OpenAI récupère le prénom de Rosalind Franklin pour son modèle spécialisé en biologie
Dans son ADN
Le 17 avril à 13h38
Avec GPT‑Rosalind, OpenAI veut encore affirmer que ses outils peuvent être utiles aux chercheurs mais surtout aux industries pharmaceutiques et biomédicales. L’entreprise de Sam Altman utilise aussi le prénom d’une chercheuse, Rosalind Franklin, dont le travail a été pillé par ses confrères qui ont eu le prix Nobel qu’elle n’a pas obtenu.
OpenAI récupère le prénom de Rosalind Franklin pour son modèle spécialisé en biologie
Dans son ADN
Avec GPT‑Rosalind, OpenAI veut encore affirmer que ses outils peuvent être utiles aux chercheurs mais surtout aux industries pharmaceutiques et biomédicales. L’entreprise de Sam Altman utilise aussi le prénom d’une chercheuse, Rosalind Franklin, dont le travail a été pillé par ses confrères qui ont eu le prix Nobel qu’elle n’a pas obtenu.
Sciences et espace
Sciences
4 min
Alors qu’OpenAI vient de mettre à jour Codex pour poser la fondation de sa « superapp », l’entreprise de Sam Altman veut afficher son potentiel dans les industries pharmaceutique, médicale et biochimique en présentant un nouveau modèle : GPT‑Rosalind.
Depuis quelque temps déjà, OpenAI veut absolument nous faire croire que ses modèles d’IA générative ont le niveau d’un chercheur. En novembre dernier, l’entreprise publiait une compilation de témoignages de chercheurs qu’elle avait édités sous forme d’un article scientifique pour vanter les mérites de GPT-5. À l’époque, OpenAI mettait en avant la résolution de problèmes mathématiques… qui avaient déjà été résolus par des humains, revendiquant donc des découvertes effectuées par d’autres.
Le créateur de ChatGPT assure désormais que son nouveau modèle peut améliorer le « workflow » des biologistes, biochimistes et bioinformaticiens pour « explorer davantage de possibilités, à mettre en évidence des liens qui auraient pu passer inaperçus et à formuler plus rapidement de meilleures hypothèses ».
« À terme, ces systèmes pourraient aider les organismes du secteur des sciences de la vie à réaliser des avancées qui seraient impossibles autrement, avec un taux de réussite bien plus élevé », promet l’entreprise sans pour autant expliquer comment.
L’instrumentalisation du prénom de Rosalind Franklin
Pour nommer ce modèle fine-tuné pour les biologistes, OpenAI utilise le prénom de Rosalind Franklin, qui avait co-découvert la structure hélicoïdale de l’ADN. « Ce modèle porte le nom de Rosalind Franklin, dont les recherches rigoureuses ont contribué à élucider la structure de l’ADN et ont jeté les bases de la biologie moléculaire moderne », affirme l’entreprise.
Cette biologiste n’avait pas reçu le prix Nobel pour cette découverte, contrairement à James Dewey Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins, alors qu’on sait maintenant que ses travaux ont été cruciaux et que Watson et Crick les ont utilisés sans la créditer correctement.
Plusieurs chercheurs font remarquer l’ironie qu’une entreprise, dont l’entrainement des modèles s’appuie massivement sur les travaux des autres sans les citer, rende hommage à une chercheuse qui a longtemps été invisibilisée.
On peut aussi ajouter que, contrairement aux habitudes, par exemple avec Watson chez IBM, l’entreprise n’utilise pas le nom de Rosalind Franklin mais seulement son prénom. Mais ce n’est pas le premier « hommage » de la sorte que l’entreprise met en avant : rappelons-nous de son utilisation du style du réalisateur anti-IA Hayao Miyazaki pour la promotion de ses modèles.
Des collaborations avec des acteurs majeurs du domaine
Concernant son utilisation, GPT‑Rosalind doit, selon OpenAI, permettre aux chercheurs en biologie de faire de l’analyse de données, ou encore de pouvoir fouiller dans la littérature scientifique existante pour construire de nouvelles expériences scientifiques. Mais l’entreprise n’explique pas quelles données elle a utilisées pour affiner son modèle.
La recherche étant, par défaut, en perpétuelle évolution, le modèle en lui-même ne suffira pas à avoir un outil adapté à l’état de l’art et l’utilisation du RAG (Retrieval-augmented generation) et d’autres techniques seront sans doute nécessaires. Néanmoins, OpenAI affiche travailler avec des entreprises du secteur comme Novo Nordisk, Thermo Fischer ou Moderna pour intégrer son modèle dans leurs processus de recherche.
OpenAI met en avant des benchmarks qui, bien sûr, affichent GPT‑Rosalind au top dans son domaine, comparé à Gemini 3.1 pro, Grok 4.2 et à ses autres modèles. Mais pour BixBench, le seul pour lequel la startup donne des chiffres, la performance ne semble pas si exceptionnelle comparée à celle d’un GPT5.4 non spécialisé :
Pour accéder au modèle, les entreprises et organisations qui le voudraient doivent faire une demande via un formulaire. OpenAI met par contre en avant des plugins pour la recherche en bio avec Codex accessibles sur son GitHub.
Commentaires (7)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousModifié le 17 avril à 14h30
Le 17 avril à 14h36
Modifié le 19 avril à 10h33
Edit : cette règle est postérieure à l’attribution du prix pour la découverte de la structure de l’ADN. Rosalind Franklin aurait donc pu l’obtenir. (Voir message de fdorin ci-dessous.)
Modifié le 18 avril à 18h32
Le 19 avril à 10h43
Mais, en plus, comme le dit fdorin ci-dessous : ⋅« La règle de non attribution à un mort date de 1974. »* Donc, contrairement à ce que j’écrivais, le Nobel aurait pu lui être décerné.
Le 19 avril à 10h05
Ce prix Nobel récompensant uniquement 2 personnes, la règle du "pas plus de 3" ne s'applique pas non plus ici, et elle aura donc tout à fait pu être récompensée par le prix Nobel.
Pour en revenir à la non attribution à une personne décédée, cela peut malgré tout arriver si la personne décède après la décision du jury, mais avant la remise officielle du prix.
Le 19 avril à 10h34
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?