Connexion Premium

Face aux risques d’incendie, trois associations s’opposent à un projet de data center

Alors que la Gironde est aux prises avec un mégafeu et que la France entre dans son quatrième épisode caniculaire de l’été 2026, les associations Data for Good, Humanité et Nature et France Nature Environnement Bouches-du-Rhône déposent des recours contre l’autorisation environnementale accordée par la préfecture au projet de centres de données de Pennes-Mirabeau. Elles sont accompagnées par des riverains et soutenues par le collectif Le nuage était sous nos pieds.

Au nord-ouest de Marseille, la ville doit accueillir le projet de Telehouse, qui prévoit de construire huit centres de données sur une parcelle de six hectares. D’après ses promoteurs, le projet devrait atteindre une capacité « commerciale » de 48 mégawatts – Telehouse demande une puissance de raccordement de 70 mégawatts au réseau de transport électrique (RTE).

« L’installation est prévue à 85 mètres de la lisière d’une pinède qui s’est déjà enflammée lors de l’incendie qui avait ravagé 2 700 hectares en août 2016 », indiquent les associations. En juillet 2025, 750 hectares supplémentaires ont brûlé, nécessitant la mobilisation de « près de 1 000 pompiers » pour contenir le feu.

Présidente du Comité d’intérêt de quartier (CIQ) des Sybilles-Amphoux, où le centre de données doit être construit, Christel Fayette indique que les résidents « ne sont pas prêts à partager [leur] espace de vie avec un data center, à sacrifier notre qualité de vie pour un monstre de technologie qui mettra en péril notre colline ».

Aux côtés d’autres CIQ, celui-ci a déposé un premier recours dès mai, contre le permis de construire accordé à Telehouse.

En jeu, cette fois-ci : les rejets de chaleur provoqués par l’usage des serveurs avec une augmentation des risques d’incendie. Les riverains s’appuient sur le plan local d’urbanisme intercommunal du pays d’Aix. Dans le Plan Climat Air Energie d’Aix Marseille Provence, il est clairement indiqué :

« Les conclusions du cahier climat métropolitain insistent à ce sujet sur l’intensification du risque incendie de forêt dû à l’augmentation des températures et des sécheresses, portant ainsi le nombre annuel de jours présentant un risque très élevé entre 30 et 50 jours à la moitié du siècle, une hausse de 20 % de l’aléa départ de feu par augmentation de température moyenne de 1 °C ».

Avec leurs cosignataires, ils pointent l’absence d’étude d’impact du projet de Telehouse sur les conséquences de ces rejets de chaleur fatale sur le voisinage urbain comme sur la forêt. Techniquement, il est possible de récupérer et de réutiliser cette chaleur fatale, mais dans les faits, malgré les promesses, cette possibilité n’est qu’appliquée de manière marginale. En France, seulement 0,1 % de la chaleur fatale émise par des centres de données est réutilisée.

Outre la question de la puissance de raccordement et de l’activité qui peut en découler, ils constatent que le centre de données prévoit le stockage de 17 cuves de carburant pour alimenter 26 groupes électrogènes, celui de batteries de secours au lithium« à l’origine de nombreux incendies très difficiles à éteindre », ou encore « l’imperméabilisation des sols sur 4 500 m² », ce qui empirerait des risques d’inondation déjà durement subis en 2019.

Concrètement, deux CIQ, plusieurs riverains, France Nature Environnement 13 et Data For Good déposent un recours environnemental contre l’autorisation préfectorale d’exploitation accordée à Telehouse. MNLE Réseau Humanité et Nature, son comité départemental 13 et plusieurs habitants de Pennes-Mirabeau en déposent un second.

Commentaires (31)

votre avatar
Quand on voit la violence avec laquelle l'état défend les grands bassins d'évaporation dans lesquels l'industrie agro-alimentaire assèche les nappes phréatiques, on ne peut que craindre pour l'intégrité physiques de ceux qui s'opposent à de tels centres de canicule.
votre avatar
C'est marrant, je n'ai vu aucune association qui se bas pour la fermeture des usines d'Evian... (ou du moins en interdire l'exportation...(Chose que je ne comprends pas à part dans le cas de catastrophe...)

https://www.planetoscope.com/boisson/1284-production-mondiale-de-bouteilles-d-eau-d-evian.html
votre avatar
Pourtant il y a pléthore d'associations qui sont mobilisés contre l'eau en bouteille, donc Évian aussi...
votre avatar
En français ça donne quoi ?
votre avatar
Après, si on rase les forêts avant pour installer des data centers, elles risquent pas de brûler :cap:
votre avatar
Les forêts non. Les datacenters si (coucou OVH :D)
votre avatar
Les forêts non. Les datacenters si (coucou OVH )
#balleperdue
votre avatar
Tout à fait, d'autant qu'il suffit de végétaliser le toit du datacenter pour compenser la superficie "verte".
votre avatar
Si on pouvait déjà interdire la monoculture du pin, surtout sur une pinède qui a déjà pris feu, on s'épargnerait des incendies prévisibles.

Par exemple: Comment la monoculture de pins maritimes en Gironde et dans les Landes favorise les incendies
Collectif Forêt Vivante Sud-Gironde
votre avatar
Il y a de la mono-culture du pin à Marseille ?!
votre avatar
C'est des sols sablonneux en Gironde et dans les landes, c'est pour ça qu'il n'y a que des pins. Il y en a qui plantent des chênes en plus des pins
votre avatar
C'est même pire que ça : il y a beaucoup d'alios (du sable durci), qui gêne beaucoup l'enracinement des feuillus alors que le pin est parfaitement à l'aise. Même avant qu'il y ait de la "monoculture du pin" dans les Landes, le seul arbre qui poussait naturellement était le pin. Mais à l'heure actuelle, il est de bon ton de gueuler contre la monoculture du pin, qui est la cause principale de l'éradication du paludisme chez nous. Certains sont nostalgiques.

Mais aucun rapport avec cet article qui parle de Marseille.
votre avatar
Le système racinaire d'un pin part en effet droit en profondeur ce qui le rends adapté à ces sols meubles ne tenant pas en surface (mais en profondeur, par la pression de ce qui est au dessus).
Mais bon, le problème avec les écolos c'est le dogmatisme. Dans le genre on a aussi la petite musique du débroussaillage généralisé totalement contre productif hors proximité du bâti, ou il a un sens. Mieux vaut des circulations pour agir vite et pare-feu entretenus pour contenir la propagation initiale:
https://www.lesmotsontunsens.com/debroussailler-les-forets-le-remede-mediatique-qui-nourrit-la-secheresse-donc-les-feux/
votre avatar
Donc on a l'État (préfecture) qui autorise de faire n'importe quoi, et les ministres de tourner en boucle chez les médias complices pour nous lobotomiser avec leurs mensonges répétés qui expliquent qu'ils ont tout bien fait, tout prévu, et mis tous mes moyens nécessaires pour lutter contre le changement climatique et les feux de forêts...

Encore un exemple ou le réel rattrape ces menteurs patentés, que les FdO s'empresseront de protéger s'il venait à l'idée de ces riverains de s'opposer en dernier recours physiquement contre ces constructions.

Sans FdO toujours prompt à se rendre complice d'écocide et de dégâts sur la santé publique, tous ces criminels n'auraient pas le loisir d'imposer tous ces projets suicidaires.

Mais faut croire que les français aiment réélire sans fin leurs bourreaux...
votre avatar
Rapport de l'Office des forêts prévoyant les risques d'incendie accrus en 2003 ou 2004, je ne sais plus.
Et je viens de voir que l'ONU avait fait le même type de rapport en 1990.
Mais pourtant, qui aurait pu prévoir?
votre avatar
Tout le monde qui en aurait connaissance avec un cortex en état de fonctionnement normal.

Ce qui manifestement n'est pas le cas de ceux qu'on a élu, justement pour gouverner, donc prévoir.

Après à leur décharge, les électeurs du premier tour de 2022 et des législatives suivantes, ont réélu majoritairement, donc en pouvant prévoir, des délinquants, des lâches, des pleutres, des opportunistes, des menteurs, des fachos, des voleurs, des magouilleurs... Qui aurait pu prévoir qu'avec un tel casting ça allait bien se passer ?

A en croire les résultats de ces élections, on pourrait logiquement conclure qu'une majorité de français est en état de mort cérébrale, au moins au moment de voter. Donc la représentativité de nos élus semble assez fidèle...
votre avatar
Sans aucun jugement sur le commentaire, mais plutôt pour comprendre pourquoi/comment le résultat d'une élection n'est pas forcément "représentatif" de ceux qui ont voté ou de ce qu'ils ont voté :

Réformons l'élection présidentielle

C'est David Louapre, pour ceux qui connaissent. Et ça n'est pas orienté politiquement.
votre avatar
Merci d'en faire la promotion, excellente vidéo, déjà datée montrant qu'on reste avec l'un des pires mode de scrutin, et que ceux aux manettes le savent très bien (normalement) et s'en servent à leur avantage ...
N'empêche, que si en terme de représentativité des élus on peut jeter ce résultat à la poubelle, on a quand même une certaine dimension de "reviens y" qui me laisse très perplexe dans le vote des français, et je parle bien du 1er tour, pas du hold-up légal du second.
votre avatar
En mêmes des menteurs, pleutres, lâchés et incompétent c’est 100% du casting de l’extrême droite à l’extrême gauche. Alors oui il faudrait peut être une bonne fois pour toutes voter LFI ou RN histoire que durant 5 ans on subissent un extrême et qu’on en parle plus ensuite. Ça permettra de voir que tout l’échiquier politique est naze et obnubilé par le pouvoir et les magouilles.
votre avatar
Pourquoi voter dans ce cas ? Suffit de tirer Yaka et Faukon à pile ou face et basta. :francais:
votre avatar
On pourrait te rétorquer que ce genre de discours traduit juste la lâcheté d'électeurs qui se gardent bien d'agir. Bon sang, s'ils sont si nuls prenez leur place. Aux dernières municipales c'était faisable dans des centaines de communes. C'est par là qu'il faut commencer, mais ça demande de se bouger.
votre avatar
Pas que, malheureusement...

Il faut un minimum d'équipe derrière soit, et un caractère capable de se confronter et encaisser mensonges, hypocrisies, coups tordus, manigances et autres bassesses de ceux avec qui vous auriez à traiter. La politique est un vrai nid de vipères (pardon pour les vraies vipères).

Malheureusement l'honnêteté, l'honneur et la dignité sont assez rares, et si votre personnalité ne vous permet pas de passer outre, c'est votre santé mentale qui en pâtira... L'autre solution étant de faire pareil mais du coup de devenir comme ceux qui sont actuellement au pouvoir.
votre avatar
Plutôt que céder à la généralisation stérile et démoralisante, je préfère la possible naïveté de m'en remettre à des candidats qui s'appuient sur l'état des connaissances scientifiques et leurs préconisations et les traduisent clairement dans leur programme.

A ce titre on trouvera peut-être comme en 2022, un avis de l'association Shift Project sur les programmes des candidats.
votre avatar
«…des délinquants, des lâches, des pleutres, des opportunistes, des menteurs, des fachos, des voleurs, des magouilleurs...» …… en un mot des POLITICIENS, non ?
votre avatar
Pas que : les bourgeois et les boutiquiers peuvent aussi faire partie du lot.
votre avatar
Dans le genre plus c'est gros, plus ça passe, c'est pas mal.
Ca a déjà brûlé, et on s'installe à côté avec du lithium et des groupes electrogènes.
Ca a déjà été inondé, et on imperméabilise les sols.
Et on devrait dire amen ?

Je crie au génie !
votre avatar
Avant de defoncer du patrimoine naturelle, commençons par exploiter les friches industrielles existantes dans de nombreuses métropoles.
Rien qu’à Lille, l’espace foncier dispose qui pourrait accueillir ce type de structure est colossal.
Comme ça les providers participent à la dépollution du territoire, et reexploitent des terres déjà prévues pour ça.
Mais aller chercher à installer ce type de structure sur des terres vierges, c’est mega con…
votre avatar
Avant de defoncer du patrimoine naturelle, commençons par exploiter les friches industrielles existantes dans de nombreuses métropoles.
Si je suis d'accord sur le fond, le problème reste toujours le même. Un projet de réhabilitation d'une friche industrielle peut couter cher. Très cher même, surtout lorsqu'il y a une dépollution à faire comme du désamiantage (car oui, il y a encore de nombreux bâtiments anciens qui en contiennent).

Résultat des courses : il peut s'avérer 2 ou 3x plus économique de créer un nouveau bâtiment que de réhabiliter une friche...
votre avatar
Je sais très bien que le problème c’est le coût, mais si on le voit sous l’angle problème / opportunité, ça reste une super option.
Et il faut accepter de subventionner une partie du dépol, ne pas laisser la boite qui s’installe en prendre le coût intégral.
votre avatar
mais si on le voit sous l’angle problème / opportunité, ça reste une super option.
Si c'était vraiment le cas en pratique, je doute qu'on serait aujourd'hui en pleine inaction climatique :craint:
Et il faut accepter de subventionner une partie du dépol, ne pas laisser la boite qui s’installe en prendre le coût intégral.
Oui, mais c'est toujours la même chose : qui paie ? Si au final ce n'est pas celui qui rachète (pas en totalité en tout cas) et qu'il y a des subventions, qui dit subventions dit argent public, qui dit argent public dit contribuable.

Ne te méprends pas, je dégouté de la situation actuelle. Mais dans notre société où l'argent est au coeur de tout, tant que ça coute et que ça ne rapporte rien... La seule manière que je vois serait de taxer fortement la construction de nouveaux bâtiments, au point de rendre la réhabilitation d'anciens bâtiments compétitif.
votre avatar
Résultat des courses : il peut s'avérer 2 ou 3x plus économique de créer un nouveau bâtiment que de réhabiliter une friche...
C'est parce qu'on ne valorise pas au bout niveau l'apport qu'un éco système apporte à la collectivité.