Bitwarden a abandonné ses valeurs d’inclusion, de transparence et temporairement de gratuité
Courage, fuyons !
Illustration : Flock
Le 19 mai à 16h55
L’entreprise derrière le gestionnaire de mots de passe a discrètement changé d’équipe dirigeante en début d’année. Depuis, certains termes ont disparu du site web de promotion de la solution open source, comme « inclusion » et « transparence » et même, temporairement, l’engagement de proposer une offre « toujours gratuite ».
Bitwarden a abandonné ses valeurs d’inclusion, de transparence et temporairement de gratuité
Courage, fuyons !
Illustration : Flock
L’entreprise derrière le gestionnaire de mots de passe a discrètement changé d’équipe dirigeante en début d’année. Depuis, certains termes ont disparu du site web de promotion de la solution open source, comme « inclusion » et « transparence » et même, temporairement, l’engagement de proposer une offre « toujours gratuite ».
Logiciel
Logiciel
5 min
Depuis le début de l’année, Bitwarden a fait quelques discrets changements dans son équipe dirigeante et sur son site web. Celles-ci inquiètent certains utilisateurs quant à la direction que prend le projet de gestionnaire de mots de passe open source : depuis 2021, il se démarquait de la concurrence en restant le dernier service d’ampleur à fournir gratuitement la synchronisation fixe/mobile.
Changement discret d’équipe de direction
En effet, comme l’a repéré Fast Company vendredi 15 mai, l’ancien CEO, Michael Crandell, a laissé la place à Michael Sullivan mais le changement n’avait été annoncé publiquement que par le changement de statut de leurs deux comptes LinkedIn. Ainsi, Michael Crandell est passé à un rôle de simple « conseiller » pendant que Michael Sullivan est arrivé en tant que CEO en février dernier après avoir quitté le même poste chez insightsoftware, explique-t-il sur son profil LinkedIn. Il y ajoute qu’il « possède une solide expérience dans tous les aspects des fusions et acquisitions, notamment une expérience directe auprès de grandes sociétés de capital-investissement ».
Sur LinkedIn aussi, le responsable financier de l’entreprise depuis 2019, Stephen Morrison, indique avoir quitté ses fonctions en avril dernier. Il est remplacé par Michael Shenkman.
Kyle Spearrin, qui a créé le projet, reste CTO depuis 2016. Mais la stabilité du fondateur ne semble pas s’accompagner de celles des valeurs mises en avant par le projet. Ainsi, plusieurs pages du site web du projet ont été modifiées.
Notamment, la mention du « always free » (en français, « toujours gratuit ») accompagnant la présentation de l’offre pour une utilisation « personnelle » gratuite a été, un temps, supprimée.
Suite à la publication de l’article de nos confrères, cette mention est réapparue. Sur le subreddit consacré à Bitwarden, un employé de l’entreprise affirme que celle-ci a été réintégrée et que c’était « un simple oubli de la part de l’équipe marketing ». L’entreprise a affirmé à Fast Company qu’elle « restait déterminée à proposer une offre gratuite solide qui apporte une réelle valeur ajoutée aux particuliers ».
Une notion fluide du courage
Mais d’autres changements ont été apportés au site du projet. Ainsi, la page « carrière » affichait jusque-là des valeurs de « Gratitude, responsabilité, inclusion et transparence » rassemblées sous l’acronyme GRIT (qui veut aussi dire « courage » en anglais).
Mais ce GRIT a été transformé récemment en un moins courageux « Gratitude, responsabilité, innovation et confiance ».
Là aussi, la page a encore été modifiée pour remettre le terme de transparence dans la définition de la confiance et celui d’« environnement inclusif » dans celle de la « gratitude ».
Juste avant le changement de direction, l’entreprise avait discrètement annoncé dans un billet de blog l’augmentation de ses tarifs premium. Ceux-ci sont passés à 19,80 dollars par an, alors qu’ils étaient encore à 10 dollars par an en début d’année.
Vaultwarden comme alternative ?
Toutes ces modifications inquiètent quant à la direction du projet. Ainsi, certains expliquent avoir déjà migré vers la solution Vaultwarden qui permet d’auto-héberger son gestionnaire de mots de passe et encouragent à le faire tant que « les clients Bitwarden sont open source et l’API du serveur est publique ».
Rappelons que Vaultwarden est compatible avec Bitwarden et peut donc accueillir directement les données qui y ont été stockées. Ajoutons aussi que le projet n’est « pas associé à Bitwarden » ou à l’entreprise, même si, selon la page GitHub, « l’un des mainteneurs actifs de Vaultwarden est employé par Bitwarden et est autorisé à contribuer au projet sur son temps libre. Ces contributions sont indépendantes de Bitwarden et examinées par d’autres mainteneurs ». Enfin, comme nous le disions, si Bitwarden est régulièrement audité, ce n’est pas le cas du projet Vaultwarden.
Suite à ces réactions, Mike Sullivan a, pour la première fois, pris la parole sur le blog de l’entreprise en tant que CEO. Il y assure que « l’open source est le fondement de tout ce que Bitwarden développe. La possibilité de vérifier le code, d’héberger soi-même ses données et de s’assurer de leur authenticité plutôt que de se contenter de croire en elles ne sont pas de simples atouts supplémentaires : ce sont les raisons pour lesquelles Bitwarden se distingue de toutes les autres solutions du secteur, et cela ne changera pas ». Il ajoute que l’engagement d’avoir une version gratuite de Bitwarden est « permanent ». Son billet ne revient par contre pas sur les notions de « transparence » et d’ « inclusivité » qui ne sont pas mentionnées.
Commentaires (61)
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Abonnez-vousLe 19 mai à 17h03
A 1'25":
Le 19 mai à 17h11
On peut regarder du côté de vaultwarden justement pour garder le contrôle sur ses data et la stack technique. Sinon il y a tout un tas d'autres solutions opensource aussi.
Modifié le 19 mai à 19h18
Edit: oups je voulais répondre au message du dessus
Le 19 mai à 17h26
Et comment fais-tu pour des clés de sécurité serveur ? Pour allier complexité du mot de passe type et exigences diverses et variées de certains sites ? Tu ne partages aucun compte avec la famille et les copains (et donc une certaine notion de mot de passe partagé vs mot de passe 100% privé) ?
Le 19 mai à 17h27
Modifié le 20 mai à 10h42
Mais 99% des comptes qu'on utilise régulièrement n'ont pas du tout besoin d'un grand niveau de sécurité et encore moins d'être immunisé à ce type d'attaque car y accéder ne présente aucun bénéfice pour un tiers. Pour tous ceux-là autant privilégier la facilité, et pour les quelques vraiment importants, utiliser des mots de passe plus sécurisés et/ou la 2FA.
Vouloir imposer le plus haut niveau de sécurité tout le temps est le meilleur moyen de dégoûter les gens, car par définition il ne sera pas pratique.
Le 20 mai à 10h55
L'avantage est que je n'ai besoin que de ce qu'il y a dans ma tête...
Le 20 mai à 11h19
Modifié le 20 mai à 13h08
Tu sous-estimes ses capacités de réflexion non technique et tu sur-estimes ses capacités techniques.
Modifié le 21 mai à 12h21
Le pompon revient à une application sur mon téléphone pour payer mon parking, qui impose un mdp complexe et un code 2FA envoyé par mail... Bah oui, imaginons qu'un voleur vole ma voiture et mon téléphone, arrive à déverrouiller mon téléphone. Mais il est gentil, hein, le voleur, il parque ma voiture devant mon boulot, le seul jour de la semaine où je ne suis pas en télétravail, à l'heure habituelle où je parque ma voiture devant mon boulot. Et pour m'éviter des ennuis, il est prévenant assez que pour payer mon parking, ce serait dommage d'ajouter les petits frais aux gros (un bon point à qui a la ref). Mais attention hein ! Hola ! Ça pourrait ne pas être moi qui fais cette démarche ! Alors par sécurité on va m'envoyer un code à 6 chiffres pour vérifier que tout ça est légitime. Bien sûr, ce code on l'envoie sur le mail que je lis depuis le téléphone qui essaie justement de payer le parking...
Edit : je me rends compte que j'ai écrit "anectode" au lieu d'anecdote. Je le laisse, c'est fun...
Ça peut pas être dû au hasard, un gars a réfléchi à comment rendre ce truc absurde.
Le 21 mai à 12h25
Le 21 mai à 14h50
Non. Je te retourne exactement l'argument. Les gens ne veulent faire aucun effort de réflexion, ils utilisent toujours des trucs ultra-évident, duplique leur mdp sur tous les sites (oui même le truc obscure reçu par un spam sur Telegram). Quand on leur explique 2 minutes comment utiliser un gestionnaire de mdp pratique il le font. Si on leur explique comment retenir 50 mdp par la seul force de leur cerveau ils ne vont jamais le faire.
Et les gens qui sont passé sur Bitwarden dans mon entourage ne mon jamais appeler lors d'un changement de PC, il se sont reconnecté comme il le font chaque fois.
Le 21 mai à 17h26
Il y a pas mal de gens pour qui c'est l'utilisation d'éléments techniques qui les rebutent plus qu'un effort de réflexion purement mental qui n'est pas différent de ce qu'ils font déjà dans d'autres domaines. J'ai été surpris par des gens non technique qui ont eu tout seuls l'idée d'utiliser des patterns. Que cette méthode soit bonne ou mauvaise, elle est utilisée, et j'aurais bien de la peine à les convaincre d'utiliser quelque chose de technique à la place.
Vu la news, si personne ne t'a appelé pour le moment au sujet de Bitwarden, ça pourrait bien ne pas tarder, et tu as eu de la chance de ne pas avoir choisi un autre service où c'est devenu payant plus tôt ou qui se soit pris des casseroles.
Le 22 mai à 08h55
C'est sur ce principe que fonctionne LessPass par exemple.
Le 22 mai à 09h45
Et je suis sensé retenir l'URL du site au moment de mon inscription et le timestamp de la création ? Genre je dois me souvenir si mon compte à été crée sur PCInpact ou NextInpact ou Next ? Bref il me faut un password manager. Retour à la case numéro un, au quel est-ce que je fais confiance.
Modifié le 22 mai à 11h51
Comparé à un gestionnaire de mots de passe :
Le 22 mai à 14h15
Le 22 mai à 14h13
Le 22 mai à 14h37
Le 22 mai à 14h56
On est sur next, l'adresse c'est next.ink, mais est-ce que je me suis inscrit quand l'adresse était nextinpact.com ou quand c'était pcinpact.com ?
Le 22 mai à 16h20
Un gestionnaire de mot de passe, il ne faut pas "juste" un mot de passe, il faut aussi qu'il sache sur quel site tu veux te logger (en utilisant ... quoi d'autre que l'URL ?) bref tout ça pour dire que si on a une extension similaire à un gestionnaire de mots de passe qui reconnaît le site sur lequel tu te logges, qui stocke toute l'information (username, sel, date de création etc.) MAIS qui au lieu de stocker une version chiffrée de ton mot de passe le regénère à partir de données locales + le "préfixe aka master password" que tu tapes, tout en synchronisant entre plusieurs clients, etc... comme n'importe quel gestionnaire de mot de passe sauf que ... il ne stocke pas, et donc ne doit pas synchroniser les mots de passe, tout ce qu'il synchronise peut être publié ou partagé par un qrcode, etc. tout ça pourrait être un standard ouvert...
Mais bon, je vois globalement une possibilité de solution, vous voyez juste toutes les objections, j'ai pas le temps de répondre à tout.
Le 22 mai à 18h59
Le 22 mai à 16h36
On s'en rend compte lorsqu'on utilise un gestionnaire de mot de passe et que celui-ci ne retrouve pas le mdp automatiquement et qu'on est obligé de le rechercher manuellement l'entrée pour ensuite la mettre à jour.
Avec une méthode sans mots de passe, si on a oublié l'ancienne adresse, on est foutu…
Le 19 mai à 17h09
Le 19 mai à 17h30
Le 19 mai à 17h40
Je ne vois pas bien ou est le risque.
Le 19 mai à 18h01
En plus j'avais cru lire qu'il ne s'agissait pas des US mais de la France (en tout cas il y a un cas fortement instrumentalisé par d'aucuns et mélangeant joyeusement Proton pass, Proton VpN et ProtonMail ; et mélangeant aussi collaboration et demande judiciaire de droit suisse).
Le 19 mai à 18h26
Le 19 mai à 19h17
Le 20 mai à 09h59
Le 20 mai à 14h22
Le 19 mai à 19h15
Aucune entreprise ne peut éviter de se soustraire à une requête légale des autorités judiciaires. La technique peut limiter les dégats ne limitant ce que l'entreprise connaît.
Quel est cet exemple de collaboration avec les États-Unis ?
Le 19 mai à 17h43
Perso, autohébergé sur vaultwarden, mais utilisant les clients bitwarden, la news ne me rassure pas.
À noter également qu'ils (bitwarden) s'étaient fait véroler la CLI récemment :
Le 19 mai à 22h30
Le 20 mai à 09h42
Mais bon, le principe de base c'est que le gestionnaire n'est accès à rien comme indiqué par d'autres avant.
Le 19 mai à 17h25
Si ça ne dépendait que de moi je me réfugierai sur KeePass avec Syncthing ou webdav pour la syncro. Mais j'ai une famille et on partage pas mal de comptes avec ma femme.
Bref, à suivre, et probablement se préparer pour une migration...
Le 19 mai à 17h35
Modifié le 19 mai à 17h26
C'est pour cela qu'un vrai modèle d'entreprise autour de l'open-source ne doit pas concerner l'outil lui-même, mais uniquement l'accompagnement d'entités lucratives.
Le 19 mai à 18h36
Pour ma part je tourne depuis ~15 ans avec ccrypt (un simple txt chiffré).
Sur mobile, j'ai le txt dans un conteneur cryptomator.
Pour l'instant je n'ai pas trouvé mieux. Et de toute façon, lr formatage du txt le rend non-interopérable avec tous les programmes modernes
Le 19 mai à 19h39
Le 19 mai à 20h13
Ou alors il faudrait que je le reformate entièrement, pour l'exporter en csv, et là je pourrais l'intégrer à des outils tiers... Mais la masse de travail me déprime. Peut-être une IA pourrait faire ça, mais je n'ai pas confiance en elle.
Le 19 mai à 20h27
Ce sera plus sûr qu'un text file à mon avis 😅
Le 20 mai à 09h01
Le 20 mai à 21h06
Si j'ai besoin de plusieurs mdps à la volée, je fais un Ctrl + F dans le txt, plutôt d'ouvrir plusieurs entrées dans KeePass.
Le 20 mai à 10h55
Le 19 mai à 18h51
ca m'a permis de me former sur plein de notions et ca a été très pédagogique (j'ai fait une bonne doc au besoin)
au pire quand ca commencera à sentir pas bon, il me restera à faire un petit export dans un keypass
ou quand finalement ma vm Google devient payante (pour l'instant ca semble resister, bien que j'ai des centimes qui apparaisse bizarement)
Le 19 mai à 19h05
Le fait que le nouveau CEO posséderait une solide expérience dans les fusions acquisitions ne m'inspire pas confiance pour l'indépendance de cette boîte.
Le 20 mai à 09h46
Modifié le 19 mai à 19h22
Modifié le 19 mai à 20h19
Le 19 mai à 21h59
Malheureusement pas de solution abordable pour une famille.
Le 19 mai à 22h48
J'utilise "pass" avec un repo git perso (en --bare donc un client ssh suffit), et la solution s'appuie sur gpg... C'est super mais bon, fait quand même maîtriser push/pull & merge
A mon avis ya un super potentiel avec une GUI étudiée... mais ça reste vachement trop complexe (par principe) :-(
Le 20 mai à 09h57
Pour Android, y a aussi une solution: OpenKeyChain couplées à "Password Store". Pareil que qtpass, ca cache git et gpg.
Le 20 mai à 13h56
Le 20 mai à 09h57
Le 20 mai à 10h31
Vaultwarden j'ai longtemps pratiqué, mais j'ai autre chose à faire que d'assurer la maintenance d'un logiciel aussi sensible... A 10€/an je délègue.
Modifié le 20 mai à 11h42
Modifié le 20 mai à 20h57
Client Bitwarden / Vaultwarden : Keyguard -
Modifié le 20 mai à 20h28
C'est un générateur de mots de passe reproductibles en fonction d'un mot de passe maître, du nom d'utilisateur et du nom du site, et de paramètres tels que la longueur et les caractères autorisés. Bien entendu c'est non inversable histoire de ne pas pouvoir faire le lien entre plusieurs mots de passe appartenant au même utilisateur.
Le seul point négatif selon moi est avec certains sites idiots qui ont des exigences maximales (plutôt qu'habituellement des exigences minimales) parce qu'il faut se souvenir (ou faire plusieurs tentatives) de devoir décocher certaines cases ou de réduire la longueur. Mais ça tend à disparaître je trouve, hormis les banques avec leurs codes à chiffres mais ça au moins c'est indiqué dessus.
On peut le tester sur https://lesspass.com, mais bien entendu si on veut utiliser la version web, il vaut mieux la faire tourner sur son propre hébergement.
Le 22 mai à 11h29
Visiblement, ils avaient proposé une base de données pour stocker ces restrictions par utilisateur, mais on se retrouve avec un compte centralisé, et on perd l'intérêt de la chose. Ils ont arrêté cette solution pour ces raisons.
Une autre approche serait une base de données publique et communautaire, où chacun pourrait contribuer les restrictions concernant tel site si ce n'est pas déjà présent dans la base. D'ailleurs un ticket sur leur github propose une solution un peu similaire, basée sur une liste en open source maintenue par Apple: .
Le 22 mai à 17h39
includeet équivalentes ?Signaler un commentaire
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