Anthropic, OpenAI et Elon Musk veulent ralentir sur l’IA, la Maison-Blanche dit non
« Petit ange parfait »
Illustration : Flock
Le 14 septembre à 17h28
Dans le sillage de Dario Amodei, patron d’Anthropic, toute l’industrie de l’IA générative semble réclamer à l’unisson un ralentissement du développement sur les modèles frontières. Si la sécurité est largement mise en avant, les intérêts géopolitiques et économiques ne sont pas loin.
Anthropic, OpenAI et Elon Musk veulent ralentir sur l’IA, la Maison-Blanche dit non
« Petit ange parfait »
Illustration : Flock
Dans le sillage de Dario Amodei, patron d’Anthropic, toute l’industrie de l’IA générative semble réclamer à l’unisson un ralentissement du développement sur les modèles frontières. Si la sécurité est largement mise en avant, les intérêts géopolitiques et économiques ne sont pas loin.
IA et algorithmes
IA
14 min
Le 12 septembre, le CEO d’Anthropic (Claude) a publié un billet de blog intitulé « We must pace the frontier », (que l’on peut traduire par « nous devons ralentir la frontière »). Dans cet essai, le patron veut faire passer un message : le développement des modèles frontières va trop loin, les LLM les plus poussés représentent un danger et il est temps de réguler pour que la situation ne dérape pas. Le danger semble omniprésent.
Ce que dit Dario Amodei
Le CEO en est sûr : « Maniée avec soin, l’IA peut être la dernière d’une longue série de miracles technologiques qui ont élevé et anobli l’humanité ». Ce « Maniée avec soin » résonne comme un avertissement, sur lequel Amodei enchaîne rapidement : « L’IA comporte des risques, et parce qu’il s’agit d’une technologie si puissante, ces risques sont sérieux ».
Le patron se pose largement en partisan de la voie du milieu : « Ne pas construire cette technologie prive l’humanité de bénéfices ou place simplement l’IA entre les mains de puissances autoritaires, tandis que la construire trop vite est imprudent. Nous avons cherché une voie médiane : montrer qu’il est possible de construire avec soin et de réussir commercialement, et de faire de la sécurité un domaine sur lequel les entreprises d’IA sont en concurrence ».
Il dit cependant avoir acquis depuis trois mois la conviction que la prévention des risques est insuffisante. Comment ? Il fait deux constats.
D’abord, l’auto-amélioration récursive. Depuis cet été, les progrès accéléreraient significativement car les systèmes contribueraient directement à construire la génération suivante. Amodei cite un article publié en mai par Anthropic dans lequel on pouvait lire notamment que plus de 80 % des lignes fusionnées dans le code de production en mai 2026 étaient attribuées à Claude. L’ingénieur médian fusionnait au deuxième trimestre 2026 huit fois plus de code par jour qu’en 2024. Sur une tâche standardisée d’optimisation de code d’entraînement, le gain moyen serait passé d’environ x3 (Claude Opus 4, mai 2025) à environ x52 (Mythos Preview, avril 2026), toujours selon la publication.
Ensuite, l’incident OpenAI-Hugging Face. Le rapport de METR et Redwood Research, amplement contestable sur de nombreux aspects, avait tenté de montrer comment 1 200 agents s’étaient coordonnés, 700 d’entre eux partant finalement à l’attaque de Hugging Face. Dans son billet, Amodei reprend largement la sémantique du rapport, comparant l’essaim d’agents à « un collectif fanatiquement dévoué » et évoquant les « sacrifices » de certains agents au profit des autres.
Le CEO en est convaincu : « Compte tenu du rythme accéléré du développement des capacités de l’IA, je crains qu’en 6 à 12 mois, un tel essaim puisse prendre le contrôle de tout Internet avec un botnet persistant (causant potentiellement des centaines de milliards de dollars de dégâts), et que l’ampleur des dégâts continue d’augmenter si l’IA devient plus puissante sans les garde-fous nécessaires ». Et pour enfoncer le clou, il indique que des incidents similaires se sont produits chez Anthropic – bien que « moins graves », assure Amodei – et que toutes les entreprises IA devraient agir comme si un incident similaire leur était arrivé.
Un plan en trois actes
Le patron d’Anthropic propose un plan en trois actes pour y parvenir.
Premièrement, chaque entreprise devrait s’engager « à fournir un accès continu, de type employé, à une équipe d’évaluateurs tiers intégrés », Amodei citant une fois de plus METR. Ces évaluateurs auront un plein accès aux travaux en cours, comme les employés d’Anthropic, promet Amodei. Ils auront également leurs propres bureaux, des badges d’accès, des ordinateurs fournis par l’entreprise et un droit de publication sans contrôle éditorial d’Anthropic. À une réserve près tout de même : la société se réserve tout de même le droit de « caviarder les informations sensibles en matière de sécurité, juridiquement privilégiées, commercialement sensibles ou confidentielles appartenant à des tiers. »
Deuxièmement, le CEO milite pour une « coordination démocratique ». Plus précisément, il souhaite une coordination des « entreprises d’IA de pointe » dans ces démocraties pour créer des normes de sécurité communes et « limites au rythme des progrès incontrôlés de l’IA ». Selon lui, certains aspects de cette coordination seront « juridiquement complexes » et réclameront un « soutien gouvernemental ».
Enfin, une coordination mondiale, dans laquelle le gouvernement américain et les autres démocraties tenteraient de mettre au pas les gouvernements autoritaires « dans la mesure du possible ». Amodei reconnait cependant que la vérification de ce respect posera un défi évident.
Amodei, Altman et Musk dans un bateau
Sam Altman et Elon Musk ont rapidement réagi sur X pour exprimer leur accord. Elon Musk s’est contenté d’un « Dario a raison », mais Sam Altman en a dit un peu plus. Il indique notamment que les discussions autour de la sécurité sont vives au sein des locaux depuis plusieurs semaines.
Dans un autre tweet, Altman dit qu’il accueillera « favorablement un cadre fédéral » pour la mise en place « d’exigences de sécurité cohérentes pour les IA de pointe ». Dans un autre encore, il évoque deux manières dont l’IA pourrait déraper : une perte de contrôle et une trop grande concentration de pouvoir autour d’une IA ou d’une entreprise. Pour empêcher ces scénarios, OpenAI l’affirme : « nous avons besoin de moyens pour assurer que les techniques d’alignement et de sécurité restent en avance sur les progrès des capacités des modèles ». « Nous sommes sans équivoque dans l’équipe de l’humanité », assure Sam Altman. OpenAI commercialise pourtant sa technologie au Pentagone. « Un pays pourrait gagner trop de pouvoir », estime Altman.
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Commentaires (46)
Modifié le 14 septembre à 17h40
Le 14 septembre à 21h37
ça aurait été plus réfléchi et pensé ce mandat si cela avait été le cas.
Depuis le documentaire que j'avais écouté sur France Inter, il y a un moment maintenant, sur henry ford (fondateur de la marque) ne me fait aujourd'hui plus douté de la mentalité suprémaciste et ségrégationniste de l'administration en place.
Ils nous projettent à la catastrophe ces e-cavaliers avec leur IA sans âme et sans humanisme.
Le 14 septembre à 18h06
Nous ne sommes pas (encore) capables de maîtriser la complexité de notre planète et nous créons des crises qui nous dépassent (en plus de celles qui pourraient déjà venir de l'extérieur, coucou les dinosaures). Enfin pour essayer de rester optimiste, peut-être qu'en effet, avec les bons garde-fous, c'est l'IA qui nous sauvera finalement, une fois qu'elle aura ingurgité tout notre savoir et notre expérience, elle trouvera les solutions que nous n'avons pas su développer?
Le 14 septembre à 18h11
Le 14 septembre à 18h30
Le 14 septembre à 20h00
Le 14 septembre à 18h41
Le 14 septembre à 18h53
Le 14 septembre à 19h05
Le 14 septembre à 18h17
Quant à la course avec la Chine, je me laisse souvent songer que c'est comme la course à l'espace durant la guerre froide, mais avec une inversion des rôles.
Le 14 septembre à 20h52
Le 15 septembre à 15h17
Le 15 septembre à 19h42
« c’est pas notre faute si les bénéfices ne sont pas au rendez-vous, mais on n’a pas vraiment eu le choix. Vous comprenez, c’était soit on évite la fin du monde, soit on fait des trillions de $$$ de profit ! »
Le 14 septembre à 18h28
Le 14 septembre à 18h53
Le 14 septembre à 19h32
Modifié le 14 septembre à 18h38
Le 14 septembre à 21h30
Modifié le 15 septembre à 19h55
Il a littéralement passé sa vie à regarder Fox News, mais c'est aussi une force car c'est aussi le cas de beaucoup d'américains. Et il a une énorme machine de propagande pour le soutenir.
Sa grande force de personnalité vient du fait que c'est un pervers narcissique. Il aime humilier les gens, et va tout faire pour se mettre en position d'emprise. Le genre de personnalité qui aurai pu causer encore beaucoup plus de dégâts s'il n'était pas aussi con.
Le 14 septembre à 23h35
Le 15 septembre à 09h46
Des années de défiance politique, un complexe d'infériorité partagé, un monde physique qui ralentit, un avenir sombre dans presque tous les domaines, un soulagement de voir un voleur assumer son statut, un système judiciaire lent et incapable, la perte du lien et de l'empathie entre les citoyens entre autre choses...
Le 15 septembre à 16h20
Bref, un pervers narcissique qui se fait élire dans un contexte de crise avec pour programme de rétablir la
Großdeutschlandgrandeur de l'Amérique à coup de solutions populistes qui ne marchent pas mais qui semblent "du bon sens", c'est une recette qui a déjà marché par le passé, et qui marchera encore en 2027.Le 15 septembre à 17h59
Quand à tous les profiteurs qui le suivent et le supportent, c'est encore autre chose, mais ça vaut dans toutes les élections, y compris les nôtres.
Le 16 septembre à 14h10
Le 14 septembre à 18h49
Le 14 septembre à 18h59
Le 14 septembre à 23h38
Le 14 septembre à 19h13
Le 14 septembre à 19h21
Le 14 septembre à 21h02
Le 14 septembre à 19h53
Ca commence a être fragile sur les appuis, tant mieux.
Le 14 septembre à 20h16
Le 15 septembre à 12h01
Je ne sais pas où ça va le mener parce que Grok, il a pas très bonne réputation quand même vis-à-vis des autres moteurs....
Le 14 septembre à 20h22
Le 14 septembre à 21h03
Ils se donnent le « beau rôle » en disant vouloir ralentir (si ils le voulaient, ils le feraient, c'est tout...), et Trump aussi en poussant toujours tout plus loin. Je trouve qu'à ce niveau, ça n'est plus de la communication, c'est du théâtre.
Le 14 septembre à 21h37
Modifié le 14 septembre à 23h47
ou juste la règle du jeu ...
Modifié le 15 septembre à 12h01
Est-ce que par hasard ce ne serait pas un immense foutage de gueule ? C'est juste une hypothèse hein.
Le 15 septembre à 23h44
l'interprétation de Davis Sacks me semble être la meilleure. Même si je le porte pas en grande estime.
Le 16 septembre à 07h31
Le 16 septembre à 11h18
Le 16 septembre à 12h14
Le 16 septembre à 15h09
C'est à ça qu'on reconnaît les fous furieux qui ne négocieront jamais rien en terme de puissance et de domination potentielle. Le gars prend en exemple des événements qui ont fait des millions de morts pour dire, vous voyez ça sera pas pire alors hein, quelques guerres, quelques millions de morts, c'est quoi ?
Modifié le 17 septembre à 00h17
Le 24 septembre à 11h06
Le 26 septembre à 21h37
Je pense en premier aux animaux et végétaux, mais ça peut déborder sur une partie de notre espèce.
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