#Le brief du 10 avril 2026

Les anciens Kindle privés de la bibliothèque d’Amazon

Amazon ferme la porte de sa bibliothèque aux anciens Kindle. Les liseuses et les tablettes Kindle Fire sorties avant 2012 ne pourront plus accéder à la boutique de livres numériques à compter du 20 mai. Les bouquins déjà stockés sur ces appareils continueront d’être lisibles, mais il ne sera plus possible d’en acheter et télécharger de nouveaux.

Ces appareils se transformeront donc petit à petit en presse-papiers de luxe, ce d’autant qu’en cas de problème, une réinitialisation dans les paramètres d’usine rendra la liseuse ou la tablette complètement inutilisable. Il en ira de même si on a le malheur de retirer son compte de la liseuse : on ne pourra plus s’y reconnecter. Sur les Kindle Fire, les services autres que l’achat de contenus resteront fonctionnels.

Le Kindle Keyboard. © Jleon, CC BY-SA 3.0

L’obsolescence programmée de ces appareils concerne le Kindle de première génération, celui sorti en 2007, les Kindle DX/DX Graphite (2009/2010), le Kindle Keyboard (2010), les Kindle 4 et Kindle Touch (2011), ainsi que les Kindle 5 et Kindle Paperwhite 1ère génération (2012). Du côté des tablettes, sont touchées les Kindle Fire 1re et 2e génération (2011), Kindle Fire HD 7 et 8,9 (2012).

L’entreprise se justifie auprès d’Engadget : « Ces modèles ont été pris en charge pendant au moins 14 ans – certains jusqu’à 18 ans – mais la technologie a énormément évolué depuis… » Selon Amazon, la fermeture définitive du Kindle Store touchera 3 % des utilisateurs actuels. Pour faire passer la pilule, l’entreprise va contacter ces lecteurs en leur proposant une remise de 20 % sur une sélection de nouveaux modèles, ainsi qu’un crédit pour acheter des livres.

Si les tablettes d’Amazon ne sont pas forcément les plus durables du marché, les liseuses du constructeur sont des terminaux solides qui peuvent encore rendre bien des services. Ne plus pouvoir accéder à de nouveaux livres sur ces appareils – ce qui est leur seule et unique fonction – est pour le moins malheureux. Mais pas si étonnant au vu de la politique de verrouillage d’Amazon. Ainsi, depuis le 26 février 2025, la fonction de téléchargement et de transfert via USB depuis le site web du commerçant n’existe plus.

Celle-ci permettait de transférer par USB des livres Kindle (AZW3, KFX) téléchargés sur son ordinateur vers une liseuse de la marque. Amazon avançait des raisons de sécurité, en précisant que les nouveaux contenus pourront toujours être envoyés par Wi-Fi (un composant dont les Kindle ont été privés jusqu’en 2010 et le Kindle Keyboard).

On peut toujours transférer des fichiers sur une liseuse Kindle, y compris des PDF et des ePub, avec l’outil Send to Kindle, disponible sous forme d’application (à utiliser avec un câble USB) ou en ligne. Mais la limite est de 200 Mo. Le célèbre logiciel Calibre peut aussi être d’un précieux secours pour transférer des livres sur les Kindle ainsi qu’un grand nombre d’autres appareils.

Les possesseurs d’anciens Kindle qui ne veulent plus s’embêter à jongler avec les formats propriétaires et les verrous logiciels ont l’embarras du choix pour aller voir ailleurs. Les liseuses concurrentes des Kindle sont légion et, à l’instar des modèles de Kobo ou de PocketBook, les constructeurs affichent clairement leur soutien à des écosystèmes plus ouverts.

Après les Mac, Little Snitch débarque sur Linux pour surveiller les connexions réseau

Little Snitch est un utilitaire bien connu des utilisateurs de Mac. L’outil surveille et contrôle les connexions sortantes des applications installées sur sa machine. La première version remonte à 2003, ce qui ne rajeunira personne, et les mises à jour régulières distribuées par le studio autrichien Objective Development ont achevé d’en faire un logiciel essentiel sur la plateforme. C’est donc une petite surprise de voir débouler une version Linux ! Cette mouture est en fait la conséquence d’un besoin personnel du développeur Christian Starkjohann, qui a migré sur Linux et qui s’est senti « tout nu » sans Little Snitch.

Comme sur Mac, Little Snitch sur Linux révèle l’activité réseau des applications, et donne à l’utilisateur la possibilité d’agir, c’est-à-dire de bloquer la connexion si elle n’a pas été autorisée. L’application permet de voir la manière dont les logiciels interagissent avec les serveurs, et lesquels. On a également l’accès à l’historique du trafic ainsi que des volumes des données échangées.

Little Snitch sur Linux.

Avec l’aide de listes de blocage, Little Snitch est en mesure de bloquer d’un coup des catégories de trafic indésirable. Ces listes peuvent être téléchargées depuis des sources distantes, et le logiciel se charge de les mettre à jour automatiquement. Attention cependant, le format .lsrules de la version macOS n’est pas compatible. L’utilisateur a aussi la possibilité de créer ses propres règles pour cibler un processus ou un port spécifique. 

Le logiciel peut être configuré pour réclamer une authentification préalable de l’utilisateur, pour éviter toute manipulation malintentionnée. Les développeurs soulignent que sur Linux, Little Snitch est conçu pour la confidentialité, mais pas pour la sécurité contrairement à la version Mac qui offre de solides garanties dans ce domaine.

La base sur laquelle repose le logiciel est eBPF, un mécanisme du noyau analysant les flux réseau qui impose des contraintes strictes en termes de stockage et de complexité des programmes. Quand le trafic est important, le suivi des connexions perd en fiabilité et certaines informations ne peuvent être reconstituées qu’approximativement, explique le studio. Sur Mac, il est possible d’inspecter les paquets pour réaliser les associations d’une manière plus fiable.

L’interface de Little Snitch est une web app (le logiciel en lui-même est développé en Rust). Un choix qui peut paraitre curieux pour un tel outil, mais qui permet de surveiller les connexions réseau d’un serveur Linux distant à partir de n’importe quel appareil. L’application a trois composants : le programme du noyau eBPF et l’interface web sont disponibles en open source sur GitHub, le démon est quant à lui propriétaire. Mais il est autorisé de l’utiliser et de le redistribuer gratuitement.

Linux ne manque pas d’outils de surveillance des connexions réseau, à l’image d’OpenSnitch, sans oublier les outils en ligne de commande. Mais comme sur Mac, Little Snitch facilite la vie des utilisateurs qui auront sous les yeux une seule interface pour observer le trafic réseau, et pour le bloquer le cas échéant. Le logiciel, compatible avec le noyau 6.12 de Linux et au-delà, est gratuit et il le restera pour toujours, promet Objective Development.

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Amazon envisage de vendre ses puces Trainium à des tiers

Après le commerce en ligne et le cloud computing, Amazon pourrait-il devenir un vendeur de puces, et donc un concurrent direct de NVIDIA ? L’hypothèse est explicitement évoquée par Andy Jassy, CEO d’Amazon, dans sa lettre annuelle aux actionnaires, publiée le 9 avril.

Il y décrit comment les semiconducteurs sont devenus une activité de premier plan pour le groupe, avec un impact financier loin d’être anecdotique, même s’il ne transparait pas directement dans le compte de résultat. Les puces conçues par Amazon sont en effet aujourd’hui destinées, de façon quasi exclusives, aux datacenters et services Amazon, à commencer par Bedrock. Elles n’en représentent pas moins, selon Jassy, une activité supérieure à 20 milliards de dollars sur 2025, avec une croissance annuelle à trois chiffres.

« Si notre activité de puces était indépendante et vendait les puces produites cette année à AWS et à d’autres tiers (comme le font d’autres leaders du marché), notre chiffre d’affaires annuel avoisinerait les 50 milliards de dollars, écrit Andy Jassy, avant d’ouvrir la porte à une possible mise sur le marché : La demande pour nos puces est telle qu’il est fort probable que nous en vendions des racks entiers à des tiers à l’avenir. »

AWS re:Invent 2025 Trainium3
Amazon a présenté les puces Trainium 3 fin 2025

Le CEO illustre à dessein son propos en rappelant l’expérience déjà acquise avec ses processeurs Graviton, lancés en 2018. « Dans le domaine des processeurs, la quasi-totalité des charges de travail s’exécutait sur des puces Intel jusqu’à l’invention de Graviton en 2018. Graviton, qui offre un rapport prix/performances jusqu’à 40 % supérieur à celui des autres processeurs x86, est désormais largement utilisé par 98 % des 1 000 principaux clients EC2 ».

Les puces Trainium 3 annoncées fin 2025 et les futures Trainium 4 connaitraient des trajectoires similaires. Andy Jassy affirme ainsi que la production de Trainium 3 est déjà quasi intégralement vendue en interne, et qu’une part significative du contingent Trainium 4 est déjà réservée, alors que la production de masse n’est attendue que d’ici 18 mois.

Si l’interne reste présenté comme la priorité numéro un, Amazon n’exclut donc pas de mettre ses puces directement sur le marché, ce qui serait à la fois une façon de s’ouvrir un nouveau marché et d’améliorer ses économies d’échelle. Une stratégie déjà envisagée par Google : le moteur de recherche a en effet commencé à proposer ses TPU à des acteurs tiers du cloud computing tels que Crusoe, CoreWeave ou Fluidstack. La vente devient ainsi une alternative au modèle traditionnel de location de ressources qui constitue le socle des offres AWS ou GCP.

L’arrivée d’Amazon sur le marché de la fourniture de composants dédiés à l’IA serait une pierre lancée dans le jardin de l’actuel leader du marché. « Nous entretenons un partenariat solide avec NVIDIA, nous aurons toujours des clients qui choisissent d’utiliser des solutions NVIDIA et nous continuerons à faire d’AWS la plateforme de choix pour exécuter des solutions NVIDIA. Cependant, les clients recherchent un meilleur rapport prix/performances. Nous avons déjà connu cette situation. » prévient Andy Jassy.


La Wii se prend pour un Mac

La Wii est un Mac comme un autre, la preuve : la vénérable console de Nintendo peut faire tourner Mac OS X ! Il n’y avait fondamentalement aucun obstacle insurmontable, il suffisait « juste » de plonger les mains dans le cambouis très profondément. Bryan Keller, développeur de son état, avait cette envie depuis l’université, en 2013. Mais difficile de se lancer dans un tel projet sans une solide motivation (et un peu de temps devant soi).

Le déclic est arrivé l’an dernier, lorsqu’il a appris que Windows NT avait été porté sur la Wii. La console est ouverte à la bidouille : Linux et NetBSD peuvent ainsi fonctionner dessus. Porter Mac OS X (10.0 Cheetah, la première version du système d’exploitation de 2001) n’était pas, sur le papier, complètement farfelu. Après tout, la Wii tourne avec un processeur PowerPC 750CL, une évolution du PowerPC 750CXe utilisé dans l’iBook G3 et présent dans certains modèles d’iMac G3.

Côté logiciel, Mac OS X repose sur un cœur open source (Darwin) dont les composants peuvent être modifiés pour permettre aux éléments propriétaires, comme le Finder, le Dock et les apps d’Apple, de tourner sans avoir à les modifier. Sur la Wii, une partie du travail a été mâché grâce au jailbreak de la console.

Il a fallu ensuite se plonger dans les spécificités matérielles de la console, comme par exemple Hollywood. Ce système-sur-puce intègre un coprocesseur ARM pour que le processeur de la Wii puisse communiquer avec son GPU, la carte SD, le stockage, le Wi-Fi, le Bluetooth, etc. Bryan Keller a développé un pilote pour Hollywood, mais aussi pour le lecteur de carte SD afin de booter sur Mac OS X.

Une fois ces bases posées, le système tentait bien de lancer l’interface graphique de Mac OS X, mais sans pilote adapté, impossible d’afficher quoi que ce soit correctement. Le composant WindowServer, chargé de gérer l’affichage, refusait tout simplement de fonctionner. Le bidouilleur a dû s’attaquer à un élément fondamental : le framebuffer. C’est une zone de mémoire vive contenant les données de chaque pixel affiché à l’écran. Faute de pilote compatible avec le matériel de la Wii, il a donc fallu en écrire un de toutes pièces pour permettre à Mac OS X d’afficher son interface.

On vous passe les autres péripéties techniques qui ont occupé Bryan Keller de longues heures (jours/semaines). Le résultat est là : Mac OS X tourne donc sur une Wii, qui prend même en charge un clavier et une souris via son port USB. « Il y a quelque chose de profondément satisfaisant dans le fait de réussir quelque chose dont on n’était même pas sûr, au départ, que ce soit possible », explique-t-il.

Pour les amateurs qui voudraient s’occuper le temps d’un week-end, le développeur a publié tout l’attirail logiciel de sa solution wiiMac sur GitHub.

L’ANFR ordonne le rappel de deux routeurs Wi-Fi Mikrotik et Wavlink

L’Agence nationale des fréquences (ANFR) a demandé à deux fabricants d’équipements réseau de rappeler un routeur Wi-Fi commercialisé sur le sol français en raison de manquements constatés au niveau des conditions d’utilisation du spectre radio dans la bande des 5 GHz.

Les deux appareils concernés sont le routeur Mantbox 52 15S de Mikrotik et le Wavlink Aerial HD6 AX1800. Les deux sociétés qui les commercialisent sont formellement invitées à retirer les références correspondantes du marché, et à rappeler les routeurs déjà vendus. L’ANFR rappelle qu’en l’absence de réponse adaptée de la part du fabricant, il incombe au distributeur de prendre lui-même les mesures de retrait et de rappel nécessaires.

Mikrotik mANTBox 52 15 s

L’ANFR ne précise pas la nature exacte des manquements constatés, mais donne un indice sur ses motivations : « L’utilisation de la bande 5 GHz repose notamment sur la mise en œuvre de mécanismes de partage du spectre visant à garantir la coexistence entre différents services et applications. Leur non-respect est susceptible de provoquer des brouillages préjudiciables, en particulier vis-à-vis de systèmes sensibles comme les radars météorologiques. »

Les deux routeurs concernés sont des appareils destinés au marché entreprise, et adaptés à une installation en extérieur. Le Mikrotik mANTBox 52 15 s est considéré comme en fin de vie par son fabricant.

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Victime d’un hack, CPUID a distribué un malware au lieu de CPU-Z et HWMonitor

CPUID, l’éditeur des utilitaires CPU-Z et HWMonitor, a été victime d’un hack ayant permis à des malandrins de distribuer un cheval de Troie à la place de ces deux outils. Les liens de téléchargement officiels ont été modifiés pour pointer vers des fichiers malveillants. L’attaque a eu lieu entre les 9 et 10 avril. La situation est désormais sous contrôle.

Screenshot des utilitaires CPU-Z et HWMonitor

Ces deux logiciels comptent des millions d’utilisateurs. CPU-Z est un outil d’identification des composants d’un PC, HWMonitor surveille les capteurs (température, ventilos, etc.). Ceux qui ont eu le malheur de télécharger ces utilitaires durant l’attaque se sont retrouvés avec une variante malveillante de HWiNFO, un outil de diagnostic créé par un autre développeur.

Le logiciel piégé, baptisé « HWiNFO_Monitor_Setup », installe un malware d’origine russe depuis un nom de domaine compromis, détaille vx-underground. Il agit de manière progressive en plusieurs étapes pour ne pas éveiller les soupçons, exécute ses actions directement dans la mémoire vive en évitant d’écrire sur le disque du PC, et utilise des techniques d’évasion pour échapper aux antivirus et aux systèmes de détection. 

Le fichier compressé de l’application vérolée est tout de même identifié par une vingtaine d’antivirus, qui le classent comme un cheval de Troie ou un infostealer. Samuel Demeulemeester, alias Doc Teraboule, le développeur derrière CPU-Z et HWMonitor, a assuré que la faille avait été identifiée et corrigée. 

Si l’enquête est toujours en cours, il semble qu’une fonction secondaire (une API annexe) a été compromise « pendant environ six heures entre le 9 et le 10 avril ». Doc TB précise à Next que les liens vers le fichier vérolé sont restés en ligne sur le site de CPUID entre 2 h et 8 h (heure française). Seules les dernières versions de CPU-Z et HWMonitor proposées sous la forme d’un fichier compressé .ZIP ont été touchés, pas les .EXE. Il précise aussi que l’app malveillante n’étant pas signée, elle déclenchait donc Windows Defender immédiatement à l’extraction. De quoi limiter l’impact de l’infection.

Important aussi à avoir en tête : les fichiers hébergés sur le serveur de CPUID n’ont pas été compromis, uniquement les liens du site web. Les mises à jour automatiques des logiciels n’ont pas été touchées. Concernant l’attaque en elle-même, son envergure était a priori prévue pour être plus importante encore, puisque les pirates sont parvenus à compromettre les clés TLS privées en exploitant une faille Apache (les certificats compromis ont été révoqués).

Le développeur, toujours à pied d’œuvre, a pu réagir rapidement grâce aux experts en sécurité (et Reddit !) qui lui ont donné un coup de main.