Reworld Media peut « identifier une grossesse » et le revendre, en conformité avec le RGPD
We are Reworld, we or the children
Illustration : Flock
Le 11 mars à 11h25
Reworld Media explique être en mesure de « connaître les usages alimentaires des Français, comment ils se soignent, d’identifier une intention de déménagement, une grossesse ou une intention de changement de voiture ». Le groupe vient de lancer une nouvelle offre afin d’ « industrialiser » la vente des données liées aux 40 millions d’identifiants des lectrices et lecteurs de ses 80 « marques médias », tout en respectant le RGPD.
Reworld Media peut « identifier une grossesse » et le revendre, en conformité avec le RGPD
We are Reworld, we or the children
Illustration : Flock
Reworld Media explique être en mesure de « connaître les usages alimentaires des Français, comment ils se soignent, d’identifier une intention de déménagement, une grossesse ou une intention de changement de voiture ». Le groupe vient de lancer une nouvelle offre afin d’ « industrialiser » la vente des données liées aux 40 millions d’identifiants des lectrices et lecteurs de ses 80 « marques médias », tout en respectant le RGPD.
Le 11 mars à 11h25
Société numérique
Société
15 min
Reworld ne se contente pas de proposer aux marques de les aider à être mentionnées dans les LLM en (co-)générant des articles par IA, comme nous l’avons relaté dans un précédent article. L’entreprise propose également à ses partenaires et clients d’ « industrialiser » l’exploitation des profils des 40 millions d’identifiants des lectrices et lecteurs de ses 80 « marques médias ».
Premier éditeur de presse magazine français en nombre de journaux détenus, avec plus de 80 « marques médias » thématiques (d’Auto Moto à Télé Star en passant par Doctissimo, Les Numériques, Marmiton ou Sciences et Vie), Reworld Media est aussi le 3ᵉ groupe média sur le web et les réseaux sociaux, lui ayant permis d’atteindre 32 millions de visiteurs uniques en mai 2025.
Dans un communiqué publié fin janvier, Reworld annonce avoir franchi « une nouvelle étape » lui permettant de « rendre [sa] data pleinement activable, mesurable et durablement créatrice de valeur business pour nos partenaires » :
« Déjà doté d’une capacité de segmentation et de ciblage de premier plan, reposant sur une data propriétaire de 40 millions d’identifiants et 1 200 segments data first-party, Reworld Media franchit aujourd’hui une nouvelle étape : industrialiser ses collaborations data, sécuriser les échanges avec les annonceurs et amplifier l’impact business de ses dispositifs sur l’ensemble des environnements digitaux, sociaux et conversationnels. »
Reworld y souligne que « 76% des requêtes CUISINE des Français sur l’internet global convergent vers les sites Reworld Media », ce qui est aussi le cas de 75 % des requêtes liées à l’habitat, et 74 % de celles relatives à la santé : « Cette couverture exceptionnelle confère au groupe une granularité de ciblages et intentionnistes unique sur le marché, désormais pleinement activable et industrialisée grâce à la Data Clean Room », une plateforme d’anonymisation des données que nous détaillerons plus avant.
L’objectif est de « formaliser, sécuriser et industrialiser les collaborations data avec les annonceurs et partenaires », et de leur « proposer des scénarios avancés de collaboration data, activables rapidement et à grande échelle », explique Reworld :
- « rapprochement et matching de données sécurisés,
- analyses croisées et enrichissement des insights,
- ciblages data plus fins et contextualisés,
- pilotage du social publishing à partir des insights data ».
« Identifier une grossesse ou une intention de changement de voiture »
« Reworld Media industrialise la vente de sa Data : désormais disponible partout et enrichie en temps réel par l’IA », titrait le groupe en février. Son communiqué annonçait de nouveaux accords de commercialisation de ses données, « désormais accessibles aux acteurs de la télévision, des réseaux sociaux, du DOOH [pour « Digital out-of-home », les écrans d’affichages digitaux extérieurs, ndlr] et bien entendu aux clients souhaitant segmenter leur publicité en ligne », y compris « sur les réseaux sociaux (avec la possibilité d’injecter la Data dans les campagnes Meta) » :
« Avec des informations sur la consommation de plus de 40M de Français, le groupe affirme son leadership sur la Data en France. Cette Data est collectée et qualifiée sur plus de 80 sites permettant de connaître leurs habitudes de consommation sur plus de 1 200 catégories de produits et services. »
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Commentaires (51)
Le 11 mars à 11h33
Le 11 mars à 11h42
Le 11 mars à 11h53
Bon, ben, allez: boycott de cette grosse saloperie. Un de plus! M'en fous, je prends plus de plaisir à me débarrasser de ce genre de parasites que je ne subis de désagrément à me passer d'eux.
Le 11 mars à 12h09
Le 11 mars à 12h17
Même s'ils traquent, impossible d'en tirer quoi que ce soit 😕
Le 11 mars à 19h10
Et sinon, blacklister leurs sites sur les moteurs de recherche avec des trucs comme uBlackList. Il existe des listes de blocages publiques, il faudrait en faire une spéciale Reworld ... (la flemme perso, je fais encore au cas par cas, et je connais pas tous leurs sites).
Enfin, bloquer les cookies tiers et comme dit fred42, toujours refuser les cookies optionnels.
Modifié le 17 mars à 16h13
Rien n'indique comment les données d'un partenaire sont récupérées, et avec leur coopération, cela peut très bien se faire sans distinction possible avec du contenu du site consulté.
Par ailleurs, une autre part du processus, l'identification, peut tout à fait se faire avec une confiance très grande en ne faisant que collecter les informations de système d'exploitation/navigateur avec notamment toutes les subtilités d'indicateurs ou de langue/région.
S'il vous plaît, arrêtez de croire qu'une telle extension change quoi que ce soit au ciblage, au croisement de données et in fine au rapprochement à une identité unique inter-canal au yeux des publicitaires agressifs.
Le 11 mars à 12h28
C'est ce que je fais la plupart du temps.
Le 11 mars à 16h39
Si tu fermes la fenêtre ils passent par la porte.
Par exemple sur android même avec firefox et ubloc tu es à poil: tu as beau gentillement dire non stp pas de cookie au site que tu visites, quasi toutes les applis (et firefox en est une) tracent ton comportement et envoient vraiment beaucoup d'infos (Vraiment. Beaucoup.). Mais bon, les CGU d' android et des applis s'appliquent, donc pas besoin d'obtenir à nouveau le consentement, tu l'as déjà donné. et tes données partent par un autre chemin, peinardes.
Regardez du coté de l'appli Duck Duck Go qui propose 2 option majeurs :
1/ la protection antipistage web (si tu utilise le navigateur DDG)
2/ la protection contre le suivi des applications.
pour le 2, il crée un VPN au niveau système qui piège les mouchards façon pihole. Le truc c'est que ça marche pour toutes les applis du tel et vous seriez surpris de tout ce que vous envoyez inconsciemment, particulièrement si vous vous sentiez safe en refusant les cookies.
Testez... DDG vous fait la liste des données exfiltrées et la liste des destinataires, et ce par appli de votre tel.
Les données sont issues des comportements et pas considérées comme des données personnelles. C'est un problème car elles sont en réalité des données personnelles indirectes.
Le point de RM c'est que ce ne sont pas des données personnelles. Il traitent les métadonnées ou les données anonymisées par aggrégation (bien que très souvent très facilement dé-anonymisables). Les données et métadonnées deviennent par contre identifiantes si elles sont combinées et c'est leur niche, ce qu'ils vendent c'est l'identifiabilité anonyme.
Il ont simplement traduit en français le Modèle google AD pour pouvoir mieux le vendre à nos moins sachant french-speaking-only qui ont loupé le coche. Les cleanroom c'est vieux maintenant.
Le 11 mars à 17h34
Je n'ai consenti qu'au minimum sur Android et a priori à rien qui autoriserait Firefox à me pister.
Je n'installerai pas une appli qui m'est recommandée avec si peu d'arguments.
Le 11 mars à 23h26
Si tu connais pas ddg je vois pas pourquoi ru commente cet article
Le 12 mars à 10h25
Où cet article parle-t-il de ddg ?
L'article parle de Reword Media et de leur système de traçage, il parle plus généralement de protection des données personnelles. Je pense que j'ai démontré sur Next par mes contributions sur le sujet que j'avais une certaine légitimité à parler de protection des données personnelles et RGPD.
Pour finir, la page en lien vers ddg explique très succintement que leur app permet de bloquer les trackers 3rd-party dans les app. Et il n'y a pas de tels trackers dans Firefox contrairement à ce que tu laisses entendre. Il y a cependant des tracker 3rd-party dans certains sites que l'on peut visiter avec firefox, mais eux sont bloqués par uBlock sur mobile comme il le fait sur desktop.
Comme sur mobile, le RGPD s'applique aussi, il est tout à fait possible de refuser tout traçage à la fois par Android et par les applications installées. Il faut juste faire attention lors de l'installation aux droits que l'on donne et ne pas répondre j'accepte tout.
Le 12 mars à 10h32
Mais il existe d'autres appli qui permettent de les bloquer.
Le 12 mars à 11h07
Le 12 mars à 11h57
Je n'ai pas dit que l'article parle de DDG, cest moi qui apporte le sujet. C'est demon point de vue important pour ceux intéressés par le contenu de l'article.
Tu dis que c'est faux pour firefox, mais tu n'apportes aucune preuve. Regarde donc avec comme preuve en avatar tout ce qui passe par firefox, même lorsque que je dis non aux cookies.
Si tu penses que tu n'es pas pisté en jouant simplement avec les autorisations des applis tu es bien naïf et c'est ton droit/choix. Je t'arrête à essayer de convaincre les autres du contraire, sans preuve qui plus est.
Pour le desktop, tu es tracé tout pareil, notamment avec les variables issues de WebGL. Cela a fait notamment l'objet de la création de librewolf.
Merci pour tes contributions à next, elles sont naturellement bienvenues, continues. Je nuancerai avec "quantité n'est pas qualité".
Le 12 mars à 11h42
Le 14 mars à 09h55
C'est la raison pour laquelle tant de sites poussent à utiliser leur app qui n'est en fait qu'une « progressive web app » donc une simple page webview.
Le 14 mars à 10h16
Et je persiste à dire que si l'on ne répond pas bêtement "j'accepte tout" on est aussi très bien protégé contre le tracking. Reworld Media et les autres de son genre s'appuient sur le fait que la plupart des gens choisit la solution de facilité et accepte d'être tracé sans lire ce à quoi ils s'exposent.
Si tout le monde refusait tout, ces sociétés seraient au plus mal.
Le 12 mars à 16h11
Le 12 mars à 19h49
C'est tellement simple à activer en plus.
Le 14 mars à 09h50
Modifié le 12 mars à 20h45
Personnellement, j'utilise un DNS alternatif, NextDNS en l'occurrence (mais il y en a d'autres type AdGuard), qui filtre tous les appels réseau à des domaines faisant partie de listes qu'on lui configure.
Il y a une liste des domaines du groupe Reworld Media qui sera poussée prochainement sur uBlackList. Elle peut être configurée avec uBlackList pour ne pas les voir apparaître dans les résultats de recherche, ainsi qu'à NextDNS (ou votre DNS alternatif) pour empêcher les appels réseau, via une boucle JavaScript dans la console du navigateur.
Le 12 mars à 21h04
Est-ce que tu peux la mettre au format d'un fichier host, stp ?
Le 13 mars à 02h47
Le 11 mars à 12h40
Il faut déjà vérifier que les collectes initiales sont conformes, ce qui me semble difficile pour toutes celles qui reposent sur l'intérêt légitime (qui n'est souvent pas cité, donc nul) et qui concernent des centaines de partenaires : l'intérêt légitime de ces partenaires ne peut être en relation avec le but du site consulté (fournir une information à son lecteur).
Le consentement quand c'est la base légale du traitement est-il bien éclairé quand on voit la complexité de leur usine à gaz ?
Ensuite, un hash d'adresse e-mail, ça me semble être toujours un identifiant et donc une donnée personnelle. Ça ne rend pas la personne anonyme, c'est juste un pseudonyme qui permet de tracer la personne.
Je laisse à la CNIL la recherche d'autres pistes de sanctions.
C'est un peu la limite de ce genre d'articles qui énonce en détail ce que dit une société sans confronter ses dires à la vérité (ici la conformité au RGPD).
Le 11 mars à 12h48
Le 11 mars à 13h11
C'est typiquement le type de monstres auquel la CNIL s'attaque, mais ça demande du travail d'enquête préliminaire.
J'aurais préféré un commentaire sur le fond du mien.
Le 11 mars à 15h04
Aller sur le site
Constater que le bandeau cookie n’est pas conforme
Sanctionner
Tant que tout ça ne sera pas fait, en masse, on continuera de se taper leurs dark patterns illégaux.
Pour le sujet de l’article, oui c’est plus compliqué et beaucoup . Mais ça ne dispense pas de faire les choses simples.
Le 11 mars à 17h01
Le 13 mars à 08h09
Le 11 mars à 13h11
Le 11 mars à 14h55
Et l'adresse mail peut servir à la fois d'identifiant pour l'accès à certains services, d'indication portant le prénom et/ou le nom de l'utilisateur, de donnée permettant de contacter l'utilisateur directement (avec de la communication ciblée vu les profils ainsi construits).
Donc on n'est clairement pas dans une situation satisfaisante pour les usagers...
Le 11 mars à 15h18
Dans cet article, il nous semblait important de montrer la dimension véritablement industrielle du procédé, parce qu'elle éclaire et complète notre analyse de la stratégie éditoriale de Reworld, notamment en matière d'IA.
Ça ne dispense pas d'interroger un peu plus sérieusement les potentiels manquements de ces traitements, j'espère qu'on aura l'occasion et les éclairages nécessaires pour le faire (ce qui n'est pas gagné)
Le 11 mars à 17h24
L'article reste intéressant, hein, parce qu'il met en avant une usine à cibler les gens très organisée mais je suis toujours un peu frustré sur ce genre d'articles. Ce n'est pas toujours facile de faire moi-même le travail d'analyse de ce qu'ils disent et de le confronter au RGPD. J'ai fait l'exercice d'aller sur Les numériques et de nettoyer cookies + données en stockage local afin de revoir leur
bandeaufenêtre à cookies qui est une horreur : plus de 1200 partenaires, certains traitements avec consentement, d'autres avec l'intérêt légitime qui on l'a vu souvent dans les décisions des autorités ne sont pas valables quand l'intérêt n'a rien à voir avec ce que peut s'attendre l'utilisateur d'un site. J'ai donc abandonné assez vite.Pour eux, un site n'a qu'un seul but et c'est dit dans l'article, c'est d'accumuler les données personnelles. Ils considèrent donc que dans leur industrie à compilation de données personnelles, c'est légitime de les accumuler et de les échanger avec d'autres partenaires, mais ce n'est pas ce que dit la CNIL :Le gras est de moi pour mettre en évidence la partie sur laquelle je m'appuie.
Le 11 mars à 16h05
Si c'est un hash avec un fort taux de collision (souvent utilisé pour indexer des données), alors là oui, ça peut être considéré comme de l'anonymisation...
Maintenant, il semblerait, si j'ai bien compris, que l'objectif soit de rapprocher plusieurs compte d'une même personne, donc plutôt le cas 1. Donc non, cela reste une donnée personnelle (car identifiante).
Le 11 mars à 17h09
Le 11 mars à 20h26
Le fait que les "petits groupes" (inférieur à 50 personnes) soient ignorés, c'est plutôt une bonne chose. Mais cela n'empêche pas pour autant le premier traitement de rapprochement. Comme il était question du hash pour les adresses e-mail, j'ai compris que c'était utilisé lors de l'étape de rapprochement (un hash de l'e-mail n'aurait aucun sens pour le regroupement de personne par intérêt/habitude/tout ce que vous voulez)
Le 12 mars à 16h56
Et si le mail contient le prénom et/ou le nom, c'est bingo (pour eux)...
Le 12 mars à 17h17
Le 14 mars à 21h47
Le 15 mars à 14h56
Le 16 mars à 11h14
Le 11 mars à 13h01
Le 11 mars à 14h34
Le 11 mars à 20h07
Le 11 mars à 20h51
Modifié le 12 mars à 07h50
Est-ce vous vous êtes déjà penché sur la technologie "utiq" ? (Mentionné une fois dans cet article, sans plus de details)
Quand on lit par exemple le bandeau cookie des nums :
Elle utilise un identifiant créé par votre opérateur télécom basé sur votre adresse IP et une référence de votre contrat internet (ex: votre numéro de téléphone).
L'identifiant est associé à votre connexion internet. Ainsi, toutes les personnes utilisant la même connexion et ayant consenti se verront attribuer le même identifiant.
C'est intriguant car cela parle également d'opérateurs télécom compatibles plus loin
Le 12 mars à 10h06
Pour désactiver, si on l'avait accepté sans comprendre, c'est ici. Ça ne marchait pas sur mon firefox avec ublock, j'ai donc changé de navigateur pour vérifier que ce n'était pas activé chez moi.
Le 12 mars à 10h52
Le 12 mars à 11h20
Mais bon, si vous lisiez tous mes commentaires, vous n'auriez plus le temps d'écrire les articles.
Le 12 mars à 15h22
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