États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne : la grogne s’amplifie contre les lunettes Meta
Brotech strikes again
Le 18 août à 11h11
En Allemagne, l’ONG HateAid vient de déposer plainte contre Meta, Ray-Ban et Oakley, critiquant les atteintes à la vie privée que permettent leurs lunettes « intelligentes ». Une pierre de plus dans le jardin de Meta, dont les lunettes sont de plus en plus vivement critiquées par le public, et désormais interdites par divers acteurs privés et publics à travers la planète.
États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne : la grogne s’amplifie contre les lunettes Meta
Brotech strikes again
En Allemagne, l’ONG HateAid vient de déposer plainte contre Meta, Ray-Ban et Oakley, critiquant les atteintes à la vie privée que permettent leurs lunettes « intelligentes ». Une pierre de plus dans le jardin de Meta, dont les lunettes sont de plus en plus vivement critiquées par le public, et désormais interdites par divers acteurs privés et publics à travers la planète.
Droit
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8 min
« Des lunettes pour les gens qui ne se préoccupent pas du consentement. » Placardée sur un arrêt de bus londonien, la fausse publicité, qui représente Jeffrey Epstein affublé des lunettes Meta, a fait le tour des réseaux sociaux.

En cause : équipée de caméras, la paire de Ray-Ban est régulièrement décrite comme un « spyware », un outil d’espionnage, alors même que des créatrices et créateurs de contenu multiplient les campagnes de publicité pour l’équipement.
De fait, le fonctionnement de ces lunettes implique que ces outils puissent photographier et filmer les personnes aux alentours de celui ou celle qui porte les lunettes, sans que ceux-ci ne s’en rendent compte. Autrement dit, elles permettent de filmer des personnes sans leur accord, le petit voyant qui s’allume sur les lunettes lorsqu’elles filment n’étant pas nécessairement vu, ni compris.
Face aux protestations, un nombre croissant de lieux publics ou privés en interdisent le port, aux États-Unis, au Royaume-Uni et ailleurs. En Allemagne, l’association Hate Aid, spécialisée dans la défense des droits numériques, vient de déposer plainte contre Meta.
Campagnes de publicité agressives
Depuis la première version de ses « lunettes intelligentes », en 2023, Meta n’a cessé de multiplier les opérations de promotion, le plus souvent directement via des créatrices et créateurs de contenu actifs sur ses réseaux. En France, des vidéastes comme Léa Elui, Louise Aubery, Théo Babac, ou un rappeur comme PLK ont pu faire la publicité des lunettes courant 2025. Cette année, la société de Mark Zuckerberg a obtenu un partenariat destiné à durer plusieurs années avec le Festival de Cannes. Cela lui a déjà permis de faire vivre l’événement « de l’intérieur » au public, par l’intermédiaire de diverses célébrités et créateurs de contenu affublés de ses lunettes.
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Commentaires (39)
Le 18 août à 11h26
Les lunettes avec caméra intégrées, ça fait des années que ça existe et dispo sur amazon, aliexpress & cie...
Le 18 août à 12h48
Et ceux qui ne filment pas mais qui ont braqué l'objectif, et donc on sait pas.
Après, c'est vrai, c'est plus difficile de savoir si on est filmé par une caméra discrète qu'un téléphone.
Le 18 août à 22h57
Là c’est une très grosse entreprise qui sort (et fait une énorme publicité pour ce type de produit, qui pourrait devenir beaucoup plus courant, donc c’est le bon moment pour alerter sur les risques, évaluer les dérives permises par les lois actuelles sur les photos et les vidéos, et mettre à jour les lois, non ?
Le 19 août à 06h04
Tout est là et la notion de lieux privés est importante. Dans un lieux public rien n’interdit la captation.
Pour la diffusion sans consentement (pas la captation) d’une image d’une personne prise dans un lieu public c’est plus du pénal mais du civil (article 9 du code civil).
Dans les textes en France on peut filmer qui ont veut sur la voie publique mais pour la diffusion ensuite c’est à la personne filmé de prouver qu’il y a une atteinte à sa vie privée. Dans la pratique aujourd’hui beaucoup de média TV préfèrent floutter tout le monde pour pas etre emmerdé.
Mais à l’heure du stream et des réseaux sociaux avec des influenceurs non encadré par des juristes comme peuvent l’être les journalistes et la TV tout ça devient bancal et non respecté.
Le 25 août à 22h59
Modifié le 25 août à 23h49
Donc l'image n'est bien concernée que par les lieux privés.
Le 27 août à 07h57
Pour le point 2 c'est déjà large ''une personne dans un lieu privée" (pas forcément le cameraman) et là ça augmente fortement la portée : on ne peut pas filmer quelqu'un dans une maison, dans une voiture, dans un transport en commun...
C'est là tout le problème de la petite LED : si elle est cassée, ce point ne s'applique pas, si elle fonctionne rien ne prouve que le filmé aura connaissance de la signification de la LED
Le 18 août à 12h26
Et elles ne sortent pas d'un catalogue de fabriquant de lunettes "standard". Plutot d'une marque de "gadget espion"
Modifié le 18 août à 13h54
@bingo.crepuscule
Le fait de devoir demander à chaque personne dans le champ de vision son autorisation avant toute activation rend inconcevable une utilisation légale dans l'espace public. Surtout pour un usage professionnel de type influenceur.
Et: oui, cela est valable pour un téléphone/caméra.
"Avant toute diffusion publique ou privée d'une photographie par voie de presse ou autre (site Web, télévision, etc.), le diffuseur doit obtenir l'autorisation de diffusion de la personne concernée."
Le 18 août à 14h06
Le 18 août à 14h32
Si tu es pris en arrière-plan d'une photo qui ne te vise pas, on n'est pas obligé de te demander ton accord (mais c'est préférable de le faire ou de masquer les visages au cas où). Toutefois si tu es un des sujets principaux, on doit te demander l'autorisation.
Il y a un principe d'accord implicite. Si tu prends la pose quand quelqu'un pointe son appareil sur toi, t'es considéré avoir consenti. Pareil si tu réponds au micro d'un journaliste avec une caméra braquée sur toi.
Ça c'est pour le droit à l'image. On a aussi le droit à la vie privée qui est moins bien clair (parce qu'une image où tu es en arrière-plan ça reste une donnée personnelle, donc RGPD, finalité, base légale, information de la personne concernée et tout ça dès que ça sort du cadre strictement domestique).
Le 18 août à 14h54
Ce sont des amis qui m'ont dit que j'étais en première page, quelques jours après. J'étais bel et bien le sujet principal, je ne prenais pas la pose (je ne m'étais même pas rendu compte être photographié) et je n'ai eu aucune demande d'autorisation.
A l'époque, on m'a rétorqué que c'était un événement ouvert au public et donc qu'il n'y avait pas d'autorisation à demander. Après, c'était il y a pas loin de 20 ans, les choses ont peut être changé depuis (ne serait-ce qu'à cause du RGPD ^^)
Le 18 août à 16h20
Après, si c'était dans un but d'information non commerciale, il y a une dérogation qui permet de passer outre.
Modifié le 18 août à 17h04
Le 18 août à 23h56
Le 25 août à 23h04
Quand tu es diffusé au 20h il faut signer une décharge, l'exception est lambda dans une foule.
Il y'a régulièrement des gens anodins floutés dans les reportages: on leur a demandé, ils ont refusés...
Le 18 août à 14h23
Par contre les femmes qui se retrouvent en maillot de bain (via grok) sur x peuvent legitimement porter plainte.
Après je pense que ces lunettes sont une idée de merde. L'eternelle probleme etant qu'internet n'oublie jamais
Le 18 août à 16h59
Si vous habitez une ville "instagramable" (touristique), vous avez déjà vu ce genre de personnes filmer des choses.
Modifié le 18 août à 18h54
Alors filmer entrain de tenter de séduire, je comprends sans problème que ça puisse être problématique surtout sans indiquer qu'on filme justement. Mais "contraindre", what ?? Tenter de séduire c'est maintenant contraindre ?
J'ai dû louper une étape.
Le 18 août à 19h19
Donc, merci à l'autrice de sourcer cette affirmation afin d'être crédible.
Le 18 août à 21h12
Ça devrait vous aider à suivre le fil de ce qu'est la séduction mascu.
Modifié le 19 août à 13h54
Si c'est la pensée profonde de l'autrice, soit il fallait la garder pour soi, soit l'expliciter bien plus. Mais sûrement pas balancer ça comme une vérité.
Le 19 août à 18h23
Les tentatives de "séductions" venant de masculinistes semblent être ce qui revêt la notion de contrainte dans cette phrase. Filmées ou non.
Pas toutes les tentatives de séductions.
Pas que les tentatives filmées.
Mais bien les tentatives venant d'individus se réclamant de cette mouvance ou assimilées.
Le 19 août à 18h28
Modifié le 31 août à 11h11
Le lien vers l'article de la RTBF sur le mot "tenter" sert effectivement à soutenir l'affirmation : https://www.rtbf.be/article/j-ai-ete-trompee-notre-enquete-revele-comment-des-femmes-sont-filmees-a-leur-insu-avec-une-paire-de-lunettes-connectees-11717694 .
La phrase n'est peut-être pas assez explicite (quoiqu'à mes yeux, la mention de masculinisme annonçait déjà la couleur), mais il s'agit ici d'évoquer des cas de "pick up artists" ou autres "coach en séduction" qui s'en vont imposer leurs comportements grossiers / non sollicités / parfois carrément violents à des femmes au motif de démontrer leur capacité à "enchaîner les conquêtes".
Diverses études démontrent que cette prétendue capacité de séduction vise moins à engager une relation avec une femme (en tout cas une relation égalitaire, la femme n'étant vu que comme "proie" à ajouter à son "tableau de chasse" - et oui, à ma connaissance, tout cela ne se passe que dans une perspective hétérosexuelle) que pour faire valoir ses talents auprès d'autres hommes. Le consentement des femmes sollicités n'entre donc à peu près jamais en ligne de compte.
J'ai effectivement cités certains de ces travaux dans de précédents articles - par ex ici
Vous devriez aussi trouver de nombreuses autres sources dans le rapport sur lequel je revenais ici
Le 31 août à 11h30
Je suis d'accord pour dire que leur comportement est agressif et anormal, que la captation des images ou encore plus leur diffusion est illégale, mais à partir du moment où face à leurs actions, les femmes peuvent refusez d'aller plus loin et continuer leur chemin, il n'y a pas de contrainte.ne me semble donc pas approprié.
Ces femmes ont été utilisées, dérangées ou manipulées, voire agressées verbalement. Il y a plein de meilleurs verbes à utiliser que contraindre.
Le 31 août à 12h18
Le 31 août à 12h47
Les guillemets autour de séduire suffisaient à monter l’inadéquation du terme. C'est leur terme et autant leur laisser pour montrer que ce n'est pas le bon terme.
Quant à votre première phrase, on verra après une réponse à ma question, mais pour l'instant, je ne suis pas convaincu.
Lundi à 14h21
Et de mon côté je ne suis pas convaincue par votre proposition de "leur laisser le terme" de séduction. C'est précisément parce qu'on les laisse le manipuler comme cela leur chante qu'ils parviennent à esquiver les critiques : si c'est de la simple séduction, ça ne paraît pas bien grave. Si c'est de la manipulation, de l'agression, ou même la simple obligation faites à ces femmes de perdre leur temps à répondre à ces importuns (bref : des contraintes), ça le devient quand même beaucoup plus.
Lundi à 15h48
Mais vous êtes spécialiste du sujet d'après Aqua. Restons en là, pour moi les mots ont un sens et le changer n'est jamais bon même ou surtout pour défendre une cause juste.
Par contre, vous avez raison sur mon "leur laisser le terme", même entre guillemets, il n'est jamais bon de changer le sens des mots. Au départ, je pensais que les guillemets étaient simplement une citation.
Lundi à 14h23
Lundi à 14h53
Quand des hommes tentent d'expliquer à une femme spécialiste du sujet ce qu'il faut dire ou pas dire à propos d'agresseurs en série. Cette conversation semble une caricature de pourquoi ces phénomènes perdurent. Parce que nous refusons de les nommer comme les victimes les nomment.
Et il ne s'agit pas d'accuser quiconque de masculinisme ni même de mauvaise fois... (autrement dit vous n'êtes coupables d'aucun méfais, vous êtes juste éduqués comme ça, et si ça peut vous rassurer, moi aussi j'ai été éduqué comme ça).
Est-ce si compliqué d'accepter que cette tournure de phrase là est tout à fait raisonnable et qu'il y a peux-être un bout d'ignorance et de biais dans vos réactions? Est-ce si difficile d'accepter la parole d'une femme même si vous ne l'auriez pas dit pareil ? Vous n'avez pas compris (c'est pas grave), elle a expliqué (patiemment, 2 fois). ça devrait être suffisant.
Lundi à 15h25
La problématique, c'est que les mots ont un sens. Ici, dans le contexte, le sens dépasse largement le simple cadre des masculinistes et associe "séduire" et "contraindre" (c'est en tout cas ainsi que je perçois).
Sans compter qu'il semble y avoir une confusion entre "contraindre" et "contrainte". "(c’est-à-dire contraindre)" et "(c’est-à-dire sous contrainte)" bien que proche ne signifient pas la même chose. Et ici, Mathilde me semble employer le premier pour parler du second (je lui laisse le soin de confirmer/infirmer ce point, je ne voudrais pas m'exprimer à sa place).
Cela serait dans un édito que cela passerait mieux (toujours selon moi), car dans un édito, on ne s'étonnerait pas à ce que l'autrice prenne position. Mais ici, je trouve que c'est d'autant plus dommage que cette partie entre parenthèse n'apporte rien à l'article.
Modifié mercredi à 20h46
C'est pas un mot qu'il faut définir en linguiste, c'est un mot qui désigne un sujet divers ou complexe à étudier en encyclopédiste ou en curateur d'informations.
Lundi à 15h26
Et ce qui est pratique, un etude bien sélectionnée ira toujours dans le sens du locuteur/locuttice le mettant en avant. Cela n'invalide toujours pas la langue et le sens des mots.
Et au delà de ça, j'ai parfaitement le droit d'être en désaccord sur cette utilisation. 🙂
Mercredi à 20h33
Modifié le 18 août à 23h04
Mark Zuckerberg a lancé sa carrière avec une application pour noter les visages des étudiantes de son université. Ça ne donne vraiment pas confiance dans son entreprise pour limiter les abus et avoir sorti ces lunettes avec des intentions nobles.
Modifié le 19 août à 10h51
"Les Meta notent automatiquement tous les visages qu'elles captent, créées un fichier intégrant les photos ainsi qu'une notation selon vos préférences* pour retrouver tous les personnes que vous filmez et croisez ! Les résultats sont transmis automatiquement sur vos profil Instagram et Facebook puis mis en partage sur Messenger.
Ne manquez plus le dernier moche croisé pour en discuter sur nos plateformes !
Préférences basées sur l'examen de toute votre activité web, localisation et la captation vidéo de vos lunettes META™"
Le 21 août à 04h21
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