La Maison-Blanche lance un site dédié aux aliens pour appeler à dénoncer les immigrants
Pendant une triste nuit, le long d'une route solitaire de campagne...
Illustration : Flock
Le 29 mai à 14h04
La Maison-Blanche exploite le nom de domaine « aliens.gov » pour renvoyer vers une page qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées par sa police de l’immigration. Sur fond de codes visuels inspirés de la pop culture SF, elle compare les immigrants arrêtés à des envahisseurs face auxquels un seul homme a eu le courage de se dresser.
La Maison-Blanche lance un site dédié aux aliens pour appeler à dénoncer les immigrants
Pendant une triste nuit, le long d'une route solitaire de campagne...
Illustration : Flock
La Maison-Blanche exploite le nom de domaine « aliens.gov » pour renvoyer vers une page qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées par sa police de l’immigration. Sur fond de codes visuels inspirés de la pop culture SF, elle compare les immigrants arrêtés à des envahisseurs face auxquels un seul homme a eu le courage de se dresser.
Société numérique
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4 min
La communication décomplexée – et xénophobe – de l’administration Trump a franchi un nouveau palier. Jeudi, la Maison-Blanche a commencé à exploiter le nom de domaine aliens.gov, qu’elle fait pointer sur une page de son site Web (whitehouse.gov/aliens/), dédié aux performances de sa police anti-immigration, l’ICE.
Particularité de ce site ? Il joue à fond la carte des codes issus de la science-fiction et des séries populaires type X-Files, en exploitant la double signification du terme aliens, qui en anglais peut aussi bien désigner les extra-terrestres que les étrangers (souvenez-vous de la chanson de Sting).
« Ils sont parmi nous »
« Ils sont parmi nous », attaque le site, qui charge ensuite au fur et à mesure un texte dont la graphie, le défilement et la narration rappelle délibérément l’introduction des films de la saga Star Wars, ou l’introduction de certaines séries SF comme les Envahisseurs :
« Des extraterrestres vivent parmi nous — dans nos quartiers, interagissant avec nous au quotidien. Ils fréquentent les mêmes magasins, partagent les mêmes salles de classe que nos enfants, et mènent des existences en apparence parfaitement humaines. À une exception près : ils n’ont rien à faire ici ».
La suite décrit comment tout le monde a protégé ce secret jusqu’à ce qu’un homme ait finalement « le courage de dire la vérité ». La chute rend hommage au héros de l’histoire :
« Le président Trump a été le premier à dénoncer le danger réel que représentent les aliens pour chaque famille américaine, chaque communauté et l’avenir de notre nation. La vérité n’est plus ailleurs. Elle est ici et maintenant. »
Des chiffres en vrac et sans contexte
Le site embraie ensuite sur une carte « live » des arrestations d’étrangers réalisées aux États-Unis par la police anti-immigration, surmontée d’un décompte qui affichait, le 29 mai vers midi, quelque 3,130 millions de « rencontres » (le terme file lui aussi la métaphore extraterrestre, comme dans Rencontres du troisième type), et s’incrémente d’environ une arrestation par seconde.
La page dispense ensuite un tableau qui comptabilise le nombre d’arrestations réalisées dans les principales villes des États-Unis. Deux colonnes très denses listent pour chacune les « charges criminelles » retenues contre ces immigrants, et leur pays d’origine.
Le tableau ne donne aucun détail sur la répartition exacte des charges ou des pays concernés : son objectif n’est manifestement pas de donner des éléments d’analyse, mais simplement de souligner l’importance des volumes.
« Si vous avez été témoin d’un enlèvement extraterrestre, ne vous inquiétez pas. L’extraterrestre est entre de bonnes mains. Nous allons nous en occuper… et le ramener sain et sauf d’où il vient », plaisante le texte, avant d’afficher un énorme bouton rouge incitant à la délation.
Un rebond opportuniste
Plusieurs internautes avaient remarqué ces derniers jours que la Maison-Blanche avait déposé les noms de domaine alien.gov et aliens.gov. Certains imaginaient que les sites associés pourraient servir à de nouvelles révélations, dans la lignée des images déclassifiées publiées début mai par le Pentagone. Hébergés à l’adresse war.gov/ufo, ces documents avaient alors été présentés par Donald Trump comme une réponse à l’opacité entretenue par les administrations précédentes sur des informations relevant de l’intérêt public.
L’exploitation du site aliens.gov à des fins de propagande anti-immigration apparait dans ce contexte comme un rebond opportuniste, de la part d’une Maison-Blanche qui n’hésite pas à utiliser les mèmes, la pop culture, le jeu vidéo et bien sûr l’intelligence artificielle générative pour servir son propos.
« Le président Trump a dit la vérité. Le camouflage est terminé. Sécurisez la frontière. Expulsez-les tous », conclut le site aliens.gov, avec une ultime référence issue de la saga Pokemon.
Commentaires (43)
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Abonnez-vousLe 29 mai à 14h23
Le 29 mai à 15h04
Le 29 mai à 14h42
Modifié le 29 mai à 14h43
Merci de nous protéger de ces dangereux envahisseurs extraterritoriaux.
C'était plus drôle quand ce n'était qu'une blague au second degré, pas une campagne lancée par des attardés mentaux.
Le 1er juin à 09h55
Le 1er juin à 10h55
Le 29 mai à 14h44
Le 29 mai à 14h45
Le 29 mai à 14h45
Le 29 mai à 15h37
Le 29 mai à 17h15
Le 29 mai à 19h42
Modifié le 29 mai à 14h58
Pour ceux qui n’ont pas la ref : « I’m an alien, I’m a legal alien, I’m an Englishman in New York »
Le 29 mai à 15h06
Modifié le 30 mai à 01h23
Donc pas de signal flagrant de déshumanisation.Mea culpa, la suite donne en effet le ton avec "and return it safely to its place of origin." et est bien déshumanisante. Retour à une diatribe d'il y a presque un siècle (c'est si loin et si proche à la fois).
Cela dit, ce site est une honte, une injure aux Droits de l'Homme !
Le 29 mai à 22h13
Le 3 juin à 16h55
Le 29 mai à 15h37
Le 29 mai à 16h01
Le 29 mai à 16h32
Le 29 mai à 17h06
Le 29 mai à 17h25
Le 29 mai à 17h37
Le 29 mai à 18h21
Le 29 mai à 19h56
Et de jeunes connards.
Connards et connasses d'ailleurs.
Vive l'universalité de la connasserie !
Le 29 mai à 20h32
Le 29 mai à 17h08
Le 29 mai à 20h59
Le 30 mai à 11h47
Le 29 mai à 16h00
Le 29 mai à 20h33
Le 29 mai à 16h06
Et ça marche puisqu'on en parle même dans la presse tech étrangère, et ça génère plein de commentaire
Le 31 mai à 13h17
Le jour où il mettra en scène des expulsions dans une émission TV et qu'il renverra les migrants avec une catapulte géante et un parachute, on continue à dire que c'est de la propagande et on reste là ? C'est bizarre en fait de juste voir ça.
Le 31 mai à 14h51
Le 29 mai à 16h14
[...]
Oh, I'm an alien, I'm a ILlegal alien
I'm an
EnglishSpanishman in New YorkOh, I'm an alien, I'm a ILlegal alien
I'm an
EnglishSpanishman in New York[...]
Le 29 mai à 16h30
Je connais un alien. Il s'appelle Paul. Il vit avec 2 gars fans de SF dans un camping car. Ils sont en mouvement vers L.A. je crois bien...
Le 29 mai à 17h41
Modifié le 29 mai à 17h05
Sinon j'adore la map, avec des entrées qui listent
Countries of origin: [...], United States, [...]
Le 30 mai à 15h16
C'etait plus marrant avec les inconnus.
Modifié le 31 mai à 10h22
Par exemple, je crois savoir que les immigrants illégaux sont employés à pas cher pour des travaux qui n'attirent pas beaucoup de travailleurs autres : s'ils se retrouvent à payer bien plus cher, ou à ne pas trouver de gens pour ces travaux, ça peut avoir un impact sur le PIB et le confort de vie des américains.
De même, n'y aurait-il pas des étrangers qui pourraient exploiter cela à leur avantage, par exemple en se faisant payer l'avion retour par les USA ?
Et aussi, quid de l'impact sur le tourisme ?
Après, ça reste catastrophique humainement, mais comme le gouvernement américain actuel semble représenter uniquement des robots, des psychopathes ou des sociopathes, c'est pas étonnant.
Le reportage de Arte sur le sujet du trumpisme intégre une interview d'une immigrante illégale qui est assez poignante à ce sujet :
Le 31 mai à 13h15
Le 1er juin à 09h45
Le 1er juin à 11h06
Les bruits de botte sont très audibles, il faut appeler un chat un chat. Les USA sont en pleine bascule vers le fascisme.
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