Connexion Premium

Les data centers pourraient empêcher l’Europe d’atteindre ses objectifs climatiques

Trajectoire énergétique non maîtrisée

Les data centers pourraient empêcher l’Europe d’atteindre ses objectifs climatiques

La consommation énergétique des centres de données pourrait tripler d'ici 2030 dans le monde, alerte le Shift Project, pour qui le coût climatique du « phénomène IA générative » nécessite d'être considéré en « urgence ».

Le 01 octobre 2025 à 09h52

Quelles infrastructures numériques dans un monde décarboné ? Telle est la question que pose le think tank The Shift Project dans un long rapport (.pdf) rendu public ce 1ᵉʳ octobre, une semaine à peine après qu’une septième limite planétaire (sur neuf) a été dépassée.

En dix ans, la consommation électrique des centres de données n’a fait qu’augmenter et a même accéléré. Et le Shift Project de dresser un constat clair : sans prise en compte précise dans les scénarios de planification énergétique, la consommation de la filière risque d'« hypothéquer la capacité de l’Europe à atteindre ses objectifs climatiques ».

À l’échelle de la France, le think tank souligne que les raccordements validés aujourd’hui atteindront leur pleine capacité d’ici 10 ans, risquant de créer des tensions sur le système électrique, comme l’envisageait le directeur du bureau de l’Open Source de RTE Boris Dolley auprès de Next, ou des conflits d’usage. En l’état, le Shift Project souligne un « manque d’anticipation » des risques que peut créer la croissance de cette filière numérique.

Citant les annonces de création de centres de données réalisées lors du Sommet pour l’action sur l’IA, début 2025, le think tank estime que le secteur pourrait représenter 7,5 % de la consommation électrique française en 2035, contre 2 % actuellement. Comme annoncé dès son rapport intermédiaire, l’association estime la trajectoire actuelle de l’intelligence artificielle, quand bien même elle n’est pas la seule à peser sur la filière des centres de données, « insoutenable ».

Une filière qui alimente la crise climatique

Co-créé en 2010 par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, le Shift Project a récolté avant l’été plus de 3,3 millions d’euros de dons pour imaginer un futur durable, c’est-à-dire sans pétrole, gaz, ni charbon. Plus de 3 fois plus élevé que le million d’euros visé à l’origine, l’appel aurait ainsi établi un record européen pour ce genre de campagne.

Avec ces fonds, le think tank compte notamment animer les débats en amont de la présidentielle de 2027 en apportant des faits et des pistes d’action. C’est dans ce cadre que le présent rapport a été produit, à l’issue de 15 mois de travail d’un groupe de 15 personnes (dont des représentants de la filière).

Quel que soit le niveau depuis lequel on observe la filière des centres de données, échelle mondiale, européenne ou française, les résultats de ces travaux sonnent comme une alerte. En termes énergétiques, la consommation mondiale des centres de données, sans considérer celle liée aux cryptomonnaies, a grimpé de 165 TWh en 2014 à 420 TWh en 2024.

Le secteur produit par ailleurs 250 millions de tonnes d’équivalents CO2 (MtCO2e) par an dans le monde, un volume qui pourrait grimper de 630 à 920 MtCO2e d’ici 2030. Cette fourchette correspond à deux fois les émissions annuelles de CO2 produites par la France. « Une autre façon de le dire, c’est qu’en 2030, cette filière des centres de données pourrait contribuer 2 à 3 fois plus au dérèglement climatique qu’en 2020 », indique l’ingénieure de recherche Marlène de Bank.

Extrait du rapport "Quelles infrastructures numériques dans un monde décarboné ?", The Shift Project

En cause : le recours de nombreux pays aux énergies fossiles pour alimenter les centres de données. Pour le secteur, « la rareté énergétique est perçue comme une contrainte à contourner plutôt qu’une incitation à la modération de l’offre, renvoyant aux systèmes énergétiques la responsabilité d’une transition vers la décarbonation », indique le rapport. Sans oublier que ces sociétés passent aussi de larges contrats avec les sociétés de l’industrie fossile, précisément pour l’aide à développer leurs activités.

Manque de planification

Aux niveaux européens et français, le Shift Project souligne un manque de planification très net, alors même que la filière des centres de données est engagée depuis ses débuts dans une dynamique de croissance. En termes énergétiques, celle-ci s’est même accélérée : sans prendre en compte les usages spécifiquement liés au minage de cryptoactifs, le think tank relève une hausse moyenne de la consommation énergétique de 7 % par an de 2014 à 2019 puis de 13 % par an dans les cinq années suivantes.

En Europe, l’association constate que les situations varient d’un pays à l’autre, mais suivent une tendance similaire : celle d’une augmentation de la consommation énergétique et des émissions de gaz à effet de serre. Elle relève que les deux tiers de la consommation énergétique des centres de données pèse sur l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et l’Irlande, quand ces pays ne rassemblent que 40 % de la population européenne. Et cite le cas de l’Irlande, où plus de 20 % de l’énergie produite sert désormais à l’industrie de centres de données, comme illustration des problématiques à envisager.

Extrait du rapport "Quelles infrastructures numériques dans un monde décarboné ?", The Shift Project

Pour faire face, le Shift Project appelle la France à planifier sa transition énergétique en misant sur l’électrification des secteurs économiques majeurs et en maîtrisant la demande. Appliquée au secteur des centres de données, il relève que la particularité du secteur numérique « tient à la rapidité d’augmentation de ses émissions, qui croissent selon une tendance incompatible avec sa décarbonation ».

Pour remplir les objectifs de décarbonation, le numérique n’a donc pas seulement besoin de « renforcer des leviers d’optimisation déjà déployés », mais d’être placé « sur une trajectoire fondamentalement différente de celle qu’il suit actuellement ».

Pour l’imaginer, le rapport du Shift Project alloue une partie complète à la question de l’intelligence artificielle, dont les impacts environnementaux demandent à être évalués « comme les autres » usages numériques. Pour l’association, il y a même « urgence à acter du coût climatique du "phénomène IA générative" ».

Soulignant le flou qui entoure la notion d’IA, l’association ne cache pas que les impacts énergétiques et d’émission carbone sont très variables d’un modèle et d’un mode d’entraînement à l’autre. Elle appelle précisément à les évaluer de manière systématique et exhaustive, et propose aussi des outils concrets pour construire des systèmes soutenables (avoir une trajectoire énergétique et carbone de référence, caractériser le besoin, associer différentes solutions techniques, etc.), les éco-concevoir… voire les abandonner, s’ils s’avèrent insoutenables.

Plus largement, pour toute la filière centres de données, the Shift Project liste quatre familles d’actions visant, selon les cas, chaque partie prenante, des entreprises aux pouvoirs publics en passant par le grand public. L’une est axée sur l’optimisation, une autre consiste à œuvrer à une réorganisation collective vers la sobriété, une troisième à diffuser informations, formations et compétences. Mais avant tout, le Shift Project demande de la transparence à la filière, comme quantité d'autres acteurs avant lui. Le but : mesurer précisément ses impacts sur l'environnement, pour mieux les maîtriser.

Commentaires (23)

votre avatar
🎶 On est foutus on mange trop 🎶
votre avatar
Est ce qu’à un moment la bulle va s’arrêter ?

J’imagine que oui quand il y aura plus d’argent à cramer https://www.wheresyoured.at/the-case-against-generative-ai/
votre avatar
Quand y aura plus d'argent à cramer, y aura des ruines sur lesquelles s'appuyer, des pauvres à continuer à mépriser/écraser, et le capitaliste cherchera d'autres ressources/terres/personnes à exploiter/ronger/épuiser/détruire.
Ce cycle là durera ou bien jusqu'à une hypothétique révolution, ou bien jusqu'à un tel épuisement du système Terre que bouffer repassera en premier dans nos priorités.
(Cf Arthur Keller par exemple, mais pas que).
votre avatar
Objectivement, cela ne pourra s'arrêter que quand toutes les énergies fossiles auront été brulées.

On ne deviendra pas intelligent avant cela.

C'est la pure application de la théorie des jeux dans un contexte où l'intéret particulier des décideurs (les actionnaires, pas les élus), prime sur l'intéret général.
votre avatar
Cet article mélange un peu tout et ça rend le message assez inaudible pour quelqu'un de rationnel.

Alors qu'il titre sur l'Europe, il cite des faits qui se passent au niveau mondial ce qui biaise le débat si on veut parler des datacenters en Europe, on n'utilise pas des chiffres mondiaux sauf à montrer qu'ils sont comparables en Europe (et dans ce cas, on utilise ces chiffres européens).

Et quand pour l'Europe, le SP dit :
Elle relève que les deux tiers de la consommation énergétique des centres de données pèse sur l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et l’Irlande, quand ces pays ne rassemblent que 40 % de la population européenne. Et cite le cas de l’Irlande, où plus de 20 % de l’énergie produite sert désormais à l’industrie de centres de données
J'ai l'impression qu'il découvre que l'Irlande en particulier mais aussi les autres pays cités sont les principaux hébergeurs de serveurs.

Si certains de ces pays ont une électricité carbonée, qu'ils soient montrés du doigt, c'est ça qui ferait une communication utile.

Donc, quels sont les chiffres pour l'Europe (actuels et anticipés pour le futur) ?
En quelle proportion l'électricité produit des GES ?
Quelle trajectoire faut-il viser ?
Faut-il limiter l'IA générative car mauvaise pour le climat et peu utile ?
votre avatar
Tiens, j'attendais que tu postes encore sous un article parlant de trucs d'écologie pour brouiller les pistes!
Si certains de ces pays ont une électricité carbonée, qu'ils soient montrés du doigt, c'est ça qui ferait une communication utile.
Cela ne doit pas pour autant encourager les data centers à tout va sous prétexte que l'électricité est "verte"!
Quelle trajectoire faut-il viser ?
Un français émet en moyenne 9,4 tonnes equivalent CO2, il faut arriver à 2, donc moins consommer tout simplement. Les data centers vont faire plonger les moyennes, on ne va pas dans la bonne direction. Il faut oser parler de diminution de consommation, au lieu de cela on augmente toujours la demande le besoin et l'offre.
Faut-il limiter l'IA générative car mauvaise pour le climat et peu utile ?
Bien sûr qu'il faudrait limiter l'usage des IA génératives. Il n'y a qu'à lire les articles sur le doomscrolling de ces vidéos artificielles inutiles et consommatrices de ressources.
votre avatar
Si certains de ces pays ont une électricité carbonée, qu'ils soient montrés du doigt, c'est ça qui ferait une communication utile.
Les émissions de carbone du système électrique ne sont pas des constantes définies une fois pour toutes. Que crois tu qu'il arriverait aux émissions françaises une fois que tu as besoin d'électricité en plus pour :
- des véhicules électriques,
- des pompes à chaleur,
- et en plus des datacenters ?

Alors que tu as en parallèle une fronde politique à droite qui ment et désinforme sans cesse contre les ENRi, voire contre l'électrification des usages. La situation est assez tendue, ce n'est peut être pas utile de l'aggraver.
Cet article mélange un peu tout et ça rend le message assez inaudible pour quelqu'un de rationnel.
Je pense être quelqu'un de rationnel, et avoir une présentation qui commence par un contexte global avant de se concentrer sur un point particulier ne me paraît ni inaudible, ni inutile.
Faut-il limiter l'IA générative car mauvaise pour le climat et peu utile ?
Le choix ne se fait pas que sur ces aspects. Il y a surtout le modèle de société qu'on veut développer. L'IA a le potentiel de transformer l'ensemble de la société et des métiers en une dystopie à faire cauchemarder P.K. Dick, c'est en premier sur ce point que devraient porter les discussions. L'utilité, la performance et même les impacts écologiques n'arrivent que loin derrière, mais sont amha de bonnes diversions pour ne pas parler du vrai sujet.
votre avatar
C'est vrai qu'on se demande ce que vient faire l'Europe dans le titre alors qu'il n'en est pas question dans l'article, on aurait mis la Corse que ça aurait eu autant de sens.
Il n'y a qu'à installer les DC en Norvège ou en Islande , ils ont 100% d'électricité renouvelable, et ça refroidit plutôt bien par là, par contre, ils sont plutôt à cheval sur la qualité de l'environnement.
Nul ne sait combien de temps cette folie d'IA va durer et encore moins si les composants vont continuer à consommer autant, tracer des paraboles à partir des courbes actuelles c'est bien peu compter sur le génie humain à corriger tous les excès, quelque fois par pire, mais ça corrige.
Ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui la carte des DC coïncide à celle des pays où l'IA est "rentabilisée", mais il n'en sera pas toujours ainsi, il sera de plus en plus difficile de construire des engins qui épuisent l'environnement alors que ça enrichit des milliardaires à l'autre bout du monde, ou alors ça leur coûtera de plus en plus cher.
Si on avait suivi les courbes existantes en 2012/2013 on serait à plus de 1000 TWh de consommation aujourd'hui, et pourtant c'est resté stable, à tel point qu'on est plutôt en situation de surproduction actuellement, avec des prix négatifs en journées d'été, alors ce genre de prévisions....
Comme souvent, l'équilibre et la sagesse ne viendront pas des courbes, mais des consentements et ils sont sensibles.
votre avatar
Il n'y a qu'à installer les DC en Norvège ou en Islande , ils ont 100% d'électricité renouvelable
Ils ne resteraient pas longtemps à 100% d'ENR avec plusieurs GW de datacenters (l'Islande sûrement pas).
Si on avait suivi les courbes existantes en 2012/2013 on serait à plus de 1000 TWh de consommation aujourd'hui
Il y a une énorme différence, c'est que l'électricité, ce n'est pas nouveau dans le monde, donc des variations de qql % à la hausse ou à la baisse entre deux années, c'est courant. Concernant l'IA, on est sur des croissances à deux chiffres, et une réelle fuite en avant qui n'a pas l'air de se préoccuper ni de savoir si qqn est prêt à payer pour des services dont on mesure mal la valeur ajoutée, ni des impacts environnementaux, sociétaux et économiques (on parle d'une bulle de centaines de milliards de dollars, ça va laisser du monde sur le carreau, et ce ne seront pas des Sam Altman qui en pâtiront).
à tel point qu'on est plutôt en situation de surproduction actuellement, avec des prix négatifs en journées d'été, alors ce genre de prévisions....
On n'est pas toujours en surproduction (seulement en été, et ça change avec la généralisation de la clim) et c'était plus ou moins prévu (le gap dans la construction des réacteurs nucléaires, c'est 20 ans de "on est en surcapacité, pas la peine de construire", en oubliant évidemment l'électrification nécessaire des usages). Je te rappelle qu'on est même passés par une période ultra tendue post covid, en particulier en 2022.
votre avatar
Mais l'Islande ils fonctionnent à l'envers ils chauffent avec l'eau volcanique. C'est très efficace il est très courant d'être porte ouverte car ça chauffe trop.
votre avatar
Nul ne sait combien de temps cette folie d'IA va durer et encore moins si les composants vont continuer à consommer autant, tracer des paraboles à partir des courbes actuelles c'est bien peu compter sur le génie humain à corriger tous les excès, quelque fois par pire, mais ça corrige.
Le technosolutionnisme n'a jamais été une bonne solution, et ne l'est toujours pas.
votre avatar
@fred42 Quand le sage montre la lune...
votre avatar
Le constat est déjà alarmant pour la demande croissante en énergie des Data Center mais si on ajoute tous les autres facteurs qui contribuent à cette demande énergétique (électrification des véhicules et du moindre objet du quotidien, multiplication des clim du fait de la hausse des températures...) on sait qu'on va droit dans le mur... les 2 pieds sur l'accélérateur.
votre avatar
Les data centers pourraient empêcher l’Europe d’atteindre ses objectifs climatiques
Certes, mais on fait tous le pari que l'IA va trouver la solution à nos problèmes.
Donc c'est un mal temporaire pour un bien permanent.
/s
votre avatar
Le secteur produit par ailleurs 250 millions de tonnes d’équivalents CO2 (MtCO2e) par an dans le monde, un volume qui pourrait grimper de 630 à 920 MtCO2e d’ici 2030. Cette fourchette correspond à deux fois les émissions annuelles de CO2 produites par la France.
Donc le français moyen qui est à ~10, et qu'on montre du doigt sans arrêt : il peut se lâcher et monter à 15, ou pas ? :keskidit: Il faut baisser / couper le chauffage l'hiver, mais c'est pour alimenter des IA, donc c'est bon on peut le faire ?

etdire que l'ExD veut démonter les éoliennes et mettre en pause les panneaux chinois ! Acheter des bougies, ça va redevenir utile, et ça semble être un bon placement pour le futur :fr:

Sinon, un petit rappel, rapport de AIEA de 2024 :
Les centres de données avaient consommé environ 460 TWh d’électricité en 2022, selon les chiffres de I’AIE. Cette consommation pourrait s’élever à plus de 1 000 TWh d’ici 2026, soit plus d’un tiers de l’électricité produite par les centrales nucléaires du monde entier l’année dernière, et à peu près l’équivalent de la consommation d’électricité du Japon.
La consommation d'électricité des centres de données, de l'intelligence artificielle (IA) et du secteur des crypto-monnaies pourrait doubler d'ici 2026. Les centres de données sont des moteurs importants de la croissance de la demande d'électricité dans de nombreuses régions. Après une consommation mondiale estimée à 460 térawattheures (TWh) en 2022, la consommation totale d'électricité des centres de données pourrait atteindre plus de 1 000 TWh en 2026. Cette demande est à peu près équivalente à la consommation d'électricité du Japon. Des réglementations actualisées et des améliorations technologiques, notamment en matière d'efficacité, seront essentielles pour modérer l'augmentation de la consommation d'énergie des centres de données.
https://www.iea.org/reports/electricity-2024
https://iea.blob.core.windows.net/assets/18f3ed24-4b26-4c83-a3d2-8a1be51c8cc8/Electricity2024-Analysisandforecastto2026.pdf
votre avatar
Content que l'on parle de The Shift Project !
c'est angoissant bien sur mais au moins ils bossent pour que l'on puisse tenter d'amortir le choc vers lequel on va.
A mon avis il ne faut pas se leurrer, l'immense partie de la solution est une réduction drastique de notre modèle consumériste (je parle bien de décroissance) à ton les niveaux pas seulement numérique et LLM/IA.
votre avatar
Bah, on a RTE qui fait la MAJ de ses prévisions de conso/production dans ses bilans prévisionnels et pou rles derniers, nous avions en 2021:

https://assets.rte-france.com/prod/public/2021-04/Bilan%20previsionnel%202021%20-%20principaux%20enseignements.pdf

P15: "Le critère de sécurité d’approvisionnement prévu par
le code de l’énergie serait largement respecté, avec
des marges confortables. Les analyses de stress
tests soulignent également que le système électrique
serait plus résilient qu’aujourd’hui à certains aléas."

=> Tout va très bien...

Et le dernier à peine 2 ans plus tard publié l'année dernière:

https://assets.rte-france.com/prod/public/2023-09/Bilan-previsionnel-2023-synthese.pdf

P11: "La France a les moyens de gérer ces besoins d’électricité en hausse en s’appuyant sur quatre leviers essentiels : sobriété, efficacité énergétique, renouvelables et nucléaire
Renoncer à l’un de ces leviers rend extrêmement difficile l’atteinte des objectifs climatiques et
de sécurité d’approvisionnement"

=> Madame la Marquise!!!

On en revient à ce que j'ai parfois anticipé ici: Probable que la tentation de se chauffer l'hiver en cramant des DC monte très fort dans la population. Il y a un moment ou les demandes de consommer de moins en moins, qui n'empêchent pas les factures de grimper, vont avoir des conséquences.

On verra la prochain bilan l'année prochaine, mais moi qui ait toujours pensé que ça ne tiendrait pas et que le renouvelable "moderne" (cad PV et éolien, au contraire de "l'historique" hydroélectrique qui fonctionne lui mais allez inonder des vallées de nos jours sans rameuter trétrachiées de zadistes escrolos?) était une coûteuse lubie, la confirmation n'a pas tardé.

Tout penche dans le sens d'une nouvelle aggravation du pb d'inadéquation production/demande.
votre avatar
mais moi qui ait toujours pensé que ça ne tiendrait pas et que le renouvelable "moderne" (cad PV et éolien, au contraire de "l'historique" hydroélectrique qui fonctionne lui mais allez inonder des vallées de nos jours sans rameuter trétrachiées de zadistes escrolos?) était une coûteuse lubie, la confirmation n'a pas tardé.
Tu dis exactement l'inverse de la conclusion de RTE, elle ne confirme donc pas du tout ce que tu as toujours pensé, bien au contraire : les renouvelables sont dans les leviers dont il serait difficile de se passer.

Pour ce qui est des zadistes, je comprends pas comment on peut être opposé à des éoliennes (dont l'empreinte au sol est assez faible), et prétendre vouloir noyer des vallées entières pour assurer une production d'énergie et un stockage suffisant (pour rappel, un barrage avec retenue, donc pilotable, qui fournit une énergie conséquente, c'est par ex. le barrage des 3 gorges, avec une retenue longue de 600 km). Qu'il y ait des ZAD contre la destruction de villes et villages pour y mettre des barrages est nettement moins étonnant que contre les éoliennes.

En revanche, je suis d'accord que les DC pour l'IA peuvent aller se faire foutre pour rester poli.
votre avatar
En fait, je pense que RTE ne peut "politiquement" qu'aller dans le sens du vent sur ces sujets... mais préfère largement ce qui se pilote et sur lequel on peut compter qqsoient les conditions (météo, diurne avec un rendement de merde 50% de l'année, ceux on les besoins sont maximaux en prime, à nos latitudes).

Le PV aurait à mon sens sans doute une place, mais pas en réseau. Pour des besoins liés à des dispositifs type ballon ECS qu'on pourrait chauffer le jour quand les conditions sont OK limitant les besoins de complément tirés du réseau, typiquement de nuit en HC. Systématiser cela, ce qui ne nécessite en prime pas de batteries (coût, risque incendie...), aurait du sens. Mais à mon avis pas au delà pour une techno qui n'a eu aucune rupture depuis l'époque ou on ne l'envisageait même pas en dehors de l'électrification de sites non raccordables au réseau.

Pour ce qui est de notre infra hydroélectrique, elle est si rentable que l'Europe (encore merci!) voulait récemment imposer à EDF de la vendre... Actuellement, sans cela, bien des grandes villes du sud n'auraient pas d'eau au robinet l'été et cela fait des spots touristiques appréciés.

Les éoliennes, vu les nuisances, personne n'en veut devant chez soi. Les centaines (bientôt le millier pour les plus grandes) de T de béton coulés en dessous se voient moins que l'enceinte d'une centrale nucléaire, mais ils sont là.
votre avatar
En fait, je pense que RTE ne peut "politiquement" qu'aller dans le sens du vent sur ces sujets...
Non, ça ce sont les éoliennes (pas pu m'en empêcher :D )
Le PV aurait à mon sens sans doute une place, mais pas en réseau. Pour des besoins liés à des dispositifs type ballon ECS qu'on pourrait chauffer le jour quand les conditions sont OK limitant les besoins de complément tirés du réseau, typiquement de nuit en HC
Le faire en réseau, c'est pareil sauf que c'est plus efficace (ça facilite pour tes panneaux de trouver des appareils "clients")
Les éoliennes, vu les nuisances, personne n'en veut devant chez soi.
Mais personne ne veut d'une installation industrielle littéralement devant chez soi et c'est normal. Une éolienne est forcément loin du fait de la réglementation.
Les centaines (bientôt le millier pour les plus grandes) de T de béton coulés en dessous se voient moins que l'enceinte d'une centrale nucléaire, mais ils sont là.
Je sais plus pour les grandeurs mais il me semble que le millier de tonnes on y est depuis quelques années. On les voit moins, et surtout, la place réellement occupée par les éoliennes au sol reste faible (mille tonnes de béton, c'est un disque de 8 m de rayon sur 3 m d'épaisseur), et surtout, que ce soit le nucléaire (Bure comprise) ou les éoliennes, ça ne représente littéralement que l'épaisseur du trait de la consommation de béton.
votre avatar
Hum... les éoliennes s'entendent de très loin. Impression d'un turbopropulseur faisant un point fixe permanent en bout de piste qui porte à des km.
votre avatar
J'ai jamais entendu ça, ni sur des petites, ni sur des grosses. Chez moi, ce qu'on entend bien à des km c'est les gogols qui poussent des pointes en moto ou avec leurs caisses tunées au silencieux percé.
votre avatar
J'ai encore le souvenir de nuits pénibles en camping de bord de mer au pied ouest du cap Corse... du au bruit des éoliennes situées tout en haut, à facile 5km a vol d'oiseau.

Ça évoquait un peu la reprise des vols à Orly au petit matin, entendu du plateau pavillonnaire de Vitry sur Seine par vents de sud...

Et là c'est pas limité à la minute liée au passage d'un gogol en moto (note qu'une Harley en pot bien libre arrachera littéralement les oreilles et ce dès le ralenti à l'arrêt...) ou auto (attention à ne pas confondre: Parfois seule la vivacité de montée dans les tours permet de se faire qq certitude si origine auto ou moto, à l'oreille seule).

Les data centers pourraient empêcher l’Europe d’atteindre ses objectifs climatiques

  • Une filière qui alimente la crise climatique

  • Manque de planification

Fermer