#Le brief du 09 juin 2026

OpenAI veut officiellement entrer en Bourse

Après Anthropic, OpenAI. Le créateur de ChatGPT a déposé auprès du gendarme américain de la Bourse, la SEC, un formulaire S-1, première étape officielle avant une introduction en Bourse (IPO). Et comme pour Anthropic, il faut se contenter d’un message sibyllin (mais un peu plus coloré) de la part de la startup :

« Nous avons récemment déposé un formulaire S-1 confidentiel. Nous nous attendons à ce que l’information fuite, alors autant l’annoncer nous-mêmes. Nous n’avons pas encore décidé du calendrier ; cela pourrait prendre du temps, car il y a certaines choses que nous souhaitons accomplir et qui sont probablement plus faciles à réaliser en tant qu’entreprise non cotée. Mais il s’agit d’un ensemble complexe de compromis, et cette démarche nous donne la possibilité d’entrer en Bourse plus rapidement si nous estimons finalement que c’est la meilleure option. »

Au vu de la confidentialité du dépôt, aucune information financière n’a été révélée, le temps que la SEC examine le dossier à l’abri des yeux indiscrets. OpenAI se réserve le droit de reporter ou d’annuler l’opération. À moins d’une énorme catastrophe toujours possible en ces temps troubles, une annulation pure et simple semble impossible : le labo IA étant valorisé à hauteur de 852 milliards de dollars, les investisseurs historiques et les salariés poussent certainement pour récupérer une partie de leur mise.

Par ailleurs, OpenAI a besoin d’argent frais, et de beaucoup pour financer ses infrastructures : les centres de données et les GPU indispensables pour entraîner ses modèles IA et pour l’inférence. Une IPO permettrait de lever des dizaines de milliards de dollars.

Il y a aussi la pression venue de la concurrence. Anthropic se prépare également à y aller, et SpaceX s’est déclaré aussi. Ces trois entreprises veulent capter la plus grosse part du gâteau. Si l’appétit des investisseurs pour l’IA est fort aujourd’hui, chacun veut éviter d’arriver trop tard.

[màj] Londres veut empêcher les mineurs d’échanger des photos intimes

Mise à jour — Signal s’oppose au projet du gouvernement anglais. Le cocktail de mesures exigées par Londres — scan du contenu des appareils, vérification de l’âge — au nom de la protection des enfants risque de se transformer en outil de surveillance généralisée, selon la messagerie. « [Ces dispositifs] seront étendus, devenant un outil dangereux qui sera utilisé au Royaume-Uni comme à l’étranger pour censurer et surveiller tout ce qu’ils pourraient considérer comme des « menaces » ou des « contenus préjudiciables » », s’alarme Signal.

Apple et Google sont sommés par le gouvernement britannique de renforcer les mesures de protection pour les enfants. Les utilisateurs de moins de 18 ans de smartphones et d’autres appareils des constructeurs et éditeurs de systèmes d’exploitation ne devraient pas pouvoir accéder ni envoyer d’images intimes ou affichant de la nudité, a exigé le Premier ministre Keir Starmer.

« Ce n’est pas un problème impossible à résoudre », a déclaré Keir Starmer à l’occasion de la London Tech Week. « [Apple et Google font partie des] entreprises les plus innovantes au monde et je suis convaincu qu’elles peuvent trouver une solution ». Une solution… comme celle mise en place par Apple fin 2021 ?

Pour les comptes des mineurs, le constructeur de Cupertino floute en effet les images et les vidéos contenant de la nudité transmises par l’app Messages, via AirDrop, dans les messages vidéo de FaceTime ou encore dans le sélecteur de photos. La fonction est activée par défaut sur les comptes enfants, elle s’accompagne de ressources et de messages de prévention. Des protections similaires sont mises en place pour les envois de photos dénudées.

La fonction « Sécurité des communications » d’Apple floute les photos de nus pour les comptes enfants.

Google a indiqué à la BBC que l’entreprise était « profondément engagée sur la protection des enfants en ligne ». Le géant du web travaille avec ses partenaires britanniques « afin de trouver des solutions efficaces et respectueuses de la vie privée pour limiter la diffusion de contenus nuisibles, tout en garantissant un environnement numérique sûr pour les jeunes. »

Tout cela suffira-t-il à rassurer Londres ? Manifestement, le gouvernement cherche davantage que de beaux discours : une législation pourrait être mise en œuvre pour contraindre les entreprises à activer des fonctions de protection des enfants, si elles ne s’y conformaient pas volontairement dans un délai de trois mois. Ces mesures incluraient des sanctions financières, et pourraient même aller jusqu’à engager la responsabilité pénale des entreprises récalcitrantes.

Le Premier ministre a également précisé que ces fonctionnalités devront s’appliquer sur les nouveaux smartphones et tablettes, mais aussi les appareils en circulation. Le Royaume-Uni impose déjà aux plateformes en ligne une vérification de l’âge, via l’Online Safety Act, pour les sites pornos (ça ne marche pas très bien), les réseaux sociaux, les apps de messagerie, ou encore les forums et communautés en ligne.

Plutôt que de financer le système éducatif et les services publics, Londres voudrait une infrastructure de surveillance invisible, activée par défaut et « transformée en loi sous des prétextes cyniques ».

Visitez le musée virtuel des systèmes d’exploitation

Nostalgiques d’OS/2 d’IBM, de Mac OS 1.0 ou encore de Windows Me (si, ça doit bien exister) ? Voilà un site qui devrait vous intéresser : The Virtual OS Museum, un musée virtuel consacré aux systèmes d’exploitation.

Andrew Warkentin, qui se présente comme développeur et historien de ces systèmes, explique qu’il collectionne des images d’OS émulés depuis 2003. Actuellement, sa liste en contient déjà plus de 1 700.

« Bien que la situation en matière de préservation des logiciels se soit considérablement améliorée au cours des deux dernières décennies, bon nombre des projets de préservation existants restent encore peu accessibles », explique-t-il. « Lorsque j’ai commencé à collecter des images d’émulateurs (en 2003), il n’existait que quelques petites archives d’images de logiciels et de la documentation correspondante, et relativement peu d’émulateurs pour des plateformes autres que les plateformes grand public bien connues, ajoute-t-il. « Aujourd’hui, il existe de nombreuses archives importantes de logiciels et de documentation historiques, ainsi que de nombreux émulateurs, même pour des plateformes très obscures ».

Le Virtual OS Museum passe en revue une grande partie de l’histoire de l’informatique, de la Small-Scale Experimental Machine surnommée « Manchester baby » aux premières versions d’Android et d’iOS, en passant par les premières versions bêta de Windows Longhorn ou l’Amiga UNIX (AMIX) 2.1c :

Amiga UNIX (AMIX) 2.1c – 00 OpenLook desktop with applications

Le projet existe en deux versions : une « full » de 179 Go, qui permet d’accéder à toutes les archives en étant déconnecté, et une « lite » de 21 Go qui nécessite de télécharger ce qui correspond aux disquettes, bandes, etc. Et les sources sont disponibles sur Gitlab.

Ce projet n’est pas sans rappeler celui d’Internet Archive. Andrew Warkentin utilise d’ailleurs le site pour les fichiers Zip de son projet pour le téléchargement direct. Ils sont aussi disponibles en .torrent. Il vient également en parallèle d’un autre projet d’archivage de logiciels lancé il y a plus de 10 ans par l’Inria : Software Heritage.

#Flock : Retour à trois opérateurs

Un retour en arrière qui donne de quoi s’inquiéter de la concurrence entre les fournisseurs d’accès ?

Compatibilité matérielle : le grand écart des nouveaux OS 27 d’Apple

Apple a dévoilé hier son nouvel arsenal de systèmes d’exploitation, ainsi que les appareils sur lesquels on pourra les installer. Il y a des surprises, bonnes et moins bonnes.

Image : Apple

À tout seigneur tout honneur, la compatibilité d’iOS 27 est aussi la plus simple à résumer : tous les iPhone capables de faire tourner iOS 26 pourront installer la nouvelle version. Cela inclut l’iPhone 11, lancé en 2019 avec sa puce A13. Une bonne nouvelle pour les propriétaires de ce modèle, qui n’auront pas à se contenter de simples correctifs de sécurité : leur smartphone aura aussi droit aux nouveautés du système (pas toutes, certes).

Apple continue certes d’assurer le service après-vente logiciel de très vieux appareils – l’iPhone 5 s a reçu une mise à jour de sécurité en janvier dernier –, mais voir l’iPhone 11 rester dans la course six ans après sa sortie est un signal encourageant pour la longévité générale des smartphones Apple. Au passage, iOS 27 pourra aussi s’installer sur ce bon vieux iPhone SE de 2e génération.

La liste de compatibilité pour iPadOS 27 est moins généreuse. Les derniers iPad Pro (M4 et M5) sont évidemment supportés, mais l’iPad Pro 12,9 pouces de 3e génération (2018, avec une puce A12X) passe à l’as : il faudra une tablette de 4e génération au minimum, ou plus récente. Idem du côté de l’iPad Pro 11 pouces : iPadOS 27 réclame au minimum un modèle de 2e génération. Exit la mouture précédente sortie en même temps que le 12,9 pouces de 3e gen.

Apple liste également l’iPad Air 11 pouces 4e génération (2020, puce A14), excluant de fait la génération précédente. Bizarrement, le constructeur prend la peine de préciser que les iPad Air 11 et 13 pouces M2 et au-delà sont compatibles avec iPadOS 27, ce qui tombe sous le sens… en omettant le modèle avec puce M1. Qu’on se rassure, il est bien pris en charge également.

Pour le reste, on pourra installer le nouvel OS sur l’iPad de 9e génération (2024) ou plus, l’iPad mini (A17 Pro) ou l’iPad mini 6e génération. iPadOS 27 fait l’impasse sur l’iPad 8e génération (2020) et l’iPad mini 5e génération (2019), deux tablettes équipées d’une A12 et qui étaient compatibles avec iPadOS 26.

Pour macOS 27 Golden Gate, la situation est simple : tous les Mac équipés d’une puce Apple (à partir de la M1) sont pris en charge, ainsi que le MacBook Neo avec sa puce A18 Pro. macOS 26 Tahoe aura été l’ultime version compatible avec les Mac Intel. Néanmoins, Apple s’engage sur trois années de mises à jour de sécurité pour ces modèles, comme l’explique MacGeneration.

Rosetta, la couche de traduction qui fait tourner les applications Intel sur les Mac à puce Apple, continuera de fonctionner sur macOS 27. Ensuite, le constructeur ne conservera qu’une partie des fonctions prenant en charge d’anciens jeux conçus pour des frameworks Intel.

Du côté de watchOS 27, c’est la douche froide pour les possesseurs d’Apple Watch Ultra 1ʳᵉ génération. Ce modèle n’est pourtant pas si vieux (2022), mais il est privé de la prochaine version de l’OS ! Le système d’exploitation fait aussi l’impasse sur l’Apple Watch SE 2ᵉ génération et l’Apple Watch Series 8. Il faudra posséder une SE 3, une Series 9 ou une Ultra 2.

tvOS 27 n’a pas vraiment eu droit aux feux de la rampe durant la keynote, mais il existe ! Et pour l’occasion, Apple en a réduit la compatibilité aux seules Apple TV 4K de 2ᵉ et 3ᵉ générations (2021 et 2022), tvOS 26 prenant en charge l’Apple TV HD de 2015 et les modèles suivants.

Enfin, sans surprise, visionOS 27 est compatible avec tous les modèles de Vision Pro, autrement dit les versions M2 et M5. Rappelons pour finir que les OS en « 27 » mettent surtout l’accent sur les optimisations de performance et la stabilité, ce qui devrait profiter à tous les appareils compatibles.

NIS2 : l’Europe s’apprêterait à déposer plainte contre la France pour son retard

Selon Politico, la Commission européenne préparerait un dépôt de plainte contre la France, l’Espagne et plusieurs autres pays. La raison ? Le retard pris sur la transposition de la directive NIS2, qui doit entrainer une hausse massive du niveau de cybersécurité sur le Vieux continent.

Toujours selon nos confrères, la Commission prévoirait de porter l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) soit juste avant les congés d’été, soit juste après. Politico cite un responsable de la Commission, qui a souhaité garder l’anonymat.

Illustration : Flock

La Commission n’a pas directement confirmé, le porte-parole Thomas Regnier indiquant simplement que « la Commission pourrait saisir la Cour de justice à l’encontre de certains États membres », puisque le délai de transposition a expiré en octobre 2024. Cependant, Politico cite un responsable français selon lequel le secrétariat général des affaires européennes « prépare sa défense devant la CJUE ».

Pourquoi un tel retard en France ? Parce que la directive NIS2 n’est pas transposée seule. Comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises en 2025, elle s’effectue sur trois textes en même temps : NIS2, qui élargit radicalement le périmètre d’action (de 600 entités sous NIS1 à 15 000), DORA pour la résilience du secteur financier et REC pour les entités critiques.

Or, comme nous le relations en mars dernier, il existe un point de clivage : l’article 16 bis, qui consacre la protection du chiffrement et interdit l’imposition de portes dérobées dans les messageries. La Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) évoquait alors une opposition du gouvernement. Le député Philippe Latombe, impliqué dans la transposition, critiquait pour sa part vertement la DGSI, qui cherchait à supprimer cet article.