#Le brief du 14 avril 2026

Piratage chez Basic-Fit : les données d’un million de membres compromises

Les fuites de données se suivent, elles finissent par se ressembler, mais malheureusement elles continuent de mettre en danger des millions d’utilisateurs. Le géant européen des salles de fitness Basic-Fit, qui possède 2 150 clubs dont 894 en France, a essuyé un « accès non autorisé » à son infrastructure informatique. En l’occurrence, le système qui enregistre les visites des membres dans ses clubs a été visé. Les clients français sont concernés, ainsi que ceux belges, allemands, espagnols, luxembourgeois et hollandais.

© Basic-Fit

Les autorités compétentes en matière de protection des données (la CNIL en France) ont été prévenues par l’entreprise, qui exploite aussi le réseau Clever Fit. Le piratage, détecté par les systèmes de surveillance du groupe, a été interrompu « en quelques minutes après sa découverte ». Les hackers ont pu s’emparer d’une partie des données d’adhésion, des noms et adresses postales, des adresses email, numéros de téléphone, dates de naissance et coordonnées bancaires.

Basic-Fit indique ne pas conserver les documents d’identité. Si le vol de données n’a pas compromis les mots de passe des membres, ces informations en fuite n’en restent pas moins un coffre au trésor précieux pour les escrocs. Ils peuvent en effet s’en servir pour piéger leurs victimes via des tentatives d’hameçonnage, en se faisant passer pour Basic-Fit avec des infos crédibles. 

Un million de membres sont touchés (dont 200 000 aux Pays-Bas, siège social du groupe), sur un total de 5,8 millions de clients. Basic-Fit ne précise pas le nombre en France, mais tous ont été informés selon le communiqué de l’entreprise. Pour le moment du moins, aucune exploitation malveillante de ces données ne serait à déplorer.

Spam : Google va pénaliser les sites qui modifient l’action du bouton page précédente

Google a annoncé lundi 13 avril une mise à jour de ses politiques de lutte contre le spam, qui vont désormais sanctionner une nouvelle pratique : le fait de modifier l’action du bouton page précédente du navigateur, pour forcer l’affichage d’une page intermédiaire ou pour garder l’utilisateur sur la page.

Même si ce nom ne vous dit rien, vous avez probablement déjà été confronté à cette technique dite du « back button hijacking ». Rangée dans la famille des dark patterns, elle est exploitée par de nombreux sites média, soit pour pousser à l’utilisateur une sélection de contenus recommandés afin de limiter le taux de rebond, c’est-à-dire le fait que l’internaute quitte le site, soit pour l’inciter à partir via l’un des liens (notamment publicitaires) intégrés à la page.

L’intégration d’une telle fonctionnalité est problématique, puisqu’elle interfère avec le comportement attendu du navigateur, et c’est la frustration engendrée qui motiverait Google à agir. « Les gens disent se sentir manipulés et, finalement, moins enclins à visiter des sites inconnus », écrit le moteur de recherche.

Les dark patterns selon Flock – Illustration Flock pour Next

Rappelons que les sanctions dont il est question ici s’appliquent sous forme de pénalité au niveau de la visibilité du site concerné dans les pages de résultats de Google. Une période de grâce est cependant prévue pour que les éditeurs concernés puissent mettre à jour leurs sites :

« Les sites qui utilisent le détournement du bouton Retour peuvent faire l’objet de mesures de spam manuelles ou de déclassements automatiques, ce qui peut impacter leur positionnement dans les résultats de recherche Google. Afin de laisser aux propriétaires de sites le temps d’apporter les modifications nécessaires, nous publions cette politique deux mois avant son entrée en vigueur, le 15 juin 2026. »


Microsoft fait flamber les prix de ses ordinateurs Surface

Microsoft n’est pas épargné par l’explosion des prix des composants mémoire. Le constructeur a dévoilé une volée de hausses assez spectaculaires des prix pour ses appareils Surface, en France comme ailleurs dans le monde. 

Les augmentations oscillent entre 16 et 21 % : la Surface Pro 12 pouces (16 Go de RAM, 256 Go de stockage) est maintenant facturée 1 149 euros (+ 170 euros), le Surface Laptop 15 pouces (16 Go de RAM, 256 Go de stockage) coûte 1 769 euros (+ 220 euros)… La progression la plus impressionnante concerne la Surface Pro OLED de 13 pouces équipée de 32 Go de RAM et d’1 To de stockage qui revient à 3 099 euros, soit la bagatelle de 670 euros de plus !

La Surface Pro.

Cette valse des étiquettes de la gamme Surface n’étonnera personne : tous les constructeurs doivent actuellement composer avec la pénurie globale de composants mémoire (RAM et SSD) que les entreprises de l’IA dévorent avec un bel appétit pour équiper leurs centres de données. Ne laissant plus que des miettes aux autres industries… Microsoft est une partie du problème ici, étant elle même un des ces grands acteurs de l’IA.

Dans une déclaration adressée à Windows Central, Microsoft confirme sans surprise que la hausse des prix des Surface est bien due à la « récente augmentation des coûts de la mémoire et des composants ». L’entreprise veut continuer à « offrir le meilleur rapport qualité-prix à [ses] clients et partenaires, sans compromis sur la qualité et l’innovation. » Un rapport qualité-prix qui, à l’instar des prix de la mémoire, vient d’exploser.

Apple est une des très rares exceptions (la seule ?) sur le marché : non seulement le groupe de Cupertino a globalement maintenu ses prix, mais il s’est même offert le luxe de lancer un MacBook Neo d’entrée de gamme à 699 euros ! Une vraie anomalie, dont le succès pourrait bien se transformer en caillou dans la chaussure pour le constructeur.

Vie privée : 75 associations alertent Meta sur les risques que créent ses smart glass

Plus de soixante-dix associations dédiées à la défense des libertés numériques ou à la lutte pour les droits des femmes et des minorités se sont associées pour signer une lettre ouverte à destination de Mark Zuckerberg. 


En jeu : les risques que ses smart glass font peser sur la vie privée d’une large part de la population, en particulier « les victimes de violences conjugales, les cibles de harceleurs et d’agresseurs sexuels, les minorités religieuses, les personnes de couleurs, les personnes LGBTQ+, ainsi que les femmes et les enfants, entre autres ».

Le groupement d’ONG appelle l’entreprise à renoncer à son projet de déployer de la reconnaissance faciale dans les dispositifs issus de la collaboration entre Ray-Ban et Meta.

Garantir la possibilité, pour les citoyens, d’évoluer « sans craindre les stalkers (harceleurs), les arnaqueurs, les agresseurs, les agents fédéraux et les activistes issus de tout l’échiquier politique » n’est pas une simple « préférence de vie privée », écrivent-ils. « Il s’agit d’un prérequis pour une société libre et sécurisée. »

Meta travaille sur la piste de déployer de la reconnaissance faciale dans les lunettes depuis plusieurs mois, sous la forme d’une fonctionnalité baptisée Name Tag.

D’après des documents obtenus par le New York Times, les équipes de son Reality Labs envisageaient de déployer l’outil « au cours d’une période de contexte politique dynamique, pendant laquelle les divers groupes de la société civile susceptibles de nous attaquer auront concentré leurs ressources sur d’autres préoccupations ».

À l’étape de l’entraînement de ses systèmes, des employés de Sama, société spécialiste dans la sous-traitance d’entraînement de systèmes d’IA, ont notamment témoigné avoir dû traiter des images de personnes ne se sachant pas nécessairement filmées, que ce soit parce que des lunettes avaient été laissées dans une chambre à coucher, ou parce qu’une personne les portait pendant un rapport sexuel.

Dans un communiqué transmis par e-mail, un porte-parole de Meta a déclaré à Engadget que « Nos concurrents proposent ce type de produit de reconnaissance faciale, ce qui n’est pas notre cas. Si nous devions lancer une telle fonctionnalité, nous adopterions une approche très réfléchie avant de la déployer. »

Des données d’élèves exposées après une cyberattaque visant ÉduConnect

Des données personnelles ont été volées durant une cyberattaque qui s’est déroulée en décembre dernier au sein du service de gestion des comptes des élèves. Des informations comme les prénoms, noms, identifiants ÉduConnect, établissements et classes, ainsi que les adresses email (si elles ont été renseignées) d’élèves sont en fuite. Le ministère de l’Éducation nationale a déposé plainte, et saisi l’ANSSI et la CNIL. 

Illustration : Flock

Les auteurs de la cyberattaque ont exploité une faille suite à l’usurpation d’identité d’un personnel habilité. Ils ont de la sorte obtenu un accès frauduleux à ce service annexe à ÉduConnect, le système d’authentification pour les élèves (collège et lycée) et les parents. Il leur permet d’accéder à l’ensemble des services numériques scolaires sans avoir à multiplier les identifiants.

Un point d’entrée unique bien pratique donc, mais aussi très tentant pour les pirates. La faille a été corrigée par les services du ministère, mais pas avant que le ou les malandrins puissent se servir dans les serveurs. L’accès au service a été immédiatement suspendu, tandis qu’un travail de renforcement de la sécurité s’est engagé « par un mécanisme de double authentification ».

L’enquête a déterminé que l’attaquant a pu télécharger des données concernant des élèves « au-delà de ceux de l’établissement initialement visé ». Le nombre exact de victimes reste encore à évaluer.

Le ministère précise que les comptes ÉduConnect activés par les élèves et leurs parents ou responsables « au moment de l’attaque » ne sont pas compromis. Ces comptes peuvent continuer à être utilisés « en toute sécurité ». Les autorités ont procédé à une réinitialisation complète des codes d’accès pour les comptes qui n’avaient pas été activés au moment de la cyberattaque. Certains d’entre eux ont pu être compromis avec l’utilisation du code d’activation. Le ministère reste « pleinement mobilisé » pour garantir la sécurité des systèmes d’information « et accompagner les familles et les établissements concernés. »

Ce n’est malheureusement pas la première fois que des données scolaires sont en fuite. Le mois dernier, une intrusion dans le portail RH Compas a exposé les informations de 243 000 agents et stagiaires.