Troisième fuite confirmée aux impôts, Bercy détaille sa réponse aux attaques
Si vis pacem para bellum
Illustration : Flock
Le 18 août à 18h07
Quatre jours après la révélation d’un triple accès illégitime au système d’information des impôts et au lendemain d’un comité interministériel de crise, les représentants de l’État prennent la parole pour expliquer la situation et rassurer… autant que faire se peut. Le ministère de l’Éducation nationale confirme par ailleurs avoir lui aussi été victime d’une intrusion et exfiltration de données fin juillet.
Troisième fuite confirmée aux impôts, Bercy détaille sa réponse aux attaques
Si vis pacem para bellum
Illustration : Flock
Quatre jours après la révélation d’un triple accès illégitime au système d’information des impôts et au lendemain d’un comité interministériel de crise, les représentants de l’État prennent la parole pour expliquer la situation et rassurer… autant que faire se peut. Le ministère de l’Éducation nationale confirme par ailleurs avoir lui aussi été victime d’une intrusion et exfiltration de données fin juillet.
Sécurité
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11 min
Article mis à jour à 18h34 avec des précisions du ministère de l’Éducation nationale sur l’ « incident de sécurité » dont il avait été victime fin juillet.
Confirmée le 14 août par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), la double intrusion survenue dans le système d’information des impôts a donné lieu, lundi 17 août, à un comité interministériel de crise. Mardi, les services concernés ont fait acte de contrition, et d’une transparence relative, à l’occasion d’un point presse visant à préciser la nature exacte de l’attaque, ou plutôt des attaques, ainsi que les réponses apportées. Au passage, ils ont aussi révélé qu’une troisième intrusion venait d’être détectée au niveau du portail dédié aux successions vacantes.
Trois intrusions confirmées
Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques, a retracé le calendrier des incidents récents, certains aspects du mode opératoire de l’attaquant, en précisant bien s’exprimer dans les limites de l’enquête en cours. « À date, nous parlons de trois fuites, de gravité et d’ampleur très différentes. Aucune d’entre elles n’a permis d’entrer dans un compte fiscal ou de récupérer des codes d’accès », a-t-elle assuré.
Les deux premières intrusions, survenues respectivement en juin et en juillet 2026, ont permis selon les services de la DGFiP de consulter et d’extraire les données de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels, ainsi qu’un lot de données cadastrales.

Au niveau des impôts, c’est la base de données des messages échangés entre les agents du service public et les usagers qui aurait été consultée. Cette interface contient, selon Amélie Verdier, un « cartouche résumé » qui présente à l’agent les principales informations fiscales de l’usager, pour faciliter sa compréhension de la demande.
À ce niveau, l’attaque a permis de consulter et d’extraire les données de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels. Pour les premiers, sont notamment concernées « des données fiscales telles que le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou le taux de prélèvement à la source ». Sur le volet entreprise, Bercy évoque dans sa FAQ dédiée (PDF) « des données telles que leur raison sociale ou leur SIREN ». Amélie Verdier précise toutefois que comme pour les particuliers, des messages avec l’administration ont pu être consultés, ce qui pourrait se traduire par l’exposition de données fiscales. « Les vérifications sont en cours », déclare-t-elle.
La deuxième fuite relative au cadastre concerne quant à elle des données liées aux parcelles, indique la directrice générale. Les données personnelles de 433 000 personnes seraient concernées à ce stade de l’investigation. « Ce sont des vendeurs, des acheteurs, ou des tiers tels que des notaires ou des professionnels amenés à faire des déclarations dans cette base cadastrale », indique Amélie Verdier.
Enfin, une troisième attaque vient d’être détectée et confirmée, au niveau cette fois du portail des successions vacantes, le service qui permet au détenteur d’une créance envers un défunt de vérifier s’il existe un héritier auprès duquel faire valoir ses droits. « L’attaquant a eu accès à un journal des demandes », indique la directrice générale.
Des comptes utilisateurs compromis
La DGFiP a par ailleurs confirmé que ces accès indus avaient été obtenus au moyen de comptes utilisateurs compromis, réalisés par Internet. Ces accès auraient bien été détectés, et coupés, en juin et en juillet, mais sans que l’exfiltration de données ait été confirmée à ce stade. Bercy dit avoir pris connaissance de la fuite le 12 août, via une alerte de l’ANSSI concomitante de la revendication du ou des pirates auteurs de l’attaque.
Sur la base de données du cadastre, Amélie Verdier parle de la compromission d’un compte avec double authentification. Pour ce qui concerne les échanges fiscaux qui constituent l’attaque la plus préoccupante, elle évoque une « combinaison de compromissions de comptes » qui aurait touché à la fois le profil d’un prestataire externe agréé et celui d’un agent des impôts, avec une passerelle rendue possible par une « brèche » non précisée.
Pourquoi la fuite de données n’a-t-elle pas été détectée avant la revendication, si les comptes utilisés ont bien été fermés pour cause de compromission ? Sur ce point, la DGFiP se range derrière le secret de l’enquête. Tout juste apprendra-t-on que l’attaquant « a d’abord fait des tests manuels qu’il a ensuite massifiés, en restant sous les seuils de détection », et que les investigations menées en juin et en juillet semblent s’être concentrées sur des compromissions classiques, sans envisager cette « combinaison » évoquée par la directrice générale.
Une authentification multi-facteurs généralisée d’ici la fin de l’année
Outre des excuses appuyées aux victimes, et un appel à ne pas stigmatiser les agents des impôts, la directrice des Impôts et le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, ont logiquement assuré que la sécurité des services concernés constituait une « priorité absolue ». L’authentification forte, « déjà bien engagée » selon le ministre, devrait ainsi être généralisée à l’ensemble des agents de Bercy « d’ici la fin de l’année ».
David Amiel évoque également la généralisation des quotas d’accès aux données, la mise en place de capteurs sur tous les systèmes qui en sont encore dépourvus, et une formation cyber renforcée des agents, ainsi que la multiplication d’opérations telles que des campagnes de phishing fictives. Le ministre dit par ailleurs souhaiter un usage renforcé de l’IA à des fins d’exploration défensive. « J’ai demandé à ce qu’on se teste nous-mêmes avec des IA pour nous auto-attaquer et déceler les défaillances ». Pas un mot en revanche de la directive européenne NIS2, dont la transposition en France se fait toujours attendre.
En parallèle, c’est bien sûr l’audit confié à l’ANSSI, dont les résultats sont attendus pour septembre, qui devrait guider la marche à suivre. « Ce diagnostic complètera les enseignements des attaques passées et de la feuille de route cyber élaborée à ma demande au premier semestre », précise David Amiel.
Quid des vulnérabilités structurelles, liées à l’ancienneté des systèmes d’information (le fameux legacy) ? Bercy affirme plancher de façon continue sur la question, et avoir encore intensifié ses efforts avec un accent particulier sur la cyber depuis son schéma directeur du numérique de 2025, mis à jour à l’été 2026.
La dette technique reste cependant conséquente, même si le rattrapage est sensible. « Notre taux de conformité a doublé depuis 2020, nous sommes passés de 25 % à un peu plus de 50 % », révèle Amélie Verdier. Elle indique par ailleurs que 100 postes sont dédiés aux sujets cyber sur les 5 300 informaticiens de Bercy. Et souligne un volume d’attaques conséquent, avec 6 972 incidents enregistrés et 57 compromissions de comptes enregistrés en 2025.
En attendant que la dette se résorbe, Bercy affirme travailler à réduire au maximum les accès distants susceptibles de favoriser des compromissions (mail ou agendas des fonctionnaires hors du réseau de Bercy par exemple). Et assure prioriser la refonte des fichiers les plus sensibles, comme le Ficoba troué en début d’année.
Information en cours auprès des usagers
Reste à informer les usagers des services fiscaux. Bercy a annoncé lundi soir que les personnes concernées seraient contactées par mail, avec un courrier d’information reproduit ci-dessous. La campagne d’envoi de mails pour les particuliers devrait se terminer à la fin de la semaine. La communication à destination des professionnels débutera quant à elle la semaine prochaine, c’est-à-dire à partir du 24 août.

La Cnil a de son côté confirmé avoir été dûment notifiée, et prie instamment les victimes de ne plus tenter de la saisir de plaintes individuelles « sauf si vous disposez d’éléments spécifiques ou utiles aux investigations en cours ».
Le ministère de l’Éducation nationale confirme une exfiltration de données
Le ou les pirates qui revendiquent l’attaque sur Bercy, cachés derrière le pseudo ZeroBytes, ont par ailleurs affirmé lundi soir disposer d’un jeu de données particulièrement volumineux issu des systèmes informatiques de l’Éducation nationale. Interrogé sur ce point, le général Stéphane Bajard, directeur général adjoint de l’ANSSI, indique que l’agence est engagée aux côtés des équipes du ministère pour analyser l’incident, mais ne confirme ni n’infirme la revendication.
L’entourage du ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a cela dit confirmé à france info qu’il s’agit de l’attaque qui avait fait l’objet d’un communiqué, le 31 juillet dernier. Le ministère avait alors annoncé avoir été « victime d’une intrusion frauduleuse dans l’un de ses systèmes d’information » dans la nuit du 25 juillet 2026, « à la suite de l’usurpation d’un compte professionnel ».
Le centre opérationnel de sécurité des systèmes d’information du ministère en avait été alerté « dès le 26 juillet », et si l’accès externe au système concerné avait été suspendu « dans les heures qui ont suivi », le ministère reconnaissait que l’intrusion « a pu conduire à l’exfiltration de données à caractère personnel concernant un nombre important de ses agents » :
« Les données susceptibles d’avoir été exfiltrées concernent les agents du ministère ayant exercé en académie depuis 2001. Il s’agit d’éléments d’identité et d’informations professionnelles – statut et fonctions. Pour une partie d’entre eux s’y ajoutent des coordonnées, adresse postale et numéro de téléphone, ainsi que le numéro de sécurité sociale. Ce système d’information ne contient ni données bancaires, ni mots de passe, ni données relatives aux élèves. »
Dans un communiqué, le ministère précise avoir alors déposé plainte contre X auprès du parquet de Paris et saisi l’ANSSI, ainsi que la CNIL. « Depuis, l’ensemble des personnels susceptibles d’être concernés ont été informés individuellement », précise le communiqué :
« Des publications intervenues hier font état de la mise en ligne de ces données et revendiquent la détention de données relatives à des élèves. Le ministère poursuit ses expertises techniques afin d’établir la nature exacte et l’étendue des données exfiltrées. »
Le ministère indique par ailleurs travailler avec l’appui de l’ANSSI à un plan de renforcement de la sécurité de ses systèmes d’information, et « appelle chacun à la plus grande vigilance face aux tentatives de fraude qui suivent ce type de publication, en particulier l’hameçonnage et l’usurpation d’identité » :
« Il ne demande jamais par courriel, par téléphone ou par message les identifiants de connexion, les mots de passe ou les coordonnées bancaires. Tout message suspect doit être signalé aux autorités académiques sans y répondre ni cliquer sur les liens qu’il contient. »
Commentaires (68)
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Abonnez-vousModifié le 18 août à 20h10
Modifié le 18 août à 18h33
Le mandat : https://agir.asso-purr.eu.org/mandats/signature
Le 18 août à 20h03
Le 18 août à 21h46
Le 19 août à 10h34
Le 19 août à 01h06
Il me semble que dans "responsables politique", vous savez ceux qui passent leur temps à nous expliquer qu'ils sont courageux, alors que ce sont des pleutres de compétition, il y a le mot responsable.
Ce mot, justifie selon eux, qu'on les rémunère grassement. J'aimerai aussi qu'un jour, ces "responsables"soient punis grassement pour toutes les bourdes, incompétences, bêtises et autres fautes délibérées qu'ils commettent et qui font sombrer ce pays dans une situation lamentable. Ceux-là même qui sont toujours enclin à expliquer que la justice est laxiste, qu'elle laisse les voyous courrir, etc... sont le symbole même de l'impunité et de l'irresponsabilité.
Le 19 août à 13h15
https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/170826/piratage-du-fisc-c-est-une-crise-monumentale
Il suffisait d'y penser !
Modifié le 20 août à 07h07
Le 19 août à 18h49
Le 20 août à 10h04
Le 20 août à 15h49
🤣
Le 26 août à 14h50
Un pro de la sécurité informatique, à n’en pas douter.
Le 18 août à 18h50
Et si c'est parce que leurs systèmes ne gèrent pas tous le MFA, c'est encore plus grave. Ne pas l'activer c'est une chose, ne pas le gérer dans les portails, c'est bien pire en 2026.
A côté de ça, chez nous on est en phase de déploiement pour autoriser en plus que les machines qui ont une clé matérielle reconnue dans le système, smartphone inclus. Et je travaille que dans la presse, pas un ministère
Le 18 août à 19h31
Seul des gros coups de pression peuvent faire bouger les choses.
Le 19 août à 07h59
Modifié le 27 août à 11h43
Le 19 août à 09h58
Quand ce n’est pas le cas, cela devient beaucoup plus complexe.
Le 19 août à 17h02
Le 19 août à 17h33
Modifié le 20 août à 11h02
En conséquence, j'ai été dans l'impossibilité d'accéder à certains systèmes, tâche qui a de fait dû incomber à d'autres, ce qui m'a été reproché par tout le monde, pour finir par me valoir une mise à la porte.
Le droit du travail foulé en pied par une idéologie autoritaire, une absence de culture syndicale, bref : un isolement par l'égoïsme de tout-un-chacun.
Les règles comptent moins que le comportement des joueurs, et voici ce que donne le comportement de joueurs libres de tout contrôle effectif depuis des décennies.
Le 20 août à 11h12
Modifié le 20 août à 08h29
Et à 15€ la clé, je pense que c'est une solution technique qui vaut le coup.
Le 20 août à 09h52
Le 20 août à 12h39
Côté utilisateur, c’est compliqué à faire adopter, surtout avec des sites sans support local physique pour gérer les pertes et oublis à domicile.
Au final Windows hello reste le plus simple pour l’adoption, avec son lot d’inconvénients.
Le 21 août à 09h31
Modifié le 21 août à 16h11
J'ai regardé sur:
https://shop.nitrokey.com/shop?order=list_price+asc&category=7
https://authentication-web.com/fr/categorie-produit/fido2/
https://solokeys.com/collections/all
https://solokeys.eu/shop/?lang=en
https://store.google.com/fr/product/titan_security_key
https://www.yubico.com/fr/store/
Sur ces sites, c'est au moins 30€.
Modifié le 27 août à 11h44
Par curiosité qu'apporte une boucle d'authentification par une app de smartphone par rapport à une clé USB type Yubikey ou autre capable de faire du FIDO2 (entre autre) ?Dans ce dernier cas la clé est bien sur fournie par l'employeuredit - discussion qui a eu lieu au dessus
Le 18 août à 19h36
Le 21 août à 20h03
Le 18 août à 19h43
Le 18 août à 19h57
Tout ça pour dire que la solution ultime, on la connait hein : débrancher le câble et reprendre le stylo.
Puisque de toute façon Russes, Israeliens, chinois (etc) ... sont bien meilleurs que les petits français en informatique (genre bien bien bien meilleurs hein), et vu comment on s'occupe de ce problème à bras le corps en France, ça ne risque pas de changer demain !
Modifié le 18 août à 20h17
Cela dit, ni lui ni moi (déclarations en ligne depuis le début) n'avons reçu, à cette date, un avertissement de la DGFiP.
Le 18 août à 20h12
Modifié le 18 août à 20h17
Le 18 août à 21h18
Formation cyber
Rien que l'usage de ce préfixe en omettant le mot important sécurité dénote bien que nos responsables politiques (et tout ceux qui font de même) passent à côté
Le 18 août à 23h06
Le 18 août à 23h24
Le 19 août à 00h52
Le 19 août à 11h08
Le 19 août à 07h43
Remarque, l'espace impôts particuliers n'est pas encore trop moisi sur l'aspect expérience utilisateur. Les services aux entreprises, par contre... la version entreprise des impôts est un retour aux début des années 2000 et le portail net entreprise est une purge incompréhensible (en plus de mettre 2 min à s'afficher chez moi).
Modifié le 19 août à 08h30
La précision minimale serait : parle-t-on ici des EI qui ont demandé la non diffusion de leurs informations ?
J'espère que c'est juste une question de communiqué laconique. Car ne pas connaître la qualification de la confidentialité de la donnée démontrerait sinon l'incapacité à gérer celles-ci de la part des responsables du service.
Modifié le 19 août à 09h24
Le 19 août à 10h28
l doit y avoir effectivement plus juteux, telle que les éventuelles difficultés d'entreprise qui demandent des aménagements sociaux (exonération de TVA, etc.) qui pourraient être réutilisées à mauvais escient. Sans parler des sempiternels phishing qui viendrait pondre un "trop perçu de TVA, file ton RIB et on te rembourse" ou encore "versez vos cotisation sociales ici"...
Le 19 août à 11h28
Modifié le 19 août à 08h57
Et ce n'est pas juste le public. Même des entreprises dont c'est censé être le milieu proposent à peine le minimum. Je viens de souscrire chez Free par exemple et même pas moyen d'enregistrer une clé de sécurité ou même faire du TOTP. De ce que j'ai lu ils ont mis en place un pauvre 2FA Email sur l'espace Mobile en 2024 (ah et quand j'ai voulu mettre un mot de passe de 32 caractères, impossible de se connecter, la base de données ne l'acceptait pas) et il n'y a toujours rien pour l'espace Freebox ! Et là je parle de compte utilisateur, pas de compte à droits.
Comme beaucoup, j'en ai marre de prendre des précautions pour protéger mes données et voir tout ruiné par des organismes tiers dont c'est littéralement le taf de collecter des informations ; et ce n'est pas comme si on avait le choix de refuser...
Surtout la logique de pas vu, pas pris et l'attitude désinvolte des responsables me rendent dingue.
Modifié le 19 août à 15h40
C'est vraiment tous les ministères ...
Le 19 août à 11h40
Le 19 août à 14h11
TAJ : Traitement d'antécédents judiciaires
FPR : Fichier des personnes recherchées
Le 19 août à 15h42
Le 19 août à 16h47
Le 19 août à 18h50
Le 27 août à 11h48
La remise en cause des fichiers n'est jamais faite , donc forcément sur nombre de ces données et leur variété c'est ce qui permet l'intrusion mais aussi le recoupement.
Le 19 août à 22h50
https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-l-ue-poursuit-la-france-pour-non-transposition-de-la-directive-nis-2-100692.html
Le 20 août à 08h14
Le 20 août à 11h58
Modifié le 21 août à 12h42
Si cela n'a pas été fait : soit la DGFiP a le QI d'une huître, soit elle a voulu caché la vérité aux Français à la demande d'un haut responsable.
#Francepassoire
L'incompétence n'est pas une excuse.
Le 21 août à 13h55
Pour l'ANSSI, aucune idée.
Modifié le 21 août à 14h50
https://cert.ssi.gouv.fr/les-bons-reflexes-en-cas-dintrusion-sur-un-systeme-dinformation/
"Les bons réflexes en cas d’intrusion sur un système d’information
5 – Déclarations
ANSSI
Certains opérateurs de services sont astreints à déclarer leurs incidents à l’ANSSI. Ceci concerne notablement : les opérateurs de services qualifiés par l’ANSSI, les Opérateurs de Services Essentiels, les Opérateurs d’Infrastructures vitales, …
CNIL
Les incidents affectant des données personnelles doivent faire l’objet de déclaration à la CNIL dans un court délais.
Si vous n’êtes pas en mesure d’évaluer l’atteinte à des données personnelles, la CNIL peut enregistrer des déclarations préalables d’incident."
Sérieusement, comment ne pas penser à une violation de données, quand un compte permettant la consultation de données personnelles a été compromis sur plusieurs jours ?
Il est totalement injustifiable pour la DGFiP d'avoir caché cette intrusion à l'ANSSI et à la CNIL.
Le 21 août à 15h24
La déclaration a la CNIL est obligatoire dans les 72h (déclaration préalable à défaut d'avoir tous les éléments). A ce niveau là, rien ne permet d'affirmer que cela n'a pas été fait.
Pour avoir déjà réalisé des déclarations de violation à la CNIL, la CNIL propose un accompagnement, et rappel qu'une déclaration à l'ANSSI peut être nécessaire dans certains cas.
La communication auprès du public, et principalement des personnes concernées est encore un autre sujet.
Se pose aussi la question des délais. Pour la CNIL, c'est déclaration préalable dans les 72h. Donc la question ne se pose pas. Pour l'ANSSI, c'est déclaration (dans certains cas), mais je ne me souviens pas avoir vu une question de délai. Une enquête toujours en cours peut éventuellement expliquer cela.
Reste à voir aussi ce que signifie un incident d'un point de vue de l'ANSSI. La compromission d'un compte ça arrive malheureusement tous les jours. Et heureusement, cela ne mène pas à des incidents à chaque fois. Les comptes ont vite été identifiés et bloqués. Il s'agit sans doute plus d'une sous-évaluation de l'ampleur de l'attaque qu'une volonté manifeste de cacher les choses.
Le 21 août à 17h33
Pour la CNIL, j'ai repris les termes du RGPD.
On est d'accord qu'ils n'ont pas dû chercher suffisamment pour ne pas détecter la violation de données personnelles fin juin. Je l'ai déjà écrit ici dès le premier article sur le sujet.
Mais en l'absence de détection, ils n'ont aucune obligation de notification à la CNIL.
Le 24 août à 18h11
L'incident (intrusion) peut donc être déclaré même si une détection de violation de données n'est pas constatée.
Il est donc inexact de dire qu'il faut nécessairement une détection de violation de données pour faire une notification à la CNIL.
Le 25 août à 09h06
1) à la détection de l'intrusion, si rapidement on se rend compte qu'il n'y a eu aucune violation de données => pas de déclaration nécessaire
2) à la détection de l'intrusion, si rapidement on se rend compte qu'il y a eu une violation de données => déclaration nécessaire
3) à la détection de l'intrusion, si on n'est pas capable rapidement d'évaluer si il y a eu violation de données ou non => déclaration recommandée
Le "rapidement", c'est un délai de 72h après la détection de l'intrusion (cf. RGPD).
Hormis le cas 1 (et encore, il faut être sûr de son coup), une déclaration à la CNIL est obligatoire. On reprochera toujours à un responsable de traitement de ne pas avoir fait de déclaration s'il en fallait une, mais on ne lui reprochera jamais d'avoir fait une déclaration anticipée qui s'avère être une fausse alerte.
Du coup, en cas de doute : déclaration.
Et pour rappel, une violation de donnée à caractère personnel c'est un concept très large, qui englobe l'accès, mais aussi la modification, la suppression, la perte, etc. Une intrusion qui ne ferait rien de cela, c'est possible, mais peu probable à notre époque (par ex. minage de cryptomonnaie).
Le 21 août à 13h55
Le 21 août à 14h01
Le 21 août à 19h53
Le 23 août à 15h50
Le 23 août à 20h17
Le 24 août à 10h09
J'aime beaucoup ce genre de déclaration (de responsables, directeur.ices, ministres) : je te fiche mon billet que l'idée de s'autotester (par IA ou autrement) n'a pas attendu, loin s'en faut, que le ministre y pense dans son coin pour être mise sur la table.
Sauf qu'il faut une merde pour la décision soit finalement prise (sous la contrainte et pas dans l'anticipation)...
Donc on s'attribue une initiative/idée (il n'a pas inventé l'eau chaude quand même), par contre, on se défausse quand ça merde.
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