Connexion Premium

Meta va licencier 10 % de ses effectifs, plan de départ volontaire chez Microsoft

Who's next ?

Meta va licencier 10 % de ses effectifs, plan de départ volontaire chez Microsoft

Illustration : Flock

Meta et Microsoft ont tous deux confirmé cette semaine d’importantes coupes à venir dans leurs effectifs. Le premier prévoit de licencier 8 000 personnes, soit environ 10 % de ses équipes, d’ici le mois de juin, et réduit la voilure au niveau des nouvelles embauches. Le second vient pour sa part de lancer un plan de départ volontaire aux États-Unis. Environ 9 000 personnes seraient éligibles.

L’hémorragie se poursuit chez les géants de la tech, avec deux nouvelles coupes annoncées chez Meta et Microsoft, qui se préparent, chacun à sa façon, à supprimer plusieurs milliers de postes. Une nouvelle vague de licenciements partiellement imputée, au moins chez Meta, à la nécessité de dégager des ressources financières pour poursuivre les investissements liés à l’intelligence artificielle.

Meta supprime 8 000 postes, soit 10 % de ses effectifs

Chez Meta, l’échéance est fixée au 20 mai. C’est à cette date que l’entreprise débutera un plan qui doit conduire au départ de 8 000 personnes, soit environ 10 % de l’effectif mondial du groupe, selon un mémo interne dont la teneur a été révélée par Bloomberg. Le document dévoile par ailleurs que Meta met un terme à 6 000 recrutements ouverts.

Le message est signé par Janelle Gale, directrice des ressources humaines de Meta. Elle explique avoir dû prendre les devants en raison de fuites dans la presse. La rumeur d’un nouveau plan de grande ampleur circule en effet depuis la mi-mars. Le plan mis en œuvre au 20 mai se révèle toutefois plus modeste qu’anticipé, puisqu’on parlait à l’époque de 20 % des effectifs.

« Je sais que cette nouvelle est malvenue et que sa confirmation met tout le monde mal à l’aise, mais nous pensons que c’est la meilleure solution, compte tenu des circonstances, écrit Janelle Gale, avant de justifier la décision. Nous agissons ainsi dans le cadre de nos efforts continus pour gérer l’entreprise plus efficacement et pour compenser les autres investissements que nous réalisons. Ce choix est difficile et impliquera le départ de personnes qui ont apporté une contribution significative à Meta durant leur passage parmi nous. »

Ces « autres investissements » ne sont pas spécifiés dans le courrier, mais ils renvoient logiquement à l’IA et aux annonces formulées en juillet 2025 par Mark Zuckerberg, qui évoquait alors des « centaines de milliards de dollars » fléchés vers ses centres de données.

Meta a déjà procédé à plusieurs restructurations importantes ces dernières années. En novembre 2022, la société avait licencié 11 000 employés, avant de se séparer de 10 000 personnes supplémentaires en mars 2023. Début janvier 2026, elle remerciait par ailleurs 1 500 personnes de son Reality Labs, actant son détournement du métavers, pourtant ardemment promu par Mark Zuckerberg pendant la pandémie de Covid-19.

Microsoft lance un plan de départ volontaire aux États-Unis

Chez Microsoft, l’année 2025 a déjà été marquée par une double vague de licenciements, avec 6 000 personnes concernées en mai et 9 000 en juillet, soit un total de 15 000 postes supprimés. L’éditeur souhaite manifestement poursuivre sur cette lancée, mais il a cette fois choisi une voie moins brutale. D’après, là aussi, un mémo interne consulté par CNBC, Microsoft a proposé à ses employés basés aux États-Unis un plan de départ volontaire exceptionnel.

« Nous espérons que ce programme permettra aux personnes admissibles de franchir cette prochaine étape selon leurs propres conditions, grâce à un généreux soutien de l’entreprise », écrit dans ce courrier Amy Coleman, directrice des ressources humaines. Microsoft ouvre en effet ce guichet de départs sous conditions. Pour être éligible, il faut que l’âge de la personne concernée et son ancienneté dans l’entreprise égalent ou dépassent le nombre 70 (par exemple, être âgé de 50 ans et afficher au moins 20 ans de présence dans le groupe).

Les employés éligibles devraient recevoir les détails pratiques à partir du 7 mai. Une source proche du dossier a indiqué à CNBC que ce double critère d’âge et d’ancienneté rendrait éligibles environ 7 % des 125 000 personnes que Microsoft emploie aux États-Unis, soit environ 8 700 employés. Reste à voir si ces départs volontaires seront jugés suffisants, ou si l’éditeur décidera de lancer un nouveau plan, contraint cette fois, en suivant.

Microsoft n’invoque pas spécifiquement l’IA pour justifier ces différents plans, mais il est impossible de ne pas établir un parallèle, dans la mesure où l’éditeur a accéléré significativement ses dépenses d’investissement en la matière. Le groupe a d’ailleurs annoncé le 23 avril son intention de flécher l’équivalent de 18 milliards de dollars vers l’Australie, notamment pour construire des datacenters dédiés à l’IA.

Cette tension entre IA et ressources humaines vient également de justifier un plan social chez Oracle, avec potentiellement jusqu’à 30 000 employés informés par un email laconique que leur emploi dans le groupe était terminé.

Commentaires (8)

votre avatar
Il virent car l’IA remplace vraiment les employés ou ils virent car il faut plus d’argent pour financer l’IA subventionnée au clients ?
votre avatar
À priori, la seconde solution.

Je suis curieux de savoir ce que ça impliquerait si la bulle IA venait à exploser. ^^'
votre avatar
Dans le cas de MS et Meta, ce serait le premier
Dans le cas d'Oracle ça concerne les deux.
votre avatar
il faut aussi financer l'achat de Warner, non ?
votre avatar
Ils ont besoin d'énormément d'argent à court terme pour investir dans des centres de données.

Tout ce qui n'est pas assez rentable c'est de l'actif immobilisé pour eux donc ca doit partir pour leur permettre d'emprunter de l'argent pour financer les datacenters.

A titre d'exemple, malgré la centaine de milliard investie les 5 dernières années dans les JV, MS a demandé une rentabilité de 30% au lieu de 12 à sa division xbox games. D’où les fermetures de studio pourtant récemment acheté et l’exposition du coût du game pass.

https://www.gamekult.com/actualite/apres-ses-achats-demesures-xbox-fait-face-a-des-objectifs-de-rentabilite-qui-le-sont-tout-autant-3050866390.html
votre avatar
Attention aussi, l'IA travaille 24/24h 7/7j, donc même si elle est 3 fois plus lente ou efficace, elle sera dans tous les cas plus rentables, sans compter qu'elle ne pose pas de souci (vieillissement, salaire insuffisant,...). Pour une entreprise si l'IA ne fait même qu'un quart d'un humain, elle sera plus intéressante, quoiqu'il arrive.

C'est le même constat que pour les productions (industrielles mais pas que), qui sont au maximum automatisé.
votre avatar
Vu depuis une usine, les gens se font convaincre qu'on doit plus automatiser et acheter des machines mais on voit très bien quand on manque de personnel qualifié que c'est le vrai enjeu.
Le seul vrai "succès" industriel dont je suis témoin malgré moi c'est la délocalisation et notamment en Chine. Et ils n'ont pas spécialement de meilleures machines que nous, mais plutôt beaucoup de gens. Ça suit derrière quand des humains peuvent gérer et contrôler les processus.
Je ne parle pas de la fabrication d'objets simples évidemment.

Je retrouve le rêve de l’IA dans celui des robots, du Lean, etc. De bons outils mais pas le miracle vendu par certains.
votre avatar
Je retrouve le rêve de l’IA dans celui des robots, du Lean, etc. De bons outils mais pas le miracle vendu par certains.
Et une immense fragilité des process par la dépendance à des outils ultra complexes (et aux chaînes logistiques planétaires), et par l'optimisation à l'os des chaînes et de leurs ressources.

C'est pas comme s'il y avait eu le Covid pour l'illustrer, quoi...