intel.
Un actionnaire (officiellement) silencieux
Avec près de 10 % du capital, le gouvernement fédéral se prépare à devenir le premier actionnaire d'Intel, ce qui soulève logiquement la question de la gouvernance de l'entreprise : Donald Trump se serait -il indirectement offert les rênes du groupe ? Intel répond par la négative. « L’investissement du gouvernement dans Intel sera une propriété passive, sans représentation au conseil d’administration ni autres droits de gouvernance ou d’information », indique l'entreprise, selon qui l'accord prévoit par ailleurs que le gouvernement exerce son droit de vote en faveur du conseil d'administration, « sauf rares exceptions ».
Intel accorde par ailleurs à l’État fédéral un bon de souscription à 20 dollars par action sur cinq ans, susceptible d'être exercé si Intel perdait le contrôle sur ses activités de fonderie. Si le groupe venait à vendre ses usines, l'administration Trump (ou l'équipe qui lui succèdera) dispose ainsi d'un droit préférentiel lui permettant d'acquérir jusqu'à 5 % supplémentaires du capital d'Intel, à un prix garanti.
Cet accord avec Intel pourrait-il motiver d'autres prises de participation ? La presse économique a évoqué l'idée selon laquelle l'administration Trump envisagerait des montages similaires avec Micron et TSMC, eux aussi soutenus financièrement dans le cadre du Chips Act. L'hypothèse a depuis été démentie, mais la porte n'est pas fermée.
« L'administration Biden a littéralement donné de l'argent gratuitement à Intel et à TSMC (...). Donald Trump dit maintenant : "hey, nous voulons du capital en échange de cet argent. Si nous vous donnons de l'argent, nous voulons une part du gâteau" », a résumé Howard Lutnick, Secrétaire au Commerce des États-Unis.
L’administration Trump prend 9,9 % du capital d’Intel
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Des aides converties en capital
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Un actionnaire (officiellement) silencieux
Commentaires (23)
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Abonnez-vousLe 25/08/2025 à 10h19
C'est bien ce qu'il manque chez nous, où l'on donne des milliards sans aucun engagement concret, aucune participation, aucune garantie concrète...
On va taxer Trump de communiste du coup ?
Le 25/08/2025 à 10h41
Le 25/08/2025 à 10h44
Le 25/08/2025 à 10h42
Le 25/08/2025 à 12h04
Un second boost se produire manifestement (non, se produira tout core), grâce à l'architecture Trumptastique.
Effet corollaire: les effectifs de Intel sont donc maintenant non plus des dirigeants, mais des amis, voir une famille, ce qui permet de travailler en toute confiance et de gagner en tout.
Le 25/08/2025 à 13h54
Le 25/08/2025 à 10h42
Le 25/08/2025 à 12h42
Le 25/08/2025 à 10h46
Le 25/08/2025 à 10h57
Le 25/08/2025 à 10h51
Le 25/08/2025 à 10h55
Le 25/08/2025 à 11h04
Le 25/08/2025 à 11h09
Modifié le 25/08/2025 à 11h21
En gros :
Sur les 100€, par exemple un Core i3-13100f chez LDLC, t'as 20% de TVA, soit 16,67€ qui revienne à l'Etat français.
Sur les 83,33€ qui reviennent à ton revendeur, il va se faire 15 - 20€ de marge, disons 18,33€.
Le grossiste le propose donc vers les 65€ ; aucune idée de combien il le touche, j'espère pour lui vers les 50€.
Donc sur tes 100€, Intel n'en voit au mieux que 50€ qui vont servir à augmenter le CA de la société mais également à payer ses charges. J'ai lu que cette année, Intel ne versera pas de dividendes vu ses pertes.
Sinon les années précédentes, on était sur 0,76$ (2023) puis 0,39$ (2024) par action. https://finrange.com/fr/company/NASDAQ/INTC/dividends
L'administration américaine (et pas Trump) recevra si l'entreprise se remet à verser des dividendes 433 millions de fois la somme allouée.
Le 25/08/2025 à 11h23
Pas à Trump et ses sbires eux-même... du moins, pour le moment
Le 25/08/2025 à 13h28
Le 25/08/2025 à 16h02
La France n'a plus qu'à prendre exemple.
Modifié le 25/08/2025 à 18h42
Je me dis qu'on devrait de nouveau entendre parler de cette influence sur le Conseil mais bon, après je dois voir le mal partout hein.
Modifié le 25/08/2025 à 19h27
Le 26/08/2025 à 15h35
As-tu déjà oublié la saillie raciste de Trump contre le CEO actuel d'Intel ?
Avec quasi-10% (d'ailleurs : pourquoi évitent-ils ce chiffre ?), le gouvernement serait un des (le ?) plus gros actionnaire, non ?
Le 26/08/2025 à 15h55
Chez nous, c'est des centaines de milliards d'euro sans contreparties et/ou sans garantie...
Le 25/08/2025 à 22h24
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