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Spliiit ne peut plus partager d’abonnements Ligue 1 +

Spliiit, le service qui permet de partager à plusieurs le prix d’un abonnement à un service en ligne, enfreint les conditions générales d’utilisation de Ligue 1 +. Saisi par la Ligue de football professionnel (LFP), le tribunal judiciaire de Paris a condamné la plateforme par une ordonnance de référé rendue le 15 avril.

Illustration : Flock

Les CGU de Ligue 1 +, le service de streaming mis en place l’an dernier par LFP Media, interdisent explicitement tout partage d’abonnement en dehors du foyer sur des plateformes tierces. Spliiit a causé un « préjudice commercial direct » à Ligue 1 + en se rendant complice de la violation de ces obligations contractuelles, d’après le juge. Le service de partage d’abonnements garantissait « faussement » la légalité de son offre Ligue 1 +.

Les CGU de Ligue 1 +précisent en effet qu’« un compte Abonné LIGUE 1 + ne peut faire, en aucun cas, partie d’une offre d’abonnement collaboratif à titre commercial, et/ou distribuée par un service tiers. » L’abonnement standard revient à 14,99 euros par mois, ce qui autorise deux écrans en simultané dans un même foyer… ou pas, car sur X (anciennement Twitter), le service précisait que ce forfait ne présentait pas de notion de foyer.

Pour ne rien arranger, le juge a aussi retenu l’existence d’une « contrefaçon vraisemblable » de la marque Ligue 1 + pour promouvoir son service. Ce faisant, l’entreprise porte atteinte aux droits de propriété intellectuelle du groupe LFP. Par conséquent, Spliiit a interdiction de proposer ce service ou d’utiliser la marque Ligue 1 +, sous peine d’une astreinte de 300 euros par jour de retard. Le service doit également supprimer toute offre de partage d’abonnement à Ligue 1 +, là aussi sous la même astreinte (de fait, c’est le cas sur le site web).

Enfin, Spliiit est condamnée aux entiers dépens de l’instance, autrement dit elle doit régler l’ensemble des frais liés à la procédure judiciaire. Le service de partage d’abonnements affirme dans sa FAQ respecter les termes et conditions des plateformes : « Le partage d’abonnement est légal tant qu’il respecte les règles d’utilisation des plateformes et Spliiit garantit une utilisation conforme et sécurisée. » Ce qui n’était manifestement pas le cas pour Ligue 1 +, d’après la justice.

En septembre dernier, dans le cadre d’une autre procédure judiciaire débutée en 2021, Spliiit se disait prête à discuter avec Apple, Disney et Netflix, regroupés au sein de l’Alliance for Creativity and Entertainment (ACE). La justice a demandé une médiation entre toutes les parties.

Pour la LFP, cette condamnation est « une étape importante dans la protection de la valeur des droits du football professionnel français et de ses contenus exclusifs ». La Ligue est particulièrement engagée dans ce domaine. On l’a encore vu le mois dernier, avec une condamnation ayant visé des utilisateurs finaux de boîtiers IPTV par le parquet d’Arras. Ces sanctions s’ajoutent aux nombreuses actions en justice menées par la Ligue ces dernières années pour faire bloquer les sites web diffusant illégalement des compétitions, y compris par les VPN.

Commentaires (13)

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"une ordonnance de référé" ?

Si j ne m'abuse en quoi "il y avait "urgence" ? ; La plainte a été déposé quand ?
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Là c'est grave. Une condamnation sans aucune base légale sans le moindre article de loi. Il suffit d'écrire quelque chose dans des CGU pour que ça devienne la loi.
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Soit je n'ai rien compris, soit je ne vois pas où est le problème : les CGU indiquent le non partage du compte, et là tu as une solution qui se base sur le non partage du compte en vue de le faciliter bien qu'interdit : tu as donc une application expressément créée pour contourner les CGU.
(et si c'était interdit de passer par la justice pour une violation de CGU, ça s'appliquerait aussi dans les deux sens à savoir pour protéger le consommateur de clauses abusives par exemple)
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Aucune loi n'interdit le partage. Suffit qu'ils écrivent dans les CGU que c'est interdit pour que tout le monde doivent obéir comme si c'était une loi ce n'est pas normal de pouvoir brider les libertés comme ça. Surtout que les CGU c'est pas comme les cookies on ne peut pas refuser et continuer.
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Sérieusement ? Tu paies pour un service, tu as des conditions adossées à ce service : sauf preuve du contraire, ces conditions ne sont pas illégales (sinon j'imagine que Spliiit aurait utilisé cet argument)...

Je ne vois franchement pas où est le souci : si ce sont, ces limites de partage, des conditions abusives alors dans ce cas là, tu poses la question en justice : tu ne codes pas un outil pour contourner le problème, qui pourrait être synonyme de se faire justice...
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Je suis d'accord avec ce que tu dis, sauf que je ne comprends pas ce point :
tu ne codes pas un outil pour contourner le problème,
et tu dis à peu près la même chose dans ton premier commentaire :
tu as donc une application expressément créée pour contourner les CGU.
Ils n'ont pas codé un site/une appli pour contourner les CGU de Ligue 1 +.

Leur service est généraliste et permet de mettre en relation des personnes abonnées à une offre numérique en ligne avec des personnes voulant utiliser l'abonnement de ces personnes.
Ça va des services vidéos (Netflix, YouTube, Disney +, etc.) à des services musicaux (Spotify, Deezer, Apple Music, ...) en passant par plein d'autres.

En fait, ils ont dit à tort que le partage de compte était permis pour LIgue 1+ alors qu'il était explicitement interdit. Ils auraient dû refuser toutes les offres de partage sur ce service.

Ce que je ne comprends pas, c'est que certains service ne mettent pas dans leurs CGU que le partage est interdit, parce que c'est un manque à gagner pour eux.
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Je suis partie du principe que c'était le cas, mais j'avoue ne connaître ni l'une (Sliiit) ni l'autre (Ligue 1+) et même si ce n'est pas explicitement dédié à Ligue 1+, dans les faits, l'outil permet bien de contourner cela pour Ligue 1+ : cela ne change rien à ma remarque, si Ligue 1+ indique dans ses CGU l'interdiction du partage de compte, alors oui cela s'applique aussi à un site permettant de faciliter cet interdit.

Dans tous les cas, pour que l'interdit soit validé par la justice, j'imagine que Ligue 1+ a pu démontrer que l'interdiction de partage était bien dans ses CGU.
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C'est le droit des contrats qui s'applique, sauf si la loi interdit ou rend illégal des clauses.
De plus c'est en référé donc provisoire.
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Et tu veux dire quoi avec tes 2 liens vers Wikipédia ? La première page n'est qu'une ébauche sans grand intérêt ici.

Petit rappel : un référé peut être définitif s'il n'y a pas de jugement sur le fond, par exemple parce que la plainte est retirée ou au contraire parce que la partie condamnée en référé préfère en rester là. Et ici, Spliiit n'a que peu de chances que le jugement au fond lui soit favorable.
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Je suis d'accord aussi.
Comme je l'ai dit précédemment c'est l'usage du référé qui me dérange. Cela aurait du être jugé comme d'autres affaires de droits communs.
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Code civil, article 1103
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Désolé pour eux, mais tant mieux que des parasites soient sanctionnés.
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J'ai un peu l'impression que c'est s'attaquer à la souris dans le couloir car c'est plus facile à écraser que l'éléphant qui est à coté... :D