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Publicité en ligne : l’Europe inflige une amende de 3 milliards d’euros à Google

L'écho d'un cri

Publicité en ligne : l’Europe inflige une amende de 3 milliards d’euros à Google

La Commission européenne vient d’infliger à Google une amende de 2,95 milliards d’euros pour avoir enfreint les règles de la concurrence dans le domaine de la publicité. L’enquête avait été ouverte en 2021, mais les conclusions se faisaient attendre. Dans un contexte géopolitique très tendu, Google a maintenant 60 jours pour réagir.

Le 05 septembre 2025 à 18h41

Dans son communiqué, la Commission européenne dit avoir « infligé à Google une amende d'un montant de 2,95 milliards d'euros au motif que cette entreprise a enfreint les règles européennes en matière de pratiques anticoncurrentielles en faussant la concurrence dans le secteur des technologies publicitaires ("adtech") ».

Comment ? En favorisant ses propres services publicitaires au détriment de la concurrence. En plus de cette amende de presque 3 milliards d'euros, la Commission ordonne à Google de cesser immédiatement ces pratiques et de « mettre en œuvre des mesures visant à mettre un terme à ses conflits d'intérêts inhérents tout au long de la chaîne de fourniture adtech ».

L’entreprise a désormais 60 jours pour expliquer à la Commission comment elle va modifier sa façon de faire. Dans une déclaration à l’AFP, Google a annoncé son intention de faire appel : « La décision de la Commission européenne à propos de nos services Adtech est mauvaise et nous en ferons appel. Elle nous impose une amende injustifiée et des changements qui affecteront des milliers d’entreprises européennes, puisqu’elles auront plus de mal à gagner de l’argent ».

Ce que reproche la Commission

L’instance européenne considère deux éléments : Google est à la fois un vendeur de publicités sur ses propres sites et applications, et un intermédiaire pour les autres entreprises souhaitant placer de la publicité dans d’autres espaces.

Dans ses services en tant qu’intermédiaire, on trouve les serveurs publicitaires, les outils d’achats d’annonces programmatiques et les bourses d’annonces pour faire se rencontrer l’offre et la demande, le plus souvent via des enchères. Or, avec ses outils DoubleClick For Publishers, Google Ads et DV360, Google occupe une position dominante aussi bien sur le marché des serveurs publicitaires que sur celui des outils d’achats.

Si cette position dominante n’est pas interdite, la Commission estime que Google en a abusé en favorisant sa propre bourse d’annonces (AdX). « Par exemple, Google Ads évitait les bourses d'annonces publicitaires concurrentes et soumettait principalement des offres sur AdX, ce qui en faisait la bourse d'annonces publicitaires la plus attrayante », indique le communiqué. La Commission en a conclu que Google visait l’avantage concurrentiel en évinçant les autres bourses. Une violation de l’article du traité de fonctionnement de l’Union européenne.

La Commission avait ouvert une procédure formelle contre un possible comportement anticoncurrentiel de Google en juin 2021. Deux ans plus tard, l’Europe envoyait à Google ses griefs. Aux États-Unis, un tribunal américain avait jugé que Google avait créé illégalement un monopole sur le marché de la publicité en ligne.

La réaction américaine attendue

Les rapports entre l’Europe et Google sont complexes depuis longtemps. La firme américaine a été condamnée plusieurs fois à des amendes de plusieurs milliards d’euros. Notamment, une condamnation à 4,3 milliards d’euros en 2018 pour avoir abusé de sa position dominante en imposant son moteur de recherche sur Android. Le destin de cette amende est toujours incertain.

La réaction de la Maison-Blanche est également attendue. Donald Trump a déjà partagé sa vision sur les grandes entreprises américaines : pour lui, elles ne devraient obéir qu’à des règles américaines. Le locataire de la Maison-Blanche n’a pas caché son mépris pour le DMA et le DSA.

Il estime également que les amendes européennes sont une forme de jalousie, le Vieux continent n’ayant pas d’entreprises aussi grandes. Le président américain a promis des représailles sous forme de droits de douane explosifs si ces amendes persistaient.

Cette semaine, on apprenait que l'Union européenne avait peut-être suspendu une éventuelle amende contre Google pour ménager Donald Trump, de peur qu’il ne réagisse vivement. L’inquiétude portait sur les droits de douane américains sur les voitures des constructeurs européens.

Commentaires (21)

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Nul doute que Trump réagira avec mesure et discernement...
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Si l'Europe faisait la même chose, Trump réfléchirais...
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Curieux cette association de mot, "Trump réfléchirait", je veux dire, le gars évidemment il a un cerveau, bon avec il fait de la merde, mais il est capable de réflexion. Mais là, avec ce conditionnel, genre le gars est capable d'introspection ? Vraiment ? 🤣 Faudrait quand même pas pousser !
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je propose qu'on garde nos productions locales (ASML par exemple) et qu'on leur laisse leurs productions locales :fumer:
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Cette semaine, on apprenait que l'Union européenne avait peut-être suspendu une éventuelle amende contre Google pour ménager Donald Trump, de peur qu’il réagisse vivement.
Il s'agit de cette amende là, non ?
Dans l'article précédent de Next, on lit :
La commissaire européenne à la Concurrence, Teresa Ribera, avait prévu de rendre publique lundi 1er septembre sa décision sur l'accusation d'abus de position dominante dans le secteur de la publicité en ligne contre Google.
Ça ressemble beaucoup il me semble.
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Il estime également que les amendes européennes sont une forme de jalousie, le Vieux continent n’ayant pas d’entreprises aussi grandes.
Et ses tarifs douaniers pour "compenser" les déséquilibres de balances commerciales en défaveur des USA, ce n'est pas de la jalousie contre les produits de l'UE qui sont meilleurs que les produits US qui donc se vendent moins bien ?
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Il n'y a aucune logique à chercher chez Trump et les MAGA. Quant aux termes jalousie, quand on lit un peu les publications de Trump sur les RS ou ses déclarations, on s'aperçoit qu'il est TRES TRES limité en terme de vocabulaire.

Certains pensent que c'est pour mieux se faire "comprendre" de sa base électorale, perso je crois que c'est simplement sa "culture" générale qui est très réduite.

Exemple, il s'était étonné que le president nigérian parle un excellent anglais ignorant totalement l'histoire de ce pays.
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L'erreur est bien de considérer qu'il n'y a pas de logique derrière ou simplement de les considérer complètement stupides.

Trump est très con c'est certain, mais ici il veut juste faire plier l'Union Européenne et lui faire comprendre que tout ce qu'elle tentera contre la nouvelle doxa américaine et les actifs américains sera réprimé avec la plus grande violence commerciale possible (d'autant qu'il n'a pas caché qu'il considère l'UE comme un ennemi), tout en frottant dans le sens du poil son électorat par la mention sur les grandes entreprises, qui n'est pas totalement incorrect si l'on parle de l'informatique uniquement, le sujet ici.

Et il est boosté par le fait que la Traîtresse s'est soumise il y a quelques semai... pardon, que Ursula Von Der Leyen a accepté les droits de douane. Il doit se dire qu'il va encore nous faire plier sans difficulté sur ce sujet également...

...et il a certainement raison.
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Moi ce qui me fait réellement tiquer, c'est de voir la Commission être capable de prendre de telles décisions au nom des 27, sans vote ou consultation (ou du moins consultation publique).

Un des "avantages" d'avoir un Trump en face, c'est qu'il nous permet de constater tout ce qui ne va pas chez nous.
Il n'est pas normal que la Commission seule décide d'annuler, ou reporter, de telles amendes sans avoir à consulter le Parlement Européen, ainsi que les différents gouvernements. Avec toutes les conséquences économiques et géopolitiques que peuvent avoir de telles décisions dans le contexte actuel.
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Ca devient presque un mode d'imposition alternatif ces amendes assez régulières, si elles sont effectivement réglées. :D
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Notez que s'ils ne veulent pas respecter la législation Européenne, on est pas obligé de laisser leurs sites accessibles depuis l'Europe non plus 😄
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Ouai après là y'a un paquet de gens qui vont être perdu si t'enlève Google.
Genre internet=Google
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Yep, toute une éducation à refaire ! :D
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Combien de temps avant de faire volte-face une fois de plus... :roll:
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les grandes entreprises américaines : elles ne doivent obéir qu’à des règles européennes américaines
Je ne trouves plus le bouton de signalement d'erreur. C'est pourtant bien "américaines" qu'on devrait avoir ici, non ?
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Yep.
En mobile il est tout en bas sur le bandeau du bas le bouton signaler. ( Cercle avec un ! Dedans.
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Je ne l'ai pas, perso...
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Bizarre, je l'ai de mon côté. :prof:
(firefox mobile avec ublock origin mais pas d'autres extension)

Sur pc fixe sous firefox, pour signaler une erreur, je sélectionne le texte et je vois "une erreur?"
Mais il y a aussi en bas à droite un bouton "signaler une erreur".
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Même configuration mobile, j'ai bien le bouton.
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J'ai pas sur Firefox pour Android.
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Bah en europe, on a déjà Kantar et bientôt :
bfmtv.com BFM TV

Pourquoi GG du coup se gênerait ?

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  • Ce que reproche la Commission

  • La réaction américaine attendue

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