Emma, 21 ans, passe de 7 à 11 h devant ses écrans, par jour (mais pas pour travailler)
Le 09 mars à 10h47
3 min
Société numérique
Société
« Mon temps d’écran est énorme, j’en ai bien conscience », raconte Emma à « Tant d’écran », la chronique du Point qui analyse le rapport des Français à leurs téléphones. Cette étudiante de 21 ans passe en effet et en moyenne 7h19 chaque jour devant ses écrans, et parfois plus de 11 heures le week-end : « Il y a eu les bébés Covid. Moi, je fais partie de la génération des ados Covid », résume-t-elle.
Emma reçoit plus de 219 notifications chaque jour sur son smartphone, la conduisant à scroller 3 heures sur TikTok, un peu moins d’une sur WhatsApp, une autre sur Netflix et dans ses notes, une demi-heure sur Safari, et une autre à envoyer des messages, moins de 25 minutes sur Instagram.
« Je me rends bien compte que j’ai un temps d’attention réduit », reconnaît-elle : « J’ai énormément de mal avec le long, que ce soit les vidéos YouTube qui excèdent 50 minutes, ou les épisodes de Bridgerton sur Netflix qui durent plus d’une heure chacun ! »
Un déficit d’attention qu’elle éprouve aussi avec les podcasts, et même avec TikTok : « Quand je vois qu’une vidéo dure plus d’une minute trente, je scrolle, je sais que je ne la terminerai pas, ou en accéléré ! Quand je regarde un film ou une série et qu’une scène m’ennuie, je la saute en avançant de dix secondes. »
« Je passe ma vie dessus et je ne me sens pas coupable », tempère la jeune femme : « Si c’est ce qui me fait plaisir après une longue journée, pourquoi me restreindre ? D’autant plus que j’ai vraiment le sentiment d’être en contrôle : c’est moi qui choisis quand je reste sur une vidéo ou quand je passe à une autre, combien de temps je lui accorde, quel intérêt je trouve… Même si j’ai bien conscience que mon algorithme m’a très bien cernée ! »
À la journaliste qui lui demande si elle a déjà essayé de réduire son temps d’écran, Emma répond qu’ « il arrive que je passe des journées sans mon téléphone, pour me prouver que je peux y arriver. Si je trouve de quoi m’occuper, ça ne me pose aucun souci ! » :
« Ma mère pense que je passe trop de temps sur mon téléphone, mais elle est elle-même les yeux rivés sur son ordinateur à longueur de journée, je ne sais pas si c’est beaucoup mieux ! Mes amis ont à peu près la même consommation que moi, donc il n’y a pas de jugement sur ce point-là. »
Interrogée sur ce qui lui manquerait le plus si elle perdait son téléphone, Emma estime que « ce qui peut me manquer plus que TikTok, ce sont tous mes mots de passe, qui y sont déjà pré-enregistrés : si je le perds, je serais bien incapable de les retrouver ».
Le 09 mars à 10h47
Commentaires (55)
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Abonnez-vousModifié le 9 mars à 11h19
Pour le savoir c'est assez simple: le principe ce n'est pas d'arrêter une journée, en mode "j'y arrive" mais une semaine ou plus à n'utiliser son téléphone que pour l'essentiel.
Entre 7 et 11h de temps quotidien sur son téléphone, cela veut dire qu'il n'y aucune interaction avec la vraie vie.
Cela me fait penser à la scène d'arrivée dans le futur d'Idiocratie
C'est bien là le problème: la vie ce n'est pas simplement l'action permanente, c'est aussi prendre le temps de l'inaction, de regarder ce qui nous entoure, de réfléchir, de rêver, de se projeter...
La bonne question à lui poser aurait été: quels sont vos envies, vos rêves.
L'autre point important dans son comportement, c'est le besoin de n'avoir aucune frustration: je zappe dans je suis. C'est faux: parfois on peut trouver une pépite, un moment magique après quelques instants d'ennui (notamment dans la nature).
Le 9 mars à 11h23
L'addiction est une psychopathologie ou un trouble mental. Il n'y a pas de véritable manque (la personne ne va pas se mettre à trembler, avoir des sueurs, etc...). D'ailleurs, elle le dit elle-même :
« il arrive que je passe des journées sans mon téléphone, pour me prouver que je peux y arriver. Si je trouve de quoi m’occuper, ça ne me pose aucun souci ! » :
L'addiction serait qu'elle n'y arrive justement pas.
Cependant, les symptômes s'en rapprochent parfois.
Ceux qui sont à blâmer ne sont pas les "victimes" d'être accro aux applications (la dopamine est activée dans les jeux, les réseaux sociaux, les plateformes de vente d'occasion...) mais bien toutes ces entreprises et ces ergonomes qui vont étudier et te pousser à avoir ce comportement.
Ce qui est triste, c'est qu'on arrive à créer cette impatience dans de nombreux domaines, et de tout âge, pas que les plus jeunes.
Par contre, c'est aussi aux parents de faire attention à leur comportement. Beaucoup de mimétisme. On ne peut pas reprocher aux plus jeunes d'être collé à leur smartphone si on l'utilise tout le temps également.
Le 10 mars à 15h04
Concernant les autres phénomènes habituellement appelés "addictions" la littérature dit : "des groupes de comportements répétitifs, dénommés par certains addictions comportementales, avec des sous-catégories telles que « addiction au sexe », « addiction à l’exercice physique », « addiction aux achats », ne sont pas inclus car les données actuelles de la littérature sont insuffisantes pour établir des critères diagnostiques et les caractéristiques évolutives nécessaires à l’identification de ces comportements comme troubles mentaux."
Modifié le 9 mars à 12h10
Le 9 mars à 11h23
Le 9 mars à 11h23
Le 9 mars à 11h29
En lisant l'article, je me disais qu'elle n'aurait aucune chance d'arriver au bout d'un article "normal" de l'auteur tel qu'on peut en lire sur ce site.
Le 9 mars à 11h56
Le 12 mars à 10h11
(note que je ne parle pas ici de sa pertinence, que je trouve plus qu'excellente !)
Le 9 mars à 13h43
Le 12 mars à 13h53
Le 9 mars à 11h25
Elle explique qu'elle passe 6 h (de 18h à minuit) quand elle rentre de son stage, puis 15 à 20 minutes le matin au réveil. Ça remplace la télé ou toute autre
activitépassivité.Il y a encore 1 h pour arriver à ses 7h19 de moyenne, mais comme elle y passe plus de temps le WE, c'est peut-être là qu'il faut chercher en plus de ses pauses.
Plus que la durée d'utilisation, c'est le type de contenus très court qui risque de lui poser problème : elle dit elle même avoir des problèmes d'attention. Ça risque de lui poser des soucis d'abord dans ses études puis dans son travail.
Le 9 mars à 11h28
Et par régulation je ne parle pas de l'inapplicable (ni souhaitable) vérification d'âge ou d'identité, mais bel et bien d'une interdiction de certains dark patterns dans le développement des apps et sites web qui sont très bien connus pour aggraver le problème (scroll infini, lecture automatique de la vidéo suivante, ...).
Un exemple récent de dark pattern qui n'est là que pour nous pousser à rester devant l'écran est la tendance des LLMs à toujours finir par une sollicitation pour continuer la conversation.
Le 9 mars à 11h38
Tout est fait pour garder l'utilisateur et le faire acheter. J'imagine facilement que pleins puissent se faire prendre au piège, à minima passer trop de temps pour rien dessus...
Modifié le 9 mars à 14h40
D'une cela prends de la place (multipliée par leur nombre) et ensuite le potentiel intrusif est bien pire qu'un navigateur (qui se configure niveau vie privée, permet de tout rincer à la fermeture etc): C'est bien pour cela que ça se fait et probablement que 95% de ce qui est sur les stores de gogole ou de la pomme pourrait n'être qu'un lien vers un site mobile bien fait.
=> A mon sens, quand on accepte cela, on a déjà un problème à résoudre de toute urgence et par le vide. Surtout qu'on voit le concept se propager aux cartes de fidélité classiques: Là ou un Catima (par exemple) permet par commodité d'en scanner des dizaines avec une seule application minimaliste qui ne demande que ce dont elle a besoin (l'appareil photo pour les scans, accès au stockage pour la BDD de cartes scannées), on essaie désormais d’entraîner les gens à avoir une appli par enseigne avec la foire aux permissions dictée par le marketing de l'enseigne.
Bref, à un moment c'est beau de se plaindre mais on est ici dans un cadre analogue à une fameuse citation de Coluche: "Quand on pense qu'il suffirait que les gens arrêtent de les acheter pour que ça ne se vende plus"...
Acheter - Installer / Vende - Propose.
Bref, chez moi ceux jouant à ce jeu s'excluent d'eux mêmes. Y'a un moment ou il faut arrêter de parler de pièges quand il ne manque guère que d'appeler ces applis "Piège à con de l'enseigne TRUC".
EDIT: C'est gonflant ce reformatage de commentaires qui zappe certains caractères!
Le 9 mars à 15h43
Ah, oui. Je connais quelqu'un qui m'a dit qu'il a un ami qui connait quelqu'un qui en a vu un, un jour.
C'était il y a longtemps.
Le 10 mars à 09h38
Modifié le 9 mars à 17h05
Beaucoup ne voient pas l'effet de manipulation. Une grande partie va voir le côté pratique, d'autres vont voir le bénéfice (les réductions valables uniquement sur l'appli).
S'ils n'installent pas l'application dédiées, s'il n'accèdent pas aux mêmes informations que les autres, ils risqueraient de rater l'offre ultra ! (Tiens, coucou Skinner, Pavlov...)
Même à vouloir désinstaller les applications et accéder aux sites, c'est parfois une galère sans nom avec des alertes et des bandeaux t'indiquant qu'il faut passer par l'appli, des sites incomplets ou fonctionnalités désactivées (sur navigateurs des mobiles)...
"Malgré toute ma rage, je ne suis qu'un rat en cage"
Edit : ca m'a fait penser aux pubs de voyages ou d'hôtels, parce que "tu n'as pas téléchargé l'application, tu as payé ta place 150 euros alors qu'avec l'appli, tu aurais pu l'avoir à 75 euros..."
Difficile de dire ça aux personnes lambda dans un système consumériste qui doivent se sentir bête de rater de telles offres et de payer plein pot.
On aura beau dire que si c'est moins cher/gratuit, c'est que nous sommes le produit, au bout d'un moment les gens s'en moquent, ils ne comprennent pas pourquoi pour être "libre" il faudrait payer le prix fort.
(ça me fait penser qu'il faut que j'appelle ma mère ! Elle est une excellente source d'étude à ce sujet)
Le 12 mars à 18h45
le service qui "exige" l'appli, on supprime le compte, on sort le popcorn et on regarde sa faillite comme un spectacle. Une appli "obligatoire", c'est la main de satan dans la poche, pas d'autre mot. Zéro smartphone ici, zéro appli, zéro problème, et surtout pas autrement.
Modifié le 13 mars à 16h42
trouver une banque ou tout autre type de services permettant d'éviter un smartphone devient de + en + rare.
Modifié le 13 mars à 18h46
Moi j'en ai un, mais je refuse catégoriquement d'installer des applis à la con (dont celle de ma banque) et pour l'instant ça passe.
Le 9 mars à 11h55
Vous avez 2h.
La réponse doit se trouver au milieu...
Mais déjà arriver à mettre des mots sur sa dépendance, c'est un grand progrès.
Le 9 mars à 12h03
Modifié le 9 mars à 12h33
NB: concernant le tabac, tout de même, l'industrie du tabac a été reconnue responsable dans la plupart des pays du monde depuis les années 1990. https://www.generationsanstabac.org/fr/actualites/malgre-des-revers-les-actions-publiques-contre-lindustrie-du-tabac-restent-possibles-et-necessaires/
Le 9 mars à 12h46
Le 10 mars à 02h23
Le 10 mars à 10h26
Le 10 mars à 10h30
Le 10 mars à 10h46
Le 9 mars à 12h17
Le 9 mars à 12h20
Le 9 mars à 12h33
Le 9 mars à 12h53
En vrai, elle utilise probablement celui d'Apple puisqu'elle a un iPhone et ils sont probablement dans iCloud mais elle ne le sait pas.
Le 9 mars à 14h11
A son rythme, vu comme l'ergonomie générale d'un débilophone tactile m'insupporte avec mes doigts cornés... avec son usage le truc serait brisé dans la journée du vol plané de trop (ce que la gamme XCover, plus résistante que la moyenne, m'évite encore dans mon usage très limité de cet outil de merde).
Peut-être qu'il faudrait inventer le film anti-capacitif bien résistant à appliquer sur les doigts pour calmer les accrocs dès l'enfance/adolescence!
Le 9 mars à 15h46
Le 9 mars à 15h58
Les commentaires précédents parlaient d'un gestionnaire de mots de passe.
Le 10 mars à 22h15
Il est évident que les parents sont soit irresponsables soit complices ; la possession d'un Précieux par le mineur de moins de quinze ans, devrait à minima relever du retrait des droits parentaux, et évidemment poursuivre ceux ci pénalement.
Le 9 mars à 14h01
L'addiction se caractérise aussi quand le comportement à des conséquences très négatives et qu'en dépit de la réalisation du revers de la situation, on arrive pas à s'en défaire et qu'on continue le comportement sans plus ressentir aucune gratification.
Les questions aux millions d'euros c'est surtout qu'est ce que l'addiction vient offrir ou ce qu'elle permet de fuir. A partir de là, on peut commencer le changement.
Le 9 mars à 14h52
Attends si je pense 7h30 devant mon écran au travail, c'est pas pareille, c'est pour le travail.
Independent, on peut parler d'adiction, sauf pour moi, le risque n'est que personnel, pas de braquage de personne ou intervention de pompier ou de police à cause de ça.
(versus alcools, drogues, voir même sexes (car comportement à risque et IST).
Donc une addiction surement, mais le mal et assez restrient, non ?
Le 9 mars à 15h38
Le 9 mars à 22h23
Dans l'enseignement supérieur, il n'y a quasiment plus de travail "à la maison", et quand un prof en donne quand même, il n'est pas fait ou alors bâclé à coup d'IAgen s'il est noté…
Le 10 mars à 10h53
La Chine nous aura bien roulé dans la farine.
Le 10 mars à 22h13
Le 12 mars à 14h29
Le 12 mars à 15h58
Modifié le 12 mars à 22h05
(pour la compréhension)
Modifié le 9 mars à 16h01
J'ai toujours énormément utilisé les écrans, depuis très jeune. Pour autant, consulter l'actualité (et la commenter !), jouer, regarder des trends TikTok ou apprendre à coder, ce n'est pas la même activité.
On a jamais jugé une personne addict au papier quand elle lit un bouquin par semaine, fait des mots-fléchés et s'abonne à deux magazines et à la presse quotidienne.
A titre personnel, quand je suis "en société", je pose mon smartphone. Je peux aussi être dans une solution de passivité absolue (salle d'attente, transports en commun...) sans pour autant sortir mon smartphone.
Des amis moins "addicts à l'écran" que moi ne peuvent pas s'empêcher de scroller, même dans des situations où la vie sociale devrait prendre le dessus.
Le 9 mars à 20h12
Le 10 mars à 22h11
Le 11 mars à 07h34
(je ne dis pas que c'est bien, juste que ça existe)
Le 9 mars à 21h41
Elle arrive à suivre des cours d'une heure ? De se concentrer sur une devoir de 2 heures ?
Peut-être qu'elle fait une auto-thèse sur l'addiction
Le 10 mars à 11h54
Le 10 mars à 12h47
Pourquoi vous (re)publiez sans commenter un journal tel que "Le Point" ?
Je suis le seul à voir que la qualité de l'analyse fournie par le point est éclatée au sol ? Ils ont pris une personne à un instant donné et l'affichent en publique. Et ils kiffent bien que les gens réagissent (comme ici) à une histoire qu'ils ont pu choisir, dans l'espoir que les gens disent à la place de "Le Point" leur vision de la société.
J'ai raté quelque chose ou c'est comme ça depuis longtemps ?
Le 10 mars à 22h11
Ça changera pas demain. Et quelle idée de la personne interrogée, de répondre aux médias aussi?
Le 10 mars à 22h19
Il y a quelques années elle le découvrait ; mettre entre les mains d'un ado de moins de quinze ans un tel individuel avec internet, devrait entrainer immédiatement le retrait de la garde parentale et la poursuite des parents au pénal.
Vous cherchez la différence entre un ado qui tient un smartphone, un calibre .12 et un pétard de marijuana? vous trouvez pas? c'est normal : sur les mineurs, les effets de l'écran sont encore pire que ces deux autres situations. Comme le répètent certains, qui voient la situations devenir catastrophique depuis dix ans : "il y aura des tas de générations perdues irrécupérables très bientot".
Malheureusement, le désastre est fait, il est scientifiquement impossible de leur donner tort, voici le résultat. Et nombreux sont celles et ceux, qui religieusement préféreront le déni à cette immédiateté connectée.
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