Une proposition de loi pour que les jeux vidéo ne meurent pas avec leurs serveurs
Sauver les jeux avant le game over
Le 17 septembre à 07h47
La France Insoumise (LFI) a déposé mardi 15 septembre une proposition de loi pour « garantir les droits des joueurs et joueuses et la pérennité des jeux vidéo ». Un texte qui a très peu de chances d’être voté, mais qui a le mérite de poser de nouveau le débat sur la fin de vie des jeux vidéo.
Une proposition de loi pour que les jeux vidéo ne meurent pas avec leurs serveurs
Sauver les jeux avant le game over
La France Insoumise (LFI) a déposé mardi 15 septembre une proposition de loi pour « garantir les droits des joueurs et joueuses et la pérennité des jeux vidéo ». Un texte qui a très peu de chances d’être voté, mais qui a le mérite de poser de nouveau le débat sur la fin de vie des jeux vidéo.
Droit
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5 min
La question de la fin de vie des jeux vidéo s’était invitée dans le débat public bien avant l’annonce estivale de Sony : à partir de janvier 2028, le constructeur cessera de distribuer les jeux PlayStation sur support physique. Alors que l’industrie freine des quatre fers sur les possibilités d’aménagement après l’arrêt de la commercialisation d’un jeu ou l’extinction des serveurs dédiés, une proposition de loi pour garantir la pérennité des jeux vidéo a été déposée par Ugo Bernalicis, député LFI du Nord.
Un texte peu jouable, mais pas anecdotique
L’auteur de la proposition l’admet bien volontiers : plusieurs des dispositions de son texte se heurtent au cadre juridique de l’Union européenne, « notamment en matière de propriété intellectuelle et de droit d’auteur ». La probabilité qu’il soit voté par les députés est donc aussi mince qu’une chance de passer entre deux carapaces bleues dans le dernier tour de Mario Kart.
Il s’agit toutefois d’ouvrir le débat afin de faire évoluer le cadre européen. Interpellée par l’initiative Stop Killing Games et sa pétition signée par 1,3 million de citoyens européens, la Commission avait botté en touche, se contentant d’annoncer un code de conduite sur la fin de vie des jeux et une meilleure communication sur les droits des consommateurs.
Actuellement, en l’absence d’un cadre juridique sur la fin de vie des jeux, les joueurs sont contraints de faire valoir leurs droits devant les tribunaux, au cas par cas. Pour LFI, c’est intenable : « On ne pourra pas faire l’économie d’une initiative législative en la matière afin d’inscrire durablement la défense des droits des joueur•euses en ligne parmi les priorités des pouvoirs publics. »
Le principe n’est pas d’imposer aux éditeurs de poursuivre indéfiniment l’exploitation d’un jeu ou de maintenir à leurs frais les serveurs indispensables à son bon fonctionnement. Mais de poser une « limite claire » : quand un consommateur a payé pour accéder à une œuvre, « la cessation de son exploitation commerciale ne doit pas pouvoir entraîner la disparition de l’accès à cette œuvre ».
Les éditeurs restent libres de mettre fin à l’exploitation commerciale de leurs titres, mais ils ne doivent pas pouvoir décider unilatéralement que l’œuvre est désormais inaccessible à tous ceux qui ont payé pour pouvoir y accéder.
Une plateforme publique pour les jeux en fin de vie
L’idée maîtresse de la proposition de loi est de confier à la Bibliothèque Nationale de France (BNF) « une nouvelle mission de conservation et de mise à disposition des jeux vidéo dont l’exploitation commerciale a cessé sans qu’une solution garantissant effectivement leur accès ne soit assurée. »

Depuis 1992, la BNF assure le dépôt légal de tout ce qui concerne le multimédia, jeux vidéo compris. L’institution met tous ces éléments à disposition des chercheurs, mais pas du grand public. Dans le cadre de la proposition de loi, la BNF créerait une plateforme publique de conservation et de diffusion du patrimoine vidéoludique.
Cette plateforme mettrait à disposition une copie des jeux après la fin de leur exploitation commerciale : gratuitement pour les joueurs ayant acquis un droit d’accès ; payant pour ceux qui n’avaient pas acquis ce droit d’accès. Les recettes seraient réparties entre la BNF et les titulaires des droits sur le jeu. La charge pour l’État de cette nouvelle mission serait compensée par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs.
Les modalités tarifaires et de répartition des recettes sont renvoyées à un décret en Conseil d’État, tout comme les modalités de transmission à la BNF des éléments nécessaires à la conservation et au fonctionnement du jeu vidéo, ainsi que les conditions techniques de conservation, de restauration et de mise à disposition des jeux.
La proposition de loi a été renvoyée à la commission des affaires culturelles et de l’éducation. Le texte veut s’inscrire dans une réflexion plus globale pour faire du jeu vidéo un bien culturel protégé au titre de l’exception culturelle française, ce qui suppose « une véritable politique publique en la matière, notamment à travers la création du Centre national du Jeu Vidéo (CNJV), sur le modèle du CNC pour le cinéma ». Un centre qui aurait pour mission de soutenir la filière, de réguler le secteur et de mieux protéger les joueurs « face aux prédations économiques des grands acteurs de l’industrie ».
À l’occasion du Sommet Lumière consacré à l’avenir du cinéma et des images animées le 7 septembre dernier, Emmanuel Macron a annoncé la création d’un Festival international du jeu vidéo (PDF), un rendez-vous « de la création, de l’innovation, des joueurs et de l’industrie », a expliqué le président de la République. Ce dernier « considère très profondément que le jeu vidéo fait partie de notre culture et doit faire partie d’ailleurs de l’exception culturelle française, comme nous avons su le faire pour le cinéma et toutes les créations ». Aucun détail n’a été donné sur la date ou le lieu d’un tel événement.
Commentaires (40)
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Abonnez-vousLe 17 septembre à 07h47
Modifié le 17 septembre à 14h09
Ça vaut aussi pour les tout petits partis, susceptible de mettre un coup de pied dans la fourmilière, quelle que soit leur direction, car trop d'intérêts sont en jeu.
Personne ne parlera de Juan Branco par exemple, et le programme mis en avant derrière. (Je n'aime pas le personnage, mais je reconnais la valeur de certains travaux et la volonté dudit programme)
M'enfin, entre ça, et faire croire qu'un homme/femme providentiel(le) changerait quoi que ce soit... 😂
Pour ma part => RIC (Réferundum d'initiative citoyenne), le reste, c'est du pipeau, chacun des candidats pouvant raconter ce qu'il veut.
Le 17 septembre à 14h23
Le 19 septembre à 11h47
Le 17 septembre à 08h23
Le 17 septembre à 09h37
Le 17 septembre à 10h37
Ils utilisent cette astuce éculée de compenser par une taxe sur le tabac.
Article 40 de la Constitution :
Modifié le 17 septembre à 11h18
Les partisans de cette solution vont donc devoir se mettre à
Blague à part, en dehors de cette proposition de financement régulier, la BnF organise régulièrement des appels aux dons pour acquérir des documents rares (y'en a eu une paire ces derniers jours de mémoire).
Le 17 septembre à 11h29
En recherchant "création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs" sur Légifrance, j'ai au moins 115 résultats dans le journal officiel.
Le 17 septembre à 16h35
Une manière pour le gouvernement (qui est chargé de faire appliquer le budget voté par le parlement) de dire "Ok, j'accepte que vous modifiez le budget dont j'ai la responsabilité"
Modifié le 17 septembre à 11h31
Le 18 septembre à 17h25
Mais ici ça serait plus logique de taxer les jeux dématérialisés.
Le 17 septembre à 08h56
Mais pour le coup, ça fait pas de mal.
Le 17 septembre à 09h03
Vous connaissez le Parti Pirate?
Le 17 septembre à 10h41
C'est peut-être très bien, mais la temporalité de l'action fait penser à de la récupération politique.
Modifié le 17 septembre à 14h26
Et quant à "ouvrir le débat" je ne vois aucun problème à cela.
C'est pas dans des vieux partis qui rêvent d'une France d'avant (avant quoi d'ailleurs ?) que ce genre de question sera traitée.
Et en tant que citoyen, j'aimerais savoir si dans 40 ans, tout ne sera qu'abonnement de streaming et accès numérique, ou bien si on aura encore des supports physiques personnels d'œuvres (films, musiques, jeux, livres).
Le 17 septembre à 13h49
Je pointait du doigt que cette proposition arrive pile maintenant alors qu'elle aurait pu être proposée il y a plusieurs mois/années.
Modifié le 17 septembre à 14h03
Le 17 septembre à 14h22
Le 17 septembre à 14h33
Modifié le 17 septembre à 14h44
2 ans pour écrire un texte de loi qu'on sait n'avoir comme objectif que de faire émerger le débat, c'est un chouïa long, tu ne trouves pas ?
Après, il est vrai qu'on entend pas mal parler de la question depuis la décision de Sony, et il est donc possible que l'élu en ai entendu parlé qu'à ce moment là.
On peut lui laisser le bénéfice du doute quand au fait qu'il ai choisi pile ce moment pour sortir le texte, mais il n'empêche que mon étonnement reste légitime, non ?
Modifié le 17 septembre à 15h11
Bien sûr que c'est lent. Mais qu'est ce qui ne l'est pas à moins de faire la une de tous les médias, en matière de politique ?
En plus, une fois encore sans les défendre, non seulement tout est long, mais en plus il y a une infinité de sujets à traiter pouvant être considérés davantage prioritaire que les demandes de joueurs de jeux-vidéos...
Le 17 septembre à 15h32
Et donc il est probable que ce ne soit qu'une coïncidence.
Dès lors, et comme dit plus tôt, je leur accorde le bénéfice du doute.
Modifié le 18 septembre à 17h30
On dirait les politiques qui se font attraper à piquer dans la caisse : c'est toujours "komparazar u agenda politique pour les déstabiliser et les empêcher de mener leur campagne". Vu qu'ils sont tout le temps en campagne, la seule date restante est le 32 février pour que cela ne soit pas considéré comme une subtile coincidence complotiste.
Modifié le 19 septembre à 19h52
Car, non, les politiques ne sont pas tout le temps en campagne (heureusement, encore : 'faut bien qu'ils travaillent en tant qu'élus, à un moment).
Tu me fait un procès d'intention, qui est d'autant plus stérile que j'ai déjà indiqué plus tôt que je leur laissait le bénéfice du doute.
Le 17 septembre à 09h07
Le 17 septembre à 10h01
Le 17 septembre à 10h43
Et cf mon commentaire 3.1.1 sinon pour plus de précision sur le pourquoi de mon propos.
Le 17 septembre à 13h13
Et si tu réponds « oui c’est uniquement à des fins électoralistes » je te répondrai que ça ressemble beaucoup à un biais contre LFI plutôt qu’à des soupçons fondés :-)
Le 17 septembre à 13h28
Et pour info, ce type de manœuvre n'est pas l'apanage d'un parti en particulier. Et parfois, ça a du bon. Par exemple, la campagne "Touche pas à mon pote" récupérée par Chirac avait plutôt aider à la réduction du racisme.
Je trouve dommage de voir un tel "vol au secours" du parti pour une chose si peu gênante pour le parti (c'est peut-être une récupération politique, tous les partis le font, et là, en plus, c'est plutôt bénéfique)... Ça donne l'impression que le parti doit être défendu, alors qu'en face on a quand même une condamnée pour détournement d'argent public qui caracole en tête ded sondages. Signe que les français n'ont pas forcément en priorité la probité de leurs représentants...
Le 17 septembre à 14h34
Oui LFI réagi à l'actualité quand SONY arrête les supports physiques et ses parlementaires font leur travail en transposant ce sujet en proposition parlementaire.
Est-ce que ça fait de cette manœuvre, une manœuvre électoraliste ? Non.
Ils l'auraient fait en dehors de la période de campagne présidentielle, puisqu'ils s'intéressent à ce sujet.
Non, parce qu'ils l'auraient fait même si Sony n'avait pas fait son annonce.
C'est juste concomitant.
Le 17 septembre à 14h43
Le 17 septembre à 11h56
Si on est dans cette situation là aujourd'hui c'est en grande partie à cause des ayants droits qui ont influencer les politiques et les parlementaires dans les années 2000 pour mettre en place des lois très répressives sur la propriété intellectuelle.
Pas merci ceux qui ont voté pour DADVSI et HADOPI, voulu par Nicolas Sarkozy qui a été influencé par le patron de la FNAC de l'époque Denis Olivennes.
Le 17 septembre à 12h00
Le 17 septembre à 12h02
Le 20 septembre à 00h47
Le 17 septembre à 13h42
Le 17 septembre à 14h22
Modifié le 17 septembre à 16h30
Surtout pour une remarque qui me semblait assez consensuelle. 😅
Le 23 septembre à 11h10
Nombre de jeux risques d'être injouable sans le serveur qui contrôle tout.
Et je vois mal la BNF devenir subitement fournisseurs de serveurs de jeux universel, n'oublions pas que nombre de jeux s'arrêtent parce que le serveur coûte trop cher à maintenir pour le peu de joueurs...
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