OpenAI porte son tour de table à 122 milliards de dollars
Qui trop embrasse mal étreint
Le 01 avril à 09h07
OpenAI annonce avoir conclu sa dernière levée de fonds sur un montant revu à la hausse : 122 milliards de dollars, pour une valorisation totale désormais estimée à 852 milliards de dollars. L’entreprise affirme désormais engranger 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires par mois et revendique une croissance quatre fois supérieure à celle d’Alphabet ou de Meta.
OpenAI porte son tour de table à 122 milliards de dollars
Qui trop embrasse mal étreint
OpenAI annonce avoir conclu sa dernière levée de fonds sur un montant revu à la hausse : 122 milliards de dollars, pour une valorisation totale désormais estimée à 852 milliards de dollars. L’entreprise affirme désormais engranger 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires par mois et revendique une croissance quatre fois supérieure à celle d’Alphabet ou de Meta.
Le 01 avril à 09h07
Économie
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5 min
Les investisseurs semblent toujours enclins à suivre Sam Altman dans sa course au gigantisme. OpenAI a en effet annoncé mardi 31 mars avoir conclu son dernier tour de table, un an précisément après sa levée de fonds de 40 milliards de dollars au printemps 2025.
La levée de fonds partait sous des auspices favorables, avec 110 milliards de dollars promis par Amazon, Softbank et NVIDIA, pour une valorisation fixée à 730 milliards de dollars. Elle se termine finalement sur des indicateurs en hausse : OpenAI revendique en effet désormais des engagements à hauteur de 122 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation post-money (après réalisation de l’augmentation de capital) de 852 milliards de dollars.
Une ouverture indirecte aux investisseurs particuliers
Dans sa communication, OpenAI affirme clairement voir dans cette surallocation un message de confiance de la part du secteur financier. Outre les trois acteurs déjà mentionnés, le tour réunit 25 fonds d’investissements et gestionnaires d’actifs, parmi les plus grands noms du secteur, dont Sequoia Capital, Thrive Capital, Andreessen Horowitz (a16z), D.E. Shaw & Co, Blackrock, Blackstone, etc. Aux côtés de ces acteurs principalement états-uniens, on note la présence de MGX, fonds d’investissement adossé aux Émirats arabes unis, et de Temasek, le fonds souverain de Singapour.
Au sein de cette enveloppe, trois milliards de dollars émanent indirectement d’investisseurs particuliers, par l’intermédiaire de trois banques privées avec lesquelles OpenAI a passé un accord de distribution. L’entreprise annonce par ailleurs avoir passé un accord avec le gestionnaire d’actifs ARK Invest pour que celui-ci intègre des titres OpenAI à certains de ses fonds de placement cotés (ETF). Une manœuvre que l’on pourrait interpréter comme un galop d’essai, afin de jauger l’intérêt du public pour la future action OpenAI si l’introduction en bourse devait aller à son terme.
L’infrastructure comme avantage stratégique
OpenAI profite de cette communication pour actualiser ses chiffres : ChatGPT compterait maintenant plus de 900 millions d’utilisateurs actifs par semaine, dont plus de 50 millions d’abonnés payants. Le trafic web et mobile de ChatGPT, exprimé en visites mensuelles, serait également six fois supérieur à celui de la deuxième application d’IA du marché (dont OpenAI ne précise pas le nom), et quatre fois supérieur à celui de tous les concurrents combinés.
« À ce stade, notre chiffre d’affaires croît quatre fois plus vite que celui des entreprises qui ont façonné les ères d’Internet et du mobile, notamment Alphabet et Meta », clame OpenAI.
Le marché entreprises représenterait quant à lui 40 % du chiffre d’affaires revendiqué. L’utilisation de ChatGPT par API se chiffrerait à 15 milliards de tokens par minute, et Codex, l’outil dédié aux développeurs, compterait 2 millions d’utilisateurs hebdomadaires.
Les expérimentations liées à la publicité porteraient quant à elles déjà leurs fruits, avec 100 millions de dollars en revenu annuel récurrent atteints en seulement six semaines. « Il ne s’agit pas seulement d’étapes de croissance importantes, mais aussi de la preuve que l’IA de pointe fait désormais partie du quotidien des gens du monde entier ».
Paradoxe de Jevons assumé
De quoi justifier, pour OpenAI, une stratégie toujours plus offensive d’investissement dans les infrastructures, qui assume une logique en droite ligne avec les préceptes du paradoxe de Jevons :
« À chaque nouvelle génération d’infrastructure, nous entraînons des modèles plus performants, rendant chaque token plus intelligent qu’auparavant. Parallèlement, les améliorations algorithmiques et matérielles réduisent le coût de service de chaque token, diminuant ainsi le coût par unité d’intelligence. Cette intelligence accrue rend l’IA utile pour des flux de travail plus complexes, ce qui augmente son utilisation, stimule la demande de calcul et accélère le cycle de croissance.
Il en résulte un effet cumulatif : une infrastructure et des modèles plus performants réduisent le coût de déploiement, tandis que des produits améliorés et un déploiement plus poussé en entreprise augmentent le revenu par unité de calcul. À mesure que l’utilisation augmente et que la plateforme gagne en maturité, cela génère un effet de levier opérationnel significatif au fil du temps. »
Le message ne sera sans doute pas de nature à rassurer ceux qui déplorent la course au gigantisme en matière d’infrastructures, ou qui craignent que les promesses d’investissements conditionnées à des perspectives de commandes finissent par faire éclater une possible bulle de l’IA.
Il confirme en revanche, s’il en était besoin, l’ambition d’OpenAI de se positionner comme le fournisseur d’une « superapp IA unifiée », autrement dit un ChatGPT capable de répondre à l’ensemble des demandes, qu’il s’agisse de requêtes grand public, de flux de travail spécialisés, de code ou de faire tourner des agents. Une approche quasi hégémonique qui paradoxalement servira peut-être à consolider le discours d’acteurs faisant le choix de modèles de pointe spécialisés, à l’image de Mistral AI.
En attendant, les vœux d’OpenAI et de Sam Altman se heurtent à certaines contingences matérielles : l’entreprise a ainsi mis un terme soudain à Sora, son IA générative dédiée à la production de vidéos, et reporté sine die ses projets de version adulte de ChatGPT.
Commentaires (8)
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Le 1er avril à 12h00
Modifié le 2 avril à 08h26
Modifié le 1er avril à 11h59
Modifié le 1er avril à 17h08
https://www.glassdoor.fr/Salaires/new-york-city-ny-senior-engineer-salaire-SRCH_IL.0,16_IM615_KO17,32.htm
salaire moyen d'un ingénieur senior à l'année au USA : 148K$
122G$ / 148K$=env. 824 324 Eng. pour 1 an ou 8 243 eng. pour les 100 prochaines année.
Je pose ça là. juste pour avoir un ordre d'idée.
PS :
N'ayant pas de vision sur le coût d'un abonnement Pro.
Abonnement pro mensuelle 34$ par utilisateur.
Ca nous donne
122G$/34$ => 3 588 235 294 d'utilisateur pour 1 mois ou 2 990 196 utilisateurs qui payent l'abonnement mensuelle sur les 100 prochaines années.
Ou au nombre d'utilisateur constants (50M) au même tarif de 34 par mois et en continue il faudrait à presque 6ans pour acquirer 122G$.
Même chose, je pose ça là. juste pour avoir un ordre d'idée.
Comparer à un Microsoft qu'est-ce que ça donnerait ?
Le 1er avril à 18h50
Les chiffres sont hallucinants par leur taille mais pas complètement déconnectés de la réalité.
La question, c’est surtout à quel moment c’est rentable et surtout à quel prix de l’électricité. (L’option data center au moyen orient pour payer pas cher semble avoir pris du plomb dans l’aile)
Le 2 avril à 11h43
C'est aussi pourquoi je reste dubitatif, le ROI (retour sur investissement) me semble quand même très éloigner. (D'où le changement de cap de ce que j'ai suivi des dernières news)
Le 2 avril à 12h53
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