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Masculinisme : provoquer un « réveil des consciences » et renforcer le contrôle des plateformes

Amplificateur de mascus

Masculinisme : provoquer un « réveil des consciences » et renforcer le contrôle des plateformes

Dans un rapport dédié aux masculinismes, la délégation des droits des femmes du Sénat appelle à renforcer le contrôle sur les plateformes dont les modèles économiques et les outils de monétisation de contenus participent directement à alimenter la violence de genre.

Fin juin, la délégation des droits des femmes du Sénat publiait « Mascus : la nouvelle offensive contre les femmes », un rapport d’information sur la menace masculiniste. Fruit de l’audition d’une centaine de personnes, et de l’analyse de multiples contenus disponibles en ligne, le travail vise à mettre en perspective cette menace spécifique, croissante en France autant qu’à l’étranger, et qui s’appuie sur la haine des femmes. Ces mouvements « représentent un risque réel pour notre démocratie et notre cohésion sociale », indique le document. À ce titre, ils constituent un « enjeu majeur de politique publique », qui nécessite un « réveil des consciences ».

Concrètement, constatent les sénatrices Béatrice Gosselin (LR), Olivia Richard (Union centriste) et Laurence Rossignol (PS), coautrices du rapport, la banalisation des idées masculinistes s’appuie sur deux pieds. Une première idée considère que l’égalité femmes-hommes serait déjà une réalité, au mépris des faits relatifs aux violences conjugales, aux violences sexuelles, à l’égalité salariale, à l’accès aux postes de pouvoir dans l’économie, la politique ou ailleurs. Une deuxième affirme que les féministes ne cherchent qu’à nuire aux hommes. Et ces idées sont relativement diffuses au sein de la société.

En conclusion de son travail, la délégation des droits des femmes formule 24 recommandations dont une série consiste à « assainir l’espace numérique », alors qu’une étude de 2024 constatait qu’il fallait 26 minutes à un compte tout juste créé sur TikTok ou YouTube pour se voir proposer des contenus misogynes. À ces fins, les sénatrices soutiennent aussi bien l’interdiction d’accès aux principaux réseaux sociaux aux moins de 15 ans que des travaux sur les modèles économiques des plateformes et réseaux sociaux. Elles s’intéressent aussi au modèle économique des influenceurs masculinistes eux-mêmes, préconisant de « démonétiser les contenus sexistes, misogynes et masculinistes », afin de réduire l’intérêt pécunier à la diffusion de ce type de publications. 



Des stéréotypes persistants, jusque dans les institutions

Auditionnée par la délégation des droits des femmes, la chercheuse et autrice de La Terreur masculiniste (éditions du Détour, 2024) Stéphanie Lamy salue l’appel des sénatrices à améliorer la formation des institutions – en particulier des services d’enquête et du milieu judiciaire – sur la variété des mouvements à l’œuvre pour promouvoir une suprématie masculine.

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Commentaires (9)

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Pour ce que ça intersse :
https://www.erudit.org/fr/revues/rf/2009-v22-n2-rf3635/039213ar.pdf
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au passage: c'est quoi la différence entre masculinisme et machisme?
j'ai l'impression que les gens disent mascu a la place de macho car macho fait plus "mauvaise pub" que mascu...
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Les synonymes de macho, c'est plutôt sexiste - phallocrate.
Masculiniste signifie anti mouvement féministe, c'est politique, idéologique.
Les 2 termes concernent la mysoginie, la supériorité masculine sur les femmes et rien n'interdit dans le langage courant de dire "mascu" à la place de "macho". Moi, macho me fait penser à la chanson des Village People et à Aldo Maccione (et plus globalement à la masculinité italienne).
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La troisième loi de newton peut être transposée aux rapports sociaux...

"Toute force appliquée à un corps entraîne une force de réaction égale et opposée de la part de ce corps."

Ça vaut aussi pour les relations humaines, tout simplement.
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Ce qui me gêne dans cette transposition, c'est la façon binaire de voir les rapports sociaux qui sont réduits à des rapports de force. Le masculinisme est une justification de la supériorité masculine sur le féminin.

Cela-dit, je comprends bien que les évolutions brutales ou les discours radicaux des uns, engendre des "backlash" (retours de manivelle) ou de la radicalité de discours opposés. La société est mouvante, comme l'univers qui est en expansion.
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La physique appliquée aux relations sociales (humaines) Non. Les métaphores ont leurs limites, le champ lexical ne convient pas (forces, corps). Les relations sociales sont plus complexes, plus nuancées. Je comprends ce que vous voulez dire mais votre raccourcis enferme la pensée.
Cordialement
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Vous avez le droit de ne pas être d'accord, et il est vrai qu'il y a des nuances. Toutefois, quand on regarde au delà des individus, concernant les groupes, des schémas se dessinent...
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Plutôt que d'essayer d'apprendre au grand public comment fonctionne les algorithmes de recommandation opaques, ce ne serait pas plus efficace d'imposer que les algorithmes soient transparents ? Voir de les retirer complétement des réseaux sociaux comme c'est le cas sur Mastodon.
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Si bien sûr, mais vu le poids économique des acteurs concernés, leur puissance en matière de lobbying et le taux de pénétration de leurs réseaux nourris aux algorithmes, c'est pas trivial :D