Spliiit ne peut plus partager d’abonnements Ligue 1 +
3 min
Droit
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Spliiit, le service qui permet de partager à plusieurs le prix d’un abonnement à un service en ligne, enfreint les conditions générales d’utilisation de Ligue 1 +. Saisi par la Ligue de football professionnel (LFP), le tribunal judiciaire de Paris a condamné la plateforme par une ordonnance de référé rendue le 15 avril.
Les CGU de Ligue 1 +, le service de streaming mis en place l’an dernier par LFP Media, interdisent explicitement tout partage d’abonnement en dehors du foyer sur des plateformes tierces. Spliiit a causé un « préjudice commercial direct » à Ligue 1 + en se rendant complice de la violation de ces obligations contractuelles, d’après le juge. Le service de partage d’abonnements garantissait « faussement » la légalité de son offre Ligue 1 +.
Les CGU de Ligue 1 +précisent en effet qu’« un compte Abonné LIGUE 1 + ne peut faire, en aucun cas, partie d’une offre d’abonnement collaboratif à titre commercial, et/ou distribuée par un service tiers. » L’abonnement standard revient à 14,99 euros par mois, ce qui autorise deux écrans en simultané dans un même foyer… ou pas, car sur X (anciennement Twitter), le service précisait que ce forfait ne présentait pas de notion de foyer.
Pour ne rien arranger, le juge a aussi retenu l’existence d’une « contrefaçon vraisemblable » de la marque Ligue 1 + pour promouvoir son service. Ce faisant, l’entreprise porte atteinte aux droits de propriété intellectuelle du groupe LFP. Par conséquent, Spliiit a interdiction de proposer ce service ou d’utiliser la marque Ligue 1 +, sous peine d’une astreinte de 300 euros par jour de retard. Le service doit également supprimer toute offre de partage d’abonnement à Ligue 1 +, là aussi sous la même astreinte (de fait, c’est le cas sur le site web).
Enfin, Spliiit est condamnée aux entiers dépens de l’instance, autrement dit elle doit régler l’ensemble des frais liés à la procédure judiciaire. Le service de partage d’abonnements affirme dans sa FAQ respecter les termes et conditions des plateformes : « Le partage d’abonnement est légal tant qu’il respecte les règles d’utilisation des plateformes et Spliiit garantit une utilisation conforme et sécurisée. » Ce qui n’était manifestement pas le cas pour Ligue 1 +, d’après la justice.
En septembre dernier, dans le cadre d’une autre procédure judiciaire débutée en 2021, Spliiit se disait prête à discuter avec Apple, Disney et Netflix, regroupés au sein de l’Alliance for Creativity and Entertainment (ACE). La justice a demandé une médiation entre toutes les parties.
Pour la LFP, cette condamnation est « une étape importante dans la protection de la valeur des droits du football professionnel français et de ses contenus exclusifs ». La Ligue est particulièrement engagée dans ce domaine. On l’a encore vu le mois dernier, avec une condamnation ayant visé des utilisateurs finaux de boîtiers IPTV par le parquet d’Arras. Ces sanctions s’ajoutent aux nombreuses actions en justice menées par la Ligue ces dernières années pour faire bloquer les sites web diffusant illégalement des compétitions, y compris par les VPN.
Commentaires (13)
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Abonnez-vousLe 20 avril à 16h08
Si j ne m'abuse en quoi "il y avait "urgence" ? ; La plainte a été déposé quand ?
Le 20 avril à 17h21
Le 20 avril à 18h12
(et si c'était interdit de passer par la justice pour une violation de CGU, ça s'appliquerait aussi dans les deux sens à savoir pour protéger le consommateur de clauses abusives par exemple)
Modifié le 20 avril à 18h21
Le 20 avril à 19h35
Je ne vois franchement pas où est le souci : si ce sont, ces limites de partage, des conditions abusives alors dans ce cas là, tu poses la question en justice : tu ne codes pas un outil pour contourner le problème, qui pourrait être synonyme de se faire justice...
Le 20 avril à 23h20
et tu dis à peu près la même chose dans ton premier commentaire :Ils n'ont pas codé un site/une appli pour contourner les CGU de Ligue 1 +.
Leur service est généraliste et permet de mettre en relation des personnes abonnées à une offre numérique en ligne avec des personnes voulant utiliser l'abonnement de ces personnes.
Ça va des services vidéos (Netflix, YouTube, Disney +, etc.) à des services musicaux (Spotify, Deezer, Apple Music, ...) en passant par plein d'autres.
En fait, ils ont dit à tort que le partage de compte était permis pour LIgue 1+ alors qu'il était explicitement interdit. Ils auraient dû refuser toutes les offres de partage sur ce service.
Ce que je ne comprends pas, c'est que certains service ne mettent pas dans leurs CGU que le partage est interdit, parce que c'est un manque à gagner pour eux.
Le 21 avril à 00h56
Dans tous les cas, pour que l'interdit soit validé par la justice, j'imagine que Ligue 1+ a pu démontrer que l'interdiction de partage était bien dans ses CGU.
Modifié le 20 avril à 23h07
De plus c'est en référé donc provisoire.
Le 20 avril à 23h33
Petit rappel : un référé peut être définitif s'il n'y a pas de jugement sur le fond, par exemple parce que la plainte est retirée ou au contraire parce que la partie condamnée en référé préfère en rester là. Et ici, Spliiit n'a que peu de chances que le jugement au fond lui soit favorable.
Le 21 avril à 13h49
Comme je l'ai dit précédemment c'est l'usage du référé qui me dérange. Cela aurait du être jugé comme d'autres affaires de droits communs.
Le 21 avril à 18h59
Le 21 avril à 15h26
Le 21 avril à 19h16
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