#Le brief du 13 avril 2026

Tous les bugs (connus) de Windows 11 sont corrigés, selon Microsoft

Un problème, quel problème ? Plus de problème ! Selon Microsoft, tous les bugs de Windows 11 ont été corrigés. Si si ! C’est marqué dans la liste des « problèmes connus » de la version 25H2, la dernière en date pour le grand public. Mieux encore, la version 26H1 du système d’exploitation (destinée aux appareils équipés d’une puce Snapdragon X2), ne recense tout simplement aucun bug connu, se réjouit Neowin.

Illustration : Flock

Évidemment, ça ne veut pas dire que les ingénieurs de Windows vont pouvoir lancer une petite partie de Solitaire tranquillou. La probabilité qu’un nouveau bug apparaisse dans les prochains jours est en effet quasiment certaine, car après tout c’est dans la nature des logiciels, quels qu’ils soient. Windows 11 n’a pas été épargné, on ne compte plus le nombre de problèmes essuyés par l’OS depuis son lancement.

On se rappellera par exemple de la panade noire dans laquelle les mises à jour d’octobre dernier ont plongé de nombreux utilisateurs : localhost cassé, souris et claviers USB non reconnus dans WinRE, la prévisualisation dans l’Explorateur aux abonnés absents…

Bref, cette absence de bug connu n’est qu’un sursis pour Microsoft, qui trouvera bien le moyen de casser quelque chose (il existe aussi des bugs dont l’éditeur n’a pas connaissance, bien sûr). Ce d’autant que les grandes manœuvres ont débuté : l’éditeur a ainsi annoncé un grand chantier pour stabiliser l’OS et réduire les plantages, améliorer les performances, n’intégrer l’IA que là où ça a du sens, et développer des fonctions réclamées à cor et à cri par les utilisateurs. Comme par exemple la barre des tâches à placer sur les côtés ou en haut de l’écran.

Microsoft a aussi annoncé un changement important : la possibilité de suspendre la livraison des mises à jour de Windows Update plus longtemps. Le groupe parle d’un seul redémarrage mensuel. Les premiers résultats de ce chantier ont commencé à apparaitre dans les versions destinées aux testeurs du programme Windows Insider, en attendant le tour du grand public.

SteamGPT, futur outil IA pour renforcer la modération sur Steam ?

L’IA générative se fait une place toujours plus grande dans l’industrie du jeu vidéo, qui adopte cette technologie pour générer du code… et parfois, des assets graphiques, ce qui ne manque jamais de provoquer une levée de boucliers chez de nombreux joueurs.

Malgré sa position de force dans le secteur, aussi bien en tant que développeur et éditeur de jeux que tenancier de boutique, Valve se fait assez discret sur ce plan. En 2024, Steam dévoilait une nouvelle politique exigeant des studios la transparence sur leur utilisation de l’IA générative ; les fiches des jeux reflètent publiquement cet usage. Environ 20 % des jeux apparus sur Steam l’an dernier ont déclaré utiliser l’IA générative, selon une étude de Totally Human Media.

intelligence artificielle tenant le crachoir à un personnage joueur décédé d'ennui
Illustration : Flock

Si Valve donnait jusqu’à présent l’impression de se tenir prudemment sur le bas côté, l’entreprise travaille aussi sur des projets liés à l’IA générative. Des références à « SteamGPT » ont été détectées dans des mises à jour récentes du client Steam, rapporte Tom’s Hardware. Le code suggère que SteamGPT aura un accès aux stats des comptes, par exemple le « trust score », un composant du « Trust Factor » à l’œuvre dans Counter-Strike. Cet outil sert à évaluer les joueurs, notamment pour la création de parties multi.

Évidemment, l’entreprise n’a rien révélé de ses intentions, mais un faisceau d’indices laisse penser que SteamGPT ne sera pas un bot d’aide en jeu, comme peut l’être le Copilot Gaming de Xbox. Les références à des tâches d’étiquetage, à des notions de « problèmes » et à des sous-catégories de problèmes semblent en effet dessiner un mécanisme classique des systèmes d’IA : prendre des données brutes pour leur donner un sens. 

Classer les incidents, produire un résumé structuré des éléments à charge et à décharge, le tout au service de l’infrastructure de modération de Steam : il pourrait donc s’agir d’un outil d’aide à la décision des équipes chargées de surveiller les comportements des joueurs, afin de trier plus rapidement d’importants volumes de logs d’incidents. 

Il est impossible de savoir où en est le développement de SteamGPT, ni même si Valve compte un jour le lancer… Mais sa présence dans le code du client Steam indique que le groupe y travaille. Ce serait en tout cas un de ses premiers outils d’IA générative publics.

Linux clarifie les règles d’utilisation de l’IA dans les contributions au noyau

Le document concerné a fait l’objet d’un commit dès le 6 janvier dernier, mais c’est ce samedi 11 avril qu’il a émergé sur Hacker News : le dépôt administré par Linus Torvalds et dédié au noyau Linux comporte désormais un fichier coding-assistants.rst qui résume les bonnes pratiques à adopter en matière de recours à l’IA générative dans les contributions.

Ceux qui attendaient soit un blanc-seing, soit une condamnation sans équivoque, en seront pour leurs frais. Ces lignes de conduite ne tranchent pas la question polémique du bien-fondé : elles disposent simplement que le code qui a été produit avec l’assistance de l’IA obéit aux mêmes règles que le code d’extraction exclusivement humaine, et que tout code soumis doit être signé (et donc endossé) par un humain.

« Seuls les humains peuvent légalement certifier le certificat d’origine du développeur (DCO) », indique le document, selon lequel le développeur assume l’entière responsabilité de sa contribution, et doit donc de ce fait attacher une attention particulière à la vérification de tout code généré par IA, ainsi qu’à la conformité aux exigences de licence, en l’occurrence la GPL 2.0.

La mention explicite du recours à l’IA est encouragée. « Lorsque les outils d’IA contribuent au développement du noyau, une attribution appropriée permet de suivre l’évolution du rôle de l’IA dans le processus de développement ».

L’utilisation d’un assistant IA est censée faire l’objet d’une attribution explicite, sous la responsabilité du développeur humain qui signe le commit – capture d’écran

« C’est… étonnamment normal ? », réagit un internaute sur Hacker News. La position, qui semble effectivement plutôt consensuelle, rejoint l’attitude manifestée publiquement par Linus Torvalds quant à l’utilisation de l’IA générative dans le code.

Il s’était exprimé sur le sujet fin 2025 à l’occasion de l’édition japonaise de l’Open Source Summit, expliquant détester la hype autour de l’IA, mais reconnaître à l’outil de réelles qualités, notamment pour la maintenance du code. Le créateur de Linux et de Git a lui-même eu recours à la pratique dite du vibe-coding pour un projet tiers (AudioNoise, voir mention explicite en fin de Readme).

Un nouveau patron pour piloter les grandes enquêtes européennes sur les mastodontes de la tech

La Commission européenne s’est dotée d’un nouveau « gendarme » économique. Anthony Whelan, ancien aide de la présidente Ursula von der Leyen, a été nommé à la tête de la Direction générale de la concurrence (DG COMP), le service chargé de faire respecter les règles de concurrence dans l’UE. Cette direction pilote les grandes affaires d’ordre économique, notamment la régulation des géants du numérique. 

Le nouveau directeur général aura donc du pain sur la planche. Armé des nouveaux règlements sur les services numériques (DSA) et des marchés numériques (DMA), Bruxelles a lancé une myriade d’enquêtes sur les pratiques d’Alphabet, Meta, Apple, Amazon, X (anciennement Twitter)… Pour Anthony Whelan, l’application du droit à la concurrence européen doit être « impartiale, fondée sur les faits et contrainte par le cadre juridique des règles que l’on applique », explique-t-il au Financial Times.

Teresa Ribera et Anthony Whelan. © Teresa Ribera

C’est une place aussi convoitée que politiquement explosive. Le retour tonitruant de Donald Trump à la Maison Blanche a fait des étincelles : lui-même et son administration flinguent régulièrement la politique de l’UE en matière de régulation des mastodontes de la tech américains, avec des sanctions à la clé.

Anthony Whelan l’assure : son travail ne subira pas l’influence du « bruit » environnant. « Plus la pression extérieure est forte, plus il est essentiel de veiller à ce que les dossiers soient rigoureusement fondés et juridiquement solides », poursuit-il. Un message envoyé aussi bien à Washington qu’en interne : la Commission a parfois perdu sur le tapis vert de la justice européenne faute d’un dossier suffisamment bien ficelé, comme en 2023, où elle n’a pas réussi à démontrer l’illégalité des coups de pouce fiscaux accordés par le Luxembourg à Amazon.

Le fonctionnaire européen, originaire d’Irlande, a œuvré en tant que conseiller clé d’Ursula von der Leyen pendant des années. Il était déjà directeur général adjoint de la DG COMP. Il prend la suite de Linsey McCallum, qui faisait l’intérim depuis le départ d’Olivier Guersent l’été dernier. Anthony Whelan travaillera sous l’égide de Teresa Ribera, la commissaire à la concurrence, qui accueille son nouveau DG les bras ouverts : « Son professionnalisme sera essentiel pour préserver ce qui compte le plus dans l’application du droit de la concurrence : l’objectivité, l’indépendance et l’égalité de traitement pour toutes les entreprises opérant en Europe », écrit-elle sur Bluesky.

Pris à partie, le CNC a finalement gelé son fonds d’aide à la création de contenu


La polémique a commencé fin mars.
 Sollicitée pour siéger au sein du jury d’une dizaine de personnes du « fonds d’aide à la création sur les plateformes sociales » du CNC, qui finance des projets de création numérique à hauteur de 3 millions d’euros par an, la vidéaste Ultia a détaillé dans l’un de ses streams la manière dont elle envisageait les dossiers qu’il lui serait donné d’évaluer. 


Le lendemain, alors que certains de ses propos étaient « clippés », c’est-à-dire extraits et republiés sur X par le compte @TwitchGauchiste, la streameuse et le CNC ont été pris à partie, et Ultia suspendue de ses fonctions au bout d’une demi-journée.

Mais le débat n’a pas cessé, la droite et l’extrême-droite accusant notamment le CNC de financer des créateurs trop à gauche.

Le 8 avril, le CNC a annoncé suspendre le Fonds. Le président de l’institution explique que des menaces rendent impossible au jury « de délibérer sereinement sur les projets qui lui ont été soumis ».

Illustration : Flock

L’Union des métiers de l’influence et des créateurs de contenu critique cette décision, qu’elle qualifie auprès de France Culture de « coup d’arrêt pour de nombreux créateurs de contenu qui ont besoin de dispositifs de soutien pour développer leurs projets ». Le fonds est l’une des seules subventions d’État accessibles aux créateurs de contenus numériques.

Le noyau Linux 7.0 est disponible

Le niveau de sévérité des tickets associés à la dernière release candidate de la version 7.0 du noyau Linux a atteint un niveau suffisamment bas pour que Linus Torvalds, son principal mainteneur, décrète dimanche soir le passage en version finale. « La dernière semaine de cette version s’est poursuivie sur la même lancée de nombreuses petites corrections, mais tout ceci parait plutôt bénin, je l’ai donc taguée et je l’ai déployée », écrit le créateur de Linux sur la mailing list dédiée.

Hasard du calendrier, il réagit également, de façon indirecte, aux débats relatifs à l’utilisation de l’IA générative dans la production de code dédié au noyau, soulignant que la pratique est devenue sensible. « Je soupçonne que l’utilisation intensive d’outils d’IA continuera de nous révéler des cas particuliers pendant un certain temps, donc cela pourrait devenir la « nouvelle norme », au moins temporairement. L’avenir nous le dira ».

Illustration : Flock

Quelques heures après la publication de son message et la diffusion du code sur son git, le noyau Linux figure bien en version 7.0 finale sur le site dédié, ce qui signifie que les éditeurs et mainteneurs des distributions courantes devraient rapidement envisager son intégration. Ubuntu 26.04, dont la version finale est attendue pour le 23 avril prochain, sera vraisemblablement l’une des premières à basculer vers Linux 7.0, déjà testé au travers de la bêta distribuée fin mars.

Rappelons que si ce changement de numéro de version sonne comme un événement, cette version 7.0 s’inscrit en réalité dans la continuité de la version 6.19 sortie début février. « Le numéro de version majeure est incrémenté lorsque le nombre après le point commence à paraître « trop grand ». Il n’y a littéralement aucune autre raison », renseigne à ce sujet Kernel.org.

Même si rien ne permet de parler de saut générationnel, cette nouvelle version est tout de même l’occasion d’introduire de nombreuses petites nouveautés, dont on pourra lire un condensé, mis en forme de façon un peu plus digeste que dans les échanges de la mailing list dédiée, sur le site Kernelnewbies.