La boutique de la console Playdate bannit les contenus générés par IA dans les jeux
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IA et algorithmes
IA
La question de l’utilisation de l’IA générative continue d’agiter l’industrie du jeu vidéo et les joueurs. Une ligne semble toutefois se dessiner : si les contenus générés par IA – visuels, audio, textes… – sont de plus en plus rejetés par les joueurs, il existe une certaine tolérance pour le code, forcément moins visible.
Certains acteurs vont désormais plus loin, en posant des règles strictes, voire en fermant la porte à ces usages dans leurs boutiques.
Le studio Panic, qui conçoit des applications pour les développeurs Mac et publie des jeux vidéo, s’est aussi lancé dans le matériel avec la Playdate, une toute petite console portable très attachante, dotée d’un écran monochrome (et d’une manivelle !). Elle s’accompagne d’une boutique de jeux baptisée Catalog, que les développeurs alimentent régulièrement en nouveautés développées avec les outils du constructeur, ce qui est très commun.
L’IA n’est pas joueuse
Ce qui l’est un peu moins, c’est que Panic a écrit noir sur blanc que le magasin de la Playdate n’acceptera plus de jeux utilisant l’IA générative pour leurs graphismes, audio, musique, texte ou dialogue. Cela inclut des outils comme ChatGPT, Gemini, Stable Diffusion, Midjourney, Suno, et d’autres encore.
L’entreprise laisse en revanche (pour le moment) la porte ouverte aux jeux dont le code a été généré en partie par IA, par exemple pour le déboggage. Cela sera indiqué dans la fiche du jeu, afin que le joueur puisse décider en toute conscience d’acheter le titre ou pas.
Panic ajoute que cette nouvelle politique est en « discussion constante » et pourra évoluer à l’avenir. Elle ne concerne pas les fonctions développées pour les comportements en jeu, comme l’IA des ennemis par exemple. Les jeux déjà présents dans Catalog et qui utilisent l’IA générative pour leurs assets restent disponibles, mais ils présenteront une alerte sur leur fiche.
Les développeurs devront renseigner leur usage de l’IA générative dans les jeux, via un questionnaire. Si la question n’a pas de réponse, ce sera indiqué dans la fiche (« Le développeur de ce jeu n’a pas communiqué sur son utilisation de l’IA générative »). Panic prend là une position plus radicale que d’autres boutiques de jeu. Depuis 2024, Steam exige des développeurs qu’ils indiquent s’ils utilisent l’IA générative, en particulier lorsque celle-ci sert à produire des contenus visibles par les joueurs.
Ces informations sont présentes dans la boutique, mais il n’est pas question d’interdire les jeux dont des assets ont été générés par IA. Il semble que la clientèle du Playdate – surtout composée d’amateurs de jeux indés – est plus sensible à ces questions qu’ailleurs. L’an dernier, un des jeux de la « saison 2 » du Playdate (une sélection de nouveautés fournies sur une base hebdomadaire) avait fait polémique : le développeur s’était servi de ChatGPT pour du texte.
La controverse a poussé Panic à mettre en place sa nouvelle politique. La saison 3, qui a été annoncée jeudi dernier, ne contiendra aucun jeu intégrant des contenus générés par IA. Pour autant, il reste possible de contourner la boutique, puisque le sideloading est possible. Les développeurs qui veulent proposer des jeux générés par IA peuvent continuer à le faire… mais ils n’auront plus accès à Catalog.