Streaming sportif : Canal+ obtient aussi le blocage des DNS de Quad9 et Vercara
Plus rien de 9 en streaming sportif
Illustration : Flock
Le 13 décembre 2024 à 12h10
Canal+ continue sa contre-attaque contre la diffusion du streaming sportif sans autorisation en visant maintenant les DNS de Quad9 et Vercara. La justice les oblige, eux aussi, à bloquer l’accès à une liste de sites accusés de diffuser des évènements sportifs dont Canal+ possède les droits de diffusion. Quad9 fera appel.
Streaming sportif : Canal+ obtient aussi le blocage des DNS de Quad9 et Vercara
Plus rien de 9 en streaming sportif
Illustration : Flock
Canal+ continue sa contre-attaque contre la diffusion du streaming sportif sans autorisation en visant maintenant les DNS de Quad9 et Vercara. La justice les oblige, eux aussi, à bloquer l’accès à une liste de sites accusés de diffuser des évènements sportifs dont Canal+ possède les droits de diffusion. Quad9 fera appel.
Droit
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5 min
Après avoir obtenu l’obligation faite à Google, Cloudflare et Cisco de bloquer des sites web qui diffusent des flux de retransmissions de compétitions sportives, le groupe Canal+ a remis ça en ciblant Quad9 et Vercara.
Le site Torrent Freak a pu récupérer trois décisions de la 3ème chambre du tribunal judiciaire de Paris, en charge de la propriété intellectuelle, rendues la semaine passée en procédure accélérée au fond et qui visent ces résolveurs DNS.
Canal+ avait demandé au tribunal d’ « ordonner aux sociétés Quad9 et Vercara de mettre en œuvre, dans le cadre de leurs systèmes de résolution de noms de domaine respectifs dénommés « Quad9 » et « Ultradns public », toutes mesures de blocage propres à empêcher l’accès à partir du territoire français, par tout moyen efficace et notamment par le blocage de noms de domaine ou de sous domaines, aux sites internet et services IPTV identifiés accessibles à partir des noms de domaine ou sous domaines qui portent atteinte au droit acquis à titre exclusif ».
Les matchs de Premier league, de Ligue des champions et de Top14
Dans la première procédure [PDF], le groupe de médias visait la diffusion des matchs de foot de la Premier league de cette année (du 16 aout 2024 au 25 mai 2025). La deuxième se concentre sur la Ligue des champions [PDF].
Dans la troisième procédure [PDF], Canal+ s’attaque à la diffusion non autorisée des matchs de rugby du Top 14 dont elle a aussi acheté les droits de diffusion en exclusivité sur le territoire français (à l’exception de la finale que France Télévisions pourra aussi diffuser). Pour le rugby, Canal+ a aussi attaqué Google et Cloudflare, comme elle l’avait déjà fait en mai dernier pour le même événement.
Dans ses trois plaintes, l’entreprise a fourni à chaque fois une liste des 18, 24 et 36 sites qu’elle considérait devoir être bloqués par ces fournisseurs de résolveurs de DNS en s’appuyant une nouvelle fois sur l’article 333 – 10 du Code du Sport. Il permet en effet de demander à la justice de prendre « toutes mesures proportionnées propres à prévenir ou à faire cesser » des « atteintes graves et répétées au droit d’exploitation audiovisuelle ».
Le Tribunal judiciaire de Paris a donné raison à Canal+ dans les trois cas. Il a demandé à Quad9, Vercara, Google et Cloudflare de mettre en œuvre « toutes mesures de blocage propres à empêcher l’accès à partir du territoire français, y compris tous les territoires d’outre-mer de la France, par tout moyen efficace et notamment par le blocage de noms de domaine ou de sous domaines, aux sites internet et services IPTV identifiés accessibles à partir des noms de domaine ou sous domaines qui portent atteinte au droit acquis à titre exclusif par accord d’exploitation audiovisuelle » par Canal+. Et ce, dans un délai de trois jours à chaque fois.
Les résolveurs de DNS sont bien dans la liste des intermédiaires techniques qui peuvent agir
Quad9 a plaidé que, selon elle, les services de résolution de noms de domaine ne revêtent pas la qualité d’intermédiaire technique « susceptible de contribuer à remédier » aux atteintes aux droits prévus par l’article du Code sur lequel s’appuie Canal+. Mais le tribunal en a jugé autrement, en prenant compte notamment les arguments de Canal+, qui s’appuie sur l’étude d’impact du projet de loi.
Comme dans les cas précédents, Google et Cloudflare ont pointé que « ces mesures ne peuvent techniquement être restreintes au territoire français et ont nécessairement une portée internationale, ce qui ne peut être proportionnel à l’atteinte aux droits invoqués » sans, pour autant, convaincre le tribunal.
Quad9 veut faire appel et lance un appel aux dons
Lorsque Cisco a été la cible de telles attaques, l’entreprise a décidé de ne plus rendre disponible ce service en France.
Quad9 explique dans un communiqué ne pas pouvoir prendre le même genre de décision car son système est conçu pour traiter tous ses utilisateurs de la même manière et qu’il ne dispose pas des informations sur leur localisation.
« Par conséquent, pour rester en conformité, nous devons bloquer ces sites pour tous les utilisateurs, dans toutes les régions. Cela revient à appliquer la loi française au niveau mondial, mais si Quad9 n’est pas en conformité, Canal+ et les tribunaux français peuvent demander des sanctions financières à l’encontre de Quad9 », explique l’organisation suisse à but non lucratif. Elle ajoute qu’elle veut faire appel et appelle aux dons ceux qui « estiment qu’un internet ouvert est un objectif louable ».
Commentaires (36)
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Abonnez-vousLe 13/12/2024 à 15h37
Je ne connais pas encore Quad9, faudrait que je regarde ...
Le 13/12/2024 à 15h46
Modifié le 13/12/2024 à 16h04
Le 13/12/2024 à 16h06
Sinon, c'est un poil technique, mais je suppose que l'abonnement à un VPN est moins cher que l'abonnement pour regarder les événements sportifs.
Le 13/12/2024 à 16h24
Le 13/12/2024 à 16h44
Le 13/12/2024 à 17h06
Après, il y a aussi la solution de monter son propre serveur DNS pour aller chercher directement à la source. A priori il suffit de pas grand chose (genre un Pi), mais aucune idée du volume de stockage nécessaire pour avoir "tous les internets"
Le 13/12/2024 à 19h19
Le 16/12/2024 à 09h42
Perso je suis passé sur dnscrypt-proxy
Le 14/12/2024 à 06h28
Le 14/12/2024 à 18h56
Le 14/12/2024 à 06h30
Personellement si c'est trop cher, je ne paie pas et ne regarde pas. Avec le vœux pieux que tout le monde en fasse autant, ce qui permettrait de réguler les tarifs.
Le 14/12/2024 à 18h56
Le 15/12/2024 à 02h43
Le 20/12/2024 à 13h58
Le 22/12/2024 à 14h58
Le 22/12/2024 à 14h57
Le 13/12/2024 à 16h46
Le 13/12/2024 à 17h06
Le 13/12/2024 à 17h24
A quel moment l'extra territorialité abusive va être prise en compte dans les jugements ?
Le 13/12/2024 à 17h29
Le 13/12/2024 à 19h28
Le 13/12/2024 à 20h10
Le 13/12/2024 à 17h30
Le 13/12/2024 à 20h59
Le 13/12/2024 à 22h25
Le 13/12/2024 à 23h19
Ils en ont quoi à faire de ce que peux bien élucubrer les tribunaux français ?
Au pire, quoi , les BOFS seront obligé de bloquer Quad9... ? Un peu chiant mais rien d'incontournable...
J'ai remarqué que dans les livebox grand public, on pouvais plus changer les DNS le champs n'est pas éditable :-)
Modifié le 14/12/2024 à 09h35
Il faut réfléchir de manière plus globale, pas uniquement de son point de vue de technicien.
Le 14/12/2024 à 10h02
Et ça, c'est seulement si une demande d'arrêt internationale n'est pas mis en oeuvre... Cela peut sembler overkill vu le contexte (et c'est d'ailleurs mon avis), mais vu la puissance des ayants droits, ce n'est pourtant pas à exclure...
Le 14/12/2024 à 10h51
Ayant droit, c'est un statut conféré par le code de la propriété intellectuelle qui dit qu'on détient des droits patrimoniaux sur une oeuvre. Rien de plus.
Ici, on parle de Canal+, une entreprise commerciale qui a fait valoir ses droits selon une procédure encadrée par la loi et dont la condamnation a été rendue par un tribunal de justice. Commencer à dire qu'ils auraient "du pouvoir", ça serait glisser vers le terrain remettant en cause l'impartialité de la justice. Je suis pas fan de ce genre de raccourci hasardeux personnellement, et encore moins de l'entretenir.
Le 14/12/2024 à 11h18
Quand je parle de pouvoir, je ne pense pas à influencer directement les décisions de justice, mais à influencer le législateur, et donc les lois (et indirectement les décisions de justice, puisqu'elles doivent être conforme à la loi).
Et ça, on l'a très bien vu par le passé à de nombreuses reprises. La RCP est l'exemple le plus flagrant qui me vienne à l'esprit. La HADOPI aussi, où une entité administrative (et non judiciaire) pouvait prendre des mesures considérés aujourd'hui comme liberticide (riposte graduée, heureusement censurée depuis).
Que les lobbies des ayants droits ait incité le législateur à prévoir la possibilité de telle poursuites (internationale je veux dire), cela ne m'étonnerait pas du tout. Et si la loi le permet, il n'y a absolument aucune raison que la justice ne considère pas cette possibilité.
Le 14/12/2024 à 12h10
Le cas de la décision de blocage repose sur l'article L.333 10 III du code du sport. Il dispose que le blocage doit se faire pour le territoire français. L'avant dernier paragraphe précise d'ailleurs que le service peut se justifier devant l'Arcom en cas de difficultés pour appliquer la décision. En lisant en diagonale les décisions, je n'ai pas eu l'impression que Quad9 ait utilisé cet argument. J'en ai vu un, celui cité par l'article, estimant que les résolveurs DNS ne sont pas concernés (raté), et un autre conjointement déposé avec Cloudflare où ils ne reconnaissaient pas lé légitimité de Canal+ à porter cette affaire (encore raté, la loi indique bien qui peut déposer plainte).
Dans son billet, Quad9 indique qu'ils n'ont pas la capacité de restreindre d'une manière territoriale leur service parce qu'il n'a pas été conçu ainsi. Pourtant ils ont fait l'objet de la même procédure en 2021 en Allemagne intentée par Sony pour laquelle la fondation a fini par avoir gain de cause après appels. Quad9 a une posture visiblement contre la mise en place de ce genre de blocage par DNS menteur. C'est tout à leur honneur et ils peuvent aussi la défendre en tant que lobby auprès des institutions (ce qu'ils ont visiblement l'air de faire).
On est dans une contestation qui tient plus de la posture politique que du cadre légal. J'ai des doutes que ça passe.
Modifié le 14/12/2024 à 12h33
au premier IX probablement.
Il est donc possible de leur faire débrancher leurs résolveurs du territoire français, les clients de l'hexagone se retrouvant avec plus de kilomètres pour joindre 9.9.9.9
Le 15/12/2024 à 23h53
Le 16/12/2024 à 09h29
Le 14/12/2024 à 13h02
2 non-menteurs : juste une mise à jour de liste de ndd bloqués (SCAM/pishing/etc) pour "aider" à protéger les proches dessus et les inconnus
1 menteurs : pour moi et mes services (à terme les 3 seront identiques et menteurs)
-> GAFAM and co bloqué au niveau DNS + liste bcp plus complètes (trackeurs/scanneurs/etc)
Et je laisse pas passer le fr. ou le cz. des sites :)
L'avantage du publique :
chez moi, ma fritzbox résolve le dot dessus et couvre tous les périphériques
En 4/5g c est personnaldnsfilter qui prends systématiquement le relai
Le désavantage :
Les petits malins qui visent le service pour dos via DNS en relai (et oui)
Mais ça parait depuis des mois focus le DNS only, donc je vais probablement coupé le 53 et garder dot/doh voire ajouter doq(fun)
Et chez ça, ça coûte rien, un rpi2/3 doit amplement suffir
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