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OpenAI : haute voltige marketing autour de l’attaque contre Hugging Face

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OpenAI : haute voltige marketing autour de l’attaque contre Hugging Face

Illustration : Flock

La publication de plusieurs rapports techniques sur l’incident ayant conduit des agents IA d’OpenAI à attaquer Hugging Face permet aujourd’hui de mieux comprendre ce qui s’est passé. La chronologie est surprenante et pointe vers de nombreuses défaillances internes, mais le marketing continue de battre son plein.

Le 22 juillet, on apprenait que l’attaque enregistrée par Hugging Face contre ses infrastructures provenait en réalité d’OpenAI. Celle-ci n’avait pas choisi de s’en prendre à l’hébergeur de modèles IA : la faute en revenait à des agents qui étaient sortis de leur cadre de test pour atteindre plus rapidement les objectifs qui leur avaient été fixés, en l’occurrence la résolution des épreuves posées par le benchmark de cybersécurité ExploitGym.

Le 26 août, deux rapports beaucoup plus complets sont cependant apparus. Le premier vient d’OpenAI (PDF) et est une analyse technique fouillée des évènements. L’autre (PDF) de l’organisme à but non lucratif METR (Model Evaluation and Threat Research), mandaté par OpenAI comme expert indépendant et assisté d’un chercheur de Redwood Research. La chronologie semble digne d’un scénario de science-fiction au premier abord.

Des signaux dès mai 2026

Les premiers couacs sont apparus environ deux mois avant l’attaque contre Hugging Face, selon le rapport technique d’OpenAI. Le 8 mai, un agent de l’entreprise s’est retrouvé bloqué sur une tâche rendue volontairement impossible : accéder à des liens vers Google Drive depuis un environnement dépourvu d’accès internet.

L’agent ne se démonte pas pour autant et cible Artifactory, le gestionnaire de paquets utilisé en interne par OpenAI pour donner à ses agents un accès contrôlé aux dépendances de développement. L’agent attaque le logiciel au moyen d’une faille SSRF (server-side request forgery), mais échoue dans sa mise en pratique. Le processus laisse une scorie : un fichier écrit par l’agent dans Artifactory.

Le 12 mai, toujours dans le cadre d’un test, un deuxième agent trouve le fichier et conclut qu’il peut laisser par ce biais des messages à l’attention d’autres agents qui seraient susceptibles de disposer des ressources manquantes. Le lendemain, un troisième agent – disposant cette fois d’un accès internet – trouve ces notes et commence à s’en servir. Dans les jours qui suivent, un nombre croissant d’agents se met à utiliser ces fichiers comme un « message board » pour échanger sur les problèmes à résoudre.

Le 26 mai, plusieurs agents utilisent une faille SSRF pour obtenir un accès internet, cette fois avec succès. Ils découvrent six jetons d’authentification Hugging Face (qui avaient été exposés publiquement) et les partagent sur Artifactory, au bénéfice des autres agents. Un dépôt est même créé sur Hugging Face, ainsi qu’une application de relais dans le service Space.

Cet incident a finalement été découvert par OpenAI, mais n’a pas été rapporté aux responsables de détection et réponse aux incidents. Dans son rapport, l’entreprise avoue un défaut de communication.

L’escalade vers Hugging Face

Un mois plus tard, le 26 juin, OpenAI lance un test sur plusieurs agents, dans l’objectif de leur faire obtenir le meilleur score au benchmark ExploitGym. Les conditions sont cette fois connues, car c’est le processus qui aboutira à l’attaque contre Hugging Face en juillet. Pour rappel, OpenAI testait à ce moment deux modèles : GPT-5.6 Sol (leur modèle commercial le plus avancé actuellement) et un modèle interne, sans nom officiel, mais que METR nomme HPIM (« highly-persistent internal model ») dans son rapport.

Entre le 26 juin et le 4 juillet, les actions s’enchainent. Les agents ont d’abord découvert une faille dans un point de terminaison d’Artifactory servant au rafraichissement des jetons d’authentification et s’en sont servi pour obtenir des droits administrateur. Ces derniers ont été utilisés pour installer des plug-ins dans Artifactory, avec à la clé des capacités persistantes d’exécution de commandes. Dans l’intervalle, une alerte remonte le 27 juin pour signaler un comportement imprévu, mais n’est pas jugée bloquante. L’activité est alors devenue assez intense sur le serveur pour provoquer l’indisponibilité d’Artifactory le 6 juillet, déclenchant en interne un incident de sécurité. OpenAI dit alors avoir coupé le service compromis, révoqué les accréditations des agents et reconstruit une nouvelle instance d’Artifactory le même jour, effaçant l’ensemble des messages échangés par les agents.

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Commentaires (1)

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Honnêtement plus on prend connaissance des détails, plus l'évènement parait impressionnant et historique.

Au début on aurait pu croire à un agent qui passe outre un proxy interne vibecodé.
Non, c'est 1200 agents qui se sont coordonné sans qu'on leur demande et qui ont hack JFrog Artifactory, un produit largement utilisé, pour sortir de leur sandbox, puis se sont coordonné pour hacker HuggingFace.

À ce stade, le marketing n'a pas vraiment d'importance.
On parle de capacités cyber qui changent complètement la donne, c'est ça le sujet. Car évidemment ces boites (y compris Anthropic) se bousculent pour avoir des contrats avec le gouvernement US et l'armée.

Et cette même attaque du point de vue de Hugging Face résume bien la situation actuellement:
ils ont du utiliser un modèle chinois tournant localement pour se défendre, car les modèles de OpenIA et d'Anthropic refusaient de les aider en raison des systèmes de prévention des abus qui ne pouvaient pas distinguer entre défense et attaque.

En clair, pendant qu'OpenIA attaquait, ils refusaient à la victime l'utilisation de leurs modèle pour se défendre.