Connexion Premium

Avec Opus 4.8, Claude apprend à dire « je ne sais pas »

La vérité si je mens

Avec Opus 4.8, Claude apprend à dire « je ne sais pas »

Ça n’aura pas traîné : à peine 40 jours après le lancement d’Opus 4.7, Anthropic remet le couvert avec une nouvelle version de son modèle IA le plus avancé (hors Mythos). Opus 4.8 inaugure une nouvelle fonction pour améliorer la prise en charge des requêtes très complexes, réduire les erreurs, ainsi qu’un nouveau mode « fast » pour brûler moins de tokens.

Impossible d’arrêter le feu roulant des nouveaux modèles chez Anthropic. Opus 4.7 remonte au 16 avril, mais il est déjà passé de mode : son successeur, Opus 4.8, a en effet été annoncé par le labo IA. Le modèle apporte des améliorations « modestes mais tangibles », affirme l’entreprise, à commencer par… une plus grande prudence quand il ne sait pas quelque chose.

Plus d’honnêteté, moins de tokens

Selon les testeurs cités par Anthropic, Opus 4.8 se montre plus honnête : il signale plus facilement ses incertitudes, évite les affirmations qui ne sont pas vérifiées et laisse moins passer de bugs sans les mentionner. « Un problème général avec les modèles d’IA, c’est qu’ils tirent parfois des conclusions hâtives, en affirmant avec assurance avoir progressé dans leur travail alors que les preuves sont minces », explique la startup. Elle affirme que le nouveau modèle est « environ quatre fois moins susceptible » de laisser des défauts non signalés dans le code, par rapport à son prédécesseur.

Autre nouveauté : une fonction expérimentale baptisée « dynamic workflows » pour Claude Code. Le modèle est en mesure de gérer de très gros projets logiciels en parallèle, ce qui lui permet de le découper en petits bouts, de lancer des centaines de sous-agents en simultané et de vérifier automatiquement les résultats avant de répondre. Anthropic donne en exemple une migration massive de bases de code contenant « des centaines de milliers de lignes ».

Image : Anthropic

En termes de benchmarks, Opus 4.8 affiche des gains incrémentaux sur la plupart des tests (+ 4,9 points sur SWE-Bench Pro,+ 8,5 points sur Terminal-Bench…). Anthropic ne fait pas de bond spectaculaire ici, mais améliore l’existant par petites touches et maintient sa position sur les tâches agentiques. C’est cohérent avec la stratégie de la startup qui vise d’abord les développeurs et les entreprises : sur SWE-Bench Pro (agents de programmation), Opus 4.8 est loin devant GPT-5.5 et Gemini 3.1 Pro. Le modèle d’OpenAI reste cependant le patron sur Terminal-Bench, qui mesure des tâches très proches d’un vrai environnement développeur.

La brûlure des tokens

Un des changements les plus importants de cette nouvelle livrée est un réglage d’effort dans claude.ai et Cowork. L’utilisateur peut sélectionner le niveau de ressources à consacrer à une réponse : un effort « faible » retournera des réponses moins précises mais le processus de réflexion sera plus rapide et surtout moins coûteux, à l’inverse d’un effort plus élevé. Par défaut, Opus 4.8 est réglé sur un effort élevé, qui offre selon Anthrophic le meilleur équilibre entre « qualité et expérience utilisateur ».

Sur les travaux de code, ce niveau d’effort consomme le même volume de tokens qu’Opus 4.7 par défaut, « mais avec de meilleures performances ». Cette question des tokens est devenu très sensible, Opus 4.7 se montrant très gourmand en la matière. Une critique qui n’a pas échappé à Anthropic : les limites d’utilisation dans Claude Code ont été relevées pour les niveaux d’effort supérieurs.

Toujours dans cette même optique, Anthropic a révisé fortement à la baisse le coût du mode « rapide » pour Opus 4.8, désormais trois fois moins onéreux que son équivalent sur Opus 4.7. Ce mode, qui travaille 2,5 fois plus vite, revient maintenant à 10 dollars par million de tokens en entrée, et 50 dollars par million de tokens en sortie. C’est trois fois moins cher que pour les précédents modèles (30/150 dollars). Les tarifs pour un usage standard d’Opus 4.8 ne changent pas : 5 dollars par million de tokens en entrée, 25 dollars en sortie.

Enfin, fidèle à une stratégie marketing bien rodée, Anthropic fait miroiter le lancement « dans les prochaines semaines » de modèles grand public basés sur Mythos, le fameux LLM tellement balaise qu’il n’est distribué qu’au compte-goutte au travers du projet Glasswing.

L’entreprise explique que le développement de garde-fous avance bien. Ces mécanismes de sécurité seraient nécessaires pour éviter que les capacités de Mythos ne puissent servir aux pirates pour exploiter des failles. Ces nouveautés et cette agitation autour de Mythos est de bon aloi, alors qu’Anthropic s’apprête selon les rumeurs à se lancer en bourse d’ici la fin de l’année, alors même que l’entreprise vient de boucler une nouvelle levée de fonds record.

Commentaires (18)

votre avatar
L’IA, c’est un roman au long court en fait…
votre avatar
En cumulant les affirmations et les superlatifs des commerciaux sur les différentes itérations, on devrait probablement déjà avoir dépassé l'AGI ...
votre avatar
C'est du même niveau que Donald Trump qui a écrasé l'Iran une bonne trentaine de fois en soixante jours
votre avatar
votre avatar
Le problème de Claude, entre autres, c'est le prix. Il faut payer dix fois plus cher que codex pour parvenir au même résultat et les limites y sont beaucoup plus généreuses. Les limites de Claude sont une horreur.
Et il y a un espèce de fan-service qui s'est installé pour Claude parce qu'ils ont été les premiers à proposer quelque chose de vraiment potable pour le développement, pourtant Codex bosse désormais vraiment bien, bien que les modèles 5.4 et 5.5 aient fait enfler les prix et la quantité de tokens sur les limites sur 5H et sur la semaine.

Je suis en train de faire de la recherche en ce moment même sur du code lourd pour comprendre comment lancer n'importe quel jeu via KMS sans compositing/environnement de bureau, et codex bosse sans discontinuer depuis des lustres avec /goal pour effectuer les recherches et tous les tests nécessaires tout en documentant...
votre avatar
Que Claude soit cher et/ou limité, pour moi ce n'est pas une problème, c'est une solution.

Viser une rentabilité et faire payer le vrai prix d'un service par rapport à ce qu'il coute, c'est plutôt bon pour l'avenir. Surtout quand tout le monde parle de cette fameuse bulle.

Après à l'usage à l'instant T, c'est sur que si un autre service fait mieux sans limite, autant prendre l'autre en tant qu'utilisateur.
votre avatar
J'en profite pour rappeler l'existence de ce site : https://isaiprofitable.com/


Dans un monde normal, aucune de ces boites d'AI n'existerai entre aujourd'hui ...
votre avatar
C'est la normalité de notre époque...
Comme toute ruée vers l'or, ce sont les fabricants et vendeurs de pelles et de pioches, les grands gagnants, ce site le confirme.
votre avatar
Exactement ce que je disais aux collègues.
votre avatar
Sympas cette petite interface
votre avatar
NO.
Everyone's broke
S'pas ce que dit le graph Nvidia :D

Blague à part, ça démontre le délire des américains là où l'investissement français et chinois est plus équilibré.

Qu'ils se pètent la gueule, ça nous fera des vacances et du boulot en plus :yes:
votre avatar
Ce n'est pas pour défendre outre mesure le capitalisme, mais j'ai lu qu'on avait eu le même type d'investissement hors norme pour le développement du rail au 19eme siècle. Que ca avait été nécessaire pour fabriquer tous les chemins de fer et que ensuite il y avait eu une énorme bulle qui a exploser.
Juste pour dire que ce n'est pas forcément un mal ces investissements.
votre avatar
Dans un monde normal, aucune de ces boites d'AI n'existerai entre aujourd'hui ...
Nous somme dans un monde normal, et heureusement que des entreprises investissent à long terme.
votre avatar
Opus 4.8 se montre plus honnête
Je dois être particulièrement mauvais car il me disait régulièrement que je me goure.
Cette propension à aller dans le sens de l'utilisateur est clairement très pénible et oblige à challenger les réponses. Pour le boulot tech en tout cas, je n'ai pas d'autres utilisations des LLM.
votre avatar
J'ai été contredis de nombreuses fois par codex depuis la 5.3. On focalise sur Claude, alors que d'autres LLM existent, bien moins onéreux que Claude, et désormais aussi efficaces, si ce n'est parfois plus, quand on les confronte... 🫪
votre avatar
Oui faut que je test Codex !
votre avatar
Cette propension à aller dans le sens de l'utilisateur est clairement très pénible et oblige à challenger les réponses.
Oui, vous avez entièrement raison !


( :D )

Les chat bots, ou l'école des fans 3.0.
votre avatar
Il est possible de lutter contre ça en demandant au modèle de donner des réponses honnêtes plutôt que de chercher à vous faire plaisir. Ce n'est pas parfait, mais comme les modèles sont construits dès la première seconde du processus pour créer de l'engagement, pas le choix.

Dans un premier temps je me suis dit "peut-être est-ce mieux que nous construisions des IA dont la directive première soit de nous faire plaisir, histoire d'éviter skynet".

Puis après je me suis souvenu que la littérature fournissait assez d'exemples de comment ça ne marche pas. 2001, Le cycle des robots, La machine s'arrête...