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Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

L'avenir en berne

Baisse du budget : les universités, la recherche et France 2030 sacrifiées

Photo de Nick Bolton sur Unsplash

En parallèle du sommet « Choose France », le gouvernement français revoit le budget du pays quelques mois après le déclenchement de la guerre en Iran par Donald Trump. La recherche, l’enseignement supérieur et les investissements d’avenir sont les secteurs les plus touchés.

Alors qu’en fin d’année 2025 (comme l’année d’avant) le gouvernement a eu de la peine à faire voter son budget 2026, Sébastien Lecornu prévoit de le raboter, par décrets. Et les coupes sont importantes : 954 millions d’euros de crédits de paiement sont prévus, dont une partie importante prélevée dans le budget alloué à la recherche et à l’enseignement supérieur, mais aussi les « investissements d’avenir ».

De fait, le ministre des Comptes publics, David Amiel, avait annoncé le 21 avril dernier 6 milliards d’euros d’économies pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Donald Trump.

Des annonces attendues par les parlementaires

Mais un mois après, les parlementaires n’avaient pas reçu d’information sur la façon dont ces économies allaient être réalisées. Pour mettre la pression sur le gouvernement, les sénateurs Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR) lui ont envoyé une lettre, selon Le Monde, dans laquelle ils lui ont demandé de leur faire parvenir « les mesures de redressement envisagées, avec leur répartition par ministère et par action de politique publique, ainsi que le mode opératoire envisagé : gels de crédits, décret d’avance ou d’annulation de crédits, loi de finances rectificative, etc. » avant le 1ᵉʳ juin, c’est-à-dire aujourd’hui.

Une partie devrait venir de l’abandon du projet du gouvernement d’augmenter les exonérations de cotisations patronales via un décret. L’enveloppe de compensation de ces exonérations, qui s’élève déjà à 74 milliards d’euros, ne sera finalement pas augmentée des 2 milliards supplémentaires prévus suite à la hausse du SMIC (+ 2,4 %).

Mais le gouvernement prévoit aussi de couper dans le budget de ses ministères. Il l’a finalement fait savoir aux parlementaires en transmettant ce jeudi 28 mai aux commissions des Finances deux projets de décrets qu’a pu obtenir Public Sénat.

En tout, il prévoit de revenir sur 954 millions d’euros de crédits de paiement. Au premier plan se trouve le budget de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’Espace.

139 millions d’euros de coupes budgétaires pour l’enseignement supérieur et la recherche

Ainsi, les projets de décrets signés par David Amiel prévoient pour l’un [PDF] 70,235 millions d’euros et pour l’autre 68,854 millions d’euros pour l’autre [PDF] de crédits de paiement annulés concernant la recherche et l’enseignement supérieur, soit plus de 139 millions d’euros de coupes budgétaires.

Cela inclut 35,47 millions d’euros en moins pour les universités alors qu’une très grande partie d’entre elles sont déjà en déficit, leurs dotations ne leur permettant pas de compenser la hausse des charges. Fin décembre, l’Université de Lille annonçait un déficit de 45 millions d’euros dans son budget 2026.

Pour les autres institutions de recherche pluridisciplinaire, la baisse du budget prévu atteint 63,5 millions d’euros. En avril dernier, le PDG du CNRS, Antoine Petit avait déjà annoncé que son institution était sommée par le gouvernement de procéder à un tour de vis supplémentaire de 20 millions d’euros.

La recherche spatiale, domaine cher au ministre Philippe Baptiste qui a été président du CNES, n’est pas épargnée. Ainsi, les deux décrets prévoient que son budget soit amputé de 32,4 millions d’euros.

France 2030 est aussi touché

Enfin, les investissements du plan France 2030 – prévus en 2021 par Emmanuel Macron pour rattraper le retard de la France dans la recherche dans certains secteurs industriels – perdraient 100,38 millions d’euros de crédits. Ce plan sert, par exemple, au financement des recherches sur le quantique annoncées par le président de la République récemment ou celles sur les jumeaux numériques de territoire.

La « vraie priorité à l’enseignement supérieur et à la recherche » affichée par Philippe Baptiste lors du vote du budget initial semble loin. Présentés à l’Assemblée nationale et au Sénat la semaine dernière, les décrets doivent encore être publiés au Journal Officiel. Mais Sébastien Lecornu a déjà prévenu que, la guerre au Moyen-Orient se prolongeant, « les 6 milliards d’euros devront être remis à jour » avec une nouvelle estimation qui devrait arriver fin juin. « J’ai parié sur 10 milliards d’euros », a confié à nos confrères du Monde le président de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI).

Commentaires (5)

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Il faudra regarder dans le détail comment cela va se traduire dans les organismes de recherche et les universités.
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C’est simple, mal!
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Dans le détail, chaque entité va perdre 1 ou 2 millions et va rogner un peu sur chaque projet en même temps. Donc ce sont des choses qui avanceront moins vite (un thésard/post-doc en moins, du retard dans l'achat de matériel pour la bonne tenu des expériences, etc.) Ça ne se traduit pas par l'arrêt brutal d'un projet de recherche très médiatisé, c'est beaucoup plus vicieux que cela ; les effets d'une telle politique se mesure sur des dizaines d'années.
Donc concrètement, ce sont ce genre de décisions qui font que la recherche française perd petit à petit des places dans les classements internationaux.
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La situations de tensions sont les seuls moments valables pour sonder & évaluer les réelles pensées & priorités.

Une véritable crise n'est même pas encore développée que le réflexe est, déjà, de sacrifier le développement futur, notamment de la connaissance.

Ne serait-il pourtant pas aisé de recouvrer la même somme (voire même plus), en stoppant le déversement d'argent public dans le secteur privé ?

L'État n'est pas un investisseur comme les autres : il doit (devrait ?) investir dans la souveraineté et dans sa capacité à être au service de son souverain.
Un investissement public ne devrait pas avoir la même signification que celui d'un actionnaire privé.
L'État ne devrait pas être un porte-monnaie pour les initiatives privées.
L'État ne devrait investir qu'en proportion de son contrôle, dans des initiatives stratégiques.

Où est donc passé le sens de l'État chez les hauts-fonctionnaires ?
Peut-être la navette public privée ne les a-t-elle transformés qu'en agents d'autre chose ?
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Cela me désole de lire les montants évoqués dans cet article, en comparaison avec l'article précédent sur Softbank. Non pas que ce soit un montant dérisoire ici, mais qu'il faille faire ce genre d'économies sur ces domaines alors qu'on parle de milliards à côté.