OpenAI abandonne Sora et les vidéos générées par IA, l’accord avec Disney vole en éclats
Sora pas duré longtemps
Le 25 mars à 09h04
Surprise, OpenAI tire un trait sur Sora, l’application de vidéos générées par intelligence artificielle. L’entreprise donnera des détails dans un second temps. Cela entraine aussi la fin du partenariat avec Disney, même si les deux partenaires chercheraient d’autres moyens de travailler ensemble.
OpenAI abandonne Sora et les vidéos générées par IA, l’accord avec Disney vole en éclats
Sora pas duré longtemps
Surprise, OpenAI tire un trait sur Sora, l’application de vidéos générées par intelligence artificielle. L’entreprise donnera des détails dans un second temps. Cela entraine aussi la fin du partenariat avec Disney, même si les deux partenaires chercheraient d’autres moyens de travailler ensemble.
Le 25 mars à 09h04
IA et algorithmes
IA
5 min
« Nous disons adieu à l’application Sora »
C’est via un message sur X qu’OpenAI annonce, par surprise, la fin de son application Sora : « Nous disons adieu à l’application Sora […] Nous vous en dirons plus prochainement, notamment sur le calendrier de fermeture de l’application et de l’API, ainsi que sur les modalités de sauvegarde de votre travail ». Aucun détail supplémentaire n’est donné.
OpenAI se recentre ainsi sur l’IA générative pour le codage et le « travail », au sens large du terme. Un changement de cap déjà initié avec GPT-5.4 qui est justement tourné vers les tâches « professionnelles » ou encore la place de plus en plus importante de l’application Codex. Sur ces deux terrains, OpenAI se tire la bourre avec Anthropic et son IA Claude.
Une autre source confie à Reuters qu’il « s’agissait d’un grand retournement de situation ». Retournement brutal et rapide puisque, pas plus tard que ce lundi, OpenAI publiait un billet de blog expliquant que son modèle et l’application Sora intégraient des « protections en béton ». Le lendemain, c’est l’annonce de sa mise au placard.
Selon le Wall Street Journal, le CEO de l’entreprise, Sam Altman, aurait annoncé aux employés que l’entreprise n’arrêterait pas que Sora, mais tous les produits utilisant ses modèles de génération de vidéos, y compris une version de Sora pour les développeurs et la prise en charge de vidéos dans ChatGPT.
Changement de cap
Sam Altman confirme aussi la réorientation stratégique de l’entreprise. « Les dirigeants d’OpenAI débattent depuis un certain temps du sort de Sora. Faire fonctionner l’application vidéo IA nécessitait d’importantes ressources de calcul et laissait les autres équipes avec moins de ressources », explique une source à Reuters.
À Axios, un porte-parole d’OpenAI explique que l’équipe de Sora continuera de « se concentrer sur la recherche en simulation du monde pour faire progresser la robotique et aider les gens à résoudre des problèmes du monde réel ».
OpenAI vise pour rappel une entrée en bourse cette année, mais l’entreprise brûlerait pour le moment du cash à vitesse grand V. Des investissements ont été annoncés le mois dernier, notamment 110 milliards de dollars auprès d’Amazon, Softbank et NVIDIA.
- OpenAI lève 110 milliards de dollars auprès d’Amazon, Softbank et NVIDIA
- En route pour la bourse, OpenAI brûlerait plus de 11 milliards de dollars par trimestre
Pour rappel, Sora avait été annoncé en février 2024, puis était disponible en décembre 2024. Une v2 est arrivée en octobre 2025, avec dans le même temps une application de doomscrolling de vidéos générées par cette IA. Sora s’est malheureusement illustré avec des deepfakes et des contenus racistes, mais aussi pour avoir utilisé sans autorisation du contenu pour entrainer son IA.
Disney « respecte » la décision d’OpenAI, mais a été « pris au dépourvu »
En décembre, un coup de tonnerre retentissait dans le monde de l’IA générative et des vidéos : un investissement d’un milliard de dollars de Disney dans OpenAI, avec un accord de licence sur trois ans lui permettant d’exploiter l’image de plus de 200 personnages Disney (Mickey, Marvel, Star Wars…).
Cet accord avait rapidement soulevé des « inquiétudes extrêmes » de la part de certains acteurs de cette industrie, surtout face à un Disney généralement très protecteur de son image.
Qu’en est-il du côté de Disney avec l’annonce de la fin de Sora ? « Nous respectons la décision d’OpenAI de quitter le secteur de la génération vidéo et de déplacer ses priorités ailleurs », explique un porte-parole de l’entreprise à plusieurs de nos confrères américains.
C’est la version polie, la réalité était plus brutale selon Reuters : « Lundi soir, Walt Disney et les équipes d’OpenAI travaillaient ensemble sur un projet lié à Sora […] À peine 30 minutes après cette réunion, l’équipe Disney a été prise au dépourvu par l’annonce qu’OpenAI allait abandonner complètement l’outil ».
Selon une source d’Hollywood Reporter, Disney quitterait l’accord signé avec OpenAI l’an dernier. Toujours selon Reuters, qui se base sur deux sources proches du dossier (comme le veut la formule consacrée), « la transaction entre les sociétés n’a jamais été terminée et aucune somme d’argent n’a été transférée ». Une autre source affirme que les deux protagonistes « discutent de la possibilité de nouer un autre partenariat ou d’investir ensemble ».
Disney va « continuer à collaborer avec les plateformes d’IA »
Disney ne jette pas l’éponge sur l’IA : « Nous apprécions la collaboration constructive entre nos équipes et ce que nous en avons appris, et nous continuerons à collaborer avec les plateformes d’IA pour trouver de nouvelles façons de rencontrer les fans là où ils se trouvent tout en adoptant de manière responsable les nouvelles technologies qui respectent la propriété intellectuelle et les droits des créateurs », précise le porte-parole de l’entreprise.
Nos confrères ajoutent que ce chamboulement « place Google dans une position de pouvoir en matière de génération vidéo par IA », avec Veo dont la version 3 (avec le son en plus de l’image) est disponible depuis près d’un an.
Commentaires (28)
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Abonnez-vousLe 25 mars à 09h28
Le 25 mars à 09h31
Parce qu'on les connait les investisseurs... ils peuvent lâcher des milliards, mais à un moment, il faut que l'argent revienne... et ça ne semble pas si évident que ça même si pour l'instant on est toujours dans une course à "l'armement".
Modifié le 25 mars à 10h10
Les exemples en la matière ne manquent pas. C'est moins visible en France, mais les USA c'est dans leur culture de porter des entreprises jusqu'à les transformer en géant pour bouffer tout le marché mondial ensuite, quitte à devoir assumer durant 10 ans une absence de rentabilité réelle.
Tout au plus les entreprises américaines d'IA se boufferont jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que deux...
En outre, les sommes sont tellement folles et les USA sont si stratégiquement liés à ce marché désormais, que... Too big to fail.
Certains ici rêvent de voir une bulle s'effondrer... Ne rêvez pas trop, sauf choc économique majeur. (L'explosion des prix du pétrole et une récession généralisée pourrait être un facteur)
Le 25 mars à 10h24
Modifié le 25 mars à 12h35
D'autres exemples : Uber, Airbnb, Tesla
Ils ont tous mis plus de 10 ans avant d'être rentable, avec des pertes qui se chiffraient en milliard.
Le 25 mars à 13h53
Le 25 mars à 16h33
Airbnb 4,6 milliard et Uber plusieurs milliards.
Ce n'est pas le même ordre de grandeur, mais la stratégie reste comparable à Airbnb, Uber et de nombreuses startup américaines.
On débute en se concentrant sur la conquête de marché et la forte croissance du chiffre d affaire.
Et on s inquiète vraiment de la rentabilité dans un second temps.
Après oui, je ne dis pas le contraire, à la vitesse où ils brûlent du cash, ils ne peuvent pas tenir 10 ans à ce rythme. Et c'est bien pour ça, qu'ils commencent déjà à rationaliser un peu
Le 26 mars à 09h27
Le 26 mars à 09h26
Les LLM sont un dead end car c’est bien beau de faire de « l’argentique » mais des agents qui peuvent déclencher des actions, si ils ont un taux de 90% de réponse juste au bout de 10 actions (0,9^10=0,349) il ne reste pas grand chose de juste… j’attends de voir les grosses pannes de services liées à des agents. C’est déjà arrivé d’ailleurs chez aws.
Modifié le 27 mars à 01h25
J'ai trouvé des chiffres très différents de mon côté. Les 50 milliards annuels, ça serait avec la montée en puissance des investissements qui est prévu sur les années à venir.
À prendre avec des pincettes vu qu'OpenAI n'a pas les mêmes obligations de transparence qu'une entreprise qui est cotée, mais voilà les chiffres que j'ai trouvé pour 2025 :
Est-ce que OpenAI va se casser la gueule ? Est-ce qu'il va y avoir une consolidation du secteur ? Peut-être.
Mais est-ce que le business model des chatbots est intrinsèquement intenable pour un usage grand public ?
Je ne pense pas :
Il y a notamment un fort potentiel de monetisation via la publicité. Les utilisateurs partagent énormément de données personnelles et confidentielles, et les chatbots ont un très fort pouvoir d'influence (et donc de conversion), bien plus fort qu'un encart publicitaire.
Donc on peut facilement imaginer un revenu par utilisateur équivalent à celui de Facebook à environ 60 $ annuels.
Sachant qu'on est actuellement proche d'un milliard d'utilisateurs hebdomadaires actifs pour ChatGPT, ça donne un potentiel de 60 milliards de revenus annuels.
Et à côté, il y a aussi l'usage en entreprise. Je vois de plus en plus d'entreprises qui payent pour fournir des chatbots à leurs employés, et des licences à 20 € pour les devs. Et même des indeps qui prennent des licences à 20 €, voire 200 € pour certains.
Et la progression se confirme dans les chiffres, ce n'est pas juste mon expérience personnelle. On peut facilement augmenter les coûts une fois les entreprises dépendantes.
En plus, la rentabilité par requête pourrait encore s'améliorer avec les évolutions/optimisations logicielles et matérielles en cours (puces spécialisées dans l'inférence), ou tout simplement avec une baisse de la demande d'hardware pour l'IA (la bataille à coup de centaines de milliard tire les prix vers le haut). C'est un schéma assez classique pour une techno émergente. Je rappelle qu'on parlait par exemple des coûts très prohibitifs des voitures électriques il y a quelques années et que ça vient aujourd'hui titiller les voitures thermiques (coucou les électriques chinoises). Même chose pour les panneaux solaires.
Bref, je n'exclus pas une phase de rationalisation du secteur, mais pour moi, on n'est pas près de voir les IA génératives disparaître.
Le 26 mars à 23h20
Je ne doute pas qu'il y ait un business model qui marche pour un LLM comme Claude Code, qui a une application professionnelle bien définie, avec des entreprises qui paient des abonnements. Je l'ai déjà dit plusieurs fois ici. Donc ne fait pas semblant de ne pas être d'accord avec moi, puisque tu l'es.
Mais pour la génération de vidéos, il est où le business model ? Quel est l'ordre de grandeur des coûts ? Qui sont les clients ? Prêts à payer combien ? Là j'ai un doute, et OpenAI aussi visiblement.
Modifié le 27 mars à 01h17
Et je ne fais pas semblant de ne pas être d'accord, je réagissais uniquement sur la partie "50 milliards de pertes sur une année, c'est la routine".
Ne te méprends pas, je partageais juste mon avis general sur la question, mon commentaire ne s'adresse pas uniquement à toi (c'est pour ça que j'ai posté en réponse à coco74), et je n'ai pas connaissance de tes commentaires où tu l'as "déjà dit plusieurs fois ici"
Le 27 mars à 10h23
Le 27 mars à 10h21
Le 26 mars à 09h39
Le 25 mars à 09h34
Modifié le 25 mars à 17h14
Techniquement sa a de la gueule la génération vidéo... Mais il se passe quoi de l'image de l'entreprise avec un produit pareil et l'usage qui en est fait ?
On peu vite se retrouver avec "Open AI Deepfake" ou "Open Ai escroquerie" dans la conscience populaire. Va construire un empire derrière avec ça...
Je trouve la décision pleine de lucidité la ou on l'attendait pas... Et si ca peut faire baisser la pression sur le marché des energies et des composants, c'est pas pour me déplaire.
Du coup la question : si ils arrentent de gonfler la bulle, est-ce qu'elle peut rester sous la taille critique qui la rend instable au point de risquer d'exploser ?!
Le 25 mars à 09h44
Le 25 mars à 09h54
Le 25 mars à 11h33
Et mine de rien aucune bonne alternative gratuite existe a ce jour... Triste mais prévisible
Le 25 mars à 11h54
Le 26 mars à 08h17
Mais la monetisation catastrophique. Aucun abonnement payant ou publicité et peu de limites. Cela m'étonne que il ont pas mis 2-2 videos gratuites par jour et un abonnement pour plus. Le seul achat possible c’etait 10 générations de videos pour 4,99€...
Le 25 mars à 11h53
Utiliser cette technos pour faire des vidéos de chat c’était une consommation abusive de ressources…
Le 25 mars à 13h54
Le 25 mars à 14h02
Donc autant se recentrer sur des produits potentiellement rentables
Lu sur ailleurs : "selon les données rapportées... le revenu mensuel de Sora plafonnait à 367 000 dollars, pour des coûts d'exploitation quotidiens estimés à 15 millions de dollars"
Par Mois:
Dépenses: 450,000,000$
Revenus: 367,000$
Modifié le 26 mars à 14h25
Modifié le 26 mars à 22h03
pour illustrer même avec un bon bbq genre weber, on ne peut pas cramer les billets de banque aussi vite !!!
Le 31 mars à 22h53
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