Quand l’IA agentique coûte plus cher que de payer ses employés humains
3 min
Économie
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Alors que les entreprises se tournent vers l’IA agentique pour booster leur productivité, mais que les agents sont de plus en plus facturés en fonction du nombre de tokens utilisés, et non plus sous forme d’abonnement forfaitaire, il devient plus coûteux de payer l’IA que des employés, relève Fortune.
Ce qui pourrait compliquer les projets de ces entreprises vantant un avenir « agentique », alors que Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a récemment déclaré qu’il pensait qu’un jour, 100 agents IA travailleraient aux côtés de chaque employé de son entreprise.
Cette incitation pressante à recourir à l’IA agentique s’est traduite par une nouvelle pratique, et expression, le « tokenmaxxing », visant non pas tant à produire plus de code utile qu’à faire croire à ses N+1 que l’on serait surproductif, en générant artificiellement de l’activité IA afin d’améliorer ses statistiques.
Une pratique encouragée par certaines entreprises, Amazon ayant par exemple fixé comme objectif de dépasser le seuil des 80 % de développeurs utilisant l’IA chaque semaine, tout en suivant la consommation de tokens de ses employés. Un tableau de bord interne chez Meta attribuait même des statuts de « Token Legend » aux employés en consommant le plus.
À mesure que la consommation augmente, le coût unitaire des tokens « devrait chuter de manière spectaculaire », avance Fortune. Un récent rapport de Gartner estime que d’ici 2030, l’inférence sur un LLM hautement sophistiqué pourrait coûter 90 % de moins qu’en 2025.
Gartner prévoit néanmoins que cela ne se traduira pas par une baisse du coût total de l’IA, les modèles agentiques nécessitant bien plus de jetons par tâche que les modèles standards. Si la consommation de jetons augmente plus vite que la baisse des coûts unitaires, le coût total risque dès lors d’augmenter, voire de devenir insoutenable.
Microsoft, qui avait invité en décembre dernier des milliers de ses développeurs à utiliser Claude Code, vient par exemple d’annuler ses licences et de leur demander de passer par GitHub Copilot CLI, indiquait récemment The Verge.
Fin avril, Microsoft avait lui-même restreint la souscription de nouveaux abonnements individuels à GitHub Copilot, annonçant passer en juin à une tarification basée sur l’usage réel, en fonction du volume de tokens consommé.
Fortune relève que Praveen Neppalli Naga, le CTO d’Uber, avait déclaré avoir brûlé l’intégralité de son budget IA 2026 en seulement quatre mois. « Pour mon équipe, le coût de la puissance de calcul dépasse de loin celui des salaires des employés », a de son côté déclaré Bryan Catanzaro, vice-président chargé de l’apprentissage profond appliqué chez Nvidia.
Commentaires (22)
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Abonnez-vousLe 25 mai à 12h04
Le 25 mai à 17h26
Le 25 mai à 18h10
Le 25 mai à 12h25
Le 25 mai à 12h28
Et avec ces histoires d'objectifs d'usage qui démontrent la débilité profonde des dirigeants de ces entreprises, ça ne va pas s'arranger. Mettre des objectifs sur l'usage d'une techno a autant d'intérêt qu'un livret A, mais bon...
Le 25 mai à 12h57
Modifié le 25 mai à 13h40
Le 25 mai à 18h55
Pour ma part, ca fait tourner en meme temps, OpenWebUI avec 2 modeles (GPT Oss 20G, Qwen 3.6), Whisper CPP, LibreTranslation et quelques outils carto interne et y a encore de la marge...
Hors de question de payer à l'usage, trop risqué et pas besoin que ca sorte vers internet
Le 25 mai à 19h39
Modifié le 25 mai à 21h28
Le 25 mai à 14h10
Les robots de l’époque étaient très cher à comparer à la masse salariale économisée sur le moment. Néanmoins, cela n’a pas empêché les industriels de remplacer leur MO d’ouvriers spécialisés par ces robots. Et le processus ne s’est jamais arreté, d’ailleurs : la robotisation ira jusqu’aux usines noires, sans lumière.
A l’époque, les cols blancs disaient aux ouvriers spécialisés au chômage, qu’il leur fallait accepter le progrès technologique et qu’ils pourraient toujours se reconvertir dans des emplois de service par exemple.
Le service auprès de ceux qui ont les moyens, la servitude volontaire.
Un peu ironique aujourd’hui, de regarder l’évolution des cols blancs dans leur conception du progrès.
Le 25 mai à 15h14
Or malgré toute les étoiles (et les dollars) dans les yeux des actionnaires que l'IA amène, je n'arrive pas à imaginer un monde avec 20x plus de production électrique que maintenant (surtout à court terme), une consommation d'eau assez énorme surtout dans des moments où les crises climatiques vont se succéder, le pétrole (donc les matières premières) aussi.
Le tout pour exacerber encore les inégalités, car dans l'IA on ne parle pas du tout de redistribution: sur sur sujet, curieusement le 18ème siècle reste la référence (Alors vous allez me dire , comme avec tout ce qu'il y a ci-dessus la population va chuter drastiquement une fois le papyboom passé, peut-être que...)
Le 25 mai à 17h27
Le 26 mai à 15h51
Même au niveau ROI : Uber a mis les pieds dans le plat récemment en disant (après avoir consommé en 4 mois ses 3.5 G$ d'IA affectés à l'année complète 2026) qu'ils ne voyaient concrètement pas d'effet mesurable sur la qualité de leur production logicielle.
Le 26 mai à 18h36
Heureusement, je suis optimiste, donc cela finira mal, certainement.
Voir "la grande bouffe" Ferreri 1973 pour la métaphore. ;)
Le 30 mai à 21h33
L'IA c'est l'inverse : ça coûte rien à la mise en place (un peu de formation), et très cher à l'usage et y'a réellement aucun espoir que ça baisse un jour...
Le 31 mai à 11h18
L'IA créé une dépendance à une entité tierce. Elle est en panne ? Tes services sont bloqués. Elle décide de faire un x10 ? Tu dois payer. etc.
Modifié le 25 mai à 18h15
Le 26 mai à 10h16
Il faudra m'expliquer comment...
De ce que je comprends, l'inférence c'est de la puissance de calcul spécialisée + de la mémoire HBM soit 2 éléments matériels très couteux qu'il faut installer proprement dans des datacenters.
Quelle feuille de route réaliste permet de diviser le coût par 10 en seulement 4 ans ?
Le 26 mai à 15h56
Mais les OPEX des LLM sont aussi gigantesques, donc je ne vois pas plus que toi ce qui permettrait de diminuer le coût unitaire des tokens. L'argument serait entendable si tous les datacenters pour LLM étaient déjà construits, qu'ils ne se déprécient jamais (lol, avec NV qui planifie maintenant une génération de puce par année) et qu'ils ne soient pas encore à 100% de leur taux d'usage (et, accessoirement, qu'ils ne consomment pas chacun 1 ou 2 GW).
Modifié le 26 mai à 11h39
Cela passe aussi par des IA mieux adaptées aux usages, avec des modèles spécifiques plutôt qu'un énorme truc générique trop consommateur.
dans certains cas, générer des token soit même avec peut-être ses propres machines, est aussi + pertinent que de seulement consommer des tokens.
Le 26 mai à 14h10
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