IA : des milliards de dettes retirés des bilans, des taux d’intérêt 70 % plus élevés
Bulle market
Obligées d'emprunter plusieurs centaines de milliards de dollars sur les marchés, plusieurs entreprises de la tech' ont eu recours à des mécanismes complexes pour retirer de leur bilan « plus de 120 milliards de dollars » de dettes à rembourser. D'autres se retrouvent à devoir emprunter à des taux jusqu'à 70 % plus élevés que les entreprises similaires, du fait de leur exposition aux risques associés à l'IA.
Le 30 décembre 2025 à 15h33
8 min
Économie
Économie
Avec le boom de l'IA, les entreprises spécialisées doivent emprunter des milliards de dollars à des investisseurs obligataires qui, prudents voire sceptiques, les obligent à payer des taux d'intérêt élevés, remarque le New York Times.
Si le cours des actions des entreprises liées à l'IA a explosé (tout comme la fortune de leurs milliardaires), ignorant les craintes de l'explosion d'une bulle spéculative, « le marché de la dette raconte une autre histoire », souligne le NYT.
Wulf Compute, qui est passé du minage de bitcoins à la construction de datacenters, doit par exemple verser à ses investisseurs un rendement de 7,75 %, « nettement supérieur au rendement moyen des émetteurs d'obligations bénéficiant d'une notation similaire, qui s'élève à environ 5,5 % », précise le NYT.
Applied Digital, un autre constructeur de datacenters, a de son côté « dû payer jusqu'à 3,75 points de pourcentage de plus que des entreprises bénéficiant d'une notation similaire, soit environ 70 % d'intérêts supplémentaires ». L'entreprise a en effet vendu 2,35 milliards de dollars de dettes en novembre pour un coupon de 9,25 %, reflétant une estimation du risque accrue pour les investisseurs.
Le NYT relève qu'Applied Digital « dépend fortement » de CoreWeave, son principal locataire, qui loue sa puissance de calcul aux hyperscalers et a conclu d'importants contrats avec Meta, OpenAI et Microsoft, notamment. Or, cette dépendance d'un sous-traitant envers un petit nombre de gros clients inquiète tant les investisseurs que les agences de notation.
CoreWeave avait, en outre, lui-même emprunté 1,75 milliard de dollars en juillet, pour un coupon de 9 % car, n'étant que locataire de ses datacenters, il ne pouvait pas les mettre en garantie, comme c'est le cas d'ordinaire.
Le cours de son action est par ailleurs passé de 40 à 186 dollars au printemps (soit + 350 %), avant de retomber à 75 dollars en cette fin d'année. Ce qui explique pourquoi le rendement de sa dette est « désormais supérieur à 12 %, ce qui correspond au coupon que l'entreprise devrait payer si l'opération était mise sur le marché aujourd'hui », précise le NYT, alors que les entreprises similaires affichent en moyenne un rendement « inférieur à 7 % ».
L'optimisme des actionnaires VS le pessimisme des obligataires
Il reste 70% de l'article à découvrir.
Déjà abonné ? Se connecter
Soutenez un journalisme indépendant,
libre de ton, sans pub et sans reproche.
Accédez en illimité aux articles
Profitez d'un média expert et unique
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
IA : des milliards de dettes retirés des bilans, des taux d’intérêt 70 % plus élevés
-
L'optimisme des actionnaires VS le pessimisme des obligataires
-
Oracle, xAI et Meta retirent « plus de 120 milliards de dollars » de leurs bilans
-
« Inimaginable » l'an passé, « c'est devenu la norme » aujourd'hui
-
1 500 milliards de dollars de financement externe
Commentaires (20)
Le 30/12/2025 à 15h46
Le 30/12/2025 à 15h58
Modifié le 31/12/2025 à 14h19
Les 3 gars qui trouvent leur compte dans ce système doivent se sentir bien seuls ici.
Ça montre bien que même dans le public Next (sortant un peu du lot du commun des mortels, qui se renseigne), une minorité voit son point de vue être le moteur du système actuel, ce qui en démocratie, n'a rien de logique.
Modifié le 07/01/2026 à 17h33
Je viens de rajouter un smiley "se demande", donc on peut dire 4.
Par contre de mon côté c'est les coeurs et les pouces en l'aire que je comprends pas.
A mon sens "le monde de la finance" désigne aussi bien les personnes qui ont des actions ( peu importe le nombre d'action possédées) que par exemple les personnes qui possèdent des assurances vie ( c'est en partie des actions il me semble) ou que le monde des assurances au global ( oui, plus de remboursemment à la prochaine catastrophe naturelle).
Donc ok on supprime purement et simplement le monde de la finance, mais on le remplace par quoi ?
Vous êtes vraiement prét à perdre toutes vos économies que vous avez en banques ?
Le 30/12/2025 à 15h59
Le 30/12/2025 à 16h09
Le 31/12/2025 à 15h53
Le 30/12/2025 à 16h12
Grillé par ragoutoutou
Le 30/12/2025 à 16h30
Le 30/12/2025 à 17h54
toujours aussi valide aujourd'hui
Modifié le 30/12/2025 à 20h02
Lien
Ça va être un carnage rapidement.
Le 30/12/2025 à 20h05
Le 30/12/2025 à 20h25
Modifié le 30/12/2025 à 20h35
(grilled)
Le 31/12/2025 à 09h57
Le 05/01/2026 à 09h27
Le 30/12/2025 à 22h14
Le 31/12/2025 à 14h00
Sur une bulle, c'est pas choquant que leurs positions soient diamétralement opposées.
Reste que ces montants colossaux dans un secteur encore aussi incertains vont forcément générer de la casse. Heureusement que les savants montages financiers vont permettre de produire de beaux parachutes pour tout ce petit monde
Le 01/01/2026 à 20h07
Le 01/01/2026 à 20h28
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?